20 ans de journalisme,
la passion du voyage et des jardins.

Le Jardin Botanique de la Réunion est un exceptionnel lieu de promenade et de découverte qui raconte l’histoire de l’île au travers de son peuplement végétal.

 

L’île de la Réunion

La Réunion est une petite île qui a émergé de l’Océan Indien il y a environ 3 millions d’années. L’insularité, la démesure de son relief et la diversité des microclimats ont favorisé le développement d’espèces végétales endémiques (qui n’existent que dans la région) et indigènes (arrivées par la nature), constituant ainsi une flore d’une extrême richesse et originalité.

Jardin botanique de la Reunion

L’île est classée au Patrimoine mondial de l’Unesco pour ses trois grands cirques intérieurs de Cilaos, Mafate et Salazie assemblés en as de trèfle autour du Piton des Neiges qui culmine à 3070 mètres. Les paysages s’enchaînent, parfois minéraux, souvent verts et couverts d’une végétation luxuriante. 30% de la surface de l’île est encore recouverte par un biotope très préservé.

Jardin botanique de la Reunion

Un refuge pour la biodiversité

Le taux d’endémisme de l’île est très élevé pour les plantes à fleurs mais aussi les insectes et les mollusques terrestres. Près de 50% de la flore indigène de la Réunion est constituée de plantes qui n’existent qu’à la Réunion ou dans les îles des Mascarignes, Réunion, Maurice et Rodrigues. Ce maintien de la biodiversité en fait une des îles océaniques les mieux préservées au monde.

Strelitzia reginae oiseau du paradis
Heliconia rostrata balisier queue de poisson
Epimedium sp orchidee pompon
Hibiscus columnaris mahot rempart

Un trésor pour les botanistes

Ces terres où la végétation abonde sont des trésors pour les naturalistes et les botanistes en herbe. Tout y pousse, ou presque. Le vacoa avec ses fruits en forme de grenade est omniprésent, tout comme le ravenala, le fameux arbre du voyageur aux feuilles en éventail, le palmiste proche du cocotier et le bandamier qui créent une ombre propice aux promeneurs.

Heliotropium foertherianum
Heliotropium foertherianum
Jardin botanique de la Reunion
Jardin botanique de la Reunion

Domaine des Colimaçons

Abritée des bourrasques par les montagnes, la côte-sous-le-vent s’étend à l’Ouest de l’île. C’est ici, dans un paysage aride de savane, que s’est installé en 1986 le Conservatoire Botanique National de Mascarin, à l’initiative d’Odette Roche, une Réunionnaise passionnée de flore et d’histoire. Le lieu-dit , sur les Hauts de Saint-Leu, s’appelle «les Colimaçons», un nom poétique et révélateur d’un site escarpé.

Jardin botanique de la Reunion

Un escalier majestueux

Derrière la grille d’entrée, un long escalier bordé d’araucarias mène tout droit à la maison de maître. La montée est raide, avec à mi chemin un palier animé par un bassin couvert de laitues d’eau qui incite à faire une halte bienvenue. D’abord masquée par l’épaisse végétation, la maison se dévoile complètement au débouché de la dernière volée de marches.

Jardin botanique de la Reunion

L’emplacement est remarquable: un promontoire, à 500 mètres d’altitude, offrant un incomparable panorama sur le littoral. Au milieu d’un espace baigné de lumière apparaît une belle demeure de style colonial encadrée de deux tours.

Jardin botanique de la Reunion

Près de la maison, un élégant petit jardin créole en croix dallées est cerné de plates-bandes luxuriantes composées de crotons, palmistes, cordylines, balisiers, alpinias et arbustes taillés en topiaires.

Epimedium Star Valley
Jardin botanique de la Reunion
Jardin botanique de la Reunion
Epimedium Pretty Princess orchidee

Derrière la maison, les dépendances entourent une vaste cour occupée en grande partie par un bassin en quart de cercle peuplé de plantes aquatiques.

Jardin botanique de la Reunion

Le paradis végétal d’un Marquis

Le parc atteste toujours de la passion botanique du Marquis Sosthènes d’Armand de Chateauvieux qui s’installa aux Colimaçons en 1857. Le domaine s’étendait alors sur 660 hectares de la mer à la montagne. Il voulut non seulement développer une agriculture diversifiée et des cultures rentables de thé, de canne à sucre et de coton. Le marquis souhaita aussi faire de son domaine un paradis végétal et acclimater des végétaux venus d’horizons lointains. Les jacarandas, grévilléas, araucarias et la trentaine d’espèces différentes d’eucalyptus en sont les témoins encore vivants.

Averrhoa carambola carambole
Roystonea oleracea palmier royal
Musa bananier
Cossinia pinnata Bois de judas
Jardin botanique de la Reunion
Jardin botanique de la Reunion

Jardin Botanique de Mascarin

La mission première du jardin botanique installé sur le domaine des Colimaçons est la sauvegarde du patrimoine naturel de l’île de la Réunion. Abordant des thématiques diversifiées, le jardin propose de découvrir l’incroyable diversité de la flore et la place des végétaux dans la vie des hommes. Le jardin s’adresse tant à la population locale qu’aux touristes.

Jardin botanique de la Reunion
Jardin botanique de la Reunion
Pelargonium geranium rosat
Psidium guajava goyave pomme

Les collections végétales

Depuis l’aube de l’humanité, l’histoire des plantes croise celle des hommes. Les modifications du paysage sont le reflet de cette rencontre. A la Réunion, cette histoire commune n’a que 400 ans. Le jardin botanique propose au public la découverte de 4000 espèces de plantes cultivées sur 8 hectares. Elles sont rassemblées en huit collections végétales intéressantes par leur approche en matière d’éducation à l’environnement.

Jardin botanique de la Reunion
Impomoea pes caprae patate a durand
Jardin botanique de la Reunion
Scaevola taccada manioc marron

La collection dite «Réunion»

Cette collection représente ce que devait être la forêt semi-sèche aujourd’hui disparue qui bordait le littoral des bas de l’Ouest, il y a plus de 400 ans avant l’arrivée de l’homme. Cette collection est celle qui compte plus d’espèces endémiques menacées de disparition. Plus de 50 espèces y sont présentées et réparties le long d’un parcours du littoral jusqu’à 700 mètres d’altitude.

Lantania lontaroides Latanier rouge
Cossinia pinnata Bois de judas
Sideroxylon majus bois de fer

La collection des «Plantes lontan»

Le long d’un parcours chronologique jalonné par les principales plantes introduites, elle retrace les grandes étapes de l’occupation des terres et de la déforestation. On retrouve ainsi l’introduction du café, du tabac, des épices, de la canne à sucre et du géranium rosat. Autant de causes du recul de la forêt originelle.

Jardin botanique de la Reunion

La collection «Verger créole»

Sur une succession de terrasses, le verger nous explique l’origine des espèces fruitières introduites pour une bonne part par Pierre Poivre et Joseph Hubert à La Réunion. Elle nous présente une cinquantaine d’espèces fruitières, plus ou moins oubliées aujourd’hui ou au contraire à fort potentiel économique actuel.

Diospyros blancol manbolo

Diospyros blancol mangolo

La collection de «Palmiers»

Outre les palmiers endémiques de l’île, le latanier rouge et le palmiste Roussel, cette collection présente des espèces tropicales et subtropicales provenant de diverses régions du globe. Au travers de cette collection, l’accent est mis sur l’utilisation diversifiée que l’homme peut faire d’un même végétal mais aussi les risques d’une telle exploitation.

Hyophorbe indica palmiste poison

Hyophorbe indica palmiste poison

La collection de «Succulentes»

Installé sur un versant ensoleillé, sec et rocailleux, cette collection illustre l’adaptation aux conditions extrêmes de sécheresse et d’aridité des nombreuses espèces de cactus, agaves, aloès, euphorbes et autres plantes grasses vivant dans des régions semi désertiques et désertiques. Sélection naturelle, adaptation ou convergence sont autant de phénomènes auxquels ces espèces ont eu à répondre.

Jardin botanique de la Réunion

La collection «Orchidées et Fougères»

Cette collection met en valeur la biodiversité tant par les feuillages que par les fleurs de ces deux familles de plantes qui comptent plusieurs milliers d’espèces et qui partagent une forte capacité à se disperser. Elle sensibilise les visiteurs à la fragilité de la flore indigène locale.

Spathoglotis sp orchidee coco

Spathoglotis sp orchidée coco

La collection de la «Ravine Bambous»

C’est un aménagement particulier qui donne de la majesté à ces plantes que l’on nomme les bambous. Un cheminement partiellement aérien donne la dimension de cette véritable cathédrale végétale.

Jardin botanique de la Réunion

La collection «Caféiers du monde»

Elle a pour vocation de conserver la diversité génétique des caféiers. On découvre ainsi une trentaine d’espèces de caféiers sauvages originaires d’Afrique, de Madagascar, des Mascareignes et des Comores.

Jardin botanique de la Réunion

Mascarin, Jardin botanique de la Réunion

Visite libre du jardin, visites guidées, expositions, ateliers, formations, centre de documentation, cafétéria, restaurant, boutique, parcours sensoriels, animations scientifiques et pédagogiques. Route des Colimaçons, 2 rue du Père Georges à Saint-Leu. Ile de la Réunion. http://www.cg974.fr/nature/les-jardins/le-jardin-botanique-de-la-reunion/ et www.cbnm.org et www.reunion.fr

A lire: « Jardins de la Réunion » par Isabelle Specht aux éditions Orphie, 2010

Reportage publié en 2015 dans Jardins & Loisirs (www.jardinsetloisirs.be)

Mon voyage à la Réunion m’a offert de belles découvertes. Vous retrouverez mon reportage sur l’Ile de la Réunion, sur la Culture de la vanille, sur le Jardin de Cendrillon et le Jardin de l’Etat à Saint-Denis, sur le jardin de la Maison Folio et le Jardin d’Eden, sur la fleuriste Odette Roche, sur Edmond Albion, l’esclave qui a découvert la fécondation de la vanille et sur la Flore de Madagascar dans les rubriques Voyages, Jardins et Découvertes ou cliquez sur les liens.

 

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