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Célèbre pour ses aquarelles de fleurs et plus particulièrement de roses, Pierre-Joseph Redouté est un botaniste exquis, véritable Prince des fleurs.

 

Une lignée de peintres

Pierre-Joseph Redouté est né dans la forêt ardennaise de Saint-Hubert en 1759. Il est issu d’une lignée de peintres modestes dont l’aïeul travailla au service des Princes Evêque de Liège à la fin du 17e siècle. A treize ans, son chevalet sous le bras, Pierre-Joseph Redouté quitte la maison. Prenant la route des Flandres, il travaille chemin faisant à décorer des salons et à peindre des dessus de portes.

Décorateur à Paris

Redouté a 23 ans lorsqu’il rejoint son frère Antoine-Ferdinand, décorateur à Paris. Il peint d’immenses décors de théâtre, des paysages remplis d’arbres et de fleurs. Héritier des peintres flamands et hollandais, Gérard van Spaendonck est son maître en peinture. Ce qu’il transmet à son élève, ce n’est pas sa passion pour la botanique mais une finesse, une fraîcheur dans sa palette. Il lui fait profiter également des dernières avancées techniques tant dans la peinture que dans la gravure.

Maître, élève et mécène

Pierre-Joseph Redouté commence à s’exercer dans la représentation des plantes d’après nature au Jardin du Roi. C’est là que probablement il rencontre Charles-Louis L’Héritier de Broutelle, passionné de botanique. Ce magistrat et mécène très fortuné s’intéresse aux planches gravées de Pierre-Joseph Redouté et lui propose de travailler pour lui, lui donnant les bases du dessin scientifique. Les gravures de Redouté vont illustrer les plus grands ouvrages de botaniques de l’époque.

La cour de Louis XVI

Sa carrière de peintre de fleurs est lancée! Pierre-Joseph Redouté est un homme charmant qui sait s’adapter aux grands changements de son époque. Comme décorateur de la Chambre de la Reine, titre honorifique que lui obtient L’Héritier, Redouté a accès aux jardins du Petit-Trianon. Malgré ses attaches à la cour de Louis XVI, Redouté traverse sans trop de mal la période très agitée de la Révolution française.

L’atelier de l’artiste

Un contemporain du peintre, Joseph-François Grille, brosse un portrait savoureux du peintre et de son atelier: «Cet atelier était un temple, orné de charmants ouvrages, et qu’on ne se laissait pas d’admirer. Ses dessins se vendaient fort cher. Une fleur ne se payait moins de cent écus. (Redouté avait…) une extrême finesse de tact, un goût exquis, le sentiment profond des arts, de la délicatesse dans les sentiments, de l’élévation dans le caractère et une constance dans le travail propre à développer le génie: tel était Redouté qui eut pour élèves toutes les jolies femmes de Paris».

Les Liliacées

Lorsque l’Impératrice Joséphine de Beauharnais acquiert la Malmaison, elle s’entoure de botanistes, jardiniers, peintres et graveurs. Sous la protection de Joséphine, Redouté travaille à ses plus parfaits ouvrages. Il édite de 1802 à 1816 ‘Les Liliacées’, le plus prestigieux de ses ouvrages dont les aquarelles avaient été en grande partie peintes d’après des spécimens de la Malmaison.

Les Roses de Joséphine

L’oeuvre la plus populaire de Pierre-Joseph Redouté est publiée à partir de 1817. C’est une ode aux roses anciennes et disparues. A cette époque naissent de nouveaux groupes de roses. Les roses anciennes sont remplacées par des hybrides de roses de Chine. Les planches gravées, imprimées en couleurs et retouchées au pinceau décrivent des spécimens nouveaux de rosiers étudiés dans de nombreuses collections des pépiniéristes Bosc, Lelieur, Dupont, Cels, Vilmorin, Noisette, etc… ‘Les Roses’ est alors le plus important ouvrage consacré à la rose et réalisé selon les critères scientifiques modernes. Les aquarelles originales disparues semblent réapparaître peu à peu sur le marché de l’art.

Prince des Fleurs

Jusqu’à la fin de sa vie, Pierre-Joseph Redouté continue de peinture par passion mais aussi par nécessité. Son seul engagement était d’ordre artistique ce qui lui permet de travailler et de plaire sous Louis XVI, à la Révolution, le Consulat, le Directoire et l’Empire, la Restauration et la Révolution de 1830. Il meurt en 1840, assis devant son chevalet en train de peintre une dernière fleur, un lis blanc. Il fut inhumé au cimetière du Père-Lachaise.

Plus d’infos sur Pierre-Joseph Redouté:

Musée Pierre-Joseph Redouté à Saint-Hubert, Belgique http://www.museepjredoute.be/

A lire: «Pierre-Joseph Redouté, le Prince des Fleurs», Claudia Salvi, La Renaissance du Livre

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