Dans la Vallée du Loir, le jardin du Plessis Sasnières est le plus anglais des jardins français.

 

Au pied d’un coteau

Un vallon avec ses coteaux et son ruisseau, un petit château, de grands arbres, un bel étang alimenté en eau claire et fraîche par des sources vives, des bosquets ombragés, une large pelouse, des topiaires, une tonnelle de pommiers, un potager, un enclos fleuri planté de vivaces, de rosiers et d’arbustes, le jardin du Plessis Sasnière est foisonnant de surprises. Il a été créé par une passionnée de jardinage.

L’histoire du lieu

A la fin du 15e siècle, la petite seigneurie du Plessis Sasnières appartient à Jean, bâtard de Bourbon. Il y a un logis, des étables, un pressoir à cidre et un autre à vin. Un pont enjambe l’étang pour aller au moulin. La Marquise de Brantes, arrière grand-mère de Rosamée, achète la propriété en 1883. Le château est une grosse maison cubique du 19e siècle coiffée d’un toit pointu. Il y a des dépendances pour le personnel, une glacière, un pavillon de thé, un four à pain, un vaste potager, des serres et une orangerie chauffée pour abriter les plantes fragiles.

Le rêve de Rosamée

Le jardin du Plessis Sasnières est l’oeuvre de Rosamée Henrion et le fruit de son amour pour les jardins à l’anglaise. Membre de l’association des Amateurs de Jardins créée en 1912, de l’Association des Parcs Botaniques de France et de l’International Dendroloy Society, Rosamée hérite du Plessis Sasnières à la fin des années cinquante. Rosamée est une jardinière éclairée passionnée de botanique, d’arbres, d’arbustes et de plantes. Ce parc de 11 hectares est son oeuvre et celle de son fils Guillaume qui ouvre le jardin au public en 1996.

Autour de la maison

Dans l’esprit des jardins de cottage anglais, la façade de la maison, des dépendances et de l’Orangerie du Plessis Sasnières servent de support à des plantes grimpantes, Actinidia, Hydrangea petiolaris, Clematis viticella, Clematis armandii et un rosier ‘Mermaid’ aux fleurs simples, jaune, très parfumées. Le long du haut mur qui soutient le coteau courent des clématites et une glycine aux longues grappes blanches.

Devant les portes de l’Orangerie, un remarquable Hydrangea aspera ‘Sargentiana’ est à découvrir. Sur la terrasse sont installés pour l’été les agrumes, fuchsias et pélargoniums, ainsi que toutes les plantes gélives cultivées en pot.

Un escalier entre le château et les communs conduit à une allée tracée sur le talus par un alignement d’ifs fastigiés. Parcourue de sentiers bordés de prunus et de houx, la promenade sur plusieurs niveaux est agrémentée de bancs. En haut du coteau, une allée de plus de 400 mètres est bordée de Magnolia grandiflora à la floraison estivale.

Un portail monumental permet d’accéder au parc à l’anglaise. Il date du 15e ou 16e siècle et permettait de fermer la cour de la petite seigneurie de l’époque. Réalisé en pierre de taille de tuffeau, sa restauration en a fait un élément décoratif.

Le portail est encadré par des topiaires de buis taillés en cône et en sphères. Le but recherché est de structurer, d’organiser l’espace afin que l’oeil puisse trouver des points d’appui. Des glycines conduites sur tronc comme un arbre ouvrent la perspective. Elles sont installées au centre d’une banquette de buis taillé.

Le parc à l’anglaise

Lové dans le vallon, face au château du Plessis Sasnières, l’étang alimenté par les sources est l’élément principal du jardin à l’anglaise.

Sur la rive opposée, la perspective dévoile la maison familiale qui se reflète dans l’étang.

Le gazon, rafraîchi deux fois la semaine par des tondeuses hélicoïdales, ourle des bouquets d’arums blancs d’Ethiopie, Zantedeschia aethiopica.

Un superbe cèdre du Japon, Cryptomeria japonica ‘Elegans’ surmonte un antique polissoir. Les rameaux retombants de ce gracieux conifère sont couverts d’un feuillage doux au toucher, ce qui lui donne un aspect plumeux.

Une passerelle conduit aux cascades champêtres ombragées par les feuilles gigantesques d’un Gunnera manicata qui pousse les pieds dans l’eau. De cascades en cascades, un petit cours d’eau se joint au ruisseau dont les rives sont couvertes de primevères candélabres, Primula japonica.

On rejoint la prairie située entre le ruisseau et le village en franchissant un pont qui anime le paysage comme une ‘folie de jardin’. Cette passerelle est réalisée sur une structure de poutres en fer et marches de pierre ornée d’une rampe en bois. Elle fut dessiné en 2012 par Guillaume Henrion pour célébrer les quatre-vingts ans de Rosamée.

La promenade dans le parc à l’anglaise du Plessis Sasnières dévoile des arbres et des arbustes choisis pour la beauté de leur silhouette, de leur feuillage ou de leurs écorces, Gingko biloba, Liquidambar styraciflua, Nyssa sylvatica, Sophora japonica, Magnolia grandiflora, Taxodium distichum, Cercidiphyllum japonicum.

L’Enclos Fleuri

Dans le livre d’or des débuts de l’ouverture du jardin de Plessis Sasnières, un commentaire laissé par un visiteur disait: «Promenade plaisante, mais où est le jardin?» Pour le grand public, jardin doit rimer avec fleurs. Le parc à l’anglaise déclinait une belle gamme de verts, mais peu de fleurs et de couleurs.

L’ancien potager en forme de fer à cheval et clos de murs va devenir l’Enclos Fleuri, dessiné en 1998 par Guillaume Henrion. Ce jardin formel situé au bout du de l’étang contrebalance habilement le style anglais du parc.

Une double haie de buis qui encadre des obélisques d’ifs sépare l’enclos fleuri de l’étang.  La perspective dévoile au loin la maison familiale.

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Une allée engazonnée parallèle au mur d’enceinte est bordée de chaque côté de plates-bandes de fleurs assemblées par couleur, du blanc au sombre en passant par le rose ou le bleu. Ici, vivaces, rosiers et arbustes fleurissent, parfumant l’air au rythme des saisons.

Des contreforts d’ifs, Taxus baccata, ponctuent les parterres le long du mur qui sépare l’enclos fleuri du potager actuel et les angles de la tonnelle de pommiers. 

Des pommiers, Malus ‘Everest’, Malus domestica ‘Querina Florina’ et ‘Reinette Baumann’ sont conduits en espalier sur une série d’arcs en métal. Ces longues et élégantes tonnelles reprennent le dessin en fer à cheval. Elles offrent une promenade fleurie au printemps, ombragée en été et colorée de pommes rouges à l’automne.

Au centre de l’enclos fleuri du Plessis Sasnières, une arabesque de buis ondule autour de lauriers du Portugal, Prunus lusitanica, taillés en demi-sphère. Leurs troncs disparaissent dans un tapis d’épiaires de Byzance, Stachys byzantina, au feuillage gris laineux. Dix années ont été nécessaires pour réaliser ce projet dans son intégralité. Le résultat est puissant et élégant en toutes saisons.

Un jardin remarquable

Classé ‘Jardin Remarquable’, le jardin du Plessis Sasnières est devenu au fil des ans un lieu de vie, de rencontre et de partage. Inspirés par les jardins d’outre Manche, Rosamée et Guillaume ont aménagé en 1998 une boutique et un salon de thé pour accueillir les amateurs de jardin. L’objectif visé est que le visiteur se sente chez lui dans le jardin et se l’approprie. En 2016, un restaurant est installé dans les communs. Devant l’Orangerie, une terrasse célèbre les beaux jours. Un Marché aux plantes et produits du terroir est organisé chaque année au mois de mai, un moment convivial pour faire partager aux visiteurs la passion de Rosamée et de sa famille.

A lire: «Jardin du Plessis Sasnières», Guillaume Henrion, 2021

 

Jardin du Plessis Sasnières Membre de l’Association des Parcs et Jardins en Région Centre-Val-de-Loire, 3 allée Rosamée Henrion, Sasnières, à 15 km de Vendôme, dans le Loir-et-Cher, région Centre Val-de-Loire, France. https://www.jardin-plessis-sasnieres.fr/

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