Fleurie de rosiers anciens, la ligne du temps de l’Abbaye de Villers-la-Ville retrace l’histoire du monastère.
L’Abbaye de Villers-la-Ville
Les ruines de l’Abbaye de Villers-la-Ville exaltent les imaginations les plus romantiques. Le site est l’un des plus grands ensemble archéologique de Belgique. Il attire aujourd’hui les amoureux des roses qui découvrent sur la ligne du temps de l’abbaye cistercienne une collection de rosiers anciens qui retracent l’histoire de l’abbaye. (voir mon reportage sur l’Abbaye de Villers-la-Ville)

La ligne du temps
La ligne du temps a été créée en 2018 sur le sentier de la colline. De la rose de Damas à la rose Dom Placide créée récemment en mémoire du dernier moine de l’abbaye, la ligne du temps des rosiers de Villers-la-Ville accompagne le visiteur dans sa découverte de l’abbaye. Les rosiers ont été plantés en regard de la date où ceux-ci sont mentionnés pour la première fois dans la littérature.






Rosier de Damas var. semperflorens ‘Quatre Saisons’. Originaire de Syrie, le rosier de Damas serait arrivé en Europe au 13e siècle grâce aux Croisés. La rose ‘Quatre Saisons’ est un rosier de Damas très ancien sans doute connu des Grecs dès le 5e siècle avant J.C.!

Rosier de Damas var. semperflorens ‘Quatre Saisons’
1146, fondation de l’abbaye
Par une belle journée d’avril de l’an de grâce 1146, dix-huit religieux venus de Clairvaux arrivent à Villers. Une combe humide cernée de vastes forêts. Saint Bernard bâtit ses monastères près des cours d’eau. C’est donc sur les rives de la Thyle que s’érigera l’abbaye cistercienne qui mettra cent ans à se construire.

Rosier gallique ‘Versicolor’
Rosier gallique ‘Versicolor’. Appelé ‘Rosa Mundi’ en anglais, ce rosier est une mutation rayée de la Rose de Provins. Les peintres représentent la rose ‘Versicolor’ dès la fin du 16e siècle avec ses pétales de couleur pourpre striés de rose très pâle.
1508, invasions, les moines quittent l’abbaye
Durant deux siècles, les périodes calmes succèdent aux périodes troublées dues aux invasions et à l’oppression des princes obligeant les moines à quitter les lieux à plusieurs reprises. Pendant l’absence des moines, les bâtiments sont dégradés.

Rosier pimpinellifolia
Rosier pimpinellifolia. Le rosier pimprenelle est spontané dans toute l’Europe. Ses tiges très épineuses portent des petites fleurs simples blanches ou roses qui éclosent en nuées dès la fin du mois de mai.

Rosier foetida
Rosier foetida. Originaire d’Asie Mineure, le rosier fétide était à l’époque la seule rose jaune connue. Il fut introduit en Europe en 1583 par Charles de L’Ecluse.

Rosier foetida bicolor
Rosier foetida bicolor. Cette mutation du rosier foetida porte des fleurs jaunes à l’extérieur et cuivre à l’intérieur. Les Arabes la cultivaient probablement dès le 12e siècle.

Rosier gallique ‘Tuscany’
Rosier gallique ‘Tuscany’. Connu depuis 1820 mais peut être depuis le 16e siècle, ce rosier presque sans épines produit en mai juin des fleurs veloutées rouge pourpre aux reflets bordeaux rehaussé par des étamines jaunes.
18e siècle, le second âge d’or de l’abbaye
Une ère entièrement nouvelle s’ouvre pendant la période autrichienne. Les bâtiments médiévaux de style roman et gothique sont réhabilités et agrandis en briques et pierre bleue de style classique. Certains bâtiments conventuels sont réaménagés dans le style néoclassique. De nouveaux édifices sont construits, tels le palais abbatial, la pharmacie et la chapelle Saint-Bernard. Vers 1780, l’Abbaye de Villers-la-Ville est l’un des domaines monastiques les plus considérables des Pays-Bas.

Rosier cent-feuilles ‘Rose de Meaux’
Rosier cent-feuilles ‘Rose de Meaux’. Appelées rose choux en référence au grand nombre de pétales, le rosier cent-feuilles est un croisement complexe entre plusieurs rosiers botaniques. La ‘Rose de Meaux’ est un rosier centifolia miniature.

Rosier gallique ‘Charles de Mills’
Rosier gallique ‘Charles de Mills’. C’est un des plus anciens rosiers galliques cultivés en France avant 1789. Ses grandes fleurs en coupe tournent autour des pourpre et cramoisi sombre. Il ne fleurit qu’une fois, en juin juillet.

Rosier x francofurtana
Rosier x francofurtana. Appelé Rose de Francfort, ce rosier est un hybride de R. gallica et R. majalis. Il porte des fleurs plates semi double d’un rose carmin intense.
1796, dissolution de l’abbaye
La guerre entre la France et l’Autriche déclarée en 1792 puis la Révolution française vont ensevelir pour toujours le monastère et ses occupants. Lorsque l’on met à exécution en 1796 le décret portant suppression des communautés religieuses, les derniers moines quittent l’abbaye pour ne plus y revenir. L’abbaye tombe en ruines mais le site attire les âmes romantiques tout au long du 19e siècle.

Rosiers de Portland ‘Rose du Roi’
Rosier de Portland ‘Rose du Roi‘, 1815. Apparentés aux rosier galliques et aux roses de Damas, la rose de Portland fut découverte par la Duchesse de Portland au sud de Naples. A l’époque romaine, la région était déjà célèbre pour ses cultures de roses.

Rosier de Portland ‘Comte de Chambord’
Rosier de Portland ‘Comte de Chambord’. Obtention de Moreau-Robert en 1860, c’est un des plus beaux rosiers de Portland et l’un des plus florifères. Portant de larges fleurs très doubles en quartiers, rose brillant, il est bien remontant et très parfumé.

Rose de Portland ‘Rose de Rescht’
Rosier de Portland ‘Rose de Rescht’. Cet arbuste compact porte de petites fleurs rouge fuchsia ou magenta teinté de pourpre au parfum fort et sucré. C’est une variété qui remonte bien.
1972, classement de l’abbaye
Les ruines de l’abbaye de Villers-la-Ville sont classées en 1972 comme site et monument historique. Le site attire 160.000 visiteurs par an qui viennent découvrir 900 ans d’histoire dans un écrin de verdure au coeur du Brabant Wallon.

Rosier ‘Dom Placide’
Rosier ‘Dom Placide’. Cet hybride de moschata très vigoureux et florifère a été créé en 2000 par l’obtenteur Gérard Heubrecq en mémoire du dernier moine de l’abbaye de Villers-la-Ville.

Abbaye de Villers-la-Ville
Site classé comme patrimoine exceptionnel de Wallonie. La ligne du temps des rosiers se découvre au début de la visite au delà d’une passerelle jetée entre le centre d’accueil et les ruines. Rue de l’Abbaye 55 à 1495 Villers-la-Ville, https://laterreestunjardin.com/abbaye-de-villers-la-ville/ et , https://villers.be/fr
Reportage publié en 2021 dans L’Eventail
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