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Située à San Pancrazio, dans les environs de Lucques, la Villa Oliva est un domaine plein de charme qui défie les siècles.

 

Villa Oliva, à San Pancrazio

La Villa Oliva est une propriété privée située à six kilomètres de Lucques, en Toscane. Témoignage de la période Renaissance, la Villa fut dessinée au 15e siècle par l’éminent architecte, sculpteur et graveur Matteo Civitali (1436-1501). Formé dans la Florence des Médicis, il travailla à Lucques et dans d’autres villes de Toscane.

Palais Buonvisi

En 1575, Alessandro di Ludovico Buonvisi rachète à Nicolao Bartolomei la propriété de San Pancrazio qui consistait en une maison pour le maître et pour le métayer. L’imposant portail d’entrée souligne l’importance de la famille Buonvisi. Ces riches marchands et banquiers faisaient le commerce de la soie avec les Flandres, l’Espagne, l’Angleterre et d’autres pays européens. Ils donnèrent à la ville de Lucques quarante-cinq gonfaloniers, hauts dignitaires de la cité.

Une allée de cyprès doublée d’une voûte de charmes conduit à la Villa Oliva, vaste quadrilatère rigoureusement cadré par des pierres d’angle à bossage et par les séquences des fenêtres parfaitement alignées. Côté aval, la maison est articulée autour d’un axe symétrique qui aligne le portail d’entrée du rez-de-chaussée avec le balcon du salon au premier étage. Il est surmonté d’un fronton interrompu qui enserre le blason de la famille Buonvisi.

Renaissance florentine

L’architecture de la Villa Oliva est de style Renaissance mais avec des influences florentines et maniéristes. On retrouve la recherche de l’harmonie à travers l’étude des proportions, de la perspective et des jeux de clairs-obscurs avec des pleins et les vides typiques de l’harmonie des formes de la Renaissance.

La façade nord de la Villa Oliva est dotée d’une splendide loggia à cinq arcades soutenues par des colonnes de pierre taillées d’un seul bloc qui s’élèvent sur deux étages. Elle s’ouvre sur une vaste prairie ovale dominée par un bassin et une grotte rustique de tuf qui forme un véritable fond de scène.

Pour le plaisir et le labeur

Le palais acquiert sa structure définitive dans les dernières décennies du 16e siècle. Une description datant de cette époque brosse avec éclat le portrait d’une villa dédiée aux plaisirs du seigneur outre ses fonctions utilitaires avec fermes, écuries et entrepôts liés à la gestion de terres agricoles.

C’était à l’époque «un magnifique enclos avec murailles tout autour…, un palais avec cours et fontaines, une chapelle, un entrepôt pour les récipients et différentes fabriques affectées aux écuries, la remise des carrioles et le logis des maraîchers… des terres de diverses sortes à savoir une partie pour le vignoble, une partie plantée d’arbres fruitiers et de rangs de ceps, des jardins en pelouse et riches en fruits, coupés de grandes et petites allées, un boqueteau pour la capture d’oiseaux, un pressoir derrière la fontaine, une volière, des jardins d’agrumes.»

Jardin sur trois niveaux

La villa domine un jardin de cinq hectares clos de murs qui se déploie de manière longitudinale sur trois niveaux. Il se caractérise par un jeu de plans qui se coupent et se suivent.

La promenade dans le parc riche en essences rares épouse la double pente du terrain permettant de découvrir tour à tour une longue allée de cyprès, des terrasses, des murets, des étendues d’herbes, des haies de buis, un grand escalier protégé par une allée de charmes.

Il y a de nombreux éléments architecturaux et décoratifs tels des vasques et des fontaines et des points de vue permettant d’observer les collines environnantes et la ville.

Ecurie royale

L’écurie de la Villa Oliva est liée à une légende particulière. Buonvisi soutenait que l’écurie de son palais de San Pancrazio était aussi belle qu’un salon du palais de Versailles. Intrigué, le roi Louis XIV envoya un émissaire à la villa de Buonvisi. Le messager, arrivé sur place, découvrit que les murs de l’écurie étaient entièrement tapissés de pièces d’or à l’effigie du Roi-Soleil. Devant une telle splendeur et l’image de son roi, le messager ne put que reconnaître que Buonvisi avait gagné le pari de la beauté.

Palais cardinal

La famille Buonvisi comptait de nombreux membres du clergé dont trois cardinaux. En 1661, le cardinal Girolamo organisa un synode qui eut lieu dans le salon au noble étage de la Villa Oliva et auquel le Pape Alessandro participa. Un autre synode fut organisé en 1700 par le cardinal Francesco Buonvisi.

Le goût de l’exotisme

Au milieu du 18e siècle, on introduit dans le parc de nombreuses espèces botaniques exotiques. Le visiteur découvre ainsi l’olivier de Chine, Osmanthus fragrans et l’Osmanthus armatus Diels, le cyprès de Monterey, Curpressus macrocarpa Hartweg, le goyavier du Brésil, le feijoa ou Acca sellowiana (O. Berg), le camphrier du Népal, Cinnamomum glanduliferum ainsi que l’arbre de Judée, Cercis siliquastrum et le Poncirus trifoliata, le seul citronnier à feuillage caduc qui est le plus rustique de tous les agrumes.

Palais Oliva

La famille Buonvisi s’éteint au tout début du 19e siècle, ouvrant le champ à une longue succession de propriétaires, les Montecatini, les Poniatowski dont le Prince Charles est enterré dans la chapelle de la villa et les Spalding qui dans les années 1930 remanient le jardin pour y ajouter une piscine d’une grande élégance. La villa appartient aujourd’hui à la famille Oliva qui avec passion a restauré et embelli le domaine. Le palais sert de cadre prestigieux à l’organisation de mariages et de réceptions.

Villa Oliva-Buonvisi, San Pacrazio di Lucca, Italie. Lucques est une province de Toscane située entre Gênes et Florence, http://www.villeepalazzilucchesi.it/web/index.php et http://www.villaoliva.it/fr/

A lire: Villas de Lucques, Les délices de la campagne, par Maria Adriana Guisti, éd. Gourcuff Gradenigo, 2015.

Reportage publié en 2016 dans L’Eventail (www.eventail.be)

Rendez-vous dans la rubrique Jardins, Italie, pour découvrir mes reportages sur les Villas et jardins de Lucques, la Villa Garzoni, Villa Torrigiani, Villa Grabau, Villa Reale de Marlia, la Villa Gamberaia et le Jardin exotique de Pallanca ou cliquez sur les liens.

 

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