Pour combattre les pucerons qui sucent la sève des plantes du jardin, faites alliance avec la coccinelle.

 

Bêtes à bon Dieu

Jolies comme un coeur dans leur robe rouge à points noirs et leurs rondeurs rassurantes, les coccinelles sont des insectes de l’ordre des coléoptères. Il existe une trentaines d’espèces de coccinelles en Belgique. La plus connue est la Coccinella septempunctata. Ses ailes d’un noir transparent sont couvertes par des élytres rouges à sept points noirs. La couleur vive de leur robe leur sert de moyen naturel de défense.

La vie d’une coccinelle

Comme les papillons, les coccinelles passent par quatre stades principaux au cours de leur vie: l’oeuf de couleur jaune, la larve équivalent de la chenill, la pupe équivalent de la chrysalide qui se fixe immobile sur un support et l’adulte capable de se reproduire. Après l’accouplement qui a lieu au printemps, les femelles pondent leurs oeufs par petits groupes sur les feuilles, à proximité de leurs futures victimes.

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Amie du jardinier

Symbole de la lutte biologique au jardin, la coccinelle est l’un des insectes auxiliaires les plus efficaces. Elle se nourrit de pucerons, cochenilles et acariens qu’elle consomme avec voracité. Un insecte adulte dévore quotidiennement une centaine de pucerons. A la naissance, les larves sont tout aussi voraces que leurs parents, pouvant croquer jusqu’à 150 pucerons par jour!

Des habitats diversifiés

Les coccinelles peuvent vivre plus d’un an. Selon l’espèce, elles s’installent dans des habitats diversifiés, arbres, résineux, friches, pelouses sèches, landes à bruyères. La coccinelle à sept points peut vivre à peu près partout. Les coccinelles hivernent en se réfugiant par petits groupes sous les mousses, les écorces, feuilles mortes, dans de vieux bâtiments et parfois dans un coin tranquille de nos habitations.

Le puceron, le poux des plantes

Ils ont six pattes, la peau verte ou brune, avec des antennes, une trompe et un appétit d’ogre… Véritable plaie pour le jardinier, ces monstres sont les pucerons. Ils se reproduisent si vite que deux ou trois individus vont devenir une colonie en seulement une ou deux semaines. Dans nos jardins, l’insecte est représenté principalement par le puceron vert du rosier, le noir des fèves, le cendré du chou, le lanigère…

Aspirateur de sève

A l’aide de leur rostre, la partie pointue de leur bouche, les pucerons piquent et pompent la sève des plantes. Ils extraient les acides aminés qu’ils consomment en grande quantité. Puis les pucerons rejettent un miellat sucré, sorte de liquide gluant qui colle aux végétaux et qui fait le bonheur des fourmis. Cette substance favorise le développement d’une moisissure noire poisseuse, la fumagine.

Les feuilles qui s’enroulent

En puisant la sève des jeunes feuilles ou les boutons floraux des rosiers, les pucerons injectent une sorte de salive toxique qui provoque des déformations du feuillage. Les feuilles s’enroulent, se crispent et se décolorent. Les pucerons qui inhibent la croissance des plantes sont également vecteurs de maladies et les propagent rapidement.

Génération spontanée

Le cycle biologique des pucerons est très particulier et un peu compliqué. La vie d’un puceron est d’une trentaine de jour avec une bonne dizaine de générations du printemps à l’automne. Cette grande capacité de reproduction explique la prolifération des pucerons dans le jardin. Les pucerons passent pour la plupart l’hiver sous forme d’oeufs. Dès les premiers beaux jours, ces oeufs produisent des femelles fondatrices sans ailes. Tous les huit à dix jours, les pucerons femelles donnent naissance sans fécondation à de jeunes larves.

Quand la colonie est trop importante, des femelles ailées apparaissent. Les pucerons se disséminent ainsi, chaque femelle ailée donnant naissance à de nouvelles larves femelles vivantes, sans aile. En automne, une nouvelle génération de femelles ailées apparaît. Elles donnent naissance à une génération sexuée de mâles et de femelles ailés qui s’accouplent pour donner, non plus des larves, mais des oeufs noirs et brillants que la femelle colle sur la plante hôte ou dans les fentes des écorces et des écailles des bourgeons ou plus proche du sol sur les plantes vivaces. Ces oeufs passent ainsi la saison hivernale bien protégés.

Elevage de pucerons

Très friande du miellat rejeté par les pucerons, la fourmi protège et entretient ses colonies de pucerons. Pour protéger son festin, la fourmi dispose autour des colonies de pucerons des ceintures de résine poisseuse. Cette ceinture empêche le puceron de s’enfuir mais écarte également les autres prédateurs. Les pucerons se reproduisent ainsi en grand nombre. La fourmi peut alors récolter le miellat du puceron en toute tranquillité.

Coin sauvage

Les pucerons ont d’autres prédateurs que les coccinelles. De nombreux oiseaux prélèvent une bonne part des pucerons pour se nourrir. Les larves de chrysope, les syrphes, les guêpes parasites et le perce-oreille sont comme les coccinelles des amateurs de pucerons. Pour les accueillir dans le jardin, aménagez des milieux un peu sauvage où les insectes utiles s’installeront et prendront leur place dans la niche écologique.

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Plantez des haies avec des arbustes d’espèces variées qui fleuriront à chaque saison.

Aménagez une petite mare, posez des nichoirs, des abris à perce-oreille et des hôtels pour insectes. (voir mes reportages sur les Haies libres, les Nichoirs pour les oiseaux, Jardin à papillons et les Hôtels pour insectes)

La nature, la flore et la faune

Semez des fleurs mellifères. Fertilisez les cultures au compost et évitez les excès d’azote qui fragilisent les plantes. Couvrez le sol de matériaux biodégradables, écorces, paille, déchets organiques, pour le protéger de la pluie, du vent et du soleil. Ces pratiques respectent la nature, la flore et la faune. En élisant domicile chez vous, les coccinelles vous montreront leur reconnaissance. (voir mes reportages sur le Jardin mellifère, le Jardin bio, le Guide du paillage et le Compost)

Lutte biologique

Si vous ne repérez aucune coccinelle à proximité et qu’une plante est envahie de pucerons, effectuez une pulvérisation d’eau froide à jet fin sous les feuilles. Elle éliminera une bonne partie des colonies de pucerons. Pour les combattre, n’utilisez que des produits de traitement doux comme le savon bio liquide. Pulvérisez les plantes par des insecticides bio, infusions, décoctions, macérations, extraits, jus ou purins de prêle, ortie, tanaisie, absinthe, bourrache, pyrèthre, feuilles de rhubarbe ou jeunes pousses de sureau. (voir mon reportage sur les Plantes qui soignent le jardin)

Introduire des coccinelles

La coccinelle asiatique, Harmonia axyridis, à robe rouge, jaune ou noire, a été importée en Europe pour la lutte biologique contre les pucerons. Ce fut une erreur car cette coccinelle très vorace a pris la place de notre coccinelle indigène. Vendue sous forme de kits d’élevage à disposer dans nos jardins, haies, prairies, verger, espaces verts et dans les serres, la coccinelle à deux points  Adalia bipunctata est une espèce indigène qui est produite pour la lutte biologique par la société belge Horpi Systems.  Cette coccinelle ne semble poser aucun problème écologique pour lutter contre les pucerons.

Reportage publié en 2003 dans Femmes d’Aujourd’hui, https://www.femmesdaujourdhui.be/

Plus d’infos :

Crédit photos Agnès Pirlot et Deposit Photos

Rendez-vous dans la rubrique Jardinage, Jardin bio, pour découvrir mes reportages sur le Jardin mellifère, un Hôtel à insectes, le Jardin à Papillons, Le Jardin un Refuge pour la vie sauvage, Le jardin un paradis pour les oiseaux, un Nichoir pour les oiseaux, la Haie libre, le Jardin bioclimatique, Jardiner bio, la Prairie fleurie, Guide du Paillage, Compost, ou cliquez sur les liens.

 

 

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