Charnue et savoureuse, la fraise de Wépion est la reine du village de Wépion. Visite de son petit musée qui lui est consacré.

 

En bord de Meuse

Le Musée de la Fraise à Wépion nous raconte l’histoire de la fraise depuis ses débuts en Europe jusqu’à la véritable fraise de Wépion, spécialité cultivée en province de Namur, dans le sud de la Belgique depuis près de 140 ans. Jusqu’au 16e siècle, seule la fraise des bois, Fragaria vesca, est cultivée en Europe. Puis apparaît la fraise Capron, Fragaria moschata cultivée par Monsieur de la Quintinie dans le Potager du Roi à Versailles.

Fraises blanche et rouge

La grosse fraise rouge est née en 1766, par pollinisation d’une fraise blanche importée du Chili, Fragaria chiloensis, par un officier de marine breton François-Amédée Frézier avec une espèce savoureuse du Canada, Fragaria virginiana, introduite deux siècles plus tôt par l’explorateur Jacques Cartier. Cette fraise ananas, Fragraria x ananassa, arrive au Jardin botanique de Brest en Bretagne pour être cultivée dans la presqu’île de Plougastel. Plus grosse que les fraises des bois, cette fraise a fait l’objet de nombreux croisements et améliorations par les botanistes de l’époque.

L’âge d’or des fraises de Wépion

Les fraises arrivent dans les jardinets familiaux de Wépion à la fin du 19e siècle. Elles sont vendues sur les places publiques des différents villages de la région namuroise. En 1933, les cultures s’étendent sur une superficie de près de 500 hectares. L’âge d’or de la culture fraisière à Wépion durera jusque dans les années 1960. Une centaine de producteurs de fraises vendent leurs récoltes sur les marchés de Bruxelles, de Liège et même à l’étranger.

Une fraise de terroir

Si la fraise de Wépion est si savoureuse, charnue et sucrée, c’est grâce à la conjonction de différents facteurs. Il y a l’orientation des terrains de culture en pente douce qui profitent du soleil levant. Les champs se déploient aussi sur les versants de petites vallées orientées nord-sud où s’écoulent des ruisseaux. L’humidité naturelle provenant des brouillards matinaux de la Meuse participe à un micro-climat rafraîchissant favorables aux fraises.

Il y aussi ce sol de l’ancienne forêt de Marlagne qui s’étendait de la citadelle de Namur jusqu’à Philippeville. La terre argileuse relativement pauvre est allégée et enrichie par des éléments ferrugineux en décomposition. Et il y a bien-sûr ce savoir-faire ancestral puisque l’on cultive la fraise à Wépion de manière ininterrompue depuis les années 1880.

Une culture traditionnelle

A Wépion, les cultures fraisières ont gardé leur caractère traditionnel. Le travail de la cueillette est saisonnier et se fait manuellement. La zone de production de la fraise de Wépion se limite aujourd’hui à 150 hectares de culture sur toute la Wallonie dont 25 hectares dans la région de Wépion.

On récolte les fraises le matin avant les fortes chaleurs. Elles sont cueillies à maturité et rangées toutes dans le même sens dans des raviers en carton de 500 gr. Le soir même de leur récolte, les fraises sont vendues à la criée tant aux grossistes qu’aux commerces de détail qui peuvent dès lors les proposer dès le lendemain matin à l’étal.

Des récoltes d’avril à octobre

Les cultures forcées offrent les premières récoltes de primeurs dès la fin du mois d’avril. Elles sont obtenues dans des serres parfois chauffées ou dans de grands tunnels de plastique qui protègent les fraises des intempéries. Le mois de juin est réservé aux productions sur des buttes en plein-champs. Les dernières fraises obtenues sur les plants sont plus petites et plus sucrées et se prêtent à la préparation de confitures. De juillet à octobre, les nouvelles récoltes issues de plants maintenus en chambre froide prolongent la saison.

 

Les reines rouges

L’appellation d’origine «Fraise de Wépion» ne fait l’objet d’aucune protection géographique. Elle recouvre plusieurs variétés de fraises différentes qui sont cultivées selon un cahier des charges précis. Ce sont les anciennes variétés locales, ‘Madame Moutot’, ‘Souvenir de Charles’, ‘Dumanil’, ‘Grand Manil’, qui ont concouru à la réputation des fraises de Wépion. Elles étaient cultivées à flanc des coteaux mosans sur paillage et sans irrigation.

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De nouvelles variétés savoureuses les ont remplacées dont la conservation et le transport sont plus aisés. Les plus cultivées sont la ‘Darselect’, précoce, sucrée et juteuse, ‘Elsanta’, brillante, acidulée, ferme et de bonne conservation, et ‘Lambada’, la plus fragile au transport mais la plus recherchée pour le parfum et le goût.

Musée de la Fraise

Le Musée de la Fraise propose une série d’activités à destination des plus jeunes:

  • Visite du musée, six salles qui racontent la fraise à travers l’histoire, l’art et le folklore avec une dégustation de produits locaux à base de fraise
  • Parcours gourmand dans le jardin des petits fruits et le verger didactique, l’occasion de sensibiliser les enfants à la saveur des fruits et à leur culture, du paillage à la cueillette.
  • Activités ludiques et pédagogiques avec Fragolo, le lutin des fraisiers, qui propose des ateliers, des activités complémentaires et des chasses au trésor destinées aux enfants des écoles et des mouvements de jeunesse.

Musée de la Fraise et Promotion du Pays de Wépion, chaussée de Dinant 1037 à 5100 Wépion, Belgique. https://www.museedelafraise.com/ et https://www.veritable-fraise-de-wepion.be/

Reportage publié en 2022 dans Jardins & Loisirs (www.jardinsetloisirs.be)

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