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Après des années de purgatoire, les conifères retrouvent leur place dans le jardin. Leur succès tient au graphisme des silhouettes et à la densité de leur feuillage.

 

Conifères à tout faire

Alignés comme des soldats autour d’un terrain, les écrans de thuyas sont à présent interdits dans de nombreux lotissements. Et que dire des sapins géants isolés sur quelques mètres carrés de gazon devant les habitations? Totalement disproportionnés, ils assombrissent les fenêtres des façades et sont maudits chaque jour car ils gênent le passage. Pour apprécier les conifères, il faut bien les choisir et leur trouver la bonne place au jardin. Certaines variétés méritent d’être placées dans un endroit bien dégagé afin d’apprécier leur silhouette. D’autres constituent des écrans intéressants ou des fonds de massifs pour faire ressortir la floraison des arbustes.

conifère

Vous avez dit conifères?

Etymologiquement, conifère signifie «qui porte des cônes». Mais tous ne portent pas des cônes. Certains comme l’if ou le genévrier ont des fruits charnus, semblables à des baies ou à des drupes. Peut-on dire que ce sont des arbres toujours verts? D’abord ce ne sont pas tous des arbres, certains forment des petits buissons. Ensuite, quelques conifères comme le mélèze et le cyprès chauve perdent leur feuillage en automne. On pourrait parler de résineux, mais tous ne produisent pas de résine. Quant aux aiguilles, certains comme le gingko biloba en sont dépourvus. Ce sont les botanistes qui auront le dernier mot, regroupant tous ces végétaux dans la famille des Gymnospermes.

conifères Kalmthout
conifère
conifère
Pinus strobus Umbraculifera

Un décor permanent

Associant les feuillages verts, gris et dorés, le jardin de conifères joue sur les volumes et les textures. Le principal atout du conifère, c’est qu’il reste décoratif toute l’année, offrant au jardin une certaine densité et de la verdure en hiver. Les paysagistes déconseillent d’intégrer plus de 30% de conifères ou d’arbustes à feuillages persistant dans un jardin mais il est possible d’aller au-delà de cette proportion pour couvrir le sol, garnir un mur ou un talus.

conifère
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Au fil des saisons

Le feuillage se décline dans toutes les tonalités du vert, du bleu plus ou moins glauque ou argenté, du pourpre et du jaune doré. Selon les espèces, les aiguilles persistent sur l’arbuste trois ou cinq ans. Contrairement aux idées reçues, l’aspect du feuillage change au rythme des saisons, avec une nouvelle génération d’aiguilles souvent plus claire chaque printemps.

Conifère

De la couleur à petites doses

Les feuillages colorés doivent s’utiliser par petites touches car en abondance, ils donnent à la composition un aspect artificiel. Le conifère doré jaillira donc comme une tache claire, ressortant de préférence sur un fond vert foncé. On isolera plutôt le conifère bleu ou gris, surtout si son port le mérite. A proscrire dans tous les cas, le mélange de toutes les couleurs qui est du plus mauvais effet!

conifère

Que choisir en pépinière?

Renseignez-vous sur la taille adulte de la plante, car le sapin tout mignon dans son pot peut devenir un géant. Un cèdre bleu de l’Atlas, un pin noir d’Autriche ou un séquoia géant n’ont rien à faire dans un jardin de petite taille. Ils pourront dépasser vingt mètres de hauteur et même plus!

Cedrus atlantica Aurea
Picea mariana Doumetti
conifère
conifère

Un écran impénétrable

Sans tomber dans la monotonie d’un strict alignement, il est possible d’obtenir des écrans denses et impénétrables au regard en toute saisons en disposant les conifères de manière naturelle. Il suffit de regrouper en quinconce, à deux mètres de distance, quelques jeunes conifères que vous mélangerez à des arbustes à feuillage persistant, comme les houx, photinias ou lauriers cerise. Planté en bordure du terrain ou dans un angle du jardin, ce massif pourra servir de toile de fond à des buissons d’ornement au feuillage plus léger ou à un parterre de plantes vivaces.

Juniperus pfitzeriana King of Spring

Ramper au ras du sol

Si l’on devait créer un challenge des conifères rampants, le premier prix reviendrait sans conteste aux genévriers. Leur silhouette prostrée, presque couchée sur le sol, leur permet de couvrir parfaitement les talus et la terre sous les arbres. Méfiez-vous toutefois de certaines formes étalées comme le genévrier de Pfitzer, Juniperus ‘Pfitzeriana’. C’est un des meilleurs conifères verts à port horizontal mais avec le temps son feuillage peut couvrir une surface de dix mètres de circonférence.

Conifère

Dans une rocaille

D’autres conifères à croissance lente sont intéressants pour donner du relief aux rocailles, murets ou garnir les bacs sur la terrasse. Abies, cryptomeria ou pin des montagnes, le choix ne manque pas. Les familles des pins, genévriers, if, thuya ou épicea ont des petits frères nanifiés. Poussant très lentement, ils sont parfaitement adaptés aux petits jardins, aux rocailles ou en jardinières. (voir mon reportage sur les conifères nains)

conifère

Sur un tapis de bruyère

Qu’ils soient de type élancé ou semi-étalé, buissonnant ou rampant, en couvre-sol ou taillés en topiaire, les conifères donnent du caractère à la moindre scène de jardin. L’idéal est de les installer au pied de bouleau ou d’érable du Japon. L’association des conifères nains et des bruyères est toujours réussie, agrémentée de quelques touffes de petites graminées, d’euphorbes et d’hellébores pour leur floraison printanière.

Thuja orientalis Aurea Nana

En motte ou en conteneur

Cultivé en pot ou en conteneur, le conifère est facile à transporter et sa reprise dans la terre du jardin est assurée. Ceux cultivés en pleine terre et vendus en motte sont souvent moins chers. Les jeunes sujets reprennent mieux que les plantes âgées car ils émettent un système de racines plus vigoureux. Les périodes idéales pour planter un conifère sont l’automne et le printemps. En plein hiver, la reprise est plus difficile car le sol trop froid empêche la formation de nouvelles radicelles.

conifère

Une terre légère et bien drainée

La plupart des conifères apprécient un terrain léger et bien drainé. Leur nature les porte à s’installer plus volontiers en terrain légèrement acide et certains ont du mal à s’adapter aux sols calcaires. Si c’est le cas de votre terrain, faites un apport de terre de bruyère ou de tourbe blonde au moment de la plantation. Dans les sols secs, ce mélange conserve une humidité favorable. Il contribue au drainage des terres lourdes et compactes, assurant aux conifères une plus grande vigueur. Les genévriers et les ifs acceptent les terrains calcaire. En terrain très humide, essayez de planter en butte, en remblayant le terrain. Vous limiterez ainsi l’asphyxie des racines en hiver.

conifère

Une reprise assurée

Commencez par enlever le pot en plastique et immergez complètement la motte dans un seau pour bien l’imbiber et favoriser la reprise. Pendant ce temps, creusez un trou de plantation d’un volume triple que celui de la motte. Ameublissez le fond du trou à la fourche-bêche en rajoutant un peu de terreau, du compost ou un engrais organique et de la tourbe blonde.

Disposez la plante en plaçant le dessus de la motte au niveau du terrain. Si l’arbuste est entouré d’une toile, dénouez la tontine délicatement, mais elle peut rester dans le fond du trou. Rajoutez les trois quart de la terre de déblai et arrosez copieusement en réalisant une cuvette de terre autour de la plante. Refermez le trou avec le reste de terre et tassez le pied de la plante à la botte. Terminez en griffant la surface du trou pour éviter qu’une croûte sèche ne se forme.

conifère
conifère

Comment les tailler?

La taille n’est indispensable que dans les cas des haies ou des topiaires. Elle se pratique à la cisaille à main ou au taille-haie électrique. Les conifères ne bourgeonnent qu’une seule fois dans l’année, au printemps. Ils se taillent à la fin de l’hiver, avant le bourgeonnement des brindilles, ou à la fin du mois de juin à la fin de la pousse printanière. Ceux qui poussent très vite, comme les cyprès de Leyland, deviennent parfois envahissants et nécessitent de nombreuses séances de tailles. Par contre, les ifs mettent plus longtemps à atteindre une bonne hauteur mais ensuite ils se maintiennent plus facilement au niveau désiré. Pour éviter le dessèchement des branches taillées, il faut veiller à ce qu’il existe des ramifications latérales ou des brindilles vivantes servant de «tire-sève». On peut tailler les conifères pendant le reste de l’année si on respecte ce principe.

conifère

Le dépérissement des conifères

Fragilisés par la canicule, le gel ou une mauvaise exposition, les conifères peuvent être attaqués par des acariens et des champignons opportunistes. Les aiguilles jaunissent ou roussissent, provoquant à terme le dépérissement et la mort des conifères. Les petits conifères peuvent être traités par pulvérisation avec un produit fongicide, une solution à base de souffre ou une bouillie bordelaise. Il faut surtout soigner la plantation dans un sol bien drainé et enrichi d’engrais organiques et un traitement anti-chlorose pour lutter contre les carences en fer, magnésium et manganèse. Le dépérissement soudain, en quelques semaines à peine, d’un conifère adulte peut être du à une autre maladie qui s’attaque aux racines, le pourridié. La cause est parfois un sol trop acide ou la présence de souches d’arbres non arrachées qui constitue un foyer d’infection. Enfin, nos été caniculaires suivis d’hiver doux ont favorisé l’arrivée de petits insectes, les scolytes qui s’attaquent principalement aux épicéas. Ces coléoptères se nourrissent de bois et leurs larves boivent la sève des arbres qui sèchent sur pied et meurent desséchés. La seule solution est de couper et dessoucher les arbres touchés et de les évacuer. 

Pseudolarix amabilis
Cryptomeria japonica
Cedrus deodara
conifère

Comment reconnaître les conifères?

  • Abies: c’est le vrai nom du sapin. Il porte des cônes érigés et des aiguilles solitaires qui se détachent sans arracher de lambeau de rameau. La plus belle variété est le sapin de Nordmann, Abies nordmanniana. Sa forme est régulière et ses aiguilles vert foncé brillantes et très longues.
  • Picea: l’épicéa est l’arbre de Noël traditionnel. Il porte des cônes pendants et des aiguilles qui se détachent en arrachant un lambeau de rameau. Deux variétés sont intéressantes pour le jardin, l’épicéa de Serbie qui forme une pyramide élancée et l’épicea du Coloraco aux aiguilles bleu argenté.
  • Juniperus: portant des rameaux couverts d’écailles ou de fins aiguillons, les genévriers ont une silhouette dressée ou largement étalée. Ils sont utilisés dans les rocailles ou sur les talus.
  • Pinus: les pins ont de longues aiguilles regroupées par deux, trois ou cinq. Certains, comme le pin noir d’Autrice, Pinus nigra ‘Austriaca’, ont un port conique quand ils sont jeunes pour ensuite former un paraol.
  • Taxus: les ifs sont des conifères à la croissance lente. L’if commun Taxus baccata, porte de petites feuilles vert sombre et des fruits rouges. Il forme une haie dense, facile à tailler.
  • Cedrus: les cèdres se couvrent d’aiguilles piquantes, isolées sur des pousses ou regroupées en rosette. Le cèdre bleu, Cedrus atlantica ‘Glauca’, devient un très grand arbre. Gracieux, le cèdre de l’Himalaya présente un port légèrement pleureur.
  • Chamaecyparis: avec leur port dressé, ils ont un air de faux cyprès. On les distingue des thuyas grâce à leur flèche retombante. De nombreuses variétés méritent d’être plantées en isolé.
  • Thuya: les thuyas pointent une flèche dressée. Ils portent des ramilles aplaties et des feuilles en écailles.

Bien choisir ses conifères

Taxus baccata Repandens

Conifères couvre-sol:

  • Juniperus horizontalis ‘Plumosa’, (h. 50cm) Ce genévrier à port étalé se couvre de feuilles plumeuses gris vert devenant pourpre en hiver.
  • Juniperus squamata ‘Blue Carpet’ (h. 30cm). Ce genévrier nous offre un joli feuillage bleu acier. Ses branches prostrées couvrent le sol sur 1m2. Son cousin ‘Blue Star’ est un peu plus touffu, formant un buisson de forme conique.
  • Taxus baccata ‘Repandens’ (h. 50cm) Ses longues branches s’étendent largement, se couvrant d’un feuillage vert sombre brillant.
  • Juniperus sabina ‘Tamariscifolia’ (h. 50cm) Très séduisant avec ses branches étalées qui se recouvrent les unes les autres avec l’âge. A placer sur un talus ou contre un mur.

conifère

Conifères pour patio:

  • Abies lasiocarpa ‘Compacta’ (h. 2m) Un sapin bleu à la végétation lente, compacte et conique. Le feuillage gris verdâtre est particulièrement joli au moment de la pousse printanière.
  • Chamaecyparis lawsoniana ‘Minima Glauca’ (h.1,5m) Il forme un buisson arrondi au feuillage vert bien dense, sans la moindre taille. Croissance très lente.
  • Chamaecyparis obtusa ‘Nana Gracilis’ (h. 1,5m) Un des plus beaux conifères nains à la forme typique en forme de coquille. Feuillage d’un beau vert foncé luisant.
  • Chamaecyparis pisifera ‘Boulevard’ (h. 2m) Végétation lente qui développe une forme compacte, large et pyramidale. Le feuillage bleu acier en été se colore de bleu violet en hiver.
  • Cryptomeria japonica ‘Globosa Nana’ (h. 1,50m) L’arbuste forme une boule compacte aplatie aux rameaux hérissés. Le feuillage est vert clair en été, glauque en hiver.
  • Thuja occidentalis ‘Rheingold’ (h.1,5m) Joli conifère nain au port conique et compact. Très populaire pour son fin feuillage jaune cuivre en hiver, jaune or en été.
Conifère isolé
Cedrus deodara

Conifères en isolé:

  • Abies koreana (h. 10m) Les aiguilles du sapin de Corée sont brillantes et blanches en-dessous. Dès son jeune âge, il porte des cônes violacés d’un effet étonnant.
  • Cedus atlantica ‘Glauca Pendula’ (h. 5m) C’est la version pleureur du cèdre de l’Atlas. Ses branches s’étendent et retombent comme une draperie.
  • Cedus deodara (h. 20m) Le cèdre de l’Himalaya porte des branches à l’extrémité retombante, ce qui lui donne un port pleureur. Le feuillage est vert glauque.
  • Picea pungens ‘Koster’ (h. 10m) Epicéa du Colorado, l’épicéa bleu le plus connu et le plus répandu.
  • Picea omorika (h. 20m) Epicéa de Serbie, peu exigeant au niveau du sol, il offre un port pyramidal étroit très élégant.
  • Pinus strobus (h. 25m) Le pin de Weymouth pousse rapidement et forme avec l’âge une silhouette en parasol.

Juniperus Pfitzeriana

Conifères en écran:

  • Juniperus ‘Pfitzeriana’ (h. 2m) Genévrier à la végétation très vigoureuse et aux rameaux obliques. Peut atteindre 5 mètres de largeur.
  • Chamaecyparis lawsoniana ‘Ellwoodii’ (h. 3m) Port conique, dense et compact, feuillage bleu acier, de végétation lente.
  • Chamaecyparis lawsoniana ‘Stardust’ (h. 2m) Port très érigé et compact à feuillage jaune souffre. Croissance modérée.
  • Thuja occidentalis ‘Brabant’ (h. 4 m) Croissance pyramidale au feuillage vert clair au printemps, plus sombre en été et bronze en hiver. Croissance rapide et facile à tailler.
  • Taxus baccata (h. 10m) L’if est l’un des conifères les plus utiles dans le jardin. On l’utilise en forme libre pour former un écran ou taillé en haie ou en topiaire.
  • Cupressocyparis x leylandii (h. 25m) Cyprès de Leyland, un classique pour constituer des rideaux et écrans. Sa croissance est très rapide et il supporte parfaitement les tailles, même sévères.

 

Voir mon reportage sur les conifères nains et sur le Pin de Wollemi dans la rubrique Végétaux, Arbres et arbustes et sur l‘Arboretum de Kalmthout dans la rubrique Jardins, Belgique, ou cliquez sur les liens.

 

 

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