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Purin d’ortie, décoction de consoude, infusion de camomille… De nombreuses plantes sont dotées de propriétés médicinales qui aident le jardin à trouver un équilibre naturel.

 

Médecines douces

Etre soigné par les plantes n’est pas un privilège des êtres humains. Les plantes de nos jardins, légumes, condiments, fleurs et arbres, méritent aussi des médications douces. De nombreuses plantes sont dotées de propriétés médicinales qui fournissent au jardinier des produits de soin et de protection des végétaux. Faciles à réaliser, peu coûteux, pratiques d’utilisation et plutôt efficaces.

Des plantes pour soigner le jardin

Trouver l’équilibre

Dotées de nombreuses propriétés médicinales, certaines plantes apportent au jardin de précieux engrais riches en éléments majeurs (NPK) et en oligoéléments ainsi que des substances actives qui éloignent les ravageurs, préviennent les maladies ou combattent les uns et les autres. Les extraits nourrissent et renforcent en même temps les plantes qui deviennent plus résistantes face à une autre attaque éventuelle.

Des plantes pour soigner le jardin

L’extraction des substances actives

Purins d’orties, décoctions de prêles, infusions de capucines… L’extraction des substances actives contenues dans les plantes peut se faire sous forme de purin, décoction, infusion ou macération. Pour les réaliser, il est important d’utiliser de l’eau de pluie et pas de l’eau chlorée et calcaire du robinet. Les traitement sont idéalement réalisés à titre préventif et il faut traiter régulièrement.

Des plantes qui soignent le jardin

La macération, à l’eau froide

La macération se fait à l’eau froide. Elle dépanne souvent car elle est facile à préparer. La plante (achillée, ortie, camomille, fougère, tanaisie…) est découpée le plus finement possible. Puis elle est mise à tremper dans l’eau, un, deux ou trois jours, au soleil de préférence. Comptez 100gr de plantes fraîche par litre d’eau. A employer pure en arrosage sur le sol ou diluée à raison de un volume pour cinq volumes d’eau si on la pulvérise sur le feuillage.

Purin

Le purin, activateur de croissance

Déconseillé aux nez délicats, le purin est fabuleux activateur de croissance. Comptez 1kg de plantes fraîches (ortie, consoude, prêle, fougère, pissenlit, souci…) pour 10 litres d’eau de pluie. Rassemblez les plantes dans un sac perméable maintenu par un poids afin d’empêcher qu’elles ne remontent à la surface. Couvrez et brassez un jour sur deux. Le récipient doit être clos mais en permettant à l’air de circuler. Laissez macérer dix à quinze jours jusqu’à l’arrêt de la fermentation. Pour arroser le sol, diluez à 10%, soit 1 litre pour 10 litres d’eau. Le purin filtré se conserve dans un récipient hermétique à l’abri de la lumière pendant plusieurs semaines.

purin d'ortie

L’infusion et la décoction

L’infusion se fait dans l’eau bouillante, comme pour une tisane. Jetez les plantes (camomille, prêle, ortie, ail, achillée, raifort…) à raison de 20gr de plantes sèches ou 100gr de plantes fraîches coupées finement dans un litre d’eau bouillante. Couvrez la préparation et laissez infuser jusqu’à ce que l’eau refroidisse. Laissez reposer 24 heures. Filtrez et utilisez dans les jours qui suivent. La décoction se prépare comme l’infusion, mais les plantes sont d’abord mises à tremper pendant 24 heures. Un temps d’ébullition de 30 minutes est nécessaire pour en extraire les principes solubles.

Engrais vert

Les engrais verts, riches en humus

Avant une culture gourmande en matières organiques, on sème sur une parcelle libre une culture de plantes à croissance rapide (trèfle, moutarde, seigle, phacélie…) dont la seule destination est l’enfouissement dans le sol après quelques semaines. On profite du travail gratuit de ces plantes qui puisent dans le sol et dans l’atmosphère des éléments nutritifs qui seront utiles aux cultures suivantes. Riches en humus, ces engrais remplacent partiellement le compost et le fumier.

Achillée millefeuille

L’achillée, Achillea millefolium

Surnommée herbe aux coupures ou herbe de la Saint-Jean, l’achillée millefeuille est une vivace rhizomateuse qui se plaît en sol frais mais bien drainé, dans un lieu dégagé en plein soleil. On la répartit en petites touffes parmi les légumes et les herbes aromatiques car elle accroît les qualités gustatives et le parfum des plantes. Elle permet également aux végétaux voisins de mieux résister aux attaques des insectes, sans doute à cause de son odeur âcre et irritante. Une macération de 20gr de fleurs sèches dans un litre d’eau peut être pulvérisée sur les plantes pour les protéger des maladies cryptogamiques. Incorporée au compost, l’achillée favorise la minéralisation du calcium et du potassium dans la matière organique en fermentation et contribue ainsi à fournir au sol un humus riche en éléments assimilables.

Bourache

La bourrache, Borago officinalis

Extrêmement efficace en culture associée, la bourrache est une plante annuelle aromatique qui se ressème abondamment dans les sols bien drainé et en plein soleil. Elle est incomparable pour ameublir les sols durs et lourds. Sa floraison attire les abeilles, ce qui est très avantageux pour tout le jardin. Elle protège les choux-raves et les autres variétés de choux des chenilles voraces de la piéride. C’est une arme absolue contre les pucerons car elle attire les syrphes dont les larves se nourrissent de pucerons et aussi de jeunes chenilles. On peut éventuellement l’arracher quand elle est encore jeune et s’en servir en couverture de sol. Ses feuilles urticantes présentes dans le mulch dissuadent les limaces de s’y aventurer.

Camomille

La camomille, Chamaemelum nobile syn. Anthemis nobile et Matricaria recutita

On distingue différentes espèces de camomille. La camomille romaine est une petite plante vivace appréciée pour les vertus médicinales de ses fleurs et pour son feuillage au parfum de pomme lorsqu’on le froisse. Echappée des jardins, on la retrouve dans les prairies et zones herbeuses sur un sol sableux. Sa cousine la camomille allemande est une plante annuelle qui se multiplie spontanément en sol léger et chaud. Elles sont toutes deux utilisées au jardin de manière identique. Une pulvérisation d’infusion non diluée renforce les cultures peu vigoureuses. Ajoutée au compost, les camomilles favorisent la décomposition et lui évitent une acidification trop importante car elles sont riches en calcium. Le purin de la camomille romaine est utilisé par les apiculteurs pour éloigner les puces et les souris.

Consoude

La consoude, Symphytum officinale

La grande consoude est avec l’ortie la plante engrais la plus utilisée par le jardinier. Classée parmi les plantes ornementales, cette vivace présente une végétation envahissante. Elle aime les endroits humides et ensoleillés. A l’analyse, la consoude se révèle plus riche qu’un bon compost. Les nutriments captés par sa racine puissante sont remontés et concentrés dans les feuilles où la plante accumule des richesses insoupçonnées qu’elle redistribue ensuite au sol et aux autres plantes en se décomposant. Riche en potasse, le purin dilué et la décoction sont utilisés dans les cas de carence en éléments nutritifs et en oligo-éléments. L’infusion écarte les pucerons. Le feuillage est apporté en couverture de sol entre les légumes gourmands en éléments nutritifs comme la tomate, les choux et les pommes de terre. Il convient de le laisser sécher avant de l’enfouir, sans quoi la plante risque de se bouturer.

Ortie

L’ortie, Urtica dioica

Malgré sa mauvaise réputation, la grande ortie brûlante est une plante vivace pleine de vertus. Elle indique les sols fertiles riches en azote. Elle y joue un rôle assainissant de première importance en récupérant les éléments nutritifs en voie de lessivage. L’ortie est la plante hôte de nombreux insectes. Elle est utilisée comme activateur du compost et favorise une meilleure assimilation du fer. Elle peut être aussi étendue en couverture de sol. Particulièrement riche en azote, son purin est un excellent fertilisant foliaire pour tous les légumes qui ont besoin d’un coup de fouet. En début de fermentation, il est répulsif pour certains pucerons, acariens et autres nuisibles et prévient le mildiou sur les cultures de pommes de terre et de tomates.

Phacélie

La phacélie, Phacelia tanacetifolia

Tombée dans l’oubli, la phacélie est une plante annuelle remise à l’honneur au jardin où elle occupe les sols en jachère. Semée à la volée en début de saison, cet engrais vert développe en huit semaines un feuillage abondant qui couvre totalement le sol, étouffe les mauvaises herbes et protège la terre contre les effets de battance dus aux fortes pluies. Les racines longues et pivotantes percent la semelle de labour et assurent ainsi un bon drainage du sol. Mellifère, elle attire les abeilles qui se délectent de son nectar. La matière organique apportée au sol par la phacélie est équivalente à un apport de trois kilos de fumier par mètre carré.

La prêle, Equisetum arvense

Cataloguée parmi les mauvaises herbes les plus redoutables, la prêle des champs est une plante vivace qui peut aussi s’avérer très utile. Bien connue pour son effet tonifiant sur les plantes, elle enrichit le compost en silice. C’est également un bon insecticide. Le purin de prêle renforce les plantes et prévient l’arrivée des pucerons et des acariens. La pulvérisation préventive d’une décoction est utilisée pour lutter contre les maladies cryptogamiques et est particulièrement efficace contre l’oïdium. Il faut être prudent si on l’introduit au jardin car elle peut devenir envahissante et difficile à éradiquer car ses racines noires s’enfoncent profondément dans le sol.

Raifort

Le raifort, Armoracia rusticana

Surnommé la moutarde des Capucins, le raifort est une grande vivace qui se plaît en terrain meuble et fertile. On la plante aux quatre coins de la planche des pommes de terre afin de rendre celles-ci plus vigoureuses. La pulvérisation du raifort en décoction ou infusion protège également les plantes de l’attaque des doryphores et soigne la moniliose des arbres fruitiers. On multiplie la plante par bouturage des racines.

Tanaisie

La tanaisie,Tanacetum vulgare

Très répandue dans la nature, la tanaisie est une vivace dressée qui pousse sur les terrains incultes, au bord des chemins et sur les décombres. En infusion et en décoction, elle permet la préparation d’un remarquable insecticide naturel, très efficace notamment contre la chenille du chou, les pucerons, les limaces et surtout le ver du poireau. Son purin permet de lutter contre l’oïdium de la tomate et de l’oignon. Incorporées au compost, ses feuilles et ses tiges lui procurent de la potasse. Ce n’est valable que pour de petites quantités car elle inhibe la fermentation des matières organiques.

 

Pour aller plus loin:

Crédit photos: Agnès Pirlot, Philippe Delwiche, Ecoflora et Semailles

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