20 ans de journalisme,
la passion du voyage et des jardins.

Un hiver sans neige, c’est comme Noël sans guirlande ni sapin. En s’accrochant aux feuillages persistants, la neige souligne avec éclat les massifs de mon jardin.  

 

Au fil des saisons

Mon jardin est photogénique. Au printemps, le jeune feuillage des hêtres centenaires qui entourent ma maison est attendrissant. Saturé de chlorophylle, le feuillage est presque fluorescent. Sous la lumière de l’été, les couleurs sont très contrastées et il faut se lever tôt pour faire de jolies photos. En automne, ce sont les tons mordorés qui dominent, frôlant parfois l’indigestion. En hiver, le soleil très bas entre à flot dans ma maison. Et lorsque la neige tombe, le jardin devient enchanteur. (voir mon jardin au fil des saisons)

Mon jardin sous la neige
Mon jardni sous la neige
Mon jardin sous la neige
Mon jardin sous la neige

Au milieu d’une clairière

Depuis trente ans, j’habite près de Bruxelles dans une maison blanche nichée au milieu d’une forêt que l’on appelle le Bois Eloi. C’est une maison un peu vieillotte située dans un environnement fantastique. Face au soleil couchant, la vue se dégage comme une fenêtre sur un vallon où se profile le clocher d’un village brabançon. Des hêtres, des chênes, des bosquets de bouleaux et de merisiers forment une couronne de verdure tout autour de la grande pelouse. (voir mon reportage sur le hêtre, seigneur de mon jardin)

Mon jardin sous la neige
Mon jardin sous la neige
Mon jardin en hiver
Mon jardin sous la neige

Un jardin paysager

Des bouquets de grands arbustes, des rhododendrons et des amélanchiers sont regroupés en périphérie de la pelouse, le tout formant comme un paysage aux formes souples et naturelles. Deux massifs de buissons et de plantes vivaces entourent ma maison. Une bordure de buis d’un côté et d’if de l’autre souligne les parterres. Ces lignes fortes rendent le dessin perceptible même en hiver. (voir mon reportage sur le buis)

Mon jardin sous la neige
Mon jardin sous la neige
Mon jardin sous la neige
Mon jardin sous la neige

Des arbustes constituent l’ossature de ces massifs. Ils sont choisis autant pour leur silhouette qui donne du volume à la composition que pour leur floraison saisonnière. Un pyracantha palissé, des pieris et un lierre arborescent forment du côté du soleil levant un décor persistant. Ils mettent en valeur un Viburnum burkwoodii qui ouvre ses fleurs de porcelaines à la fin de l’hiver.

Mon jardin sous la neige
Mon jardin sous la neige
Mon jardin sous la neige
Mon jardin sous la neige

Le nettoyage des massifs

Lorsque j’ai commencé à jardiner, il y a bien longtemps, je nettoyais mes massifs en automne. Je coupais au ras du sol les plantes vivaces de mes parterres. J’en profitais pour retourner la terre d’un bon fer de bêche en laissant de grosses mottes. Ce labour avait pour but d’aérer le sol, de permettre aux pluies de l’hiver de s’infiltrer et d’attirer dans le sol tous les éléments nutritifs. Les mottes devaient s’émietter naturellement grâce au froid de l’hiver.

Mon jardin sous la neige

Jardiner en douceur

Aujourd’hui, je laisse en place les tiges de mes vivaces si elles ne sont pas en voie de décomposition car rien n’est plus joli qu’un jardin d’herbes sèches surpris par les premières gelées. Chargées d’un millier d’étoiles de givre ou d’une coiffe de neige, les ombelles rondes des hortensias et des sedums offrent un décor presque irréel. De plus, les graines qui mûrissent dans les inflorescences représentent une source de nourriture précieuse pour les oiseaux et les tiges creuses peuvent abriter des insectes en hibernation. (voir mon reportage sur le jardinage bio)

Mon jardin sous la neige

Pour aérer le sol et éliminer les mauvaises herbes, j’attends le printemps. Le bêchage perturbe la vie microbienne de la terre. J’utilise de préférence la fourche-bêche, le sarcloir ou la griffe à trois dents. Il faut dire que mon sol et très léger, donc il se travaille facilement. Cela me permet d’accueillir des plantes bisannuelles tels que les myosotis, ancolies et camomilles sauvages. Portées par le vent, ces plantes vagabondes se ressèment naturellement chaque année.

Mon jardin sous la neige

Un manteau protecteur

En Belgique, l’arrivée des flocons provoque un peu partout la panique. C’est à tort car la neige est une alliée du jardinier. Contenant énormément d’air dans ses flocons, la couche neigeuse constitue un insolant naturel. Elle protège les végétaux des plus fortes chutes de températures qui peuvent survenir ensuite. La neige recouvre les parties souterraines des plantes d’un manteau bien moins froid que l’air environnant.

Mon jardin sous la neige

Dans mon jardin, j’ai eu parfois quelques dégâts dûs à la neige. Pour les arbres et les arbustes à feuilles persistantes, comme les rhododendrons et les lauriers cerise et pour certains conifères, la couche de neige peut devenir trop lourde. Leurs branches doivent supporter un poids qui ne fait qu’augmenter. Il faut alors les débarrasser de cette neige trop pesante en agitant doucement leurs branches ou en liant les rameaux des conifères fastigiés.

Bois Eloi sous la neige

Un froid nécessaire

Le froid de l’hiver participe à l’équilibre de la nature et donc à la réussite du jardin. L’obscurité et le froid humide vont lever la dormance des bulbes et des semences. Dès les premiers signes du printemps, leurs graines commencent à germer. Elles vont assurer la continuité de l’espèce et le début d’un nouveau cycle. Le gel lui-même n’est pas dénué de vertus. Contrairement à une opinion répandue, il n’élimine pas vraiment les nuisibles mais il enrichit le sol en éléments minéraux assimilables par les plantes.

Mon jardin sous la neige

Les gouttelettes de givre

Surgissant sous forme de brouillard, le givre agit aux heures les plus fraîches de la nuit. A ce moment, les minuscules gouttelettes d’eau couvrent les rameaux, feuilles et fleurs mais aussi les grillages et portails dont la température est inférieur à 0°C. A ce contact, l’eau se cristallise. Si le froid persiste durant la journée, le givre peut causer des dégâts par la raideur qu’il impose aux cellules végétales. Il ne faut surtout pas les toucher sous peine de les casser. Il vaut mieux attendre que le soleil et le redoux se chargent de clore le spectacle.

Reportage publié en 2017 dans Jardins & Loisirs (www.jardinsetloisirs.be)

Rendez-vous dans la rubrique Jardinage, Travaux de Jardinage, pour découvrir Mon jardin mois par mois, et le calendrier du jardin au fil des saisons, ou cliquez sur le lien.

 

Si vous avez aimé ce reportage, pourquoi ne pas le partager
Facebook
Facebook
Twitter
Pinterest