Les serres du Palais des Plantes du Jardin botanique de Meise rassemblent une collection de 10.000 espèces de plantes tropicales, subtropicales et tempérées chaudes du monde.

 

Bruxelles à Meise

Le Palais des Plantes du Jardin botanique de Meise est une des plus grandes serres d’Europe ouverte au public. Construit de 1947 à 1965 dans le domaine de Bouchout et rénové en 2017, le Palais des Plantes fait partie du Jardin botanique de Meise. Il a hérité des collections de l’ancien Jardin botanique de l’Etat à Bruxelles et d’une partie des collections des plantes tropicales des Serres royales de Laeken. (voir mon reportage sur les Serres de Laeken)

Neuf serres

C’est sous un auvent arrondi en acier que l’on pénètre dans le Palais des plantes. Le complexe des serres s’étend sur une surface de onze mille mètres carrés, soit environ deux terrains de football. Les neuf grandes serres sont disposées sur le pourtour d’un quadrilatère. Les serres abritent une collection de 10.000 espèces de plantes tropicales, subtropicales et tempérées chaudes du monde. Environ 10% de ces espèces ne seraient présentes dans aucun autre jardin botanique au monde.

«Le Jour», statue en bronze du sculpteur belge Louis-Henri Devillez, 1896

Les serres et leur biome

Les plantes du Palais des Plantes du Jardin botanique de Meise sont réparties en fonction de leur biome, ou domaines bioclimatiques, qui correspondent à un ensemble d’écosystèmes caractérisés par des conditions climatiques similaires, températures et précipitations, ainsi que par des types de végétation adaptés à ces conditions. On considère qu’il existe une vingtaine de biomes sur terre tels la forêt tropicale humide, la savane ou le désert.

Serre de la forêt tropicale humide

La serre de la forêt tropicale humide est la première serre que l’on découvre lorsqu’on entre dans le complexe des serres. C’est aussi la plus grande serre du Palais des Plantes. La température de cette serre ne descend jamais à moins de 18 degrés. Dans la forêt tropicale équatoriale, le climat est chaud avec un taux d’humidité qui peut y atteindre cent pour cent. Il pleut toute l’année ainsi la forêt tropicale humide est toujours verte.

Musanga cecropioides, Parasolier

De nombreuses plantes de la serre de la forêt tropicale humide viennent d’Afrique centrale, le Congo étant une ancienne colonie de la Belgique. Les botanistes belges ont joué un rôle important dans l’exploration de la forêt tropicale d’Afrique centrale et la description de la flore locale depuis l’annexion de l’Etat Indépendant du Congo en 1885. La description de nouvelles espèces se poursuit encore aujourd’hui. Elle fait l’objet d’une collaboration internationale entre les universités de Bukavu, Lubumbashi et Kisangani, entre autres, et le Jardin botanique de Meise. 

La forêt tropicale humide recouvre environ six pour cent de la superficie terrestre de la planète mais on estime qu’elle abrite la moitié de toutes les espèces végétales et animales. Nulle part dans le monde la biodiversité est plus grande que là. Un seul hectare de forêt tropicale humide peut accueillir jusqu’à 500 espèces d’arbres. La végétation s’y développe généralement en plusieurs couches, appelées strates. La canopée se compose d’une masse feuillue dense qui peut atteindre 50 mètres de haut. Sous la canopée s’étendent la strate intermédiaire, la strate arbustive et les plantes lianes et enfin le sol forestier qui forme un paillis riche en nutriments.

Accessible par un escalier, une passerelle serpente à trois mètres au-dessus des arbres. Elle nous plonge dans la moiteur et d’exubérance végétale de la forêt tropicale humide. Les forêts tropicales humides sont les poumons de notre planète. Elles éliminent chaque année des milliards de tonnes de CO², soit plus que toutes les autres forêts du globe.

Arbres, arbustes, plantes herbacées

La reconstitution du tronc impressionnant d’un arbre de la famille des Diptorocarpacées permet aux visiteurs de se rendre compte de l’immensité des arbres qui dominent la canopée de la forêt tropicale. Porté par un fut droit, le Teck d’Indochine, Tectona grandis (Lamiacées) culmine à plus de 40 mètres de hauteur dans la nature. Imputrescible et facile à travailler, le teck est considéré comme produisant un des meilleurs bois de construction. Il est cultivé dans toutes les zone tropicales et subtropicales.

Tectona grandis, Teck d’Indochine

Le Palais des Plantes possède environ 20 espèces de bananiers, Musa (Musacées). Lorsqu’une clairière se forme dans la forêt humide, des plantes herbacées gigantesques se développent en premier. Les bananiers par exemple peuvent atteindre 15 mètres de haut. Ce ne sont pas des arbres car leur croissance très rapide ne leur permet pas de former du bois. La plus grande collection de bananiers au monde se trouve dans le laboratoire de sélection des plantes tropicales de l’Université KU Leuven.

Musa x paradisiaca var. seminifera, Bananier des sages

Le bambou géant, Dendrocalamus giganteus, (Poacées) est la plus grande graminée du monde. Il peut grandir de 40cm par jour et atteindre 40 mètres de haut en trois mois. Ensuite, sa croissance s’arrête et ses chaumes se lignifient. Très solides, les chaumes servent en Asie à la construction de ponts, de maisons et d’échafaudages.

Dendrocalamus giganteus, bambou géant

Le Cycas géant de Kwango, Encephalartos laurentianus (Cycadacées), a été découvert en 1902 par Louis Gentil, un collaborateur du Jardin botanique de Bruxelles. Des semis de cette plante difficile à reproduire et extrêmement rare ont été dispersés dans des jardins botaniques du monde entier à partir de la Belgique. Le feuillage de cet arbre forme un entonnoir qui lui permet de recueillir des matières organiques qui le nourrissent.

Encephalartos laurentianus (2)
Encephalartos laurentianus (1)

Encephalartos laurentianus, Cycas géant de Kwango

La collection de palmiers du Palais des Plantes de Meise compte plus de 140 espèces différentes et constitue l’une des plus riches collections de palmiers en Europe. Reconnaissable à ses grandes feuilles plissées légèrement lobées sur le bord tel un éventail, le Licuala grandis (Arecacées) est un des plus beaux palmiers que l’on découvre dans les serres. Il vit sous la canopée des forêts tropicales humides dans un sol riche en matières organiques. Il a été introduit vers 1869 en Angleterre, exposé au Salon international de l’horticulture à Bruxelles en 1876 avant d’arriver dans la Palm House des Jardins botaniques de Kew. (voir mon reportage sur les Jardins botaniques de Kew)

Licuala grandis, palmier éventail

Surnommé le palmier hawaïen, Brighamia insignis (Campanulacées), est une espèce de plante herbacée endémique de Kauai dans l’archipel d’Hawaii. Sa tige bulbeuse succulente renflé à la base se rétrécit vers le haut, formant une rosette compacte de feuilles. Il est considéré comme une espèce en danger d’extinction. La disparition de son seul pollinisateur, un papillon ayant un proboscis suffisamment long, a rendu presque impossible la reproduction du palmier de Hawaii dans son milieu d’origine.

Brighamia insignis, palmier hawaïen

Lianes grimpantes

Les lianes cherchent la lumière en s’appuyant sur d’autres plantes pour se hisser le haut des arbres. Le faux philodendron, Monstera deliciosa (Moracées), est bien connu comme plante d’intérieur. Dans la nature, il entame sa vie sur le sol forestier. Il pousse en direction d’un endroit sombre dans la forêt tropicale, en général le pied d’un grand arbre. Il s’accroche au tronc grâce à ses crampons pour se hisser dans la canopée où il passera le reste de ses jours. La forme de son feuillage change à mesure qu’il grimpe. De longues racines aériennes pendent jusqu’au sol dans lequel elles s’enfouissent. Une fois dans la canopée, il perd généralement le contact avec le sol forestier.

Monstera deliciosa, faux philodendron

Les figuiers étrangleurs comme le figuier des pagodes, Ficus religiosa (Moracées), commencent leur vie dans le haut des arbres où la lumière est abondante mais la nourriture est rare. Au fil du temps, ils émettent des racines descendantes qui, lorsqu’elles atteignent le sol forestier fertile, lui offrent de la nourriture. Il va recouvrir entièrement son hôte qui finit par mourir.

Ficus religiosa, figuier des pagodes

Plantes épipthytes

Des centaines de plantes épiphytes ont été installées dans le Palais des Plantes sur des arbres artificiels. Les plantes épiphytes, comme la plupart des orchidées ou les broméliacées, se développent en se servant d’autres plantes comme support. Ce ne sont pas des parasites car elles ne prélèvent rien au détriment de leur hôte. Ces plantes poussent au sommet des arbres pour y trouver de la lumière. Elles absorbent l’humidité de l’air et la pluie pour y tirer des sels minéraux et des matières organiques nécessaires à leur croissance.

Pour accéder aux nutriments et aux sels minéraux nécessaires à leur croissances, les plantes épiphytes ont développé toutes sortes de techniques ingénieuses. Ainsi, les Neoregelia carolinae (Bromeliacées) captent dans leur rosette foliaire de la pluie et des matières organiques dont ils se nourrissent. Par ailleurs, les réservoirs d’eau des bromélias accueillent et nourrissent toute une communauté de petits animaux.

Neoregelia carolinae, Bromélia

Le Palais des Plantes de Meise abrite une collection très diversifiée de plantes carnivores, principalement les Nepenthes et les Pinguicula. La plante à urnes, Nepenthes (Nepenthacées), est une plante carnivore, terrestre ou épiphytes. La plante complète ses apports nutritifs en piégeant les insectes dans une sorte d’urne remplie d’un liquide sucré dans lequel les insectes se noient. L’urne est surmontée d’un couvercle qui fait office de parapluie.

Nepenthes, la plante à urnes

Fleurs

La Rose de porcelaine, Etlingera elatior (Zingibéracées), est une plante herbacée vivace originaire des zones tropicales. Elle porte une spectaculaire fleur à bractées cireuses d’un rose flamboyant. La plante est réputée dans la pharmacopée traditionnelle pour ses propriétés antibactérienne, antifongique, antioxydante et dépuratives. Ses jeunes pousses ainsi que ses boutons floraux parfumés sont consommés crus sous forme de salades ou pour aromatiser les mets.

Etlingera elatior, Rose de porcelaine

Une autre fleur se fait remarquer dans cette serre. Il s’agit des Larmes de la Vierge, Alpina zerumbet (Zingiberacées) appelée aussi gingembre coquille. Originaire d’Asie, c’est une plante vigoureuse qui développe un large feuillage d’un vert sombre brillant. Ses fleurs en grappes terminales retombant sont blanc nacré bordé de rose avec un coeur jaune strié de rouge. La plante produit des huiles essentielles utilisées à des fins aromatiques et médicinales.

Alpina zerumbet, Larmes de la Vierge

Connue pour ses bractées orange et jaune éclatantes qui s’épanouissent en inflorescence conique, l‘Heliconia aurantiaca (Aurantiacées) est une plante herbacée surnommée Pince homard. Elle a été décrite pour la première fois en 1861 par l’horticulteur belge Ambroise Verschaffelt. La structure remarquable de ses fleurs résulte d’une adaptation évolutive lui permettant de s’adapter à la fois aux colibris pollinisateurs et aux insectes herbivores.

Heliconia aurantiaca, Pince homard

Originaire d’Indonésie et d’Asie du Sud-Est, l’Orchidée de Malaise, la Medinilla myriantha (Melastomatacées) est un petit arbuste ou une plante grimpante à feuillage persistant. Elle développe de superbes inflorescences composées de petites fleurs discrètes aux bractées roses voyantes qui pendent en panicules.

Medinilla myriantha, Orchidée de Malaise

Originaire du sud de l’Amérique centrale, le Faux poinsettia, Warszewiczia coccinea (Rubiacées) est un arbuste ou petit arbre à feuillage persistant qui vit principalement dans les zones tropicales humides. Son inflorescence qui peut atteindre 50cm de long porte jusqu’à une douzaine de grappes de bractées rouge vif et de petites fleurs aux pétales jaunes. On l’utilise comme plante médicinale.

Warszewiczia coccinea, Faux poinsettia

Serre de la forêt subtropicale humide

Les arbres et arbustes à feuillage persistant sont majoritaires dans les forêts subtropicales humides. Parmi les espèces de ce biome du Palais des Plantes, on peut citer le théier et de nombreuses espèces de bambous et d’agrumes. Les feuillus persistant peuvent réaliser leur photosynthèse toute l’année. Mais ils ne se plaisent que dans des lieux suffisamment humides car l’eau qu’ils contiennent s’évapore constamment via leurs feuilles.

Le Citrus (Rutacées) est le genre des arbres dont les fruits sont appelés agrumes. Les quatre ancêtres sauvages, la mandarine, Citrus reticulata, le pomelo, Citrus maxima, le combava, Citrus hystrix et le cédrat, Citrus medica, ont donné naissance à tous les hybrides. Ainsi le croisement d’une mandarine avec l’hybride formé par le pomelo et la mandarine a donné naissance à l’orange.

Citrus maxima, pamplemoussier

Le croton, Codiaeum variegatum (Euphorbiacées) est un arbuste qui pousse dans les régions tropicales ou subtropicales du sud de l’Inde, du Sri Lanka et de Malaisie. Les larges feuilles sont luisantes et coriaces, souvent panachées de rouge ou de jaune. La variété ‘Sunbeam’ se distingue par des reflets particulièrement solaires et vifs. Sa sève blanche est irritante et toxique en cas d’ingestion.

Codiaeum variegatum var. pictum ‘Sunbeam’, Croton panaché

Originaire d’Asie du Sud-Est, la Liane de Laurier, Thunbergia laurifolia (Acanthacées) est une liane volubile qui s’enroule autour de son support. Son feuillage persistant fait penser à celui du laurier. La plante porte de belles inflorescences en forme de trompette bleu à mauve pâle avec une gorge jaune qui attire les insectes pollinisateurs. En zone subtropicale, la plante peut devenir invasive.

Thunbergia laurifolia, Liane de Laurier

Le cocotier, Cocos nucifera (Arecacées) est une espèce de palmier dont le fruit est la noix de coco. Ce sont les explorateurs portugais en Inde qui les premiers ont rapporté des noix de coco en Europe. Le cocotier forme un stipe surmonté d’une large couronne de feuilles. A l’aisselle de chaque feuille se trouve généralement une inflorescence qui se développe en un régime chargé de noix de coco. Le cocotier s’est disséminé le long des côtes grâce à la flottaison des fruits au gré des courants marins.

Cocos nucifera, Cocotier

Le Palais des Plantes rassemble une collection de plus de 40 espèces différentes de Costus. Le Costus dirzoi (Costacées) est une plante originaire des forêts tropicales du Costa Rica et du Mexique. Il prospère dans des environnements chauds et humides. La plante vivace porte un feuillage vert luxuriant et des inflorescences terminales aux bractées rouges et fleurs jaunes. Les feuilles, les tiges et les racines sont utilisées dans la médecine traditionnelle.

Costus dirzoi

La Tibouchine d’Urville, Pleroma urvilleanum synonyme Tibouchina urvilleana (Melastomatacées), est un arbuste originaire du Brésil et d’Amérique du Sud. Son nom commémore l’explorateur et botaniste français du 19e siècle Jules Dumont d’Urville. Ses fleurs éphémères regroupées en grappes sont d’un bleu violet éclatant aux étamines noires ce qui a donné à la plante le surnom de Fleur araignée. C’est une plante envahissante à la Réunion.

Pleroma urvilleanum, Tibouchine d’Urville

Serre de la forêt de nuage

Les forêts de nuage se trouvent dans les montagnes subtropicales, autour de 2500 mètres d’altitude. Le climat est chaud le jour et frais la nuit. L’air chaud et humide rencontre l’air plus froid, ce qui provoque une condensation permanente. Les plantes vivent donc dans un environnement constamment humide et brumeux.

Le Bananier d’Abyssinie, Ensete ventricosum (Musacées) est une plante herbacée originaire de l’Afrique de l’Est. Son large feuillage mêle le rouge bordeaux, bronze et vert. C’est un faux bananier car sans fruits comestibles. Son allure exotique et sa croissance très rapide et spectaculaire dès la première année de plantation le rend incontournable dans tout jardin à ambiance tropicale.

Ensete ventricosum, Bananier d’Abyssinie

Originaire des forêts d’altitude fraîches et brumeuses d’Amérique du Sud, le Ledenbergia seguieriodes (Phytolaccacées) est un grand arbuste buissonnant ou un petit arbre aux feuilles persistantes larges et brillantes. Il se distingue par ses longues inflorescences qui s’épanouissent en grappes blanches, jaune clair ou vert pâle. Les fleurs sont très petites et ce sont les sépales qui sont colorés.

Ledenbergia seguieriodes

Serre du biome méditerranéen

Entre le 30e et 45e parallèle de part et d’autre de l’Equateur se trouvent des régions du monde appartenant au biome dit méditerranéen. Ils ont en commun une biologie liée à la pluviométrie avec des hivers doux et humides et des étés chauds et secs. C’est un climat que l’on retrouve dans les maquis du pourtour de la Méditerranée mais aussi en Californie, au centre du Chili, dans le fynbos d’Afrique du Sud, dans les îles Canaries et au sud-ouest de l’Australie. Les plantes ont développé des adaptations remarquables à la sécheresse avec des feuilles coriaces, cireuses ou poilues qui limitent la perte d’eau. (voir mes reportages sur le Jardin des Méditerranées du Domaine du Rayol et sur les Pelargonium)

Pelargonium

Serre du désert et des zones arides

Dans le biome des déserts et semi-déserts, le climat aride à semi-aride présente de grandes différences thermiques. Les plantes xérophytes stockent l’eau dans leurs tiges ou leurs feuilles épaisses et charnues pour surmonter les périodes de sécheresse. Avec plus de 600 espèces différentes, la collection d’euphorbes succulentes Euphorbia du Palais des Plantes de Meise est l’une des plus importantes au monde. D’autres espèces sont bien représentées tels les Cactus (Cactacées), Aloe (Xanthorrhoeacées), Agave (Agavacées), Sansevieria (Agavacées), Senecio (Asteracées) et Kalanchoe (Crassulacées). (voir mes reportages sur les Cactus et sur le Jardin exotique de Pallanca)

Serre de la savane tropicale et de la mousson

La savane tropicale est marquée par une alternance de courtes saisons des pluies en été et de longues saisons sèches en hiver. La savane la plus connue est la savane ouverte de l’Afrique de l’Est, une plaine sèche ponctuée ci et là d’un acacia. Mais il existe des zones plus pluvieuses avec un paysage mélangé d’herbages, de buissons et d’arbres. Le baobab, Adansonia digitata (Malvacées) est la seule l’espèce à vivre sur le continent africain. Il est typique de l’Afrique tropicale sèche. On le reconnaît à son tronc ventru qui peut atteindre cinq à sept mètres de diamètre. Sa couronne de branches irrégulières est dépourvue de feuilles pendant la majeure partie de la saison sèche. Le bois spongieux de son tronc peut stocker une quantité énorme d’eau. Sa floraison essentiellement nocturne attire les chauves-souris. Son fruit, le pain de singe, est comestible.

Adansonia digitata, Baobab africain

Très populaire comme plante d’intérieur, la Langue de belle-mère, Sansevieria trifasciata var. Laurentii (Rustacées) pousse dans la savane. Elle survit à la saison sèche grâce à l’eau qu’elle stocke dans ses feuilles. La sansevière a été décrite pour la première fois par Emile De Wildeman, un scientifique du Jardin botanique de Bruxelles. L’exemplaire que l’on voit dans le Palais des Plantes de Meise remonte à 1907. C’est la plante mère de toutes les sansevières à bord jaune cultivées dans le monde entier!

Sansevieria trifasciata var. Laurentii, Langue de belle-mère

Surnommé La fille de l’air ou Cheveux d’ange, le Tillandsia usneoides (Bromeliacées) est une plante épiphyte. Elle vit sans racines et se pend aux branches d’arbres ou à tout autre support aérien. Au fur et à mesure de sa croissance, elle forme une touffe allongée à l’aspect blanchâtre. Des feuilles filiformes recouvertes de minuscules écailles lui permettent de capter l’eau de pluie et les éléments nutritifs dans l’air humide chargé de poussières.

Tillandsia usneoides, Fille de l’air

Serre des zones humides tropicales

La serre des nénuphars géants est un incontournable du Palais des Plantes de Meise. Les nénuphars géants sont des plantes vivaces aquatiques qui étaient déjà cultivées il y a cent ans au Jardin botanique de Bruxelles. Le bassin est couvert par les immenses feuilles du  Victoria cruziana (Nymphaeacées) qui peuvent atteindre trois mètres de large et supporter un poids jusqu’à 40 kilos. Elles flottent grâce à l’air contenu dans et entre les nervures de la feuille.

Victoria cruziana

Les feuilles aux bords relevés permettent aux nénuphars géants de capter un maximum de lumière. La plante développe une seule fleur parfumée à la fois. La floraison démarre au coucher du soleil, se referme le lendemain matin, se rouvre l’après-midi pour disparaître dans l’eau le surlendemain.

Le Lotus sacré, Nelumbo nucifera (Nélumbonacées) est une plante vivace aquatique d’eau douce. Elle développe de larges feuilles vert glauque d’aspect cireux qui émergent en grande partie de l’eau. Ses grandes fleurs au parfum doux et suave sont à dominante rose pour les variétés sauvages. Le fruit forme un cône inversé. Il est percé de petites alvéoles contenant chacune une graine comestible. Les graines conservent leur propriété de germination pendant plusieurs centaines d’années.

Nelumbo nucifera, Lotus sacré

Serre du Biome anthropogène

Cette serre thématique du Palais des Plantes présente la relation entre les humains et les plantes. Une vingtaine d’espèces de plantes de climat tropical et subtropical sont utilisées pour nourrir la plus grande partie de la population mondiale. Pourtant, il existe des centaines d’autres espèces qui peuvent alimenter l’espèce humaine. Le genre des caféiers, Coffea (Rubiacées), compte environ 110 espèces sauvages originaires d’Afrique tropicale et de Madagascar. Un tiers de ces espèces sont représentées dans les collections de recherche du Jardin botanique de Meise.

La plante la plus connue du Palais des Plantes de Meise est probablement l’Arum Titan, Amorphophallus titanum (Aracées). Appelé également ‘Phallus de titan’, l’arum titan, est une plante étonnante. Son gros bulbe produit des feuilles gigantesques. La plante fleurit à peu près tous les quatre à cinq ans. Sa hampe florale qui peut atteindre trois mètres est l’inflorescence non ramifiée la plus haute au monde. A l’ouverture, la fleur dégage une odeur nauséabonde. Deux jours plus tard, la floraison est terminée. (voir mon reportage sur l’Arum titan)

Amorphophallus titanus, Arum Titan (c) Jardin botanique de Meise

Le taro ou choux corail, le Colocasia esculenta (Aracées) est une plante herbacée vivace cultivée dans toutes les régions tropicales humides. Elle porte aussi le nom d’oreille d’éléphant à cause de ses larges feuilles coriaces fortement veinées. Sa croissance est rapide et elle peut devenir envahissante. Son rhizome tubéreux ou corme est une sorte de racine épaisse comestible dont le goût est proche de celui de la patate douce.

Colocasia esculenta, Taro

La plupart des variétés de bananes comestibles proviennent du bananier, Musa acuminata (Musacées). Les bananes sont indispensables en tant que source de nourriture ou de fibres. Le cultivar ‘Dwarf Cavendish’ a été nommé en l’honneur de William Cavendish, 6e duc de Devonshire qui les cultiva dans les serres de Chatsworth House vers 1834. Sa croissance rapide, sa petite taille qui ne dépasse pas deux mètres et sa fructification abondante en fait un cultivar idéal pour la culture en plantation.

Musa acuminata ‘Dwarf Cavendish’, bananier nain

Serre de l’Evolution

La Serre de l’Evolution du Palais des Plantes est une serre thématique qui retrace 450 millions d’années d’évolution végétale. Les fossiles prouvent que les formes de vie ont évolué avec le temps. En observant les plantes et les animaux, Darwin a découvert la théorie de l’Evolution. Les caractères se transmettent par hérédité mais des variations apparaissent si les conditions de vie se modifient. Certaines espèces disparaissent et de nouvelles espèces apparaissent mieux adaptées à leur biotope. (voir mon reportage sur Darwin)

Les premières forêts

Au début de l’ère du Paléozoïque, il y a 800 millions d’années, les formes de vie se limitaient à des bactéries, des algues et des éponges. Afin de chercher la lumière, certaines plantes vont développer des tiges plus épaisses et plus solides, donnant naissance aux premiers arbres. C’est ainsi que sont apparues, vers 400 millions d’années, de grandes forêts primitives. Les fougères arborescentes, Dicksonia squarrosa (Dicksoniacées) étaient à l’origine de grands arbres. Leur tige fine et relativement fragile était enveloppée d’un enchevêtrement de racines qui lui assuraient un support suffisant. Les prêles avaient la même apparence qu’aujourd’hui mais elles pouvaient atteindre jusqu’à 20 mètres de haut.

Dicksonia squarrosa, fougères arborescentes

Orginaire des forêts tropicales humides d’Australie, le Cyathea cooperi (Cyathéacées) est une fougère arborescente majestueuse. Elle fait partie des plus anciennes fougères arborescentes apparues il y a plus de 300 millions d’années. Comme toutes les fougères, sa reproduction s’effectue par des spores.

Cyathea cooperi, Fougère arborescente d’Australie

Les plantes à semences

Les premières plantes à semences se sont développées il y a 370.000 millions d’années. La semence contient l’embryon végétal et souvent une réserve nutritive. Les plantes sont pollinisées par des grains de pollen apportées par le vent ou par des animaux ce qui leur permet de coloniser de grandes surface au sol. Le cycas du Japon, Cycas revoluta (Cycadacées) est un fossile vivant. Il offre un aperçu de la flore il y a environ 250 millions d’années. Le cycas du Japon ressemble à une fougère ou à un palmier alors qu’il est considéré comme proche des conifères.

Cycas revoluta, Cycas du Japon

Les plantes à cônes

Les conifères ont été formés pour la première fois voici plus de 280 millions d’années. Le pollen qui se développe dans un cône masculin est transporté par le vent sur les écailles d’un cône féminin où se développent les semences. On appelle les plantes à cônes des gymnospermes, du terme grec signifiant ‘graine nue’. Les cônes et les écailles servent essentiellement à protéger le pollen et les semences. Existant depuis l’époque du Jurassique, au début du règne des dinosaures, le pin de Wollemi, Wollemia nobilis (Araucariacées), était considéré comme disparu depuis deux millions d’années. Il fut découvert à la fin du 20e siècle dans le Parc National Wollemi en Australie. Protégé dans son habitat naturel, le pin de Wollemi pousse désormais dans tous les jardins botaniques et arboretums du monde. (voir mon reportage sur le Pin Wollemi)

Wollemia nobilis, pin de Wollemi

Endémique en Nouvelle-Calédonie où il peut atteindre 30 mètres de haut, l’Araucaria rulei (Araucariacées) est un conifère qui fait partie des arbres fossiles déjà présents au Jurassique. Découvert par William Ducan, l’arbre fut nommé en l’honneur de son employeur, John Rule, pépiniériste à Melbourne au milieu du 19e siècle. Cette espèce est en danger d’extinction.

Araucaria rulei

Les premières fleurs

Les premières plantes à fleurs sont apparues il y a 130 millions d’années environ. Aujourd’hui, 80% environ des espèces que l’on voit autour de nous sont des plantes à fleurs. Comme leurs graines sont logées dans l’ovaire ou le fruit, ces plantes sont qualifiées d’angiospermes, le préfixe ‘angeion’ signifiant en grec vase ou capsule. Les insectes assurent la pollinisation des fleurs. Les animaux mangent aussi les fruits et disséminent ainsi les graines via leurs excréments. Originaire des régions tropicales du Mexique, l’Hibiscus piment, Malvaviscus arboreus (Malvacées) est un petit arbuste exotique remarquable par son feuillage persistant et ses fleurs en forme de clochettes de couleur rouge vif très lumineuses pollinisées par les colibris dans son milieu d’origine. La plante possède de multiples vertus tant culinaires que médicinales.

Malvaviscus arboreus, Hibiscus piment

Palais des Plantes du Jardin botanique de Meise. L’entrée des serres est comprise dans le billet d’entrée du Jardin botanique. Accessible aux personnes à mobilité réduite. Neuwelaan 38, 1860 Meise. Accès par la A12 Bruxelles-Anvers, sortie 3 Meise, Belgique. https://www.plantentuinmeise.be/fr/le-palais-des-plantes-tt2c

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