Vous rêvez d’un potager en permaculture qui mêle l’esthétique à la productivité? Stéphanie de Theux vous guide pas à pas.

 

Un îlot fécond

Lors d’une balade à vélo au fil des chemins creux de Lasne, j’ai découvert le potager de Stéphanie de Theux. Entouré de champs, le jardin potager de 250 mètres carrés est ombragé par quelques arbres et une haie dense qui le protège du vent soufflant dans la plaine. Un îlot fécond cultivé en permaculture où les légumes, les fleurs, les plantes vivaces ou annuelles, les petits fruits et les aromates se marient pour former un écosystème.

Stéphanie de Theux

Economiste de formation, Stéphanie de Theux s’est découvert une passion pour la permaculture il y a une dizaine d’années lorsqu’elle s’est installée à la campagne. «Je n’avais ni la main verte, ni les connaissances en la matière. C’est en quittant Bruxelles pour arriver à Lasne que j’ai réalisé combien travailler la terre me ressourçait.» Son potager alimente aujourd’hui sa famille de 6 personnes pendant près de 8 mois par an.

Potager en permaculture

Stéphanie de Theux est aujourd’hui coach en création de jardins potagers cultivés en permaculture. «Mes grands-parents étaient passionnés de jardin. Je me souviens de ma grand-mère ramassant les salades, haricots ou framboises de son potager à la Marache pour le repas familial. Je crois que c’est un goût qui se transmet.»

 

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Au fil des saisons

«Le potager est devenu un élément indispensable à mon équilibre, un lieu où exercer ma créativité tout en appliquant des principes théoriques souvent très logiques.» Cultiver son potager, c’est la fierté de vivre au fil des saisons, de reprendre en main son alimentation, de faire moins de courses, se relaxer et se connecter à la terre. C’est aussi l’opportunité de sortir de l’ordinaire, de tester des goûts oubliés, de découvrir des légumes originaux, de cuisiner autrement.

La main verte

Contrairement à ce que l’on croit, il ne faut pas avoir la main verte ni disposer de beaucoup d’espace pour installer un potager dans son jardin. La permaculture permet de récolter plus tout en travaillant moins et cela dans le respect de la terre. La proposition de Stéphanie de Theux est d’observer comment fonctionne l’écosystème: ce faisant, on va travailler avec ce que la nature propose et non se battre contre elle. Tout devient du coup, plus facile!

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Un peu d’humilité

«Cultiver un potager, ce n’est pas seulement produire des légumes nous dit Pierre Rahbi. C’est apprendre à s’émerveiller du mystère de la vie.» La création d’un potager cultivé en permaculture requiert un minimum de réflexion, un peu d’humilité et de lâcher prise. «Tout ne poussera pas toujours comme vous le souhaitez. Pas facile de jongler avec les aléas de la météo, avec la venue des insectes ravageurs, avec les cycles de croissance, d’abondance et de carence. La nature nous rappelle que tout n’est pas contrôlable.»

Un écosystème

La diversité est la clef de la réussite d’un potager en permaculture. Le sol est nourri par ce qui y pousse et par les plantes sauvages. Les plantes choisies, vivaces ou annuelles, sont adaptées au sol et au climat. Les végétaux de grande taille protègent les plantes plus fragiles du vent et du soleil brûlant. Les fleurs, souci, capucine, tagète, consoude et bourrache protègent les légumes contre les parasites et attirent les abeilles, les bourdons et les papillons. En lisière du terrain, s’installe une rangée de plantes aromatiques, des bosquets de buissons à petits fruits, une zone humide avec petite une mare…

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Préparer le terrain

Stéphanie de Theux propose un accompagnement dans la création d’un potager cultivé en permaculture. «Avant de se lancer, il faut observer et analyser ce qui l’entoure. Il n’y a pas de mauvais sol ni de mauvaise orientation. Il faut juste en tenir compte pour y planter ce qui s’y plaira.» Le terrain est nettoyé en couvrant le sol plusieurs mois à l’avance par un paillis de déchets organiques déposé sur des cartons afin d’éliminer les herbes indésirables et d’enrichir la terre.

 

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Une terre fertile

En permaculture, le sol n’est jamais bêché ni retourné, ce sont les vers de terre, les bactéries et autres micro-organismes qui aèrent et drainent le sol. Ils accélèrent la décomposition végétale et enrichissent la terre naturellement. Pour garder un sol fertile, le plan de plantation rassemble les légumes par famille et alterne le contenu des parcelles chaque année. La permaculture favorise un écosystème capable de se régénérer naturellement de façon durable.

Des strates végétales

L’aménagement de strates végétales permet d’optimiser le rendement et l’espace du potager. «Il faut penser en trois dimensions, dans le sol, hors sol et sur le sol. Certains légumes vivaces comme les bettes, l’oseille ou le céleri à côtes supportent mal la sécheresse. Les plantes plus hautes ou les plantes palissées font de l’ombre à celles qui poussent à leur pied. Parmi les aromates, le persil, la menthe, la mélisse et la ciboulette préfèrent l’ombre. J’installe ces plantes au pied des larges feuilles des choux, brocolis ou des haricots à rames qui grimpent sur des tipis.»

Clôtures, allées et murets

Un élément doit répondre à plusieurs fonctions. Une clôture sert de palissade pour y faire grimper des fruits ou des légumes. Un muret permet d’adosser des plantes qui préfèrent l’ombre. Les allées sont des éléments décoratifs en plus d’être utiles. Quant aux légumes vivaces, ils restent en place d’année en année. «En plus de leur goût subtil, ces plantes perpétuelles sont très décoratives et ne demandent aucun soin. Il serait dommage de ne pas les inclure au potager.»

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Maximiser l’espace

Stéphanie de Theux conseille de serrer les lignes de cultures et d’associer les récoltes hâtives et tardives. Les carottes qui poussent lentement sont plantées avec une ligne de radis et d’oignons qui luttent contre la mouche de la carotte. Les salades et les épinards tiennent compagnie aux courgettes qui poussent plus tard. «Le potager en permaculture est basé sur des questions d’équilibre et d’échange entre les plantes, comme cela se passe dans la nature.»

Couvrir le sol

«Si tout est planté au bon endroit, les plantes vont s’entraider. Le sol sera presque entièrement couvert de feuillage et vous devrez beaucoup moins arroser et enlever les mauvaises herbes. Ailleurs, le sol est couvert d’une couche de paille, copeaux de bois ou déchets de récoltes du potager. Ce mulch en se décomposant va améliorer la texture et la fertilité de la terre au profit des plantes. Vous gagnerez en autonomie sans vous épuiser à la tâche avec à la clef des récoltes généreuses et gourmandes.»

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Stéphanie de Theux, Montjardin, création et mise en place de jardins potagers en permaculture, formations et conseils. Un guide précieux: «Un autre regard sur le potager. Le plein de couleurs et de saveurs», Stéphanie de Theux. https://montjardin.be/

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