Les châteaux, manoirs et gentilhommières d’Auvergne sont entourés de jardins formels ou paysagers insérés dans un écrin naturel époustouflant.
Châteaux et gentilhommières
Volcan le plus emblématique d’Auvergne, le Puy-de-Dôme a donné son nom au département qui entoure la ville de Clermont-Ferrand, au coeur de l’Auvergne. Dans cette région de plateaux et de collines au climat rude, parfois extrême, de puissants seigneurs édifièrent au Moyen-Age des forteresses qui se transformèrent au fil des siècles en châteaux de plaisance, manoirs ou gentilhommières.

Château d’Aulteribe
Des jardins d’agrément
Ces nobles demeures d’Auvergne s’entourent aujourd’hui de jardins peuplés de topiaires et d’arbres séculaires, de théâtres de verdure et de roseraies. L’histoire de ces jardins de châtelains remonte loin dans les temps anciens, passant du jardin formel au parc paysager, ou inversement. Elle porte aussi la marque personnelle de leurs propriétaires qui veillent à la gestion et à l’évolution de leur jardin.

Jardin du Château de Portabéraud
Château de Balaine
Situé à la frontière de l’Auvergne et du Berry, l’Arboretum de Balaine est le plus ancien arboretum privé de France. Il est entretenu par Louise Courteix-Adanson qui habite toujours le château. Entouré de douves, le château en brique bichrome aligne autour de la cour d’honneur deux ailes cantonnées de tourelles d’angles.

Château de Balaine
Le tracé du parc paysager de 25 hectares n’a jamais été modifié depuis sa création en 1804 par Aglaë Adanson. Il rassemble une collection de 3500 espèces et variétés de plantes et d’arbres parfois bicentenaires en provenance du monde entier. La promenade dans le parc conduit à plusieurs petites fabriques ou folies typiques du 19e siècle.




Château de Davayat
Une allée de marronniers conduit au Château de Davayat, une élégante gentilhommière Louis XIII située au nord de Clermont-Ferrand. Deux lions en pierre gardent la cour d’honneur. Je suis accueillie par Pascal de Saulieu, propriétaire du château qui est dans la famille depuis plus de quatre siècles. Les pièces en enfilades du château rassemblent une belle collection de mobilier, des tableaux, porcelaines, éventails et costumes d’époque.

Château de Davayat
Le domaine de 5 hectares fut organisé au 17e siècle en grandes allées par un élève d’André Le Nôtre. Transformé au milieu du 19e siècle en un jardin paysager, le parc a retrouvé au 20e siècle un dessin à la française. Autour du bassin circulaire se dressent quelques topiaires rappelant les beautés du Grand Siècle. La star du jardin est un if, Taxus baccata, cinq fois centenaire, qui forme une pyramide taillée en topiaire de plus de dix mètres de hauteur.




Château de Portabéraud
Aux portes de Riom, à deux pas de l’abbaye royale de Mozac, Portabéraud est une ‘maison des champs’ construite dans les années 1760 par le gentilhomme Gabriel Mercier dans la pleine mouvance de l’esprit du siècle des Lumières. Véronique Bouët-Willaumez et son fils veillent à la pérennité de la ‘Folie Mercier’, une gentilhommière qui est dans leur famille depuis plus de 200 ans.

Château de Portabéraud
Le jardin en terrasses est ordonné de façon très classique par quatre allées se croisant à l’emplacement d’un ancien bassin, aujourd’hui disparu. Bosquets de tilleuls, buis centenaires, ifs taillés en topiaire, vases d’Anduze et pots à feux ornés de fleurs, de fruits et de feuilles de chênes ponctuent la mise en scène d’une remarquable collection de statues en terre cuite du 18e siècle. Poésie et enchantement sont au rendez-vous!




Château de La Croze
Laetitia et Jacques Bataille m’ouvrent les portes de leur ‘Toscane Auvergnate’, une bastide typique des contreforts du Livradois. La maison de maître du 17e siècle fut modifiée et agrandie au 19e siècle. Devant le porche de la maison, de grands buis taillés en topiaires enserrent un bassin circulaire en pierre noire de Volvic. Au delà s’étend une vaste prairie en demi-cercle qui s’inscrit dans l’amphithéâtre naturel formé par les collines qui entourent le domaine.

Château de La Croze
Un parc à l’anglaise planté au début du 19e siècle offre des percées savamment disposées. En contrebas du parc, Laetitia a reconstitué l’ancien jardin potager partiellement clos de murs. Un alignement d’arbres fruitiers en contre-espaliers borde les allées ponctuées de topiaires. Le verger fleuri marie fleurs et fruits avec une pergola couverte de rosiers grimpants. Car ici, dans le potager comme dans le verger, les roses sont reines avec une centaine de variétés anciennes.




Château d’Aulteribe
Le Château d’Aulteribe est un château-fort médiéval remanié à l’époque romantique. Il abrita quelques-unes des grandes familles de l’Auvergne dont Charles de La Fayette et le compositeur George Onslow. Le Marquis Henri de Pierre légua le domaine en 1954 au Centre des monuments nationaux. Le château expose une riche collection de meubles, tableaux, tapisseries, porcelaines et oeuvres d’art.

Château d’Aulteribe
Le jardin faisait partie de l’héritage avec son mur d’enceinte en pisé, sa serre, son orangerie et ses arbres fruitiers de plein-vent et palissés. Au-delà du jardin s’ouvre une futaie où se côtoient des chênes et des pins sylvestres. Le parc est aujourd’hui classé refuge par la Ligue pour la Protection des Oiseaux.




Château de Parentignat
Bâti en 1707 par le capitaine François de Lastic, le Château de Parentignat peut s’enorgueillir d’appartenir toujours à la même famille depuis plus de trois siècles. Dans la cour d’honneur, la façade surmontée d’un fronton est encadrée par deux ailes imposantes, ce qui lui a valu le surnom de « petit Versailles d’Auvergne ». Le château a conservé une grande part de son riche mobilier d’origine.

Château de Parentignat
A la fin du 18e siècle, la marquise Louise Hyacinthe de Lastic va transformer le jardin formel en un parc paysager. Elle confie à son maître jardinier le soin de remplacer les parterres de buis par un gazon. Plus loin, la rivière élargie accueille une île boisée. Le jardin peuplé d’arbres remarquables devient un paysage naturellement intégré à la campagne environnante.




Château d’Opme
Le Château d’Opme est une des plus anciennes places fortes d’Auvergne. La forteresse fut édifiée pour contrôler le col où passait l’ancienne voie romaine qui ralliait les villes de Clermont-Ferrand au Puy-en-Velay. Sous le règne de Louis XIII, au début du 17e siècle, le Château d’Opme est acquis par le sieur Antoine de Ribeyre, Trésorier de France. Celui-ci effectue des travaux considérables pour transformer l’austère forteresse défensive en un château de plaisance.

Château d’Opme
Les deux jardins en terrasses sont une reconstitution de jardins formels du 17e siècle. Sur la terrasse supérieure, le jardin d’agrément s’organise en quatre carrés gazonnés soulignés de buis. Le centre de la composition est marqué par la présence d’un grand bassin circulaire. A son extrémité, un belvédère est bordé d’un balcon à balustre de pierre muni d’un escalier à double révolution qui mène à la terrasse inférieure. Celle-ci est occupée par un vaste jardin potager aménagé dans l’esprit des jardins de la Renaissance.




Logis abbatial du Moutier
Installée sur les rives de la Durolle, l’Abbaye du Moutier est connue depuis le 6e siècle. Elle devient ‘Fille de Cluny’ en 1011. De l’âge d’or médiéval de l’abbaye bénédictine ne subsiste que le monumental logis fortifié orné d’une porte en ogive du 11e siècle et flanqué de deux tours.

Ce logis médiéval surprend le visiteur par son décor raffiné de style Louis XVI, dans le goût de la fin du 18e siècle. Un jardin classique cloisonné de chambres fleuries de roses et de topiaires borde la rivière, offrant au logis un écrin de verdure.




Château de Tournoël
Dressé à flanc de montagne, le Château de Tournoël appartenait au début du 13e siècle au comte d’Auvergne. De cette époque datent les fortifications ainsi que la tour donjon qui servait de résidence au seigneur de Tournoël. A la Renaissance, la forteresse se transforme en une résidence éclairée de fenêtres et garnies de décorations raffinées.

Château de Tournoël
Le château de Tournoël est aujourd’hui la propriété de Claude et Bernadette Aguttes qui ont entrepris d’énormes travaux de restauration. Les fresques du 16e siècle ont retrouvé leur éclat et le château est meublé de mille curiosités. Des topiaires d’if ponctuent un jardin d’essences méditerranéennes.




Château de La Batisse
Les jardins du Château de La Batisse sont inscrits au creux d’une vallée encaissée et romantique. Il a fallu domestiquer la nature pour redessiner un jardin aux formes géométriques. La maison forte du début du 14e siècle s’est transformée au fil du temps en un château de style Renaissance restauré à la fin du 17e siècle. Les jardins en terrasses sont les plus grands jardins à la française du Puy-de-Dôme. L’eau y tient une place prépondérante.

Château de La Batisse
Un escalier à double révolution d’inspiration italienne permet de gagner le jardin à la française qui entoure un bassin d’où s’élève un jet d’eau de plus de sept mètres de haut. La roseraie en contrebas rassemble des roses anciennes, grimpantes ou en buisson. On accède à l’autre partie du jardin par une passerelle qui traverse la rivière. Le jardin en damier ménage un point de vue exceptionnel sur la façade sud du château.

Château de Chazeron
D’après une légende, une source sacrée jaillissait sur la colline de Chazeron. Les Celtes puis les Romains y installent une place forte. Un donjon et dix-sept tours d’angle construits du 12e au 14e siècles font du Château de Chazeron l’un des plus impressionnant château du comté. La forteresse médiévale se transforme à la fin du 17e siècle en une résidence seigneuriale digne d’accueillir le roi Louis XIV.

Château de Chazeron
Reportage publié en 2025 dans la revue Eden, https://edenmagazine.be/
A lire: ‘Les plus beaux jardins d’Auvergne’ Editions Sud-Ouest
Carnet de route des Châteaux et jardins d’Auvergne
- Auvergne, https://www.auvergne-destination.com/
- Puy-de-Dôme, https://www.auvergne-destination.com/puy-de-dome-en-auvergne/
- Parcs et jardins d’Auvergne, https://www.parcsetjardins-auvergne.fr/
- Route historique des châteaux d’Auvergne, https://route-chateaux-auvergne.org/
- Château de Balaine, Villeneuve-sur-Allier, http://www.arboretum-balaine.com/ et https://laterreestunjardin.com/arboretum-de-balaine/
- Château de Davayat, 8 rue du Château, Davayat. https://www.combrailles-auvergne-tourisme.fr/patrimoine-culturel/chateau-de-davayat-davayat/ et https://laterreestunjardin.com/chateau-davayat/
- Château de Portabéraud, 6 rue Saint Calmin, Mozac, https://www.chateaudeportaberaud.com/ et https://laterreestunjardin.com/chateau-de-portaberaud/
- Château de La Batisse, route de Varennes, Chanonat, https://chateaudelabatisse.fr/
- Château de La Croze, 4 rue de la Croze, Billom, https://www.jardinsdelacroze.com/ et https://laterreestunjardin.com/jardins-de-la-croze/
- Château d’Aulteribe, Sermentizon, https://www.chateau-aulteribe.fr/ et https://laterreestunjardin.com/chateau-aulteribe/
- Château de Parentignat, 7 place du Château, Parentignat, https://www.parentignat.com/ et https://laterreestunjardin.com/chateau-de-parentignat/
- Château d’Opme, 2 rue Maréchal de Lattre de Tassigny, Romagnat , https://www.parcsetjardins.fr/jardins/403-jardins-du-chateau-d-opme et https://laterreestunjardin.com/chateau-opme/
- Logis abbatial du Moutier, 50 rue du Moutier, Thiers, https://route-chateaux-auvergne.org/chateau/logis-abbatial-du-moutier/
- Château de Tournoël, 1 rue des Remparts, Volvic, https://www.tournoel.com/ et https://laterreestunjardin.com/chateau-de-tournoel/
- Château de Chazeron, Lobeyrat, https://www.chateau-chazeron.com/


Merci, Agnès, pour ce superbe reportage sur ces châteaux et jardins que je découvrirai avec plaisir lors d’un prochain séjour à planifier en France. Lire tes reportages demeure un grand plaisir hebdomadaire. Affectueusement .
Cher Bernard, tu vas certainement tomber sous le charme de l’Auvergne