Au coeur de Bruxelles, le Muséum des Sciences Naturelles rassemble une remarquable collection, la plus importante de toute l’Europe après Londres et Paris.
250 ans de sciences naturelles
Le Muséum des Sciences Naturelles de Belgique s’est installé en 1891 dans les bâtiments d’un ancien couvent situé sur les hauteurs du Parc Léopold, au coeur de Bruxelles. La salle «250 ans de Sciences naturelles» retrace l’histoire du musée depuis le Cabinet de curiosités de Charles de Lorraine jusqu’à l’Institut de recherche scientifique.

Mammouth laineux, Mammuthus primigenius
1860, découverte d’un mammouth laineux
Découverte à Lierre, en Belgique, du squelette d’un mammouth laineux, Mammuthus primigenius (entre -120.000 et -10.000 ans). A cette époque, le musée de Bruxelles était le deuxième musée au monde après Saint-Pétersbourg à exposer ce cousin des éléphants.

Squelette de baleine fossile découvert à Anvers en 1860
Vers 1860, découverte de baleines fossiles
Découverte de baleines fossiles datant du Tertiaire tardif lors de terrassements à Anvers. Brillant paléonthologue, le professeur de zoologie à l’Université de Louvain, Pierre-Joseph van Beneden naquit en 1809, comme Darwin. Il étudia pendant vingt ans les collections de baleines fossiles découvertes à Anvers.

Le professeur Pierre-Joseph van Beneden (1809-1894)
1878. Découverte des Iguanodons de Bernissart
C’est une première mondiale et la plus extraordinaire découverte paléontologique de l’époque! Une trentaine de squelettes de dinosaures, des iguanodons plus ou moins complets et articulés, avec des os ordonnés, sont découverts à Bernissart, dans les galeries d’une mine de charbon du Hainaut à 322 mètres de profondeur. Particulièrement bien conservés, les spécimens extraits de la mine de Bernissart forment la plus importante collection d’iguanodons au monde!

Iguanodon bernissartensis
1880. L’éléphant d’Afrique
Dominant l’escalier de marbre menant à la salle des dinosaures, l’éléphant d’Afrique naturalisé, Loxodonta africana, est un ancien pensionnaire du zoo de Bruxelles établi au Parc Léopold, en contrebas du Muséum. L’animal fut empaillé à son décès et confié au musée en 1880. Il s’agit du plus grand vertébré, après le mammouth, les baleines et les dinosaures. Il est le symbole des 37 millions de spécimens que détient le Muséum.

Eléphant d’Afrique, Loxodonta africana,
L’éléphant d’Europe
Au pied de l’éléphant d’Afrique, on admire une défense fossile d’un éléphant de forêts, Palaeoloxodon antiquus (130.000 et -115.000 ans), qui vivait en Europe entre deux périodes glaciaires et qui a disparu de nos régions avant le mammouth. Découverte dans la Manche au large de Zeebruges en 2020, cette défense droite qui mesure 2,37 mètres de long appartenait à un géant, plus grand que l’éléphant africain.

Eléphant de forêts d’Europe, Palaeoloxodon antiquus
Fin 19e siècle. Antarctique
Les voyages d’exploration étaient à la mode à la fin du 19e siècle. Mais les continents étaient déjà en bonne partie découverts. Il restait les pôles. Le navigateur et explorateur belge Adrien de Gerlache est déterminé à monter sa propre expédition d’exploration scientifique au Pôle Sud. A bord du Belgica, un trois mats norvégien, Adrien de Gerlache embarque en 1897 pour un séjour de treize mois en Antarctique dont un hivernage complet dans les glaces de la banquise.

La Belgica, navire d’Adrien de Gerlache en 1897
1930. Parcs nationaux congolais
Nés et morts au zoo d’Anvers, ces deux gorilles empaillés représentent les parcs nationaux congolais créés vers 1930 par les scientifiques de l’Institut de recherche scientifique avec l’appui de la Maison Royale. Désormais, seuls les spécimens trouvés morts en milieu naturel ou décédés dans des jardins zoologiques sont encore utilisés pour les expositions.

1936. Loup de Tasmanie
Ce Thylacine ou loup de Tasmanie fut offert au musée en 1871. Chassé par les aborigènes d’abord et les Européens ensuite sur le continent australien, il fut persécuté par les premiers colons blancs arrivés en 1803 en Tasmanie, une petite île au sud de l’Australie. Ce marsupial carnivore disparu définitivement de la planète en 1936.

Thylacine, loup de Tasmanie
Galerie des dinosaures
Afin d’abriter dignement les iguanodons et d’autres fossiles de dinosaures, une aile impressionnante est aménagée en 1905 dans le musée par l’architecte Emile Janlet. C’est dans cette salle de verre et de fer forgé dégageant un parfum d’Art nouveau que le musée inaugure en 2007 une fabuleuse Galerie des Dinosaures, la plus grande galerie de dinosaures d’Europe! On y découvre 35 squelettes complets grandeur nature, des fossiles originaux et des moulages de squelettes découverts aux quatre coins du monde.

Iguanodon bernissartensis (-128.000.000 et -125.000.000 ans). Neuf squelettes originaux d’iguanodons trouvés en 1878 à Bernissart sont exposés dans une énorme cage entièrement vitrée. Ils sont en position historique, façon kangourou sur deux pattes et s’appuyant sur sa queue. Et un dixième tente de s’échapper de la cage, sur quatre pattes. Les iguanodons utilisaient probablement leurs quatre pattes pour marcher et se dressaient sur leurs pattes arrières uniquement pour courir.

Iguanodon de Bernissart, Iguanodon bernissartensis

Iguanodon de Bernissart, Iguanodon bernissartensis
Plateosaurus sp. (- 210.000.000 ans), original, assemblage de deux individus découverts en 2008 dans une carrière de marne en Suisse. Ce dinosaure primitif a été pris au piège dans un ancien marais où il s’est embourbé. Doté d’un long cou et d’une petite tête, c’était l’un des plus grands dinosaures de son époque et donc le seul à pouvoir atteindre le sommet des arbres. Il utilisait ses pattes avant comme des mains pour attraper les branches.

Plateosaurus sp.
Cryolophosaurus ellioti (-196.000.000 et -183.000.000 ans), moulage d’un squelette découvert en Antarctique, non loin du Pôle Sud. C’est un dinosaure carnivore qui vivait au Jurassique dans les forêts de montagne du super grand continent appelé Gondwana. Il se caractérise par la présence d’une petite crête sur le crâne, recourbé vers l’arrière.

Cryolophosaurus ellioti
Stegosaurus stenops (-155.000.000 et -145.000.000 ans), moulage réalisé à partir de plusieurs spécimens, Wyoming, USA. Ce dinosaure se nourrissait de végétaux comme des fougères et des jeunes pousses. Fragiles, ses plaques osseuses qui étaient ancrées dans sa peau, le long de sa colonne vertébrale, ne pouvait pas lui servir d’armes défensives, contrairement aux quatre piques osseuses de la queue.

Stegosaurus stenops
Diplodocus carnegii (-155.000.000 et -145.000.000 ans), moulage d’un spécimen découvert au Wyoming, USA. Même si le spécimen exposé dans le musée est plutôt petit, le Diplodocus était l’un des plus grands dinosaures. Il pouvait mesurer jusqu’à 27 mètres de long, dont la moitié rien que pour la queue.

Diplodocus carnegii
Maiasaura peeblesorum (-78.000.000 et -72.000.000 ans), moulage d’un fossile découvert au Montana, USA. Ce dinosaure à bec de canard plat date du Crétacé supérieur. Il pouvait marcher sur deux ou quatre pattes. C’était un herbivore qui nichait en vastes colonies sur des sites fréquentés de génération en génération.

Maiasaura peeblesorum
Centrosaurus apertus (-76.500.000 et -75.000.000 ans), moulage d’un spécimen découvert au Canada. Ce «lézard à pointe» est un grand dinosaure herbivore du Crétacé supérieur. En plus d’une corne nasale, sa collerette protégeait sa nuque. Il possédait une solide mâchoire destinée à la mastication de matériaux ligneux.

Centrosaurus apertus
Parasaurolophus walkeri (-76.500.000 et -75.000.000 ans) , moulage d’un fossile découvert au Canada. Sa crête est creuse mais fermée à l’extrémité. Elle ne servait donc pas à respirer sous l’eau comme on l’a longtemps cru. Par contre, elle amplifiait les cris pour signaler un danger, se mesurer à un rival ou attirer une femelle. Plus la crête était longue, plus elle était impressionnante et plus elle renforçait l’effet des cris.

Parasaurolophus walkeri
Tyrannosaurus rex (-68.000.000 et -65.000.000 ans), moulage du squelette de Stan, un T. rex découvert au Sud Dakota et conservé au Black Hills Institute aux Etats-Unis. Redoutable prédateur de la fin du Crétacé, le T. rex est un des plus grands carnivores terrestres de tous les temps. Pouvant atteindre 15 mètres de long, il avait des bras ridiculement petits mais des mâchoires extrêmement puissantes et garnies de dents coupantes comme des couteaux.

Tyrannosaurus rex
Olorotitan (-68.000.000 et -65.000.000 ans), moulage d’un squelette découvert en Russie, non loin du fleuve Amour qui fait la frontière avec la Chine. Surnommé dinosaure ‘bec de canard’, c’est l’un des derniers dinosaures ayant vécu en Asie avant la grande extinction du Crétacé supérieur. Sa crête creuse amplifiait ses cris.

Olorotitan
Triceratops horridus (-68.000.000 et -65.000.000 ans), moulage réalisé à partir de plusieurs specimens découverts dans le Montana, USA. Triceratops signifie «face à trois cornes», avec une corne sur le museau et une paire au-dessus de chaque oeil qui pourrait faire penser à un rhinocéros. Une large collerette osseuse entoure l’arrière du crâne. Elle pourrait servir aux processus d’identification, de cour et de domination entre mâles. Il a vécu la même période que le tyrannosaure dont il était la proie.

Triceratops horridus
L’extinction des dinosaures
Il y a environ 65 millions d’années, à la limite entre le Crétacé et l’Ere Tertiaire, près de deux tiers des espèces végétales et animales se sont éteintes. L’impact produit par la chute d’une météorite au Mexique pourrait être à l’origine de cette extinction massive des dinosaures. Les seuls survivants de ce bouleversement qui aurait provoqué la destruction des trois quarts du plancton sont les oiseaux qui vont connaître une explosion évolutive semblable à celle des mammifères. Le début d’une nouvelle ère… (à suivre)

Mammouth laineux
Muséum des Sciences naturelles
Institut royal des Sciences naturelles de Belgique, Expositions permanentes: 250 ans de Sciences naturelles, Galerie des Dinosaures, Galerie de l’Homme, Planète Vivante, Galerie de l’Evolution, BiodiverCity, Salle des Mosaraures, Salle des Minéraux, Salle virtuelle des Coquillages, Salle virtuelle des Insectes. Expositions temporaires et itinérantes. Rue Vautier 29 1000 Bruxelles. https://www.naturalsciences.be/fr/museum/home
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