20 ans de journalisme,
la passion du voyage et des jardins.

La qualité principale d’un entrepreneur, c’est la persistance du désir, la passion qui dure. Une passion dévorante qu’Eric Domb cultive au quotidien à Pairi Daiza.

Un matin de printemps

Nous sommes en 2013 dans un petit village du Brabant Wallon. Il y a une grange remplie d’outils agricoles anciens. La collection de mes parents intéresse Eric Domb pour animer la ferme à l’entrée du parc de Pairi Daiza. Sa secrétaire nous a fixé un rendez-vous. On frappe à la porte. C’est Eric Domb en personne!  Sapé comme un prince (il revient d’un enterrement dans la région), le sourire éclatant et du charme à revendre, il entre dans la vieille ferme restaurée aux plafonds bas. Il traverse le hall réchauffé par un vieux poêle de Louvain et arrive dans un grand salon où trône un piano Pleyel trois quart de queue. Ma maman qui a 90 ans lui joue un petit air de Chopin et lui fait les honneurs de son jardin. Il a l’air ravi d’être là.

Pandas Pairi Daiza

Eric Domb, entrepreneur et rêveur

L’homme est maître de son temps et fonctionne au coup de coeur. Eric Domb est en train de négocier avec le Président chinois l’arrivée de deux pandas mais il prend autant de plaisir à sélectionner quelques vieilles charrues dans un village de Wallonie ou des éléphants et des tigres aux fins fonds de l’Asie. Tout ce qui peut animer et embellir son parc le passionne. «Je suis en train de créer le jardin dont je rêvais quand j’étais enfant. C’est le petit jardin extraordinaire à la Charles Trenet que j’aurais rêvé de créer quand j’étais gosse. Heureusement, aujourd’hui, on me prend un peu plus au sérieux que quand j’avais huit ou dix ans.»

Parc Pairi Daiza

Des morceaux de paysage

La démarche est sincère, authentique. Pairi Daiza n’est pas un décor. Que l’on aime ou pas, on est dans un processus de création. «J’ai une idée de paysage et de monde. Je me documente. Il y a la topographie, les animaux, les végétaux et les minéraux. Je voyage et je pars à la recherche d’artisans qui seront capables de réaliser mon rêve. Une fois que l’on trouve le premier artisan, c’est comme un fil. On trouve tous les autres sur place. Dans les campagnes, on déniche des objets qui ont vécu mais qui n’ont pas nécessairement une grande valeur. On a aussi des antiquités, des objets extraordinaires, mais le visiteur ne les identifie pas nécessairement car ils sont mélangés aux objets de la vie quotidienne.»

Pairi Daiza

La naissance des mondes

C’est en 1992 qu’Eric Domb découvre l’abbaye de Cambron créée au Moyen Age par des moines cisterciens. Le coup de foudre est immédiat. Mais que faire de 55 hectares clos de murs, d’un vieux château néoclassique précédé d’un escalier monumental en pierre construit du temps de la splendeur de l’abbaye. Il y a aussi des ruines, une tour décapitée, un ancien moulin, une crypte où vivent des chauves-souris et un cimetière des moines avec ses gisants. Une rivière, la Dendre, traverse le domaine et alimente deux étangs. Eric Domb imagine un jardin extraordinaire avec une multitude d’animaux et des paysages des quatre coins du monde…

Parc Pairi Daiza
Parc Pairi Daiza
Pairi Daiza
Parc Pairi Daiza

Un jardin chinois authentique

La ‘Cité des Immortels’ est le premier des mondes créé par Eric Domb. C’est lors d’une visite au Jardin botanique de Montréal en 1998 qu’Eric découvre un jardin chinois absolument extraordinaire. Mais ses rêves prennent du temps à se réaliser. Ce n’est qu’en 2004 qu’il part en Chine pour convaincre des artisans chinois qui restaurent des jardins traditionnels de venir en Belgique. «Je ne possédais que 50% de l’entreprise et j’ai du me battre contre l’avis de mes administrateurs qui trouvaient scandaleux que je me fasse plaisir avec le capital des actionnaires.» Cinq ans plus tard, il crée ce premier monde, avec des moyens énormes et un sens du détail qui frôle la perfection. Le visiteur qui ne connaît rien au jardin chinois mais qui le traverse ressent cette zenitude, ce bien-être.

Parc Pairi Daiza
Pairi Daiza
Parc Pairi Daiza
Pairi Daiza

Un mélange de poésie et de rigueur

«Après la Chine, j’ai continué à m’amuser. J’ai créé un véritable jardin indonésien avec un temple. Il faut le voir à la fin de l’été, quand la lumière caresse les rizières. Le vert est somptueux.» Pairi Daiza est aujourd’hui un endroit où l’on peut découvrir la sereine beauté des jardins traditionnels chinois ou le foisonnement quasi végétal des temples de Bali sans prendre un avion et sans contribuer aux émissions de CO². «Amener ici tous les souvenirs de voyages qui m’ont fasciné et qui m’ont touché pour les partager avec le public. C’est un peu plus ambitieux que de coller des photos dans un album. Pourquoi est-ce que cela fonctionne? C’est parce que le public adopte le lieu, qu’il est touché par ce mélange de poésie et de rigueur documentaire. Si le jardin n’est pas authentique, cela ne marche pas.»

Pairi Daiza
Pairi Daiza
Pairi Daiza
Pairai Daiza

Un zoo pour le XXIe siècle

Loin du parc à thème traditionnel, Pairi Daiza est un jardin zoologique où les animaux évoluent dans des enclos sans grillages visibles, avec un maximum de liberté et de sécurité pour eux et pour les visiteurs. «Faire en sorte que les animaux se sentent et soient chez eux, que nous soyons leurs invités» tel est le souci constant d’Eric Domb. Mais d’où viennent les 5000 animaux, de 500 espèces différentes venant des 5 continents qui sont hébergés dans le parc? La plupart proviennent d’échanges entre les zoos du monde. De Tian Bao, le bébé panda, aux premiers oeufs éclos du Bec-en-sabot, un échassier du-Haut Nil, les naissances dans le parc font l’objet d’un programme scientifique de reproduction qui permet de stabiliser et même d’augmenter les populations d’espèces menacées.

Pairi Daiza

Une école de la nature

«Assurer l’épanouissement des hommes en parfaite harmonie avec la nature», c’est la mission que Pairi Daiza se donne. Membre de l’EAZA (European Association of Zoos and Aquaria), Pairi Daiza a élaboré une stratégie visant à améliorer l’éducation du public au respect de la biodiversité. Par l’accueil du public, de groupes scolaires et la sensibilisation des professeurs et des élèves, le parc incite les visiteurs à jouer un rôle-clé dans la protection et l’amélioration de la biodiversité. Au delà de ses murs, la Pairi Daiza Fondation prolonge cette mission en faveur de la protection et la conservation d’espèces menacées. Protection des habitats, réintroduction des espèces animales dans leur biotope d’origine, recherche scientifique, protection et mise en valeur du patrimoine culturel mondial, les projets sont nombreux et apportent des solutions concrètes sur le terrain.

Pairi Daiza

Des projets pleins les bras

Pairi Daiza attire chaque année près de 2 millions de visiteurs. La persistance du désir, la passion qui dure, cette volonté de créer la beauté n’est pas près de s’éteindre chez Eric Domb. Il a encore plein de projets. L’Amérique du Nord avec un hommage aux «natives», les Indiens des plaines, des fleuves et de la mer. L’Amérique latine, mais aussi les cercles arctique et antarctique. La vieille Europe rurale sera également à l’honneur avec un village en bois et la redécouverte des productions agricoles locales. Dommage qu’Eric ne nous ait pas acheté notre vieille moissonneuse batteuse…

Pairi Daiza

Pairi Daiza, Domaine de Cambron, 7940 Brugelette. Belgique. www.pairidaiza.eu   et www.pairidaiza-fondation.org

Pour découvrir le parc de Pairi Daiza, rendez-vous dans la rubrique Voyages, Belgique. Pour découvrir le Jardin chinois de Pairi Daiza, rendez-vous dans la rubrique Jardins, Belgique.

 

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