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La classification des plantes permet d’ordonner la complexité du monde végétal. De Carl von Linné aux analyses ADN, les querelles entre botanistes sur la taxonomie pimentent le débat!

 

La rose trémière n’est pas une rose

Selon les différentes régions, pays ou langues, les noms des plantes prêtent souvent à confusion. Une rose trémière n’a aucun lien de parenté avec la rose. Un ‘rain tree’ désigne plusieurs arbres différents selon les pays. On utilise le latin pour dénommer avec précision les plantes car ce langage est international. De la Chine au Pérou, on se comprend parfaitement. (voir mon reportage sur le nom latin des plantes)

Taxonomie rose trémière

La classification des végétaux

C’est la taxonomie (du grec, taxos, ordre et nomos, loi) qui établit la classification des plantes au niveau botanique. En se basant sur des caractéristiques communes, on peut ainsi les classer par familles, genres, espèces, sous-espèces et variétés selon des critères identiques au niveau mondial. C’est le seul moyen de créer une science unifiée et cohérente à l’échelle de la planète.

Taxonomie

Le suédois Carl von Linné

Le célèbre botaniste suédois Carolus von Linné (1707-1778) s’est attaché à la classification de la nature en général. Dans son célèbre ouvrage ‘Systema naturae’ paru en 1735, il jette les bases de la taxonomie. Il divise la nature en trois grands groupes: les plantes, les animaux et les minéraux. Il divise chaque groupe en ordres, eux-mêmes divisés en classes, en genres et en espèces. Son plus grand héritage est la méthode scientifique moderne utilisée pour classer et donner un nom aux espèces végétales.

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Les noces florales

Dans son ‘Species plantarum’ publié en 1753, Linné décrit de manière détaillée 6000 espèces de plantes du monde entier. Il classe le règne végétal d’après la structure des organes de reproduction des plantes. Il a basé la nomenclature des plantes sur le nombre d’étamines et de pistils. Pour son époque, Linné est révolutionnaire car il a compris et admis que les plantes aussi possédaient des organes sexuels.

Taxonomie

L’américain Arthur Cronquist

Au fil du temps, la classification du règne végétal s’est affinée à mesure que davantage de plantes étaient découvertes et étudiées. Des mises à jour de la taxonomie ont été faites dans la seconde moitié du 20e siècle par le russe Armen Takhtajan (1910-2009) et l’américain Arthur Cronquist (1919-1992). Ce dernier est à l’origine de la division des plantes en deux grands groupes, les plantes monocotylédones et les plantes dicotylédones.

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Les analyses ADN

Les chercheurs modifient le système de classification des plantes au fur et à mesure que les connaissances sur les liens de parenté et l’évolution progressent. Des méthodes de recherche plus sophistiquées, tels que le microscope électronique ont quelque peu ébranlé la classification initiale de Linné. Aujourd’hui, l’analyse des séquences d’ADN présents dans les cellules des plantes est souvent utilisée en plus des caractéristiques externes des fleurs pour classer les plantes et déterminer leur filiation.

Taxonomie

Une affaire de parenté

La référence en matière de taxonomie végétale est à présent l’APG, Angiosperm Phylogeny Group. Ce groupe de botanistes qui travaille sur la phylogénétique végétale a pour objectif de retracer les degrés de parenté entre les différentes espèces. L’APG a publié en 2016 sa quatrième mise à jour de classification (APG 4). L’ancienne division en mono et dicotylédones a fait place à trois groupes: les plantes florales les plus anciennes, les monocotylédones et les vrais dicotylédones. On parle désormais de 416 familles.

Taxonomie

Des noms qui changent

Certaines plantes peuvent ainsi changer de nom au grand désespoir des pépiniéristes et amateurs de plantes. La renouée, Polygonum, s’appelle aujourd’hui Persicaria. La rose trémière que l’on appelait Athaea est devenue Alcea. Certaines plantes considérées comme des sous-espèces sont devenues des espèces à part entière. Ainsi l’hellébore de Corse, Helleborus lividus ssp. corsicus est devenu Helleborus argutifolius.

Taxonomie Persicaria

Et des synonymes

Parfois, une même plante peut se cacher sous des noms différents. En jardinerie, les sedums ‘Autumn Joy’ et ‘Herbsfreude’ désignent la même plante. Dans le jardin botanique de Faial, une plante endémique des Açores, le Morella faya est également étiquetée Myrica faya. Cela m’avait un peu perturbée lors de ma visite dans ce jardin car je pensais qu’il s’agissait de deux arbustes différents. Mais le curateur du jardin botanique avait l’air de prendre cela avec beaucoup de philosophie. (voir mon reportage sur les sedums et sur la Flore des Açores)

Taxonomie sedum

Voir mon reportage sur les noms latin des plantes dans la rubrique Jardinage, Travaux de jardinage et sur les Végétaux, arbres et arbustes, plantes vivaces, sedum, hellébore, plantes à bulbes et plantes annuelles et d’intérieur et bien d’autres plantes dans la rubrique Végétaux ou cliquez sur les liens.

 

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