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Le jardin du sculpteur Olivier Strebelle à Bruxelles rassemble plusieurs de ses oeuvres qui se mêlent harmonieusement à la végétation. Visite guidée en compagnie de l’artiste.

Le bois de son enfance

Dans le fond d’Uccle, au sud de Bruxelles, les jardins de la rue Dolez enserrent le bois communal de Verrewinkel. Bouleaux, chênes et pins sylvestres y font bon ménage avec la futaie de grands hêtres, derniers vestiges de la Forêt de Soignes. Tous les jours, Olivier Strebelle parcourt avec son chien les sentiers de ce bout de forêt qui prolonge son jardin. «Je connais ce bois depuis mon enfance. Nous habitions tout près et je venais avec ma maman m’y promener. Elle ramassait de la terre de bruyère qu’elle utilisait pour cultiver ses cactus.» Célèbre et reconnu dès sa vingtième année, l’artiste a fait de cette clairière son port d’attache, un jardin d’éden qui sert d’écrin à sa maison et son atelier.

Olivier Strebelle

Une famille d’artistes

Né à Bruxelles en 1927, Olivier Strebelle est devenu l’artiste emblématique de son pays. «Mon père et ma mère étaient peintres, tout comme mon frère et mon fils est dessinateur. J’ai aussi un frère qui est architecte. Dans la famille, on n’est bon à rien d’autre qu’à faire des trucs comme ça, à rêver… » A 15 ans, Olivier Strebelle intègre l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture et des Arts décoratifs de La Cambre à Bruxelles pour étudier la céramique et la sculpture.

Olivier Strebelle
Olivier Strebelle
Olivier Strebelle
Olivier Strebelle

Les Ateliers du Marais

En 1949, il fonde les Ateliers du Marais à Bruxelles, un des lieux d’expression du mouvement Cobra. Il fait partager ses dons artistiques dans les écoles du monde entier et ses oeuvres sont exposées de façon permanente dans les grandes villes du monde. A Namur, c’est lui qui signe le spectaculaire ‘Cheval Bayard’ en bronze et céramique près du Pont des Ardennes le long de la Meuse, une oeuvre dont il conçu la réalisation à l’âge de 25 ans seulement et qui marque la transition par étapes de la terre cuite à celle des métaux.

Olivier Strebelle

De Bruxelles à Moscou

A l’entrée de Bruxelles, le monumental ‘Phoenix 44’ trône tel un oiseau géant sur l’avenue Louise. En 2001, il réalise son rêve: exposer plus de 30 sculptures sur la prestigieuse place Vendôme à Paris. A Moscou, il réalise l’année suivante une magistrale fontaine en tubes d’acier intitulée ‘L’Enlèvement d’Europe’. En 2008, il crée ‘Athletes Alley’ pour les Jeux de Pékin qui dessine un ensemble figuratif gracieux et organique qui révèle cinq personnages soutenant les anneaux olympiques. Il y a aussi la sculpture ‘Flight in Mind’ qui se trouvait dans l’aéroport de Zaventem au moment de l’attentat de 2016. L’artiste approche des 90 ans lorsque je le rencontre. Toujours gaillard, créatif et avant-gardiste, il a encore des projets sur le feu, à Saint-Louis dans le Missouri et à Séoul en Corée du Sud!

Olivier Strebelle

De l’atelier au jardin

Une oeuvre commence par un rêve, esquissé par un trait de crayon, lui-même prolongé par une histoire. «Une oeuvre doit pouvoir être racontée», confie l’artiste. Jour après jour, dans l’intimité de son atelier, l’artiste dessine, manipule la cire ou la terre pour matérialiser la forme, tord des fils de fer pour créer l’armature qui deviendra l’âme d’une maquette en plâtre. Depuis qu’il a abandonné son premier mode d’expression, la céramique, Olivier Strebelle nous offre principalement des oeuvres en bronze et acier.

Olivier Strebelle

L’art et la nature

Toutes ses oeuvres sont conçues en étroite relation avec son environnement. On peut rencontrer une réelle symbiose entre l’art et la nature. Certaines, les sculptures-environnement, sont conçues pour entourer l’être humain ou faire partie d’un projet d’architecture ou d’urbanisme. D’autres sont des sculptures-objets, de petite taille, à poser à portée de main dans l’intimité des intérieurs. Puis, une fois agrandies, elles deviennent des sculptures-paysages, faites pour être plantées là, dans la nature, comme des arbres dont les volumes s’interpénètrent.

Olivier Strebelle
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Olivier Strebelle
Olivier Strebelle
Olivier Strebelle
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Un jardin refuge

Certaines de ses oeuvres ont trouvé refuge dans son jardin d’un hectare où il a planté chaque arbre de ses mains. «Lorsque je me suis installé ici, en 1950, il n’y avait rien. C’était un champ de pommes de terre qui bordait le bois. En fait, cette maison était surtout un refuge que j’appréciais lors de mes escales à Bruxelles, car j’ai beaucoup voyagé autour du monde. J’ai été professeur dans de nombreuses universités aux Etats-Unis. Je donnais cours la semaine et je revenais le week-end. J’ai traversé l’Atlantique 140 fois!»

Olivier Strebelle

Un cèdre nommé Pechère

De ses voyages autour du monde, Olivier Strebelle a ramené dans ses bagages de jeunes plantes qui sont aujourd’hui des colosses! un Beach Pine (Pinus contorda) et des cornouillers à fleurs (Cornus florida), ramenés des Etats-Unis, un noyer du Caucase (Pterocarya fraxinifolia) au feuillage exotique, des glycines qui enlacent sa maison et un Red Pine (Pinus resinosa) à l’écorce rouge ramenés du Japon. Il y a aussi un magnifique cèdre bleu pleureur de l’Atlas (Cedrus atlantica ‘Glauca pendula’) que venait régulièrement admirer son ami René Pechère et qui, depuis, porte son nom.

Olivier Strebelle

Le jardin zen de l’expo 58

Dans le patio, le visiteur peut admirer un coin zen composé de gros rochers venant du Pavillon Japonais créé pour l’exposition universelle de 58 à laquelle il a participé. Et partout dans le jardin, la découverte de ses oeuvres mises en scène dans des chambres secrètes cernées par des vagues de bambous et des écrans de rhododendrons. Des sculptures qui témoignent de l’immense talent de cet artiste, figure de proue de l’art moderne et contemporain belge décédé le 29 juillet 2017 à l’âge de 90 ans.

Le jardin et l’atelier d’Olivier Strebelle à Bruxelles se visitent via l’association Arkadia. http://www.arkadia.be/fr/visites/atelier-dolivier-strebelle et www.olivierstrebelle.com/fr

Reportage publié en 2015 dans Life Magazine (www.life-magazine.be)

 

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