Evoquant la nature et les grands espaces, les graminées ornementales sont faciles à cultiver. Elles apportent à nos jardins un incomparable parfum de liberté.
Des herbes pas si sauvages
Mises en scène dans les jardins contemporains, les graminées ornementales ont le talent unique d’insuffler légèreté, lumière et mouvement dans les massifs. Il faut savoir apprécier le feuillage vert et ses camaïeux dorés, bleutés, argentés, panachés, marginés, bronzés qui s’harmonisent entre eux. Superbe aussi bien au jardin que dans un pot sur la terrasse.

Pennisetum alopecuroides ‘Hameln’
Toujours en mouvement
C’est dans un jardin de style sauvage ou naturel que les graminées ornementales donnent le meilleur d’elles-mêmes. Certaines ondulent en larges tapis ras. D’autres en hautes gerbes monumentales. Toujours promptes à capter la moindre brise, à miroiter au soleil, elles savent à merveille mettre en valeur les lumières rasantes du petit jour et de la fin de la journée.

La magie des contrastes
Utiles pour couvrir les talus, les graminées ornementales rayonnent dans un massif, mêlées à d’autres plantes vivaces. Le voisinage des roses, des pivoines et de toutes les fleurs aux corolles joufflues est à éviter. Les graminées sont par contre valorisées par la texture charnue du feuillage des hosta, sedum et euphorbe qui forment un contraste saisissant avec la gracilité de leurs longs rubans effilés.

Jardin naturaliste
La silhouette graphique des hautes herbes peut jouer un rôle structurant spectaculaire au fond d’un parterre. C’est le cas des miscanthus qui mettent en valeur les ombelles pourpres de l’eupatoire, les inflorescences bronze de l’achillée millefeuille et les boules hérissées bleu métallique du panicaut géant. Les graminées plus basses, carex, stipa et pennisetum se mêlent aux fleurs légères, un peu transparentes, des gaura, astrantia, verveine, aster ou anémone du Japon qui semblent voltiger dans une toile tissée par les graminées.

Les épis et les plumes
Les fleurs en longs épis parfois plumeux prennent des teintes somptueuses à l’automne. La palette s’étend du vert tendre au brun foncé, en passant par le doré, le pourpre ou le gris argenté. La plupart des graminées ont une silhouette architecturale qui reste intéressante en hiver. Et lorsque le givre s’y dépose, le spectacle est inoubliable.




Filles du vent et du soleil
Cultivées en conteneurs, toutes les graminées peuvent être installées au jardin tout au long de l’année. La meilleure époque de plantation est le printemps ou le début de l’automne car les racines s’installent mieux dans une terre qui n’est pas trop froide. Il ne faut pas planter trop profondément la plante. La touffe doit être située très légèrement au-dessus de la surface du sol. Il faut attendre un à deux ans avant que les graminées ne donnent la pleine mesure de leur beauté, et seulement lorsqu’elles sont plantées au bon endroit.

Pennisetum alopecuroides
Faciles à vivre
Les graminées ornementales sont des plantes qui sont naturellement équipées pour faire face à des conditions de culture difficiles. Ce sont des plantes qui ont besoin d’air et d’une bonne terre de jardin légère enrichie de matières organiques, compost, terreau de feuilles ou tourbe blonde. Elle ne doit être ni trop humide ni trop sèche et avant tout bien drainée. Lors de la plantation, on peut rajouter un peu de sable à la terre du jardin pour faciliter le drainage.




Gare à l’envahissement
Courageuses et volontaires, les graminées ornementales ne demande ni désherbage, ni d’arrosage, ni de fertilisation ni de tuteurage. Chaque année voit se développer un peu plus la touffe qui peut même devenir envahissante pour les espèces les plus vigoureuses. Etant donné la difficulté de déraciner les graminées lorsqu’elles sont bien installées, il est bon de prévoir directement un emplacement définitif. Lorsque les touffes prennent trop d’importance, elles ont tendance à se déplumer au centre. Il faut alors diviser au printemps la souche à la fourche-bêche en trois ou quatre nouvelles plantes.

Couper les chaumes
Les chaumes restent tout l’hiver sur la plante car ils la protègent du gel. C’est au printemps, fin février début mars, qu’il faut couper les chaumes des espèces caduques au sécateur. On coupe les feuilles sèches à 10cm du sol afin de stimuler la croissance des nouvelles pousses. Les touffes plus volumineuses sont coupées au taille-haie ou à la débroussailleuse. Pour les très grandes surfaces, certains mettent parfois le feu aux chaumes qui couvrent un talus! Radicale et rapide mais à haut risque.

Les graminées tapissantes
- Hakonechloa macra. Cette plante superbe forme un gros coussin au feuillage luxuriant à l’allure un peu japonaise, surtout dans sa variété dorée ‘Aureola’. Pour tout sol frais mais bien drainé, au soleil ou à la mi-ombre. h. 30 à 60cm.
- Carex. Une multitude de couleurs vert ou panaché, formes, tailles, croissance et utilisation pour cette fausse graminée au feuillage persistant ou caduc. Il trouve sa place en situation humide ou fraîche. h. de 20 à 80cm.
- Festuca glauca. La fétuque bleue est une petite graminée à feuillage persistant très fin bleu verdâtre. Résiste bien à la sécheresse et à l’aridité et a besoin d’un sol bien drainé. Pour rocaille, bordure, couvre-sol et talus. h. 20cm.
- Luzula. Très proche des joncs, elle développe un feuillage souvent luisant et persistant, vert ou panaché. Excellente plante d’ombre à installer sous un arbre, là où rien ne pousse. h. 40 à 80cm.

Hakonechloa macra ‘Aureola’
Graminées moyennes
- Molinia caerulea. La molinie forme une touffe verte devenant jaune or en automne. Portée par des tiges fines, la floraison en panicules minces est recherchée pour la décoration florale surtout dans l’espèce arundinacea. h. 70 à 150m.
- Pennisetum alopecuroïdes. Elle couvre les talus, borde les terrasses et souligne les sentiers. On la reconnaît à ses épis en goupillons qui donnent de l’esprit au plus banal des jardins. h. 30 à 80cm
- Panicum virgatum. Facile à cultiver, le panicum supporte la sécheresse, le froid et le vent. La variété ‘Rotstrahlbush’ est apprécié pour ses feuilles et inflorescences rouge fondé en automne tandis que ‘Warior’ porte des panicules vaporeuses superbe en bouquet. h. 120cm.
- Stipa tenuissima. Surnommé cheveux d’anges, cette graminée très fine porte une multitude de tiges vertes serrées et soyeuses couvertes en fin de saison d’épis blancs qui s’épanouissent en forme de fontaine. h. 60cm.

Pennisetum alopecuroïdes

Stipa tenuissima
Les graminées hautes
- Calamagrostis acutiflora. Elle forme une touffe verticale dressée spectaculaire en solitaire. Les tiges raides produisent en été des épis plumeux argentés finement pourprés sortant d’un feuillage recourbé vers le bas. h. 80 à 150cm
- Miscanthus sinensis. Une vaste famille appréciée pour son feuillage élégant vert parfois panaché ou strié de bandes jaunes ou blanches qui forme un bel écran. Les plumets décoratifs sont particulièrement décoratifs en automne. Il déteste l’humidité stagnante. h. 100 à 150cm
- Cortaderia selloana. Originaire des steppes d’Argentine, l’herbe de la Pampa porte à la fin de l’été de très grands plumets d’un blanc argenté sur un feuillage persistant. Elle aime les terres riches et suffisamment humides en été. A protéger en hiver. h. 2m.
- Miscanthus floridulus. L’eulalie géante a des allures de canne à sucre. Cette plante haute et dominante porte un feuillage fin comme celui du roseau. Parfaitement rustique, elle forme un grand rideau en trois mois de croissance. Offrez-lui un terrain riche, arrosé mais sans humidité excessive. h. 3m

Miscanthus sinensis
Des graminées un peu frileuses
Au fil de mes balades dans les jardins de France ou les foires aux plantes d’Angleterre, j’ai découvert des graminées peu rustiques, c’est à dire qui résistent mal au gel. En Belgique ou dans le nord de la France, elles seront utilisées comme plante annuelle à semer ou pour garnir un pot sur la terrasse à rentrer à l’abri du gel. Les plus résistantes trouveront un emplacement abrité dans le jardin avec une protection pour l’hiver.

Pennisetum setaceum ‘Rubrum’
Pennisetum setaceum ‘Rubrum’. Cette graminée vivace est très décorative avec ses inflorescences en longues grappes plumeuses. Elle ne supporte pas le gel et est traitée comme une plante annuelle.

Pennisetum setaceum ‘Fireworks’
Pennisetum setaceum ‘Firework’. Superbe graminée au feuillage vert, rose et rouge flamboyant et des épis rose pourpre. Cette plante vivace n’est pas rustique et est cultivée en annuelle.

Carex dipsacea ‘Dark Horse’
Carex dipsacea ‘Dark Horse’. Son feuillage vert persistant taché de vert olive et de bronze forme une belle touffe en fontaine plus large que haute qui se termine par des épis noirs. Rustique jusqu’à – 10°C.

Panicum Elegans ‘Frosted Explosion’
Panicum Elegans ‘Frosted Explosion’. Superbe comme graminée à couper et à sécher pour les arrangements floraux. Peu rustique, on l’utilise surtout comme fleur annuelle facile à semer.

Imperata cylindrica ‘Red Baron’
Imperata cylindrica ‘Red Baron’ (syn. ‘Rubra’). Au Japon, cette graminée au feuillage persistant rouge est généralement cultivée en terrine où elle tient compagnie à un bonsaï. Au jardin, elle demande une protection en hiver. Rusticité jusqu’à – 10°C.

Hordeum jubatum
Hordeum jubatum. La plus décorative des orges sauvages. Ses inflorescences en crinière sont superbes en bouquets secs. Bien que vivace, cette graminée a une durée de vie plutôt court et se comporte au jardin comme une annuelle. Elle disparaît en hiver mais se ressème très facilement.

Eragrostis curvula ‘Totnes Burgundy’
Eragrostis curvula ‘Totnes Burgundy’. Elle nous vient d’Afrique du Sud. On l’apprécie pour ses feuilles ultra fines aux extrémités très rouges. Rusticité jusqu’à -10°C.

Stipa arundinacea
Stipa arundinacea. Gracieuse graminée endémique en Nouvelle-Zélande au feuillage persistant vert foncé strié d’orange brûlé en été couvert d’épis pourprés en fontaine. Le feuillage vire au brun roux en hiver. Rusticité jusqu’à – 10°C.

Stipa gigantea
Stipa gigantea. Cette avoine géante forme une spectaculaire touffe en longues tiges érigées portant en été des épillets argentés qui deviennent dorés à maturité. Exige un sol parfaitement drainé et une protection hivernale. Rusticité jusqu’à -10°C.

Ophiopogon planiscapus ‘Nigrescens’
Ophiopogon planiscapus ‘ Nigrescens’. Ce n’est pas une graminée au sens botanique du terme mais il y ressemble beaucoup. Cette plante vivace qui ne dépasse pas 20cm est très intéressante grâce à son feuillage persistant noir aux reflets gris bronze. La croissance est assez lente et la plante demande un sol riche et une légère protection en hiver si le jardin est exposé aux vents froids.
Une belle collection chez Dirk De Swaef
Pépinière Dirk De Swaef à Lennik, Belgique. Dans le Pajottenland rural, à la périphérie bruxelloise, cette pépinière cultive sur un terrain de 4,5 hectares, 2500 espèces et variétés de plantes vivaces, proposées aux paysagistes, aux jardineries et aux particuliers. Catalogue sur internet très bien illustré. www.dirkdeswaef.be
Crédit photos Agnès Pirlot et Dirk De Swaef
Rendez-vous dans la rubrique Végétaux pour découvrir l’univers des asters, des sedums, des heucheras et des dahlias qui assurent le décor du jardin en fin de saison ou cliquez sur les liens.


Bonjour Agnès,
Je lis ton nouveau post sur les graminées. En ce qui concerne les ophiopogons, je peux t’assurer qu’ils sont très résistants, ils se multiplient très bien et poussent partout. Comme une « mauvaise herbe ».
Bises Danielle
Merci de partager ton expérience. Bonne nouvelle pour les Ophiopogons!
j’ai adoré les panicum elegans frosted explosion merci Agnes
Une beauté que j’ai admirée cet été au Hampton Court Palace Flower Show, au sud de Londres.
Bonjour Agnès,
Passionnée de graminées depuis de nombreuses années, j’aimerais mettre en avant deux coups de coeur incontournables au jardin :
– le schizachyrium scoparium blue heaven d’un bleu durant l’été s’empourprant fin d’été pour accompagner tous les sedums pourpres notamment. Cette graminée existe aussi dans une forme panachée assez blanche mais encore rare!
– l’hakonechloa macra Nicolas, classiquement verte l’été mais dès novembre elle arbore de merveilleux tons jaune doré et orange rosé, une merveille dans mon jardin
Ceux et celles qui les adopteront en seront fans🥰
Merci pour ces bons conseils.
Bonjour Agnès,
En revoyant ton site, je m’aperçois que j’y a emprunté une photo pour placer sur la première page de notre Feuille de Contact et que j’ai oublié de mentionner où je l’avais prise. Toutes mes excuses. Danielle. Nos membres la reconnaîtront sur ton site que je viens de partager sur FB.
Bonjour Agnes ,avec vous c’est vrai que la terre est un immense jardin,ici les graminées,une que j’adore les miscanthus,en bordure ils protègent des vents froids,et j’adore le bruissement lorsque le vent les traverse et en fin d’hiver,broyes quel formidable couvert ils offres a nos massifs,Je pense que nous devons etre nombreux a attendre votre lettre. merci a vous
Merci Raymond de partager avec moi cette passion des jardins.
Bonjour Agnès. Merci pour toutes ces belles photos. J’adore les graminées pour leur mouvement et leur graphisme, elles sont devenues incontournables dans les jardins je trouve.
Oui, les graminées sont incontournables. Mais il faut savoir où les placer et comment les associer, pour qu’elles restent légères dans le paysage.
Bonjour,
Magnifique, un paradis, je comprend tellement votre maman, car moi même je redémarre un jardin en Bretagne, j’ai 75 ans.
Je ne pensais pas pouvoir le faire, je croyais que c’était une folie, mais cette énergie souterraine qui ne me quitte pas refait surface et me voici plongée de nouveaux dans mes cahiers, sur mes plans et les mains dans la terre. Aucun mal de dos j’ai l’impression de planer.
Ma fille y croyais elle qui me connais elle sait ce qui m’attache à la terre et la beauté de la nature, en même temps cela la rassure de me voir autant d’énergie à mon âge et je le comprend bien.
Les plantes, les arbustes arrivent régulièrement et je plante, je plante ,en ce temps de confinement où nous sommes coupés de tant de liens sociaux, je bénie, mes grands parents qui depuis mon plus jeune âge m’ont contaminée avec ce merveilleux virus, car je plane, je plane dans le beau.
Profitez de chaque micro seconde de ce beau jardin et de votre maman.
Merci, merci de nous faire partager c’est énorme.
Bien sincèrement.
Colette
Merci Colette, je suis si heureuse de ces échanges féconds avec mes nouveaux amis jardiniers. Oui, le jardinage est un virus que l’on peut partager sans danger. Bon jardinage…
Quel magnifique post… Je le trouve touchant et revigorant !
« Je plane, je plane dans le beau ! »
Cette formule est sublime…
Bonjour, j’aimerais mettre une haie de graminées devant ma terrasse.
Je suis sur un plateau et régulièrement j’ai beaucoup de vent.
Je souhaite aussi que les graminées fassent un brise vue d’environ 1,5 à 2 mètres.
Lesquelles me conseillez vous s’il vous plait, car je suis perdue là .