Des eaux cristallines  des Bouches de Kotor aux forêts verdoyantes des montagnes, guide de voyage au Monténégro, joyau des Balkans.

 

La magie du Monténégro

Le Monténégro est un pays des Balkans, trop petit pour être puissant, trop montagneux pour être riche. Il est bordé à l’ouest par la Croatie et la Bosnie-Herzégovine, au nord par la Serbie et le Kosovo et à l’est par l’Albanie. Ce pays offre une époustouflante diversité de paysages, des montagnes couvertes de forêts de velours, des canyons profonds et des crêtes calcaires dénudées. Cette citadelle se jette dans la mer Adriatique aux eaux couleur émeraude.

Un pays accueillant

Ancienne république yougoslave, le Monténégro est un pays indépendant depuis 2006. Membre de l’Otan, il ne fait pas encore partie de l’Union Européenne bien que sa monnaie soit l’Euro! Son tourisme a explosé depuis une dizaine d’années avec une grande majorité de Slaves qui s’installent dans les innombrables appart-hôtels et les guest-houses du littoral.

Une semaine au Monténégro

Septembre au Monténégro, on annonce 18°C dans la montagne et 28°C sur les bords de l’Adriatique. J’atterris à Dubrovnik puis je rejoins en une demi-heure la frontière du Monténégro au volant d’une voiture de location. Mon circuit fera une grande boucle en suivant la côte de Herceg Novi jusqu’à Ulcinj près de l’Albanie, puis dans les montagnes du centre jusqu’à Zabljac avant de revenir à Dubrovnik. (voir mon reportage sur Dubrovnik)

Les Bouches de Kotor

Joyau du Monténégro, la baie de Kotor est une des plus belles au monde. Je découvre un endroit sublime avec une mer d’huile où flottent quelques îles boisées et des montagnes abruptes qui plongent dans la mer. Ce canyon submergé dessine une large entaille de 30 km à l’intérieur des terres.

La baie est formée de quatre golfes intérieurs qui forment de jolies boucles. Les baies de Herceg Novi et de Tivat constituent le golfe extérieur au climat très doux et ensoleillé. Les baies de Risan et de Kotor forment le golfe intérieur. La proximité des montagnes rend ici le climat plus rude et en hiver, certains villages ne voient pas le soleil de la journée.

Les rivages des Bouches de Kotor sont bordés de villages pittoresques marqués par une longue présence vénitienne, de ruines ottomanes, de monastères orthodoxes et de petits ports où se balancent quelques barques de pêche.

La côte d’Herceg Novi

De Herceg Novi à Risan, la route est large, longeant une succession de cités balnéaires qui s’égrènent comme un chapelet au bord de l’eau avec des plages de graviers ou de galets et une multitude d’hôtels et de terrasses de restaurant.

Monastère de Savina (3)
Monastère de Savina (1)
Monastère de Savina (4)
Monastère de Savina (2)

Monastère de Savina

Situé sur une colline à 2 km à l’est d’Herceg Novi, le monastère orthodoxe de Savina m’offre une vue superbe sur la baie. Une petite église consacrée à l’Assomption de la Vierge est ornée de fresques du 15e siècle. Avec sa coupole et son campanile, la grande église a été bâtie à la fin du 18e siècle. Elle contient une spectaculaire iconostase, de l’argenterie liturgique, des manuscrits et des icônes.

Mosaique de Risan (2)
Mosaique de Risan (1)

Les mosaïques de Risan

La ville de Risan a plus de deux mille ans. Après les Illyriens, les Romains se sont implantés dans la baie comme en témoigne de remarquables mosaïques de la fin du 2e siècle après J.C. découvertes dans une ancienne villa romaine. Les fragments de mosaïques sont ornés de motifs géométriques, floraux et marins ainsi qu’une représentation du dieu du sommeil Hypnos.

Perast

La cité de Perast était une belle endormie avant l’arrivée massive des touristes. La ville est piétonnière et les parkings peu nombreux. Il faut donc un peu marcher pour découvrir les nombreuses églises et les palais aux façades baroques qui rappellent que Perast fut au 17e siècle un puissant port vénitien.

Deux îlots émergent de la baie de Perast. Entourée de cyprès, l’île Saint Georges est surnommé l’île des morts car elle abrite le vieux cimetière de Perast. L’île Notre-Dame-du-Rocher est accessible en bateau. C’est une île artificielle, sans un gramme de végétation, née après la découverte d’une icône de la Vierge échouée sur un récif.

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Kotor

Située au fond du golfe, la cité médiévale de Kotor est entourée de murailles. Je m’arme de patience pour atteindre le centre historique et trouver dans un parking une place pour garer ma voiture. La ville se découvre à pied en suivant le dédale des ruelles médiévales. Chaque placette dévoile des palais marqués par l’empreinte vénitienne de la Renaissance et celle du baroque autrichien. (voir mon reportage sur Kotor)

Prcanj

Le littoral de la rive nord de la presqu’île de Tivat est l’un des plus préservé des Bouches de Kotor. Très étroite, la route n’a probablement guère changé depuis des décennies. Elle longe de paisibles guest houses et quelques hôtels de charme. La route mène au village de Prcanj, ancienne cité maritime prospère au 18e siècle. Celle-ci a conservé une enfilade de belles demeures en pierre blanche et l’une des plus grandes églises de la côte adriatique.

 

Le littoral adriatique

Très découpée, la côte adriatique est un cordon de terre qui s’étend sur 300 km de long. Les falaises sauvages qui tombent à pic dans la mer alternent avec des petites criques rocheuses aménagées de pontons de béton avec des escaliers comme dans une piscine. A l’ouest, les plages sont de galets et de gravier et à l’est de sable fin. Couleur émeraude, l’eau est douce et chaude en cette fin d’été. Elle est bordée de forêts de pinèdes et d’oliviers dans lesquels se mêlent des cyprès et des figuiers.

 

Budva

Dotée de nombreux hôtels bétonnés et de plages surpeuplées, Budva est la principale ville balnéaire de la côte adriatique du Monténégro. La circulation y est saturée durant tout l’été. En face de la ville on aperçoit l’île Saint Nicolas.

Stari Grad Budva

Budva est aussi l’une des plus anciennes villes de la Méditerranée, occupée par les Illyriens, les Grecs et les Romains. Fortifiée par les Vénitiens, la vieille ville Stari Grad est entourée de remparts battus par les vagues sauvages de l’Adriatique. La principale porte d’entrée de la vieille ville se trouve près du port de plaisance où se trouve un parking.

Dévastée par un tremblement de terre au 17e siècle, Budva fut rebâtie puis encore entièrement détruite en 1979 par un nouveau tremblement de terre. Les maisons de pierre reconstruites reprennent le plan ancien de la ville avec ses places et ses églises animée de boutiques de souvenirs et de terrasses de café.

Musée archéologique de Budva (3)
Musée archéologique de Budva (1)
Musée archéologique de Budva (2)
Musée archéologique de Budva (4)

Je découvre le petit Musée archéologique de Budva qui présente des collections issues de chantiers de fouilles menées à Budva datant de plusieurs siècles avant J.C. jusqu’aux objets de la vie quotidienne au 19e siècle.

L’îlot de Stevi Stefan

Reliée au rivage par un banc de sable, la presqu’île de Stevi Stefan est l’un des spots photos les plus célèbres du Monténégro. Fortifié au 15e siècle, le village fut transformé en hôtel de luxe par le maréchal Tito dans les années cinquante. Interdite d’accès aux touristes, c’est désormais une coquille vide qui a perdu son âme.

Monastère Rezevici

Sur la route qui mène à Petrovac, le monastère Rezevici est accroché au sommet d’une falaise. C’est un secret bien gardé qui m’offre une escale hors du temps. Le sanctuaire est dominé par l’église de la Sainte-Trinité qui date du 19e siècle. Elle est entièrement couverte de fresques restaurées.

Monastère de Rezevici (4)
Monastère de Rezevici (8)
Monastère de Rezevici (11)
Monastère de Rezevici (5)

Près de la grande église, je découvre deux petits oratoires ornés de fresques anciennes probablement contemporaines de la fondation du site au 13e siècle.

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Monastère de Rezevici (12)
Monastère de Rezevici (2)

Petrovac

Blottie dans une anse superbe au creux des montagnes, la côte rocheuse de Petrovac est couverte de pinèdes.

Petrovac est aujourd’hui victime d’une urbanisation chaotique mais son petit port, ses terrasses de restaurants, sa plage et sa promenade en front de mer en font une halte agréable.

Bar

Entourée de collines couvertes d’oliviers centenaires, Bar est une des premières villes où les minarets dominent l’horizon et où le chant du muezzin rythme la journée.

La ville nouvelle de Bar a été créée à la fin du 19e siècle autour de la résidence d’été du prince Nikola Ier Petrovic-Njegos. La ville n’a rien d’une station balnéaire mais elle possède quelques plages de galets ombragées de pins maritimes.

 

Stari Bar

Isolée sur les hauteurs de l’arrière pays à 4km de la ville, Stari Bar, la vieille ville, fut occupée par les Byzantins et les Vénitiens. La cité est entourée de fortifications datant du 16e siècle. Abandonnée suite à la guerre contre les Ottomans, la ville dévastée par le tremblement de terre de 1979 n’est plus qu’un chant de ruines.

 

Ulcinj

En bord de mer et dotée d’une petite plage centrale, Ulcinj est la dernière ville du Monténégro avant d’arriver à la frontière albanaise. Avec ses boutiques aux airs de bazar, ses cafés animés, ses nombreuses mosquées et le chant des muezzins qui fait chaque soir l’appel à la prière, la cité offre une atmosphère typiquement orientale. Robuste citadelle dont les remparts s’avancent fièrement dans la mer, Stari Ulcinj, la ville médiévale, fut fondée au 5e siècle avant J.C. par les Grecs. Elle fut prise par les Turcs et se fit connaître pour sa réputation de ville de pirates.

 

Plage de Velika

A la frontière albanaise s’étend Velika Plaza, la plus belle plage du Monténégro. Sur 12 km, la plage couverte d’un sable gris très doux et très fin est facilement accessible. L’eau descend en pente très douce dans la mer. La plage est aménagée de chaises longues et de parasols avec des bars et restaurants. De quoi passer un bon moment au bord de l’eau.

 

Régions montagneuses

Si le littoral ensoleillé attire la majorité de touristes, c’est bien dans la montagne que se cache l’âme du Monténégro. Au Moyen-Age, les navigateurs vénitiens, apercevant les sombres forêts de pins courant sur les pentes des collines, baptisèrent le pays Monte Negro, le «mont noir», un nom qui fut traduit par les Monténégrins en «Crna Gora».

Véritable citadelle, le Monténégro est constitué de montagnes qui couvrent tout le pays à une altitude moyenne de 1000 mètres. Les paysages alternent les forêts et les sommets calcaires qui culminent au-delà de 2500 mètres. L’air est beaucoup plus frais que sur le littoral avec des précipitations abondantes et de la neige en hiver.

Les parcs nationaux

Paradis des randonneurs épris de nature, le Monténégro abrite plusieurs parcs nationaux dont les plus célèbres sont le Lac Skadar, le plus grand lac des Balkans, le Biogradska Gora, l’une des dernières forêts primaire d’Europe, le Massif du Durmitor qui alterne forêts profondes et hauts plateaux calcaires dénudés et le Mont Lovcen qui surplombe la Baie de Kotor.

Lac Skadar

En passant à Virpazar, sur la route vers Podgorica, on découvre le lac Skadar qui s’étend à cheval sur le Monténégro et l’Albanie. Evoquant un immense lac de montagne, il couvre environ 500 km2. Le lac Skadar se prolonge par des marécages qui s’insinuent entre les collines qui l’entourent. L’eau du lac couleur azur est bordée par les feuillages des plantes aquatiques qui colonisent le rivage, royaume des pélicans, cormorans et hérons.

Les routes de canyons

Les montagnes du Monténégro sont entaillées de plusieurs canyons creusés par les rivières de la Moraca, de Tara et de Piva qui offrent des paysages spectaculaires. Les routes qui longent ces célèbres canyons sont malheureusement souvent encombrées de voitures de touristes empêchant d’apprécier pleinement le paysage.

Au coeur de la montagne

J’ai choisi de rejoindre le parc national du Durmitor en bifurquant vers l’ouest un peu avant Kolasin. La route en bon état mais tortueuse serpente au coeur des montagnes. Elle se faufile par de nombreux tunnels creusés dans la roche et réserve des points de vue splendides sur les pics, les gorges et les pinèdes denses. On est seul au monde sans croiser le moindre village ou hameau pendant des heures.

Parc national du Durmitor

Inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, le Durmitor est le plus célèbre parc national du pays. Il se présente comme un vaste plateau calcaire d’altitude raboté par les glaciers et surmonté par près de cinquante sommets qui culminent à plus de 2000 mètres. Le parc abrite l’ours brun, le loup gris, le lynx boréal ainsi que l’aigle royal, le vautour fauve et le grand tétras.

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Montagnes du Montenegro (9)

Zabljak

Capitale des sports d’hiver au Monténégro, Zabljak est une des plus hautes villes des Balkans. Elle concentre de nombreux hôtels, restaurants, commerces et des chalets qui évoquent la Suisse. A la belle saison, c’est le point de départ idéal pour visiter le parc du Durmitor.

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Lac Noir Parc du Durmitor (2)

Lac Noir

Aux abords de Zabljak, un chemin plat et piétonnier au coeur d’une forêt de conifères odorants conduit au Lac Noir, Crno Jezero. Très profond, le lac offre au gré de l’humeur du ciel des reflets azur et turquoises dans lequel se reflète le pic de l’Ours. Il faut venir tôt le matin pour éviter la foule de touristes.

Monastère d’Ostrog

Sur la route du retour, venant de Niksic, un panneau m’indique la direction du monastère d’Ostrog. La route étroite et sinueuse à flanc de falaise est bordée de précipices vertigineux. Les voitures se croisent avec beaucoup de difficulté. Pour ceux qui sont sujet au vertige, mieux vaut s’abstenir.

Le monastère d’Ostrog est le principal lieu de pèlerinage du Monténégro. Les pèlerins et les touristes sont nombreux à approcher de ce lieu saint. Fondé au 17e siècle par saint Basile d’Ostrog, il est célèbre pour sa chapelle rupestre encastrée dans la falaise qui abrite les reliques du saint. De loin, sa blancheur qui contraste avec les teintes rouges de la roche offre une vision saisissante.

Plus bas, je visite à côté du premier parking l’église de la Sainte-Trinité richement ornée de fresques modernes sur des épisodes de la vie de saint Basile. Au retour, je prendrai une autre route beaucoup plus large qui descend doucement dans la plaine de Podgorica.

La route Serpentine

Reliant Cetinje à Kotor, la route Serpentine est l’une des plus belles routes du Monténégro. Elle longe le parc national du Lovcen qui culmine à 1750 mètres d’altitude et qui abrite le mausolée du prince-évêque Petar II Petrovic-Njegos, grand souverain et poète monténégrin.

La route Serpentine rejoint Kotor par d’innombrables lacets et virages en épingles à cheveux qui dévalent un dénivelé de près de mille mètres en quelques kilomètres, offrant à chaque tournant un panorama exceptionnel sur les Bouches de Kotor et l’Adriatique.

Un ferry vers Herceg Novi

Je termine mon circuit au Monténégro en rejoignant la presqu’île de Tivat pour prendre un ferry qui traverse un fin détroit et relie en dix minutes la côte d’Herceg Novi. Cela m’évite de refaire la grande boucle autour des Bouches de Kotor en économisant deux bonnes heures de route pour rejoindre Dubrovnik.

Carnet de route du Monténégro

  • Y aller: le Monténégro possède deux aéroports internationaux, Podgorica et Tivat. L’aéroport de Dubrovnik en Croatie se trouve à 20 km de la frontière mais en été il y a d’interminables files d’attente pour passer les deux postes de douane. https://tourisme-montenegro.com/
  • Climat: sur le littoral adriatique, le climat est méditerranéen tandis que dans les terres et les montagnes, le climat est continental, voire subalpin. L’idéal est de se rendre au Monténégro entre mai et octobre.
  • Se déplacer: si vous louez une voiture à Dubrovnick, il faut prévoir à la location une surtaxe pour passer la frontière du Monténégro. Les routes sont excellentes et les destinations très bien indiquées. Par contre, la circulation dans les principales villes touristiques est chaotique et il est très difficile de trouver un parking. A l’intérieur du pays, les petites routes qui serpentent dans la montagne sont toutes plus belles les unes que les autres. Mais comptez une moyenne de 40 km heure dans votre itinéraire.
  • Où loger: si vous aimez la bronzette, le Monténégro regorge d’hôtels sur le littoral. Pour mon circuit, j’ai réservé sur Booking.com des appart-hôtels. Ils sont bon marché et confortables, beaucoup plus grands qu’une chambre d’hôtel, avec un coin cuisine équipé et un beau balcon. Paiement sur place en cash ou par carte de crédit. Le seul casse-tête est de trouver l’adresse car on ne connaît généralement que leur nom et celui du village, sans autre précision.
  • D’autres infos: Visa pour passer la frontière, la devise est l’Euro, pas de décalage horaire, prises électriques européennes.

Rendez-vous dans la rubrique Voyages, Europe de l’Est, pour découvrir mes reportages sur Kotor, Dubrovnik, la Riviera de l’Istrie, les Villages perchés de l’Istrie, la Slovénie, Istanbul, la Tchéquie ou cliquez sur les liens.

 

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