Véritable palais des mille et une nuits à Marrakech, le Riad Dar El Bacha abrite le Musée des Confluences.
Le palais d’un Pacha
Situé au coeur de l’ancienne médina de Marrakech, Dar El Bacha est un somptueux palais construit par Thami El Glaoui, une figure marquante du Maroc au début du 20e siècle. Fils d’un caïd berbère et d’une esclave éthiopienne, Thami Ben Mohammed El Mezouari portait le surnom de Seigneur de l’Atlas. Redevant sa fulgurante ascension à l’administration française au Maroc, Thami El Glaoui fut Pacha de Marrakech de 1907 à 1956.

Construit dans les années 1910, le palais Dar El Bacha s’étendait sur dix hectares en plein coeur de Marrakech. Le Riad comportait trois jardins, un verger doté d’un bassin pour l’irrigation des agrumes, un jardin clos situé au milieu du Riad et un jardin de plaisance de style paysager.

Résidence du Pacha de Marrakech, ce palais majestueux, magique par son architecture et par la beauté de son ornementation, est devenu un centre d’activité politique et un lieu de rencontre pour les dignitaires, y compris les diplomates étrangers, les artistes et les écrivains.

Le Pacha y organisait des réceptions et des banquets fastueux. Un pavillon d’apparat, la Stinia, était réservé aux hôtes de qualité tels Winston Churchill, l’Aga Khan, Charlie Chaplin, Ravel, Colette ou le général de Gaulle. La Stinia a été transformée en résidence royale. Le Roi Hassan II y a notamment accueilli le président François Mitterand.

Riyad, architecture marocaine
Le palais Dar El Bacha est considéré comme un modèle d’architecture marocaine traditionnelle, le Riyad. Son plan rigoureusement symétrique s’organise autour d’une cour jardin rectangulaire ornée de fontaines. Elle est entourée de six salons sur ses quatre côtés. Plusieurs dépendances abritent le harem réservé à la famille du Pacha et des annexes incluant une bibliothèque, un hammam et une petite mosquée.







La décoration du Riyad illustre le savoir-faire des artisans marocains et le goût du Pacha pour les procédés et les éléments décoratifs inspirés d’Europe, notamment d’Italie. Le palais ne manquait pas de confort avec un système de chauffage central encastré dans les murs et un système d’alimentation et d’évacuation des eaux.

Les plafonds en cèdre sculpté, les portes et les fenêtres ouvragées et les zelliges témoignent de la richesse et de la délicatesse des registres décoratifs au Maroc.

Musée des Confluences
Réquisitionné par l’état marocain au décès du pacha en 1956, le Riyad Dar El Bacha avec ses fontaines et ses orangers est géré depuis 2015 par la Fondation Nationale des Musées. Ouvert en 2017, le palais abrite le ‘Musée des Confluences’. Sa vocation est de mettre en exergue les apports culturels et patrimoniaux matériels ou immatériels qui ont façonné l’identité marocaine.

Un fond important des réserves du Musée des Confluences Dar El Bacha est constitué par des collections rassemblées au milieu du 20e siècle par Patti Cadby Birch (1923-2007), une américaine qui avait travaillé au Philadephia Museum of Art.

L’art marocain traditionnel
Le musée expose une large gamme d’artefacts provenant de la région de Marrakech. Il s’agit d’un ensemble de boiseries, de bijoux, de poteries et céramiques, d’armes, de tapis et tissages et quelques pièces archéologiques. Les collections reflètent l’héritage diversifié du pays. Ces objets à caractère universel ont une valeur anthropologique incontestable. Ils célèbrent les confluences qui définissent l’identité marocaine.

L’art islamique, spiritualité et esthétisme
Art abstrait reposant essentiellement sur l’usage des couleurs, des motifs géométriques ou floraux, et de la calligraphie, l’art islamique est lié à l’expression de la foi chez les artisans musulmans. Conforme aux principes religieux qui prônent l’éloignement de toute représentation figurée des êtres vivants, l’art islamique présente souvent des formules de louanges à Dieu, des prières ou des versets coraniques.

La naissance des dynasties omeyyade et abbasside au 7e siècle a instauré les fondements de l’art islamique, notamment à travers la fondation de nouvelles villes dont le noyau est la moquée, véritable lieu de vie communautaire. Dès le 8e siècle, avec l’émergence des Idrissides, les dynasties ont accordé une grande importance à l’ornementation des édifices et des objets religieux.

La céramique, la broderie et le tissage
Fabriquée essentiellement à partir d’argile, la céramique au Maroc se décline en deux catégories. La poterie rurale est un art essentiellement féminin. Elle est façonnée à la main et séchée à l’art libre. La production citadine est réalisée au tour puis cuite au four.

La broderie marocaine tout comme la production de tapis est un art ancestral pratiqué exclusivement par les femmes. Le tapis peut servir de moquette, d’ornement mural, de sac à céréales ou encore de matelas. Il orne également les tentes et les selles de chevaux.

Le zellige marocain
Dès l’époque médiévale, les artisans marocains on développé des techniques sophistiquées pour créer des carreaux et des marqueteries en faïence. Connues sous le nom de zellige, ces pièces de céramique émaillée étaient minutieusement assemblée pour former des motifs géométriques, des arabesques ou encore des inscriptions calligraphiques.


Emblématiques de l’art islamique, les motifs géométriques du zellige marocain reflète l’idée d’une infinité divine. Ces formes entrelacées, étoiles, carrés, losanges... créent des compositions équilibrées et harmonieuses.

Caftans de Tétouan, de Fès et de Rabat, 19e siècle
Le caftan
Le caftan est une tunique longue et amble, généralement confectionnée en velours, en soie ou en brocart. Il peut être ouvert sur le devant ou fermé par une une ceinture. Il est orné d’une ganse de soie tressée fermée par une rangée de boutons. A l’origine réservé à la cour royale, le caftan est devenu un symbole culturel du pays. Il est porté aussi bien par les hommes que par les femmes. La richesse de la décoration indique une appartenance sociale.

Café Bacha
Fréquenté par les locaux et les touristes amateurs de café, le café Bacha est installé dans une cour du palais. Avec un choix de plus de 200 cafés du monde entier, c’est un voyage dans la riche histoire de la culture du café.

Musée des Confluences Dar El Bacha, visite du musée, Bacha Coffee Room & Boutique, rue Fatima Zahra, Médina, Marrakech, Maroc. https://darbacha.com/fr/ et https://fnm.ma/musees-ouverts/musee-des-confluences-dar-el-bacha/
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