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La malaria tue un enfant toutes les deux minutes et une plante permet de les sauver! Coup de projecteur sur l’Artemisia annua, une plante qui fait polémique.

Organisation Mondiale de la Santé

Le paludisme est une maladie évitable dont on guérit. Ce n’est pas moi qui le dit mais l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Alors pourquoi y a-t-il près de 400.000 personnes qui décèdent encore chaque année du paludisme? 90% de tous les décès dus au paludisme se produisent en Afrique, dans les zones situées au sud du Sahara et la grande majorité d’entre eux concernent des enfants de moins de cinq ans.

Quinquina, Chloroquine et Artémisinine

Le paludisme, que l’on appelle aussi malaria, est une maladie infectieuse très ancienne. Elle est due à un parasite, le Plasmodium, transmis par la piqûre d’un moustique. Les Jésuites la traitait déjà au 17e siècle avec de la poudre d’écorces de quinquina. Elle a été combattue avant l’indépendance du Congo avec de puissants insecticides comme le DTT et des traitements à la nivaquine. Ce médicament à base de chloroquine a été mis au point dans les années 30 par la firme allemande Bayer. Mais des résistances à la quinine et à la chloroquine sont apparues. Au Vietnam du nord, par exemple, ce traitement ne fonctionnait plus sur les soldats chinois. En 1970, la scientifique Tu Youyou fait des recherches sur les remèdes traditionnels chinois. Elle découvre les propriétés antipaludiques de l’artémisinine contenue dans l’Artemisia annua que l’on appelle en chinois qinghao.  Pour l’ensemble de ses recherches, le Dr Tu Youyou a reçu le prix Nobel de médecine en 2015.

ACT, Artemisinin-based-combination-therapy

Ce remède à base d’artémisinine aurait pu être diffusé dans le monde entier dès le début des années 80 mais il fallut encore attendre 30 ans avant que l’OMS reconnaisse l’efficacité de l’artémisinine. Depuis 2005, pour traiter le paludisme, l’OMS recommande les ACT (Artemisinin-based-combination-therapy). Les ACT sont des associations médicamenteuses à base d’artémisinine auxquels ont été ajoutés une autre substance comme la méfloquine. Cette seconde substance renforce l’activité de l’artémisinine et protège des résistances aux médicaments.

Artemisia annua

Une résistance aux thérapies ACT

Les ACT, les médicaments comme la Malarone ou le Lariam, les moustiquaires imprégnées et les diagnostics précoces ont obtenu dans le passé des progrès impressionnants et ils ont diminué de moitié l’incidence du paludisme dans le monde. Mais, comme le note l’OMS, la disponibilité de ces traitements est encore très inférieure aux besoins.  Des résistances aux médicaments sont aussi apparues, menaçant leur efficacité à long terme. «La résistance du parasite aux médicaments antipaludiques et celle du moustique aux insecticides menacent les progrès futurs», met en garde l’organisation dans son rapport 2018.

Artemisia annua

2 millions de cas supplémentaires en 2017

Dans son rapport du 19 novembre 2018, l’OMS constate une résurgence des cas enregistrés. En 2017, le paludisme a touché 219 millions de personnes dans le monde, soit 2 millions de personnes de plus que l’année précédente, principalement en Afrique. «Le niveau d’investissement dans la lutte contre le paludisme reste inadéquat», estime l’OMS. «Nous devons changer de cap, a martelé son directeur général. Nous ne sommes pas sur la bonne voie pour atteindre deux objectifs : réduire de 40 % l’incidence du paludisme et la mortalité associée par rapport aux niveaux de 2015.»

Artemisia annua

Une campagne de vaccinations

L’OMS et la fondation Bill Gates soutiennent une campagne de vaccination test de 2018 à 2020 en Afrique. Bientôt 360.000 enfants seront vaccinés avec un vaccin mis au point par les laboratoires de GSK, GlaxoSmithKline en Belgique. Il a fallu trente ans de recherches à GSK qui a promis de ne pas faire de profit avec ce vaccin. Les premiers tests qui ont été effectués ont permis un taux de réussite d’une personne sur trois, avec la nécessité de faire quatre traitements. Ce traitement est lourd et inaccessible actuellement pour les populations rurales d’Afrique.

Le danger des contrefaçons

Le marché des contrefaçons des médicaments est un défi majeur en Afrique. 50% ou plus de médicaments contre le paludisme sont faux ou contiennent une dose insuffisante d’artémisinine. Les médicaments contenant de l’artémisinine en monothérapie représentent également un problème particulièrement inquiétant car ils accentuent l’apparition de résistances.

Artemisia annua

Des effets secondaires qui mènent au suicide

Il y a aussi de nombreuses polémiques sur les effets secondaires des ACT et de la méfloquine qui provoquent des cauchemars et des accès de paranoïa.  Des militaires américains sont devenus fous à leur retour des guerres d’Irak et d’Afghanistan. En juin 2015, le chanteur Stromae en pleine tournée en Afrique a pris du Lariam, un médicament pour lutter contre la malaria. Stromae a témoigné dans un documentaire, Malaria Business, diffusé en 2017. Ce médicament a provoqué chez lui de graves effets secondaires, stressé, épuisé, au point d’avoir envisagé le suicide.

Malaria Business

Il faut savoir que l’OMS (WHO, World Health Organization) n’est plus financée aujourd’hui que pour moins d’un cinquième par ses pays membres. Les financements proviennent principalement de dons de l’industrie pharmaceutique. Les enjeux économiques dans la lutte contre la malaria sont énormes! Les grands groupes pharmaceutiques défendent leur territoire comme l’explique le professeur Pierre Lutgen dans le film Malaria Business. Depuis 2017, l’OMS s’intéresse toutefois à une alternative naturelle, l’Artemisia annua. Il se fait que si les résistances aux médicaments ACT se confirment, ce que l’OMS décrit comme une catastrophe sanitaire, l’Artemisia pourrait être une solution de premier choix pour tous.

Artemisia annua

L’armoise, une plante médicinale chinoise

L’Artemisia annua est une plante de la famille des Astéracées. Cette armoise annuelle est utilisée dans la médecine traditionnelle chinoise depuis plus de 2000 ans pour lutter contre diverses maladies tropicales y compris le paludisme. Des cultivars riches en artémisinine sont d’ailleurs cultivés en Afrique depuis plus de 30 ans par les sociétés pharmaceutiques pour la production des traitements ACT qui luttent contre la forme provoquée par le Plasmodium falciparum qui est, de loin, le plus pathogène et le plus mortel des quatre parasites paludiques reconnus.

Artemisia annua

Artemisia annua et artémisinine

L’Artemisia annua a été introduite dans de nombreuses régions d’Afrique. Elle est peu coûteuse et valorise les compétences des populations locales sans avoir besoin de l’aide étrangère. Cultivée au départ pour alimenter les sociétés pharmaceutiques en artémisinine, elle est aujourd’hui utilisée comme traitement direct. En plus de son effet préventif et curatif, cette plante agit également comme répulsif contre les moustiques. L’efficacité de la plante est liée à sa composition car elle comprend de nombreux composants qui agissent en synergie contre le paludisme et d’autres maladies infectieuses tropicales.

De l’eau et du compost

En Afrique, on cultive la variété ‘Apollo’ (Mediplant) et d’autres cultivars qui sont insensibles au photopériodisme. Les études de la bio-ingénieure Audrey Sougnez effectuées au Sénégal préconisent la culture de 20.000 plants par hectare pour une production de 8 tonnes de tisane à l’hectare. L’Artemisia annua est une plante qui exige beaucoup de lumière pour germer. La réussite de sa transplantation dépend d’un arrosage abondant et régulier. L’arrosage par aspersion offre de meilleurs résultats que le goutte-à-goutte. La terre doit être enrichie avec du fumier et un compost organique pour assurer une bonne croissance. La récolte se fait avant la production de graines. Elle se fait de préférence en deux coupes ce qui permet de retarder l’arrivée des graines et augmente le rendement.

Artemisia annua

Dans les jardins des écoles

La culture de l’Artemisia annua dans les jardins scolaires est déjà mise en place dans un cadre officiel dans plusieurs pays. C’est une est une solution naturelle, peu coûteuse et efficace pour lutter contre la malaria. Les gens ont appris à faire pousser cette plante annuelle, à la récolter, à la faire sécher, broyer et à la prendre sous forme de tisane en prévention contre la malaria. L’absentéisme des enfants et des enseignants a diminué, les frais médicaux ont chuté, avec un impact spectaculaire sur la santé mais également sur la qualité de l’éducation des enfants.

La combinaison de principes actifs

Certains milieux médicaux et financiers ont reproché à l’Artemisia annua d’être une monothérapie qui pourrait causer le développement de résistances qui rendrait impossible tout traitement ultérieur. Mais l’Artemisia annua n’est pas une monothérapie. Bien au contraire. La plante est utilisée dans son entièreté avec les feuilles et les tiges latérales. La chercheuse américaine Pamela Weathers étudie l’Artemisia annua depuis les années 90. La plante contient un nombre élevé de composants qui ont une action antipaludique. Elle cite l’artémisinine, flavonoïdes, monoterpènes, coumarines, acides phénoliques, des micro-éléments qui en font une vraie polythérapie. Les principes actifs agissent en synergie pour assurer son efficacité. La plante n’a engendré jusqu’à présent aucune résistance à ces maladies.

Artemisia annua

Un contrôle des traitements

L’OMS reproche également à l’usage de l’Artemisia annua en poudre, en tisane ou en gélules de contenir une dose d’artémisinine insuffisante pour guérir du paludisme, car les doses varient en fonction des modes de culture, de récolte et de conservation. Si l’utilisation se généralise en Afrique et en Asie, il faudra que les réseaux de pharmacovigilance veillent à ce que les posologies recommandées soient suivies en conformité avec les normes de l’OMS. Jusqu’à présent il n’y a pas de cas de résistance constaté mais on ne peut pas exclure l’avènement de ces résistances en cas de posologie incontrôlée et inappropriée.

Les recherches de la Kenyatta University

L’association IDAY (International Day of the Africain Youth) est un réseau qui regroupe 630 ONG africaines, des associations qui ont développé leurs propres projets pour améliorer la qualité de l’éducation et de la santé dans leur pays. Depuis 2012, en accord avec la Kenyatta University à Nairobi et plusieurs chercheurs internationaux, IDAY cherche à mener des études scientifiques aux normes de l’OMS sur l’efficacité prophylactique (préventive) de l’Artemisia annua contre la malaria et d’autres maladies infectieuses tropicales. Sur le terrain, l’initiation à la culture, à la récolte et l’utilisation de la plante dans les écoles et les coopératives agricoles aide à ancrer des habitudes efficaces dans la population. Les projets sont suivis par les services locaux de santé formés à ce type de traitement du paludisme.

Artemisia annua

L’OMS s’intéresse à l’Artemisia annua

Après 5 ans de fortes réticences, l’OMS a fait savoir en 2017 son intérêt pour l’Artemisia annua. L’OMS reconnaît qu’elle n’est qu’un organe normatif et que les pays peuvent autoriser tout médicaments qu’ils considèrent comme sûr. Par conséquent, plusieurs pays africains tolèrent ou même encouragent l’utilisation des plantes d’Artemisia pour combattre le paludisme. Mais pour que la plante soit reconnue officiellement par l’OMS, elle devra faire l’objet d’une étude scientifique internationale selon les règles qui s’appliquent aux médicaments capables de lutter contre une maladie mortelle.

Artemisia annua
Artemisia annua
Artemisia annua
Artemisia annua

Un programme de recherche sur trois ans

IDAY et la Kenyatta Universiy ont ainsi signé un mémorandum d’accord pour mener cette recherche aux exigences de l’OMS. Cette étude sera menée par la Kenyatta University (Kenya) avec l’appui de la Worcester Polytechnic Institute (Ma, USA). IDAY a obtenu l’intérêt du gouvernement belge de soutenir financièrement une étude clinique sur l’utilisation de la plante en prévention contre le paludisme. Ils sont à la recherche d’un partenaire académique belge pour la conduite de cette étude.  Le coût de cette recherche est estimée à 0,6 millions de dollars sur trois ans.

Artemisia annua

L’Artemisia afra, une petite cousine

De nouvelles études sont également lancées sur une armoise cousine de l’Artemisia annua, l’Artemisia afra. Cette plante qui pousse sur les hauts plateaux de l’Afrique de l’Est et du Sud forme un petit buisson. L’Artemisia afra compte 400 principes actifs, dont 20 anti-malaria. Les habitants l’utilisent en décoction ou en infusion comme antiparasitaire pour combattre les maladies tropicales infectieuses dont le paludisme. Toutefois, la plante ne contient pas d’artémisinine. Ce qui prouverait que dans l’Artemisia annua, c’est surtout la polythérapie qui fonctionne plus que l’artémisinine seule.

Artemisia annua

La Maison de l’Artemisia

Le Dr Lucile Cornet-Vernet entend parler un jour de l’Artemisia par son ami Alexandre Poussin, qui, durant sa traversée de l’Afrique à pied, a contracté la malaria. Réfugié dans une mission, on lui fait boire des litres d’une tisane à base d’Artemisia et il guérit. La Maison de l’Artemisia a été créée en 2013 pour démontrer scientifiquement l’efficacité de l’Artemisia annua et afra et promouvoir leur usage. Il existe aujourd’hui 31 Maisons de l’Artemisia en Afrique, relais d’un réseau de formation de la culture et de la commercialisation de cette plante. Avec Guy Mergeai, professeur d’agro-écologie tropicale à l’université de Liège, la Maison de l’Artemisia a obtenu des semences qui poussent parfaitement en Afrique et qui peuvent être cultivées par les populations locales. L’association mène des essais agronomiques pour améliorer la production. L’objectif est d’organiser un réseau de cultures et de commercialisation avec un label de qualité.

L’efficacité des tisanes

En collaboration avec le bureau de Brazzaville de l’OMS, des chercheurs africains, belges, luxembourgeois et américains, soutenus par l’association La Maison de l’Artemisia, ont mis sur pied des études cliniques aux normes internationales pendant trois ans et demi sur l’efficacité des tisanes d’Artemisia annua et afra sur le paludisme et la schistosomiase (Bilharziose). La revue scientifique Phytomedecine a publié en décembre 2018 les résultats de ces études. Ils montrent la plus grande efficacité des tisanes sur des médicaments de référence pour ces deux pathologies. C’est un immense espoir pour les populations qui pourront se soigner efficacement, localement et à moindre frais et ainsi échapper aux ruptures d’approvisionnement et des médicaments contrefaits.

Artemisia annua

Un enjeu majeur pour l’Afrique

La majorité des pays en voie de développement se trouvent aux alentours de l’Equateur, là où sévissent les maladies tropicales débilitantes. L’Artemisia est probablement l’un des seuls traitements accessibles pour la majorité des 5 milliards de personnes, pour la plupart pauvres, affectées par le paludisme et les parasites intestinaux. Des maladies pour lesquelles les moyens pharmaceutiques et modernes, médicaments et moustiquaires, restent pour des raisons financières et géographiques inaccessibles. Si l’OMS approuve le traitement préventif du paludisme par l’Artemisia, alors la FAO, le PAM Programme Alimentaire Mondial, Unicef, Caritas et toutes les organisations des Nations Unies pourront la diffuser à grande échelle très rapidement.

Artemisia annua

De l’Allemagne à la Chine

La vente de l’Artemisia annua sous forme de tisanes est autorisée en Allemagne, Autriche et Luxembourg. Elle est officiellement autorisée contre le paludisme en Australie, aux USA, en Inde, au Vietnam et en Chine. Ses infusions sont considérées par les Chinois comme un thé de bien-être. Par contre,  la vente et le commerce de l’Artemisia annua en Belgique et en France n’est pas autorisé. La Maison de l’Artemisia en France et IDAY en Belgique oeuvrent à la libération de ces restrictions pour que l’Artemisia annua soit inscrite à la pharmacopée européenne.

Artemisia annua

L’Artemisia annua dans son jardin

Si l’Artemisia annua est encore interdite à la vente, on peut toutefois la cultiver chez soi et la consommer. Les graines sous châssis sont semées en mars avril avec un repiquage en pot en avril puis en pleine terre fin mai début juin.  On peut aussi la faire pousser en pot sur un balcon ou dans une véranda ensoleillée. Gourmandes en eau, les plantes ont une croissance rapide et peuvent monter jusqu’à 2 mètres de haut. Au moindre stress, la plante fait des graines ce qui lui fait perdre ses propriétés. On coupe le feuillage vert clair aromatique et les tiges latérales de juillet à octobre, dès l’apparition des fleurs en capitules jaunes et avant la montée en graines. On peut garder une belle plante avec toutes les tiges et les feuilles que l’on laisse fructifier pour récolter les graines pour les semis de l’année suivante. La plante séchée est utilisée en tisane ou en poudre. Elle conserve ses propriétés médicinales pendant au moins un an, voire plusieurs années.

Une tisane à titre préventif ou curatif

La tisane de l’Artemisia se prépare avec 5 grammes (environ une poignée) de feuilles et de tiges sèches plongées dans 1 litre d’eau bouillante à 100 degrés. On laisse infuser 15 minutes à couvert avant de filtrer. A titre curatif, un litre de tisane doit être administrée en 3 à 4 prises sur la journée pendant une cure de 7 jours. L’Artemisia est aussi utilisé en préventif. Le traitement est plus léger car plus efficace sur des personnes déjà touchées par le paludisme. Pour le touriste qui n’a jamais eu le paludisme, le traitement préventif consisterait à un litre de tisane tous les jours, 24 heures avant le départ jusqu’à une semaine après le retour du voyage.

Artemisia annua tisane

Le débat reste ouvert

Il existe toujours actuellement une bataille d’experts entre les tenants de la phytothérapie et les autres, entre autres l’OMS, qui craignent notamment un effet de résistance à l’artémisinine avec la tisane. Les études sont en cours sur son efficacité sur les populations des pays touchés par le paludisme. Quant à l’efficacité de la prévention par la tisane d’Artemisia annua pour les voyageurs occidentaux, à défaut d’études scientifiques il reste un doute. Ces préparations artisanales ne sont soumises à aucun contrôle au niveau des concentrations et de la qualité. Par ailleurs, les populations africaines régulièrement infectées par le parasite de la malaria ont développé une certaine immunité qui rendrait les crises moins sévères. Mais pour le touriste qui n’a jamais été exposé à la malaria, le traitement à base de tisane risque de ne pas être suffisant, que ce soit pour traiter ou pour prévenir.

Où trouver des semences d’Artemisia annua en Afrique?

Le mieux pour l’Afrique c’est de se procurer les semences sur place. Les intéressés peuvent s’adresser directement aux coalitions d’IDAY dans le pays concernés. Les adresses des Réseaux associatifs sont sur le site d’IDAY International sous «Réseau et contacts». www.iday.org

Il faut savoir que les semences pour l’Afrique ne sont pas celles des pays tempérés. La plante est très sensible au photopériodique. Comme les journées le long de l’Equateur sont peu variables, les semences d’Europe ne donnent rien dans ces régions sauf en Afrique du Nord ou au sud de Madagascar, Zambie et Botswana.

A noter aussi que les semences du cultivar africain (MEDIPLANT -Apollo), perdent leur capacité germinative sous le froid. Donc, transporter des semences d’Afrique vers l’Europe, ou le contraire dans la soute d’un avion leur fait perdre leurs propriétés. Il faut donc les transporter dans le bagage à main ou trouver des convoyeurs.

 

Artemisia annua

Artemisia annua et lutte contre la pandémie du Covid19

On parle de l’action de l’Artemisia comme traitement complémentaires contre le Covid19. Il s’agit pour l’instant surtout de booster son immunité en prenant des tisanes d’Artemisia mais aucune étude clinique rigoureuse et à grande échelle n’a encore été effectuée à ce sujet.

 

13 mars 2020. Nature Plants, la revue scientifique britannique a publié un plaidoyer pour l’usage des plantes médicinales, dont l’Artemisia annua, en première ligne de défense contre le Covid 19: « Dans une situation d’urgence comme l’épidémie de Covid19, alors que les médicaments ordinaires mettent du temps à passer les essais cliniques, les médicaments à base de plantes et les produits naturels facilement disponibles et dont l’innocuité est prouvée peuvent permettre de gagner du temps en tant que première ligne de défense. »  Plus d’infos: https://www.nature.com/articles/s41477-020-0628-0

24 mars 2020. Le Bureau d’études Inter-Culturel a lancé un plaidoyer pour la mise en oeuvre d’essais cliniques de la tisane d’Artemisia dans le cadre de la lutte contre le Covid19. « Des informations récentes rapportent que les autorités sanitaires chinoises ont annoncé, dans un article publié ce mois de mars 2020, que « pour 90% des cas positifs au Covid19, elles ont administré de l’Artemisia annua (Qing Hao) en traitement complémentaire dans le cas de syndromes pulmonaires modérés » (Information de l’ONG Française La Maison de l’Artemisia). Il est possible que ce traitement complémentaire ait contribué à endiguer l’épidémie en Chine. Les médicaments à base de plantes et de produits naturels facilement disponibles et dont l’innocuité a déjà été prouvée peuvent faire gagner du temps en tant que première ligne de défense. Si différentes plantes peuvent être candidates à cet usage, dans le contexte rwandais et plus largement africain, Artemisia annua et Artemisia afra apparaissent comme deux plantes potentiellement utilisables pour cette première ligne de défense. »  Plus d’infos sur le site:  https://inter-culturel.net/artemisia-et-lutte-contre-le-Covid-19?fbclid=IwAR3BpLj2-ACKr0cr2owFl-YRLHWEhL3G91qnVZ3F46Uj179aPDX74gcDu34

30 mars 2020. La Maison de l’Artemisia plaide aussi pour un grand essai clinique sur l’Artemisia annua utilisé en Chine contre le Covid19. « L’Artemisia annua (Qing Hao), plante médicinale, vient d’être largement utilisée en Chine pour combattre le Covid-19. La plante a été administrée selon le protocole officiel de la Médecine Traditionnelle Chinoise, uniquement dans les cas d’atteintes pulmonaires modérées à sévères, en association avec un traitement conventionnel. Une étude de l’OMS indique que la plante avait été efficace en traitement en traitement complémentaire pendant l’épidémie de SRAS de 2003. L’Artemisia annua contient 4 molécules actives in vitro contre le Covid19: lutéoline, kaempferol, quercétine et apigénine. »  Plus d’infos:  https://maison-artemisia.org/

8 avril 2020, Allemagne. L’Artemisia annua testée contre le Covid-19 par l’Insitut Max Planck en Allemagne.  « The Max Planck Institut of Colloids and Interfaces, Postsdam (Germany) will collaborate with ArtemiLife Inc., a US based company and medical researchers in Denmark and Germany to test Artemisia annua plant extract and artemisinin derivatives in laboratory celle studies against the novel coronarivus disease Covid-19 »   https://www.mpg.de/14663263/artemisia-annua-to-be-tested-against-covid-19

Artemisia annua

Artemisia annua extract (c) Kerry Gilmore – Max Planck Institute

15 avril 2020. IDAY International: Communiqué de presse: Quelle est la relation entre l’Artemisia annua et la pandémie du COVID-19 ? En Europe et en Afrique, une meilleure connaissance de la pharmacopée chinoise permettrait de compléter efficacement la lutte contre de nombreuses maladies, notamment le COVID-19 La Chine a pris une série de mesures qui combinent les médecines traditionnelles chinoises et les médecines occidentales. La pharmacopée chinoise comprend en effet toute une série de plantes utilisées tant à titre préventif que curatif et dont les recherches révèlent un potentiel contre les virus, notamment le COVID-19. Parmi elles, des chercheurs tant africains qu’européens recommandent l’Artemisia annua. Contre les virus, des tests en laboratoire ont montré en 2003 qu’elle était efficace contre le corona virus du Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) après la Lycoris radiata, qui est malheureusement peu disponible hors d’Asie. Des essais avec d’autres plantes ont montré que celles qui contenaient certains stérols (notamment le Beta-sisterol et le stigmasterol), la quercétine et la lutéoline étaient efficaces contre divers virus, et, pour ce qui est de la quercétine, aussi contre le COVID-19. Or, l’Artemisia annua contient tous ces composés chimiques, confirmant ainsi son caractère poly-thérapeutique qui explique notamment sa moindre sensibilité aux résistances contre le paludisme. La plante est citée dans les registres médicaux chinois, dont on a des traces depuis la dynastie Tang (618-907 de notre ère), en tant que plante de bien-être, efficace contre divers maux. Son large spectre comme immuno-stimulateur et anti-inflammatoire et l’absence d’effets secondaires fait de cette plante une sorte de bouclier contre de nombreuses maladies infectieuses. On estime qu’elle renforce le microbiote dont on sait aujourd’hui qu’il joue un rôle crucial dans la protection générale de notre corps.

La Chine recommande l’Artemisia annua contre le COVID-19 en combinaison avec d’autres plantes et des moyens de lutte empruntés à la médecine occidentale en fonction des stades de la maladie. L’Artemisia annua a plusieurs avantages. D’abord, elle n’est pas toxique, car les seuls composants comportant un risque de toxicité (notamment l’artemisinine) ne se retrouvent dans la plante qu’à des doses infimes. De plus, contrairement aux traitements à base de chloroquine, elle n’a aucun effet secondaire néfaste connu, si la posologie indiquée par les médecins est respectée. Par ailleurs, l’Artemisia annua est accessible en Europe : outre le fait que chacun peut la cultiver dans son jardin ou sur son balcon, des extraits naturels sont vendus sur internet, ou en pharmacie sous forme homéopathique.Il semblerait donc opportun de tester la plante comme moyen prophylactique et curatif contre le COVID-19 ici en Europe comme complément aux autres moyens mis en oeuvre, médicament ou vaccin risquant de ne pas être disponibles avant la fin 2020. Par contre, si les tests cliniques simples et peu coûteux avec la plante sont réalisés rapidement, l’Europe pourrait produire les quantités nécessaires pour protéger les futures victimes de la pandémie. Malheureusement, la commercialisation de l’Artemisia annua reste interdite en Europe et l’Organisation Mondiale de la Santé s’oppose à sa généralisation en Afrique aussi longtemps que des recherches complémentaires in vivo n’ont pas été réalisées selon les normes de cette organisation. Pour l’Europe et la lutte contre le COVID-19, de simples recherches sur ses capacités préventives et curatives ont été proposées et devraient pouvoir être réalisées rapidement. En effet, La Maison de l’Artemisia, ONG française, a soumis à l’armée française une étude sur l’utilisation de l’Artemisia annua comme remède contre le COVID-19. Le protocole est basé sur l’hypothèse que le dosage proposé pourrait empêcher le patient de tomber dans un stade plus grave de la maladie. IDAY s’est également penché sur la question et sur l’intérêt que pourrait représenter l’Artemisia annua en prophylaxie contre le COVID-19. Il serait intéressant de conduire des études cliniques basées sur l’hypothèse que la plante renforce l’immunité et pourrait aider à stopper la poursuite de la maladie. Si les résultats des études cliniques sont probants, cela permettrait d’avoir une production qui permettrait un accès à la plante dès cet automne. Plus d’infos: https://iday.org/news/journee-internationale-contre-le-paludisme-artemisia-annua-paludisme-covid-19/

 

19 avril 2020, Madagascar. Pour la première fois, le président d’un pays évoque l’Artemisia pour la lutte contre le Covid 19. Lors d’un discours à la nation malgache, le président de la République, Andry Rajoelina, présente un remède contre le coronavirus, baptisé CVO ou  ‘Covid-Organics’. « Aujourd’hui,  j’annonce officiellement ici la réussite et les bons résultats des essais de notre remède. On peut dire qu’il a donné un résultat concluant sur les maladies du Covid-19 à Madagascar et qu’il peut limiter et atténuer ses effets sur le corps humain. » Ces remèdes ont été développés par l’IMRA, Institut malgache de Recherches appliquées. Pour des raisons de propriété intellectuelle, les ingrédients des médicaments restent confidentiels. Seule l’Artemisia, plante d’origine chinoise introduite en 1995 à Madagascar est révélée, en complément avec d’autres plantes malgaches tenues secrètes. « Si l’on regarde le profil chimique de l’Artemisia, on voit bien qu’il y a des molécules connues qui stimulent le système immunitaire, explique Charles Andrianjara, chercheur dans le design moléculaire et directeur général de l’IMRA. Donc dans un premier temps, on va dire que c’est pour la prévention. Des études cliniques plus approfondies sont en cours. » Le chef de l’Etat va plus loin et parle de remède curatif contre le Covid19 affirmant que deux cas de Covid19 ont été guéris grâce à la tisane Tambavy CVO. Le président a indiqué que son remède serait prescrit sous forme de sirop à tous les élèves pour leur permettre de se protéger contre la pandémie. Il assure que le remède sera fabriqué en quantité suffisante pour que les 27 millions de Malgaches puissent tous y avoir accès. Le médicament sera mis en vente dans les pharmacies et supermarchés dès le mercredi 22 avril. La communauté scientifique qui promeut l’Artemisia soutient que « efficace ou non contre le coronavirus, le remède ne peut pas faire de mal » surtout chez une population exposée à des maladies comme le paludisme ou la bilharziose. L’Organisation Mondiale de la Santé a reconnu que « certains médicaments et remèdes traditionnels peuvent atténuer les symptômes du coronavirus, mais il n’existe aucune preuve que ces substances peuvent prévenir ou guérir la maladie »https://www.lepoint.fr/afrique/covid-19-le-covid-organics-ce-remede-que-madagascar-a-valide-20-04-2020-2372132_3826.php

 

Artemisia annua

 

20 avril 2020, Plantes et Santé.  « L’institut Max Planck de recherche sur les colloïdes de Potsdam, en Allemagne a annoncé le 8 avril 2020 le lancement d’une étude cellulaire afin de tester les effets de l’Artemisia annua sur le Coronavirus. Certains de ses dérivés comme l’artemisinine vont également être étudiés. Cela est rendu possible par un accord avec la société américaine ArtemiLife qui fournira les plantes. En effet, AretmiLife cultive l’Artemisia dans le Kentucky et développe la commercialisation de tisanes et cafés à base d’armoise annuelle. L’Artemisia annua, utilisée depuis des millénaires en Chine, est connue pour un de ses principes actifs, l’artémisinine. Cette molécule est à l’origine des médicaments antipaludiques actuels. Il s’agit de combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine (CTA) qui ont remplacé la chloroquine suite au développement de résistances. Cependant, les vertus de l’Artemisia annua ne se limitent pas au paludisme. Cette plante a été largement utilisée en Chine lors de l’épidémie historique de Coronavirus de 2003, et contre l’épidémie actuelle de Covid-19. Ainsi, 85% des cas de Covid-19 ont été traités avec des mélanges de plantes, en complément de la médecine occidentale. par ces plantes, l’Artemisia annua est conseillée dans les cas de symptômes pulmonaires modérés. Des études in vitro ont montré que cette plante agit sur de nombreux virus, comme les virus de la famille de l’herpès, du VIH et le Coronavirus du syndrome respiratoire aigu sévère. Le Coronavirus à l’origine de l’épidémie de 2003, le SARS-CoV-1 est très similaire génétiquement au Coronavirus actuel, dénommé SARS-CoV-2. Or une étude qui a testé l’effet antiviral de plus de 200 plantes contre le SARS-CoV-1, a montré que l’Artemisia annua était la deuxième la plus puissante, après le Lycoris radiata. « Vu les similarités entres les deux virus, les extraits de la plante et ses dérivés doivent être testés contre ce nouveau coronavirus » a estimé le directeur de l’Institut Max Planck. Si l’artémisinine possède une action antivirale, ce n’est pas le seul principe actif de la plante à agir contre les virus. Cette action est due à une synergie de nombreuses molécules, notamment de puissants stérols. Deux études récentes ont passé au crible un panel de molécules végétales via une simulation numérique pour identifier celles qui seraient susceptibles d’agir au niveau de deux protéines clés du SARS-Covid : la protéase principale et le récepteur des cellules des poumons. Parmi les molécules retenues, quatre sont présentent dans l’Artemisia annua, dont la quercétine et la lutéoline. Par ailleurs, de nombreux composés ont une activité immunomodulatrice reconnue. »  https://www.plantes-et-sante.fr/articles/maladies/3590-lartemisia-annua-testee-contre-le-covid-19

Artemisia annua

 

4 mai 2020, L’Organisation Mondiale de la Santé en Afrique soutient une médecine traditionnelle reposant sur des éléments scientifiques probants. 

L’Organisation mondiale de la santé a consacré le 4 mai 2020 un communiqué aux pharmacopées traditionnelles en Afrique. « Brazzaville  L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) accueille favorablement les innovations à travers dans le monde, y compris le recyclage des médicaments, des produits issus de la pharmacopée traditionnelle et la mise au point de nouvelles thérapies dans le cadre de la recherche de traitements potentiels de la maladie à coronavirus 2019 (COVID-19). »

« L’OMS reconnaît que la médecine traditionnelle, complémentaire et alternative recèle de nombreux bienfaits. L’Afrique a d’ailleurs une longue histoire de médecine traditionnelle et de tradipraticiens de santé qui jouent un rôle important dans les soins aux populations. Des plantes médicinales telles que l’artemisia annua sont considérées comme des traitements possibles de la COVID-19, mais des essais devraient être réalisés pour évaluer leur efficacité et déterminer leurs effets indésirables. Les Africains méritent d’utiliser des médicaments testés selon les normes qui s’appliquent aux médicaments fabriqués pour les populations du reste du monde. Même lorsque des traitements sont issus de la pratique traditionnelle et de la nature, il est primordial d’établir leur efficacité et leur innocuité grâce à des essais cliniques rigoureux… L’OMS se réjouit de chaque occasion de collaborer avec les pays et les chercheurs pour développer de nouveaux traitements et encourage une telle collaboration pour la mise au point de thérapies efficaces et sans risque pouvant être utilisées en Afrique et ailleurs dans le monde. »

La prudence doit toutefois rester de mise. « L’utilisation de produits destinés au traitement de la Covid-19, mais qui n’ont pas fait l’objet d’investigations strictes, peut mettre les populations en danger et les empêcher d’appliquer des mesures telles que le lavage des mains et la distanciation physique qui pourtant sont des éléments cardinaux de la prévention de la Covid-19. Cela peut aussi accentuer le recours à l’automédication et accroître le risque pour la sécurité des patients. » https://www.afro.who.int/fr/news/loms-soutient-une-medecine-traditionnelle-reposant-sur-des-elements-scientifiques-probants

20 juillet 2020, Madagascar, appel à l’aide du ministre de la santé

« C’est un désaveu cinglant de la gestion de la crise sanitaire à Madagascar. Dans une lettre datée du lundi 20 juillet et adressée aux partenaires techniques et financiers du pays, le ministre de la santé, Ahmad Ahmad, réclame de toute urgence des équipements de santé supplémentaires pour lutter contre l’épidémie de nouveau coronavirus. En dépit des promesses du président Andry Rajoelina, la tisane à base d’Artemisia annua Covid-Organics distribuée par l’Etat aux habitants n’a manifestement pas suffi à freiner la propagation du virus. « Les hôpitaux sont débordés par l’afflux de formes sévères de la maladie, dont certains décèdent malheureusement faute d’accès aux soins », écrit le ministre au début de sa missive. » https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/07/22/covid-19-le-ministre-de-la-sante-malgache-appelle-a-l-aide-la-communaute-internationale_6046908_3212.html?fbclid=IwAR0ozshoVlXtA8RiAq7EyRCYdCwmlaR5M_AXqMoPU1KhafYnKEDBlzVJu_0

10 août 2020, Madagascar.  Le président Andry Rajoelina défend son remède, le Covid Organics à base de plantes dont l’Artemisia. Cette potion supposée efficace contre le Covid 19 aurait d’après le président évité une catastrophe sanitaire. « Madagascar a enregistré plus de 13.000 cas de coronavirus depuis mars 2020 dont 148 décès. Selon Andry Rajoelina, le taux de mortalité lié au coronarivus est de moins de 1% à Madagascar contre une moyenne de 2% en Afrique et 3% dans le monde. Plus de 1.390.000 familles ont reçu du Covid Organics dans tout Madagascar durant ces quatre mois de pandémie, selon le président malgache. » Agence Belga  https://www.rtl.be/info/monde/international/le-president-malgache-defend-une-potion-miracle-contre-le-coronavirus-sans-cela-on-aurait-des-cadavres-eparpilles-dans-la-rue–1236601.aspx

 

 

Artemisia annua

Pour aller plus loin

Crédit photos : Agnès Pirlot et IDAY International

Rendez-vous dans la rubrique Voyages, Afrique, pour découvrir sur l’association IDAY International, porte-voix pour l’éducation en Afrique, et mon reportage sur la Flore et la pharmacopée de Madagascar, ou cliquez sur les liens.

 

 

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