Créé à Tervuren il y a 120 ans par Léopold II, roi des Belges, le Golf de Ravenstein est un véritable arboretum.

 

Royal Golf Club de Belgique

Les rhododendrons de l’avenue de Tervuren sont en pleine floraison. Une allée de hêtres pourpres me mène à un ravissant petit château de style néo-classique. C’est le club-house du Royal Golf Club de Belgique, également connu sous le nom de Golf de Ravenstein, l’un des clubs de golf les plus prestigieux d’Europe, le

 

Seigneur de Ravenstein

L’histoire du domaine de Ravenstein remonte à plus de cinq siècles. Il doit son nom à son premier propriétaire, Philippe de Clèves, seigneur de Ravenstein et petit-fils de Jean sans Peur. Les ducs de Bourgogne avaient à cette époque comme résidence un somptueux château à Tervuren. Compagnon de chasse du duc, Philippe de Clèves reçu une concession de terrain à proximité du château ducal où il érigea un pavillon. Le domaine du Ravenstein était né.

Golf de Ravenstein (c) Denis Regout

Le domaine du Ravenstein

Au fil des siècles, le domaine changea à plusieurs reprises de propriétaires. Le château actuel date du milieu du 18e siècle. Plus tard, la propriété fut acquise par Charles-Louis t’Kint ,  bourgmestre de Tervuren, qui la céda au Prince d’Orange en 1826. A l’indépendance de la Belgique, le Ravenstein fut mis sous séquestre par l’Etat. En 1880, le domaine du Ravenstein passa entre les mains du roi Léopold II qui le transféra à la ‘Donation royale’ en 1903. 

A cette époque, la station thermale de Spa attire l’aristocratie et la grande bourgeoisie européenne. Le golf, sport encore rare et nouveau, se pratique surtout en Angleterre, à Londres mais aussi à Biarritz, à Cannes ou à Dieppe où se rassemblent la jet-set et les têtes couronnées d’Europe. Le roi Léopold II va s’en inspirer pour créer plusieurs golfs en Belgique: en 1895 le golf du château royal d’Ardenne, en 1903 le golf d’Ostende et en 1906 le golf de Ravenstein à Tervuren.

 A gauche du green du 18, Taxus baccata ‘Aurea’ 

Un Roi dendrologue

Le roi Léopold II ne pratiquait pas le golf mais c’était un dendrologue passionné. Il mit à profit le Golf de Ravenstein pour y introduire les mêmes essences que celles qu’il cultivait dans son vaste Arboretum de Tervuren créé en 1902 en lisière de la Forêt de Soignes. L’Arboretum de Tervuren avait pour vocation de tester les principales espèces d’arbres des régions tempérées du globe susceptibles d’être utilisés dans notre pays en sylviculture. Les initiateurs des plantations du Golf de Ravenstein purent ainsi bénéficier des graines et plants de l’Arboretum de Tervuren issus des forêts tempérées de l’Amérique jusqu’à l’Europe et l’Asie.

Société Belge de Dendrologie

Pour découvrir les beaux arbres de l’Arboretum du Golf de Ravenstein, je m’appuie sur une photographie aérienne du golf accompagnée d’un inventaire dendrologique réalisé en 2022 par la Société Belge de Dendrologique sous la direction de Philippe de Spoelberch . Durant des années, celui-ci a épaulé Michel François dans sa gestion des plantations du Ravenstein. Plus récemment, Jean-François Limauge en a repris la responsabilité, bénéficiant à son tour des conseils avisés de Philippe de Spoelberch. 

Chamaecyparis lawsoniana, variété dorée

Fructification du Chamaecyparis lawsoniana

Arboretum Course 

Ma promenade au Golf de Ravenstein va se concentrer sur les fairways du ‘Old Course’, appelé aujourd’hui ‘Arboretum Course’. Le parcours original de 18 trous aurait été dessiné en 1905 par le golfeur professionnel Seymour Dunn, surnommé ‘l’architecte des rois’. Il fut revu en 1928 par l’architecte britannique Tom Simpson. Au fil des décennies, les gestionnaires du Golf de Ravenstein ont dû supprimer et replanter de nombreux arbres, feuillus et résineux. Les racines des vieux arbres ont parfois dû être coupées en tranchées lorsqu’elles menaçaient les greens.

Liriodendron tulipifera, 09.01, au départ du 8, entre les greens du 3 et du 7

Les coupes et les élagages ont facilité l’aération et le séchage des greens. Cela a permis de donner plus de transparence et de créer des ouvertures entre les différents fairways. Quelques prairies sauvages bordent les fairways, offrant des refuges pour la biodiversité. Des massifs de rhododendrons, des arbres fruitiers et des cornouillers à fleurs viennent colorer l’arboretum au printemps. Mais c’est sans doute en automne, lorsque les arbres se parent d’or et de feu, que l’arboretum est le plus resplendissant.

Trou n° 5, Cedrus deodara, 05.38 et Salix x sepulcralis var. chrysocroma, 05.40

Je vais tenter de photographier quelques vues des fairways de l’Arboretum et identifier les arbres remarquables qui les bordent en notant leur nom botanique. Dans mon reportage, je citerai leur circonférence à un mètre cinquante du sol ainsi que leur emplacement au sein des ‘bosquets’ tel qu’indiqué dans l’inventaire dendrologique réalisé en 2022. Cette localisation diffère sensiblement de celle perçue sur le terrain car les ‘bosquets’ sont toujours entre deux ou parfois trois fairways.

Trou n°1 massif de Rhododendron ponticum

Le Golf de Ravenstein est reconnu comme unique au monde pour sa remarquable collection dendrologique. «La diversité des arbres, leurs mesures et le choix harmonieux de leur implantation ne peuvent laisser insensible. Ces essences multiples et rares sont comme deux rives infiniment luxuriantes où coule le grand fleuve calme des fairways.» (Roger Colias, extrait de Tennis et Golf, avril 1958)

La cour du château

Au centre de la cour, entre le château et la grange, il y avait un frêne pleureur, Fraxinus excelsior ‘Pendula’, qui fut emporté par la chalarose. L’allée qui longe la façade nord du château contourne la grange avant de mener au parking, à proximité de la cour. Cette partie du Golf de Ravenstein est en bordure de la Forêt de Soignes avec de grands hêtres en lisière. Sur le côté, proche de la zone d’entraînement du ‘practice’, les pommiers du verger offrent de belles surprises au printemps.

Verger du Ravenstein

Deux châtaigniers

Près de la grange se dressent deux vénérables châtaigniers, Castanea sativa, (circonférence 507 et 517, localisation 19.29 et 19.30) de plus de 5 mètres de circonférence. Plusieurs fois centenaires, ces châtaigniers étaient déjà là quand le château se dressait en lisière des champs.

Castanea sativa,19.29 et 19.30

Les vieux troncs des châtaigniers sont de véritables sculptures.

Castanea sativa,19.29

 

Un château dans les arbres

Les plantations les plus anciennes de l’Arboretum du Golf de Ravenstein s’étendent de la création du parcours en 1905 jusque dans les années 1920. Face à la façade nord du château, deux arbres magnifiques se dressent près du ‘putting Green’: un imposant chêne rouge d’Amérique, Quercus rubra (circ. 420, loc. 18.19) et un tilleul, Tilia x europaea (circ 312, loc 18.17), Le chêne rouge d’Amérique présente une durée de vie bien plus courte que celle de nos chênes indigènes.

Quercus rubra, 18.19 et Tilia x europaea, 18.17

Derrière les drapeaux de l’entrée du parking et proche de la grange s’élève un impressionnant Sequoiadendron giganteum (circ. 597, loc. 18.23). La croissance de ce conifère à la silhouette conique est vigoureuse. C’est encore un jeune sujet. Dans son habitat d’origine, il peut atteindre 85 mètres de hauteur et vivre 3000 ans, rappelant la puissance et la longévité impressionnantes de ces géants du monde végétal.

Sequoiadendron giganteum, 18.23

En tournant le dos au château du Golf de Ravenstein, la vue s’ouvre sur le départ du parcours de l’Arboretum. Elle est encadrée à gauche par le chêne rouge d’Amérique, Quercus rubra (circ. 420, loc. 18.19), et à droite par l’érable sycomore, Acer pseudoplantanus (circ.329, loc18.21) qui offre son ombrage à une gloriette. Cet arbre est fragilisé par un chancre au niveau de sa fourche. Ses branches supérieures ont été câblées pour renforcer sa résistance aux tempêtes.

Quercus rubra, 18.19 et Acer pseudoplatanus, 18.21

 

Parcours Arboretum

Trou n°1

Vue du Trou n°1 au départ des dames

A droite du départ des dames et en bordure du green du 2, un érable sycomore à feuillage pourpre, Acer pseudoplatanus f. purpureum, (circ. 277, loc. 01.05) se fait remarquer par ses feuilles vert foncé à revers pourpre violacé et pétioles rouges. Son écorce se desquame en grandes plaques. Ce bel exemplaire se détache devant le feuillage plus foncé d’un hêtre pourpre voisin, Fagus sylvatica f. purpurea.

Acer pseudoplatanus f. purpureum, 01.05

A 150 mètres du départ du 1, à gauche, on observe un érable à feuille de frêne, Acer negundo (circ. 351, loc. 10.16) un arbre remarquable du Golf de Ravenstein, parmi les deux ou trois plus beaux Acer negundo de Belgique. Sa silhouette est élégante mais sans coloration automnale. Il est facilement reconnaissable à ses nombreuses samares, des fructifications en chapelet qui restent sur l’arbre jusqu’en hiver.

Acer negundo,10.16

A droite, 100 mètres plus loin, se dresse un sapin du Colorado, Abies concolor subsp. lowiana (circ. 404, loc. 01 40). Cette espèce est présente du Canada au sud de la Californie à une altitude de 600 mètres à 3500 mètres. Introduit en Europe par William Lobb , ce conifère est surtout représenté dans nos parcs par la variété botanique lowiana diffusée dès le milieu du 19e siècle par le pépiniériste Low. Cette variété nordique présente un feuillage nettement mois bleuté.

Abies concolor subsp. lowiana, 01 40.

 

Plus loin à gauche, un  Cyprès de Lawson, Chamaecyparis lawsoniana ‘Wisselii’ (circ. 248, loc. 11.04) est originaire de l’Ouest des Etats-Unis. Dans de bonnes conditions, il peut devenir un grand arbre très résistant au froid. Ce conifère est apprécié pour son feuillage dense qui reste attrayant tout au long de l’année. Il est également utilisé pour former des haies et des écrans végétaux. Il ne faut pas le tailler trop sévèrement car il ne produit pas de jeunes pousses sur le vieux bois.

Chamaecyparis lawsoniana ‘Wisselii’, 11.04

Trou n°2

Au gauche du départ du 2, un érable plane à feuillage panaché, Acer platanoides ‘Drummondii’ (circ. 85, loc. 02.06), illumine le départ hommes du 2 et le green du 4 par son lumineux feuillage découpé à cinq lobes profond, vert panaché de bords blanc crème. Cet arbre de taille moyenne retourne parfois au type et produit alors des feuilles vertes qui doivent être soigneusement supprimées.

Acer platanoides ‘Drummondii’, 02.06

A droite du green du 2, on remarque un superbe châtaignier, Castanea sativa, (circ. 490, loc. 01.03). Le châtaignier est l’un  des arbres dont la croissance est la plus rapide. Il y a quelques années, il avait perdu une grosse branche dans une tempête. Il a bien été élagué et a retrouvé une belle silhouette. Ses grandes feuilles oblongues et dentées sont accompagnées début juillet de longs chatons de fleurs jaune pâle. La récolte des châtaignes, enfermées dans leurs bogues épineuses, est particulièrement abondante durant les étés longs et chauds.  

Castanea sativa, 01.03

Trou n° 3

A environ 30 mètres du green du 3 à gauche, s’élève un cyprès chauve de Louisiane, Taxodium distichum (circ. 216, loc 02.86). Son feuillage léger est semblable à des frondes de fougères. En automne, il devient roux avant de perdre ses aiguilles. Bien que le Taxodium distichum se plaise en terrain humide voire marécageux, cet exemplaire du Golf de Ravenstein semble en pleine santé malgré un sol faiblement alimenté en eau.

 

Taxodium distichum, 02.86

Trou n°4

Arbres champions, Acer buergerianum (circ. 135, loc.04.62) 

Arbre champion Malus transitoria (circ. 104, loc.04.40) à 150 mètres du green, à droite

L’érable champêtre, Acer campestre (circ. 147, loc. 04.60) qui se situe entre le green du 4 et le départ dames du 5 de l’Arboretum est particulièrement remarquable par sa taille qui ne dépasse généralement pas les 10 mètres de haut. Sa durée de vie peut atteindre 150 ans. Très résistant à la sécheresse, il est commun dans toute l’Europe. L’érable champêtre offre une belle coloration automnale.

Acer campestre 04.60

Un Erable plane au feuillage foncé se tient près de l’érable champêtre. L’apparence de lAcer platanoides ‘Reitenbachii’ (circ. 405, loc. 04.62) est caractéristique de l’espèce. Son feuillage de couleur marron foncé brillant vire au vert foncé mat à nervures rouges foncé en été. C’est un bel érable à la coloration intense.

Acer platanoides ‘Reitenbachii’, 04.62

Deux Epicéa de Serbie, Picea omorika (circ. 150, loc. 04.66), marquent  la jonction entre le green du 4 et le départ hommes du 5. Il y avait à l’origine un trio. Ce conifère se reconnaît à sa silhouette étroite en forme de chandelle qui se détache dans le paysage. Dans son habitat naturel, c’est un arbre forestier à la forme colonnaire qui lui permet de résister au poids de la neige. Il s’adapte à la plupart des situations et sa croissance n’est pas trop rapide.

Picea omorika, 04.66  

Trou n°5

Arbre champion Ulmus ‘Sapporo Autumn Gold’ (circ. 170 loc. 05.32)

Au milieu à droite du 5, un groupe de conifères assemble un Sapin de Nordmann, Abies nordmanniana (circ. 218, loc. 04.32), un if, Taxus baccata (circ. 371, loc. 04.35), un Larix decidua (circ. 319, loc. 04.28)  et un Thuja plicata (circ. 242, loc. 04.34). Le thuja géant est un des arbres forestiers les plus importants d’Amérique du Nord. De croissance rapide, il est largement employé pour faire des haies ou des écrans.

Taxus baccata, 04.35, Thuja plicata, 04.34, Abies nordmanniana, 04.32 et Larix decidua, 04.28.

Tout près, se dresse un hêtre à feuille de fougères, Fagus sylvatica ‘Asplenifolia’, repris aujourd’hui sous la dénomination de Fagus sylvatica var. heterophylla (circ. 262, loc. 04.26) avec de nombreuses sélections à feuillage découpé. C’est est un bel arbre au feuillage finement lacinié en lobes étroits qui lui donne un aspect très gracieux. En automne, les feuilles deviennent jaune doré. Il apprécie les sols bien drainés et riches en humus. (voir mon reportage sur le Hêtre)

Fagus sylvatica var. heterophylla, 04.26

Fagus sylvatica var. heterophylla, 04.26

A gauche vers la fin du du fairway du 5, un cèdre de l’Himalaya, Cedrus deodara (circ. 217, loc. 05.38) nous offre sa silhouette particulièrement élégante. Ce conifère diffère des autres espèces de cèdres par sa flèche inclinée et l’extrémité retombante de ses branches principales et des rameaux qu’elles portent, ce qui lui donne un port pleureur. Il peut souffrir des hivers rigoureux.

Cedrus deodara, 05.38

Trou n°6

Dressé entre le départ du 6 et le green du 5, ce Sequoiadendron giganteum (circ. 775, loc. 06.01) est un spécimen remarquable qui a été planté par le Comte Gatien du Parc. C’est un conifère à la croissance rapide qui développe un tronc considérable. Il donne un bois très léger riche en tanins de teinte rose violacée. Son écorce très épaisse et fibreuse est de couleur rougeâtre, d’où son nom de Redwood. 

Sequoiadendron giganteum, 06.01

A la fin du fairway 6, au delà du green, à droite, un érable plane, Acer platanoides (circ. 156, loc. 07.37) borde la Forêt de Soignes 

Trou n°7

Un cèdre du Liban, Cedrus libani, (circ. 337, loc. 07.30) fait la jonction entre le green du 6 et le départ dames du 7. Ce conifère est moins souvent planté dans nos jardins que le cèdre de l’Atlas. Il présente un feuillage vert sombre et une silhouette pyramidale quand il est jeune, avec des branches étalées. Lorsqu’il est plus âgé, on le reconnaît à sa silhouette étagée et tabulaire avec une cime aplatie. C’est un arbre monument, souvent utilisé en isolé dans les parcs.

Cedrus libani, 07.30

A gauche du départ hommes du 7 et proche du green du 8, l’Ulmus ‘Sapporo Autumn Gold’, (circ. 215, loc. 08.06) a été fortement taillé pour présenter cette belle silhouette largement étalée. L’orme est un arbre qui pousse vite mais son bois est fragile et sensible aux attaques de la graphiose. Ce cultivar est plus résistant mais il doit néanmoins être taillé régulièrement. Son feuillage couleur or est somptueux en automne.

Ulmus ‘Sapporo Autumn Gold’, 08.06

Voilà un arbre étrange, à gauche à environ 300 mètres du départ du 7. Le Ginkgo biloba (circ. 84, loc. 08.38) n’est pas vraiment un conifère. Ses feuilles caduques en forme d’éventail ont une couleur vert pâle qui tourne au jaune d’or avant leur chute. Rustique et de culture facile, le Ginkgo biloba présente une croissance lente au démarrage. C’est une plante dioïque avec des exemplaires mâles au port élancé et des femelles à la couronne plus large.

Ginkgo biloba, 08.38

Entre le green du 7 et le départ du 8, dans un bosquet qui sépare les fairways du 4 et du 8, un Copalme d’Amérique, Liquidambar styraciflua (circ. 135, loc. 04.06), est particulièrement splendide quand ses feuilles se teintent en automne de pourpre violacé et de cramoisi. Son feuillage profondément lobé ressemble à celui de l’érable mais l’arbre est proche de l’Hamamelis. Il est maintenant repris dans la famille des Altingiaceae.

Liquidambar styraciflua, 04.06

Sur le parcours de l’Arboretum du Golf de Ravenstein, il y a plusieurs saules pleureurs. Ils sont nombreux à avoir souffert des tempêtes. La plupart ont été fortement élagués et, au bout de quelques mois, les arbres retrouvé une belle silhouette. Mais cet exemplaire, Salix x sepulcralis var. chrysocoma (circ.. 318, loc. 07.01) qui avait perdu une branche maîtresse a dû être abattu.

Salix x sepulcralis var. chrysocoma, 07.01

Trou n°8

A gauche du départ hommes du 8, vers la fin du fairway 7,  ce cèdre de l’Atlas au feuillage bleu gris argenté , Cedrus atlantica ‘Glauca’ (circ. 330, loc. 08.42), est un des plus beaux de tous les conifères. Ce spécimen avait perdu plusieurs grosses branches pendant des tempêtes. Il a été réduit de hauteur et rééquilibré. Il est aujourd’hui parfaitement proportionné. De forme pyramidale large, plus élancé que le cèdre du Liban, le cèdre de l’Atlas doit être tuteuré pendant quelques années pour que sa flèche croisse bien verticalement. Il devient un arbre imposant, souvent trop volumineux pour les petits jardins.

Cedrus atlantica ‘Glauca’, 08.42

Au milieu du fairways du 8, à droite, un magnifique bosquet d’érables du Japon à feuilles palmées, Acer palmatum cv (circ. 254, loc. 09.44) fait partie des plus beaux arbres du Golf de Ravenstein. Proches du type ‘Osakazuki’, ces petits arbres sont superbes lors de la pousse printanière de leur feuillage . Ils sont encore plus beaux en automne lorsque leur feuillage rivalise de coloris flamboyants, orange ou rouge carmin. (voir mon reportage sur les Erables du Japon)

Acer palmatum cv, 09.44

Situé vers la fin à droite du fairway du 8, ce tulipier de Virginie, Liriodendron tulipifera (circ. 227, loc. 09.60) est sans doute un des arbres d’ornement les plus admirables des régions tempérées. Son port est majestueux. Son feuillage, très attrayant toute l’année, le devient plus encore en automne lorsqu’il prend une teinte jaune pâle. Ses grandes fleurs jaune verdâtre marquées de taches orangées à l’intérieur sont étonnantes. Elles apparaissent début juin sur les sujets âgés.

Liriodendron tulipifera, 09.60

 

Trou n°9

Trou n°9

Au milieu à gauche du fairway du 9, à gauche, un Févier d’Amérique, Gleditsia triacanthos f. inermis ‘Sunburst’ (circ. 167, loc. 19.24,) déploie sa couronne arrondie au feuillage jaune doré au printemps, superbe à contre-jour. On l’aime aussi pour son port léger,ses longues gousses décoratives et ses feuilles découpées en forme de fougères.

Gleditsia triacanthos f. inermis ‘Sunburst’, 19.24 et Acer pseudoplatanus, 18.21 et Sequoiadendron giganteum, 18.23

Trou n°10

Près du départ du10 et 18 se dresse l’étrange silhouette de l’Araucaria du Chili, Araucaria araucana (circ. 232, loc. 17.01. Ce conifère est surnommé le ‘désespoir du singe’ car ses rameaux sont couverts de feuilles pointues et piquantes. L’espèce dioïque fructifie parfois mais à un âge avancé. Dans le Golf de Ravenstein, il y a un mâle et deux femelles qui fleurissent et donnent donc des semences.

Araucaria araucana, 17.01

Araucaria araucana, 17.01

Au milieu du fairway du 10, à gauche, trois beaux conifères sont groupés, un Xanthocyparis nootkatensis ‘Pendula’ (circ. 87, loc. 17.31) entre un Chamaecyparis obtusa (cir. 128, loc.17.29) et un Calocedrus decurrens (circ. 182, loc. 17.35). En avant plan à droite, deux Cercidiphyllum japonicum aux multi-troncs. Ils offrent une coloration automnale famboyante.

Xanthocyparis nootkatensis ‘Pendula,17.31, Chamaecyparis obtusa,17.29 et Calocedrus decurrens, 17.35. A droite, deux Cercidiphyllum japonicum

Trou n°11

A droite du green du 13, ce chêne écarlate est un arbre apprécié pour ses teintes automnales couleur feu. Il croît rapidement dans sa jeunesse puis développe une large cime aux branches étalées horizontalement. Propagé par greffage, le Quercus coccinea ‘Splendens’ (circ. 97, loc. 10.53) en est la meilleure sélection. Ses feuilles rouges puis brunes en automne persistent sur l’arbre jusqu’au milieu de l’hiver.

Quercus coccinea ‘Splendens’,10.53

Le fairway du 11 a subi de nombreuses pertes lors des tempêtes avec des arbres qui ont perdu une partie de leur ramure. De jeunes plants ont pris la relève tout en aménageant de nouvelles percées.

Trou n°11

Trou n°12

On admire dans le fairway du 12 une série d’arbres champions dont un épicéa de Serbie, Picea omorika (circ.178, loc 12.25), qui est un des plus beaux du Golf de Ravenstein. Il y a d’autres arbres champions dont un Chamaecyparis lawsoniana ‘Wisselii’, (circ. 350, loc.12.41), une variété horticole du cyprès de Lawson. Il y avait aussi, derrière le green du 11, un Pinus wallichiana (circ. 326), peut-être le plus beau d’Europe d’après Philippe de Spoelberch. Après avoir perdu une grande partie de sa ramure, il a encore vécu quelques années puis il a fallu le couper.

Green du 13

Trou n°13

A 150 mètres à droite du fairway 13, on découvre un charme commun, Carpinus betulus (circ. 309, loc. 13.09).  Bien que souvent cultivé en haies ou en charmilles, c’est un arbre de taille moyenne que l’on peut planter par petits groupes. Les feuilles dentées et fortement côtelées présentent en automne une belle teinte jaune. Elles sont marcescentes, c’est à dire que les feuilles mortes restent attachées aux branches pendant l’hiver.

Carpinus betulus, 13.09

Non loin, ce platane à feuilles d’érable, Platanus x hispanica (circ. 493, loc 13.11) est un arbre vigoureux qui résiste bien aux maladies, à la pollution et au froid. Sa large couronne est portée par un tronc robuste recouvert d’une fine écorce grisâtre. Cette essence est souvent utilisée comme arbre d’alignement le long des rues.

Platanus x hispanica, 13.11

 

Trou n°13

Trou n°14

A droite du fairway 14, non loin du green du 13, ce  chêne pédonculé, Quercus robur (circ. 266, loc.13.31) situé en bordure du fairway du 14 est un superbe arbre forestier et de plaine. S’il dispose d’assez de place et de lumière dans un parc, il développe une large cime avec un couvert léger et irrégulier, sans flèche distincte. Ses grosses branches tortueuses et souvent coudées dessinent une silhouette très graphique en hiver. (voir mon reportage sur le Chêne)

Quercus rubur, 13.31

Trou n° 15

A  gauche, peu avant le green du 15, le Chêne à lattes, Quercus imbricaria (circ. 126, loc 14.59) est un des plus beaux chênes à planter dans les parcs. Il a été découvert en 1786 en Amérique par le botaniste écossais John Fraser. Son nom fait référence aux tuiles de toit qui ont été fabriquées à partir du bois de l’arbre par les premiers colons. Il est remarquable par la forme particulière de ses feuilles ovales au bord légèrement ondulé.

Quercus imbricaria, 14.59

Trou n°16

A gauche du fairway du 16, à 100 mètres du green, se détache un Parrotia persica (circ. 192, loc. 14.47), un des plus beaux exemplaires de Belgique. C’est un petit arbre de la même famille que les Hamamélis. Originaire du nord de l’Iran et du Caucase où il forme des forêts en association avec le charme, il peut atteindre 20 mètres de hauteur. Dans un jardin, son tronc est court et fort, couvert d’une écorce bigarrée. Son feuillage vert sombre devient écarlate flamboyant et or en automne.

Parrotia persica,14.47

Trou n°17

Arbre champion Populus x canadensis ‘Serotina de Selys’, (circ. 526, loc. 17.43)

A droite du fairway du 17, à 150 mètres du green, un bosquet regroupe un Tilleul commun, Tilia x europaea (circ. 262, loc. 16.11), un Pin sylvestre, Pinus sylvestris (circ. 231, loc. 16.13) et un Chêne chevelu, Quercus cerris (circ. 160, loc.16.09). De croissance rapide, le chêne chevelu est une espèce dominante dans les forêts de feuillus. Il peut atteindre 40 mètres de haut et développe sur un tronc robuste une couronne densément ramifiée.

Tilia x europaea, 16.11, Pinus sylvestris 16.13 et Quercus cerris 16.09

 

Trou n°18

Arbre champion, Acer saccharinum f. laciniatum   (circ. 514, loc. 18.11) 

Le frêne commun, Fraxinus excelsior (circ. 564. loc. 18.01) situé près du départ du 18 est un des arbres remarquables de l’Arboretum du Golf de Ravenstein. C’est une espèce indigène, facile à reconnaître par son écorce grisâtre, rugueuse et sillonnée. Ses rameaux sont gris et ses bourgeons noirs et veloutés. Ses fruits sont des samares suspendues aux branches pendant l’été et l’automne. C’est un grand arbre qui ne convient pas aux petits jardins.

Fraxinus excelsior,18.01

 

Le parcours de l’Arboretum du Golf de Ravenstein se termine par un tilleul, Tilia x europaea (circ 312, loc 18.17) et un chêne rouge d’Amérique, Quercus rubra (circ. 420, loc. 18.19) positionnés au bord du ‘putting green’. Les deux arbres forment de remarquables spécimens pour les parcs et les grands jardins. La croissance du chêne rouge est très rapide mais son bois n’est pas aussi résistant que celui du chêne pédonculé. Sa coloration automnale est somptueuse.

Tilia x europaea, 18.17 et Quercus rubra, 18.19 

Parc Course

En 1951, Philippe Mackenzie Ross dessina le nouveau parcours de 9 trous, le ‘New Course’ que l’on nomme aujourd’hui ‘Parc Course’. Son parcours se situe entre l’Arboretum et l’avenue de Tervuren. On y découvre déjà quelques très beaux arbres plantés il y a 75 ans.

Parc Course

 

Parc Course

 

Royal Golf Club de Belgique

Les parcours du Golf de Ravenstein sont réservés aux membres et à leurs invités. Les visiteurs extérieurs possédant un handicap doivent faire au préalable une réservation, payer un green fee et s’enregistrer à l’arrivée avec présentation du certificat de handicap. Bar et restaurant. Château du Ravenstein, Tervuren, Belgique, https://www.rgcb.be/

Lexique pour les non golfeurs:

  • Trou: chaque parcours a 9 ou 18 trous. Chaque trou comporte un départ, un fairway et un green
  • Départ: point de départ de chaque trou. Chaque trou a une longueur de 150 mètres à 500 mètres.
  • Fairway: désigne la longue pelouse bien tondue entre le départ et le green, où l’on frappe la balle.
  • Green: gazon très fin situé à la fin de chaque fairway, La balle doit finir dans le trou marqué par un drapeau.
  • Practice: terrain permettant aux golfeurs de s’initier au golf ou de s’entraîner.
  • Putting green: zone pour s’entraîner au putt et viser le trou avec précision.

Sources:

Crédit photos : Agnès Pirlot et Denis Regout pour les vues aériennes.

Remerciements à messieurs Philippe de Spoelberch, Jean-François Limauge, Denis Regout et Philippe Muûls pour leurs précieux conseils dans la réalisation de ce reportage.

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