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la passion du voyage et des jardins.

Sous le givre de l’hiver, les étangs de Froggies Paradise se figent dans la vallée de la Lasne. Les grenouilles hibernent.

 

La Franche Taverne

1764, l’ancrage de la ‘Franche Taverne’ affiche son grand âge. Cette ancienne brasserie de l’abbaye cistercienne d’Aywiers tient son nom du fait que la vente de la bière y était franche de droits, c’est à dire exonérée d’impôts. On y brassait l’orge et les dépendances en briques servaient aussi de d’étables et occasionnellement de prison. Après la Révolution française, la demeure servit de maison communale puis de ferme avec l’ajout d’une grange.

Un chapelet d’étangs

Traversée par une rivière, la vallée abonde en pièces d’eau. Des sources sourdent de partout, formant des ruisseaux qui alimentent un chapelet d’étangs. C’est en 1975 que Marguerite et son époux découvrent la région et tombent sous le charme de cette vieille maison au bord de la Lasne.

Jardin de cristal

Le jardin de Marguerite est animé par trois pièces d’eau. Deux sources aux jolis noms de fontaine de l’Escavée et fontaine Mamour alimentent les étangs. L’onde des étangs en partie gelée reflète la silhouette massive de la vieille maison, le graphisme des saules et des plantes de marais. Les poussières de givre s’accrochent aux rameaux et aux feuillages persistants, soulignant les lignes ondulantes du jardin.

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Un dinosaure monte la garde

Dans la cour, un dinosaure en lierre monte la garde. Un clin d’oeil qui amuse beaucoup les enfants. Il faut dire que Marguerite est une artiste. Son jardin est enrichi par une collection de statues et sculptures décoratives qu’elle a choisies au fil des brocantes et des foires de jardin.

C’est à la fête des plantes d’Aywiers qu’elle a découvert ces deux belles chaises en fonte très poétiques inspirées du monde végétal sculptées par Xavier Dumont, de Folie de Jardin Quelques sculptures d’oiseaux animent le bord des étangs, tenant compagnie aux grenouilles et aux libellules. (voir mon reportage sur le mobilier organique de Xavier Dumont)

Un jardin sauvage

En hiver, la personnalité du jardin s’impose avec un brin de mystère. «J’aime beaucoup mon jardin en hiver. La pelouse garde l’empreinte des oiseaux et des hérissons qui sortent en quête de nourriture. Quand les étangs sont gelés, les hérons se promènent dans le jardin à la recherche de petits mammifères. Mon jardin est un peu sauvage. Le gazon n’est tondu que pour former un sentier de promenade autour des étangs mais l’essentiel du terrain n’est fauché qu’une fois par an.»

Le jardin à l’arrière de la maison est structuré avec des topiaires parfaitement taillées. Une pergola couverte d’une belle glycine anime la façade côté jardin.

En face, une haie massive de taxus borde un talus, camouflant une piscine couverte.

La partie basse du jardin est plus naturelle. Bordant la rivière, elle se fond dans le paysage. Partout, des bancs invitent à faire une pause et à s’imprégner de ce petit bout de nature enveloppé dans sa pellicule de glace. Au delà de la gloriette qui borde le grand étang, le jardin se prolonge dans la vallée de la Lasne où des colonies d’oies bernaches du Canada ont élu domicile.

Les grenouilles des étangs

L’eau cristalline des étangs fait le bonheur des canards, des poules d’eau et des grenouilles vertes et rousses qui sont les reines du jardin. En été, lorsqu’on s’approche des pièces d’eau, c’est un véritable ballet de batraciens qui sautent et rebondissent pour se réfugier dans l’eau. Marguerite a créé des petits jardins aquatiques, en bordure de l’eau, avec de hautes herbes où ces petites bêtes peuvent se cacher.

Adorant se prélasser au soleil, les grenouilles restent cependant toujours prêtes à plonger. Elles se nourrissent surtout d’insectes, de vers, de limaces, de mille-pattes et d’araignées. L’ouïe et la vue de la grenouille lui permettent de situer les proies avec une précision diabolique. Par l’intermédiaire de ses doigts, elle ressent parfaitement les vibrations du sol afin de repérer un prédateur avant de le voir.

Les grenouilles sont des animaux amphibiens. Ils ont la capacité de vivre aussi bien sur terre que dans l’eau. En fait, les deux éléments, air et eau, leur sont indispensables. La grenouille respire à la surface de l’eau par les narines et les poumons, comme les humains. Mais elle respire aussi par sa peau qui est très fine, douce et humide au toucher. L’hiver, la grenouille hiberne dans le fond de l’eau, nichée parmi les pierres ou sur des racines. Totalement immergée, elle abaisse son métabolisme au point de n’utiliser que très peu d’énergie. Elle respire uniquement par la peau qui absorbe l’oxygène contenu dans l’eau.

Au mois de mars, la grenouille sort de son hibernation et reprend sa place au bord de l’eau. Au printemps, de jour comme de nuit, on entend les mâles entonner un chant de reproduction. Ils croassent surtout en fin de journée ou durant la nuit, troublant parfois le sommeil des invités de Marguerite. Les femelles pondent au milieu des plantes des grappes gélatineuses composées de plusieurs milliers d’oeufs. Après quelques jours, les têtards font leur apparition. Ils resteront dans l’eau jusqu’au printemps suivant où ils se métamorphoseront en grenouille.

Froggies Paradise

Le jardin de Marguerite se visite dans le cadre de l’association Jardins Ouverts de Belgique, Open Tuinen van Belgie, www.jardinsouverts.be

Reportage publié en 2019 dans Jardins & Loisirs (www.jardinsetloisirs.be)

Rendez-vous dans la rubrique Découvertes pour voir mon reportage sur les Jardins Ouverts de Belgique , La Fête des Plantes des Jardins d’Aywiers et le mobilier de Xavier Dumont et dans la rubrique Jardins, Belgique, pour mes reportages de l’Arboretum de Kalmthout en hiver, l’Abbaye d’Aywiers, Fleurissart, mon Jardin sous la neige et le Vieux Manant ou cliquez sur les liens.

 

 

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