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la passion du voyage et des jardins.

Jardiner bio, c’est soigner et nourrir sa terre avec des méthodes douces pour qu’à son tour elle nourrisse et fortifie les fruits, les légumes et les fleurs du jardin.

 

L’éco-système du jardin

«Le respect de la nature ça commence au jardin», explique Philippe Delwiche, expert en jardinage bio et bénévole à l’association Nature & Progrès en Belgique. «Pour jardiner bio, il faut respecter l’écosystème du sol et toute la vie qui s’y déroule. Les gens changent peu à peu d’attitude. Plus qu’un jardin d’ornement ou un paysage, nous souhaitons un jardin de vie, un environnement, oiseaux compris.» (voir mon reportage sur le jardin de Philippe Delwiche)

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Le respect de la terre

Les règles d’or du jardinage biologique tournent toujours autour de la même idée: le respect de la terre, de la nature et de l’environnement. Jardiner bio, c’est trouver un équilibre naturel et agir préventivement. C’est cultiver avec la volonté de transmettre à ceux qui nous suivront un sol vivant et fertile où il sera toujours possible de jardiner sainement.

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Une approche écologique

Le jardinier bio est d’abord un écologiste convaincu. Il faut laisser un peu de place au sauvage, à des haies libres, à ce que l’on considère comme des mauvaises herbes mais qui sont parfois essentielles. En jardinant, le jardinier accepte d’accompagner la plante dans son développement naturel. L’observation et la compréhension de la diversité de la vie, de l’utilité de chaque organisme vivant, de la dynamique du sol font comprendre pourquoi on qualifie la terre de nourricière.

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Un monde vivant

Les innombrables êtres vivants qui peuplent chaque gramme de terre sont de véritables cuisiniers des plantes. Ils transforment les matières organiques en éléments nutritifs que les végétaux sont capables d’assimiler. Cette nourriture, bien plus équilibrée que celle trouvée dans les engrais chimiques, rend les cultures particulièrement vigoureuses et résistantes à leurs ennemis naturels.

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Améliorer le sol

Certains s’imaginent qu’il faut laisser faire la nature sans apporter aucun engrais dans leur jardin. Ils évitent ainsi les déséquilibres causés par les produits chimiques, mais ils peuvent en provoquer d’autres, comme la baisse progressive du taux d’humus et l’appauvrissement du sol en éléments nutritifs.

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Combler ses carences

Pour entretenir ou améliorer le sol de manière durable, corriger sa structure, combler ses carences et favoriser l’assimilation des éléments nutritifs par les végétaux, le jardinier bio dispose de différents types de produits naturels. Selon ses besoins, le terrain peut recevoir des amendements calcaires ou magnésiens, poudres de roches, marnes et craies, poudres d’os ou de corne, sang desséché de volaille, fumiers déshydratés, cendres de bois, guano et algues marines…

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Des amendements naturels

Les engrais chimiques entraînent un effet coup de fouet sur la croissance des plantes mais ils ont le défaut d’être lessivés par les pluies surtout si le sol est pauvre en humus. Au contraire, les amendements et engrais d’origine minérale, végétale et animale agissent comme des réservoirs nutritifs. Leur dégradation dans le sol par les micro-organismes en éléments disponibles pour les plantes se fait progressivement. Il n’y a plus de danger de surdosage ni d’excédents polluants.

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Un travail en surface

La plupart de ces amendements et engrais de fond s’incorporent au terrain en automne ou en hiver. Le travail du sol se fait dans la mesure du possible en surface, sans retourner la terre afin de perturber le moins possible la vie microbienne. Le bêchage n’est indispensable que dans les terrains lourds et argileux. Ailleurs, c’est la fourche bêche, la grelinette, le sarcloir ou la binette qui sont utilisés pour aérer le sol et éliminer les mauvaises herbes. Entre les cultures et au pied des arbustes, la terre est recouverte d’une fine couche de déchets végétaux qui limite les déperditions d’eau et la germination des mauvaises herbes.

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Le compost, un or vert à portée de main

Le compost est en soi une véritable institution pour le jardinier bio. C’est le meilleur moyen pour éliminer les déchets du jardin et de la maison en fabriquant un engrais naturel et équilibré. Un compost est un substrat riche en vie dans lequel champignons, insectes, bactéries et micro-organismes décomposent les matières organiques pour les rendre assimilables par les plantes. Incorporé au terrain avant les semis ou plantations, le compost apporte un humus précieux qui améliore la structure du sol et augmente ses réserves en eau et éléments nutritifs. (voir mon reportage sur le compost)

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Graines, feuilles, fruits ou racines

Les légumes sont classés en différentes catégories selon qu’ils développent des organes particuliers: feuille, fleur, fruit, graine, racine, bulbe ou tubercule. Ils n’ont pas tous les mêmes besoins nutritionnels. Chacun va puiser des proportions d’éléments nutritifs qui lui sont propres et créer un petit déséquilibre dans le sol. Par ailleurs, chaque type de plante est la cible de parasites et d’ennemis spécifiques dont la pullulation est aggravée si l’on cultive longtemps une espèce au même endroit.

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La rotation des cultures

La rotation des cultures au potager améliore de manière tout à fait naturelle l’équilibre du sol, la croissance des plantes et leur résistance aux maladies. Les légumes racines comme les carottes, navets et salsifis sont recherchés pour leurs racines pivotantes et charnues qui travaillent le sol et vont puiser leurs éléments nutritifs en profondeur. Ces plantes profitent des engrais laissés par légumes feuilles, salades, choux, bettes, épinards, des plantes exigeantes sur le plan nutritionnel. Les légumes graines et les légumineuses, haricots, pois, lentilles, poussent d’autant mieux que la terre commence progressivement à s’appauvrir. La succession des cultures se fait donc selon un ordre bien établi, idéalement sur une rotation de trois à cinq ans.

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Engrais verts

Avant une culture gourmande en matières organiques comme les courges, les pommes de terre ou les fraises, on peut cultiver un engrais vert. On sème sur une parcelle libre une culture de trèfle, moutarde, seigle ou phacélie, des plantes à la croissance rapide dont la seule destination est l’enfouissement dans le sol après quelques semaines. On profite du travail gratuit de ces plantes qui puisent dans le sol et dans l’atmosphère des éléments nutritifs qui seront utiles aux cultures suivantes. De plus, l’engrais vert protège le sol et le travaille en profondeur grâce à ses racines. Certaines espèces sont productrices d’humus et remplacent partiellement le compost et le fumier.

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Médecines douces et préventives

Certaines plantes poussent d’autant mieux qu’elles vivent côte à côte. Elles se protègent des parasites et des maladies ou stimulent réciproquement leur croissance. D’autres plantes au contraire adressent à certains végétaux un puissant message d’inimitié. Elles sécrètent des substances chimiques qui inhibent la germination des autres graines ou attirent des parasites et insectes qui vont attaquer les plantes voisines.

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Les cultures associées

La prise en compte des affinités entre les plantes a donné naissance à la pratique des cultures associées. Le poireau et la carotte sont par exemple d’excellents voisins. Le premier repousse la mouche de la carotte, la seconde fait fuir la teigne du poireau. Par leur odeur épicée, le céleri et la tomate tiennent éloignées la piéride qui s’abstient de venir pondre sur les feuilles des choux. Les fleurs ne sont pas oubliées. Les tagètes et les soucis combattent efficacement les parasites du sol et des végétaux. Quant à la capucine, elle trouve sa place au pied des pommiers qu’elle protège des attaques de pucerons.

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Purin, décoction, macération

De nombreuses plantes, fleurs, légumes ou condiments, sont dotées de propriétés médicinales qui fournissent au jardinier des produits de soins et de protection des végétaux. L’extraction des substances actives peut se faire sous forme de purin, décoction, infusion ou macération. Riches en azote, en potasse et en oligo-éléments, les purins de plantes fertilisantes comme la consoude ou l’ortie sont une alternative intéressante aux engrais chimiques directement assimilables. D’autres plantes comme l’ail, la camomille, l’achillée ou la tanaisie sont insectifuges ou fongicides. (voir mon reportage sur les plantes qui soignent le jardin)

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Prévenir plutôt que guérir

Les traitements sont idéalement réalisés à titre préventif. Leur efficacité est souvent de courte durée, du moins en ce qui concerne l’effet répulsif vis-à-vis des ravageurs, et il faut traiter régulièrement. Mais globalement, la protection naturelle est payante car les extraits nourrissent et renforcent en même temps les plantes qui deviennent à la longue plus résistantes.

 

Pour aller plus loin:

A lire:

  • «Le petit guide du jardinage biologique», Jean-Paul Thorez, Terre Vivante.
  • «Mon jardin sauvage, fleuri et productif», Gertrud Franck, Terre Vivante.
  • «Mémento du jardinier bio», Nature & Progrès
  • «Jardiner bio», Serge Schall, Petits pratiques jardinage, Hachette.
  • «Encyclopédie du jardinage bio», Larousse.

Pour en savoir plus sur le jardinage bio, rendez-vous dans la rubrique Jardinage, Jardin bio. Vous y découvrirez de nombreux conseils de jardinage bio et des reportages sur des jardins bio, dont le jardin de Nature & Progrès, le jardin de Philippe Delwiche, un potager en permaculture, ou cliquez sur les liens.

 

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