Le Musée Egyptien du Caire, Place Tahrir  garde une place majeure dans l’histoire de l’égyptologie mondiale.

 

Musée de la Place Tahrir

Véritable joyau pour les passionnés d’histoire et d’archéologie, le Musée Egyptien du Caire est installé depuis un siècle sur la place Tahrir. Depuis l’ouverture du nouveau musée pharaonique GEM à Gizeh, il y a beaucoup moins de visiteurs Place Tahrir. Le musée a été dépoussiéré, certaines vitrines sont vides, mais on y admire encore des statues colossales, des sarcophages, des masques mortuaires, des momies, des peintures, des amulettes et des bijoux. L’âme de l’Egypte ancienne est toujours dans ce musée teinté d’une délicieuse nostalgie.

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Découvert dans le temple d’Amenhotep III à Thèbes par Auguste Mariette en 1839, cette statue en calcaire est la plus grande pièce du Musée Egyptien du Caire. Le pharaon Amenhotep III, est assis sur son trône, la reine Tiy à ses côtés et leurs filles représentées à une échelle plus réduite. Le roi est coiffé du némès traditionnel et la reine arbore une imposante perruque. 

Groupe colossal d’Amenhotep III, 18e Dynastie, Nouvel Empire.

Le transfert d’une partie des artefacts du musée vers le GEM est compensé par la mise à jour de milliers d’objets qui s’entassaient dans les caves, les débarras et les combles du musée de la Place Tahrir. Si le Trésor de Toutankhamon n’est plus exposé, le Musée Egyptien du Caire rassemble de très belles pièces de la période prédynastique jusqu’à l’époque gréco-romaine. 

Statue en granit rouge du sphinx de la reine Hatchepsout devenue Pharaon, 18e Dynastie, Nouvel-Empire.

L’époque amarnienne est bien représentée avec de magnifiques bustes du Pharaon Akhenaton. Le pharaon Amenhotep IV qui se fera appelé Akhenaton a remplacé l’ancienne religion par le culte d’un dieu unique, le disque solaire Aton et il a transfèré sa capitale de Thèbes à Tell el-Amarna. Après sa mort, son fils Toutankhamon restaurera le culte d’Amon.

Buste en grès d’Amenhotep IV/Akhenaton, 18e Dynastie, Nouvel-Empire.

Dans le Musée Egyptien du Caire, on admire aussi de très belles pièces de la nécropole royale découverte à Tanis en 1940 avec le masque funéraire en or et le sarcophage en argent massif du roi Psousennès Ier. Cette nécropole est la plus importante découverte des tombes royales intactes après celle de Toutankhamon.

Masque funéraire du roi Psousennès Ier, 21e Dynastie, Troisième période intermédiaire.

Ce masque funéraire du roi Psousennès Ier, en or, lapis-lazuli et pâte de verre est un chef d’oeuvre du Musée égyptien du Caire et l’un des plus beaux artefacts issus des fouilles de Tanis. Le roi dont les traits sont idéalisés est coiffé du némès orné d’un uraeus, le cobra sacré protecteur de la royauté.

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L’histoire du Musée

En 1829, Jean-François Champollion conseille au Khédive Mohammed Ali de créer un endroit pour rassembler et conserver les objets découverts lors des fouilles archéologiques en Egypte. C’est en 1835 qu’est installé un premier musée égyptien des antiquités au Caire dans un bâtiment proche du jardin El-Ezbekia. En 1858, le vice-roi Saïd Pacha nomme l’égyptologue français Auguste Mariette directeur d’un nouveau musée situé dans le quartier de Boulaq, au Caire. Après un transfert des collections à Gizeh dans le palais royal d’Ismaïl Pacha qui s’avère vite trop petit, un nouveau musée égyptien est construit dans le centre-ville sur la place Ismaïlia, aujourd’hui place Tahrir.

L’édification du Musée égyptien du Caire, place Tahrir, a débuté en 1897 sur les plans de l’architecte français Marcel Dourgnon. L’imposant bâtiment de style néo-classique est inauguré en 1902. La direction scientifique et la mise en place des collections est confiée à Gaston Maspero. Les collections sont réparties dans une centaine de galeries s’étalant sur une superficie de plus de 10.000 mètres carrés sur deux étages.

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Reine Nofret épouse de Sésostris II, 12e Dynastie, Moyen-Empire (2)
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Fille du dieu solaire Ré, la déesse Sekhmetest est représentée par une femme à tête de lionne portant l’uraeus au sommet du front et le disque solaire. Cette déesse guerrière personnifie la puissance aveuglante et destructrice du soleil. Elle était celle qui conseillait et guidait les pharaons au combat.

Déesse Sekhmet, Nouvel-Empire.

 

Les vases canopes sont attestés dès la fin de la 4e Dynastie. Déposés près du sarcophage, ces vases contiennent les viscères, foie, estomac, intestins et poumons du défunt. Ils sont destinés à garantir dans l’au-delà l’intégrité de son corps momifié.

Vases canopes

Ancien Empire, de la 3e à la 6e Dynastie, 2686-2181 av. J.C.

Le Pharaon Djoser a fait construire à Saqqara la première pyramide de l’histoire égyptienne. Cette pyramide à degrés sera suivie par les pyramides à face lisse de Meïdoum, Dahchour et les trois pyramides de Khéops, Khéphren et Mykérinos à Gizeh.

Statue en calcaire du roi Djoser et à l’arrière, panneau de carreaux de calcaire et faïence bleue trouvée dans la pyramide à degrés de Saqqara, 3e Dynastie, Ancien-Empire.

Moyen-Empire, de la 11 à la 13e Dynastie, 2055 à 1650 av. J.C.

La reine Nofret, épouse de Sésostris II, est assise sur un trône. Elle porte une robe fourreau, un pectoral et une lourde perruque de style «Hathor» orné d’un uraeus. 

Statue en granodiorite de la reine Nofret découverte à San el-Hagar, 12e Dynastie, Moyen-Empire.

Ce pyramidion en basalte de la pyramide d’Amenemhat III est orné d’un disque solaire ailé flanqué de deux uraeus et de deux yeux, au dessus d’une inscription hiéroglyphique célébrant le dieu soleil Tâ.

Pyramidion en basalte de la pyramide d’Amenemhat III, découvert à Dahchour, 12e Dynastie, Moyen-Empire.

Cette statue du Ka du roi Hor en bois, feuilles d’or et pierres semi-précieuses a été découverte à Dahchour. Le Ka est un double spirituel du défunt. Il est représenté avec deux bras levés qu’il porte sur la tête. Cette énergie vitale survit dans la tombe après la mort grâce au culte funéraire.

Statue du Ka du roi Hor, 13e Dynastie, Moyen-Empire.

Nouvel Empire, de la 18e à la 20e Dynastie, 1550 à 1069 av. J.C.

Fille de pharaon, Hatchepsout est représentée ici sous la forme d’un sphinx. Elle connue pour être la première femme dont l’histoire ait gardé le nom. Dans son grandiose temple funéraire à Deir el-Bahari, elle propage le mythe de sa naissance divine. A Karnak, elle fait ériger deux obélisques dont un est toujours debout. C’est le plus grand obélisque jamais érigé.

Statue en granit rouge du sphinx de la reine Hatchepsout devenue Pharaon, 18e Dynastie, Nouvel-Empire.

Ce magnifique masque funéraire en cartonnage doré découvert dans la Vallée des Rois à Thèbes représente Yuya, père de la reine Tiy et arrière-grand-père de Toutankhamon. Ses sourcils et ses yeux sont incrustés de verre bleu, de marbre et d’obsidienne. Il porte un col ouvragé sous sa perruque composé de onze rangs de perles dorées et orné de pendentifs en forme de larme.

Masque funéraire de Yuya règne d’Amenhotep III,18e Dynastie, Nouvel Empire.

Ce masque en plâtre, lin et stuc, orné de feuilles d’or, pâte de verre et albâtre de Tuya, l’épouse de Yuya, fut découvert dans la Vallée des Rois à Thèbes. Ces masques accompagnés d’un très riche mobilier funéraire ont été découvert en 1905 dans la tombe intacte KV 46 de la Vallée des Rois à Thèbes, 16 ans avant la découverte du tombeau de Toutankhamon.

Masque funéraire de Tuya l’épouse de Yuya, règne d’Amenhotep III, 18e Dynastie, Nouvel Empire.

Le scribe royal fait partie de la cour du Pharaon. Maître de l’écrit et du savoir, le scribe jouit d’une position privilégiée au sein d’une société qui est en majorité analphabète.

Scribe d’Amenhotep III, statue en granit découverte à Karnak, 18e Dynastie, Nouvel Empire

Le style amarnien a révolutionné les canons artistiques classiques de l’Egypte antique. Caractérisé par un réalisme exacerbé, le style amarnien se développe sous le règne d’Akhenaton dans la nouvelle capitale Tell el-Amarna. Le visage du roi est long et fin, avec des yeux fendus et de grandes lèvres pleines. Son étrange silhouette un peu androgyne est disproportionnée.

Colosse d’Amenhotep IV, pharaon Akhenaton avec la Double Couronne, statue en grès découverte à Karnak, 18e Dynastie,

La tête en quartzite d’une Princesse, fille du pharaon Akhénaton et de son épouse Néfertiti, découverte à Tell el-Amarna, présente un crâne allongé typique de l’art armanien. C’est un buste magnifique qui fait penser à celui de Néfertiti conservé au Musée de Berlin.

Tête en quartzite d’une Princesse d’Amarna, 18e Dynastie,Nouvel-Empire.

Ce fragment de pavement en plâtre représentant des canards dans un marais à Papyrus a été découvert à Tell el-Amarna. Proche d’un naturalisme, l’art armanien est un monde où abondent les plantes, les fleurs ainsi que les oiseaux.

Fragment de pavement, 18e Dynastie, Nouvel-Empire.

Ramsès II est l’un des pharaons les plus extraordinaires de l’Egypte antique. De nombreuses statues et monuments édifiés par un pharaon ont été réutilisés par leurs successeurs qui gravent leur cartouche, affirmant ainsi leur propriété, peu importe qu’il en fussent ou non l’édificateur.

Colosse de Ramsès II réutilisé par son fils et successeur Merneptah, 19e Dynastie, Nouvel-Empire.

Parfois appelée «Stèle d’Israël», cette stèle haute de 3,18 mètres de haut a été découverte à Thèbes par Flinders Petrie en 1896 au coeur du temple funéraire érigé en l’honneur du pharaon Mérenptah. Elle contient la première et la seule mention écrite du mot ‘Israël’ dans un écrit de l’Egypte Antique. Le texte glorifie les victoires de Mérenptah et ses expéditions punitives en Pays de Canaan. Israël est ainsi nommé en toute fin de récit: «Israël est dévasté, il n’a plus de descendance».

Stèle de Mérenptah, granit noir, 19e Dynastie, Nouvel-Empire.

Troisième Période Intermédiaire, de la 21e à la 25e Dynastie, 1069 à 747 av. J.C.

Ce collier en or a été découvert dans la nécropole du roi Psousennès Ier à Tanis, A Tanis, résidence royale du Delta du Nil, une nouvelle dynastie est fondée, partageant le pouvoir avec les grands prêtres de Thèbes.

 

Ce sarcophage en argent massif du Pharaon Psousennès a été découvert dans la nécropole de Tanis. Le pharaon est présenté les bras croisés sur sa poitrine, tenant un fléau et un sceptre. Il a un uraeus en or massif sur son front pour le protéger. Son visage est décoré d’une bande d’or traversant le front. L’argent avait alors une valeur plus élevée que l’or car il devait être importé d’Asie occidentale.

Sarcophage en argent massif du roi Psousennès Ier, Tanis, 21e Dynastie, Troisième période intermédiaire.

Epoque Tardive, de la 26e à la 30e Dynastie, 747 à 332 av. J.C.

Malgré les guerres incessantes, la Période tardive est marquée par la prospérité et le développement culturel. Les sarcophages momiformes ou rectangulaires en pierre connaissent un nouvel essor. Le défunt est ici représenté avec une perruque tripartite et une barbe postiche, le corps couvert d’inscriptions hiéroglyphiques.

Sarcophage en pierre dure, 26e Dynastie, Epoque tardive.

Période gréco-romaine, 332 av. J.C. à 640 de notre ère.

Durant la Période Gréco-Romaine. la momification des défunts n’est plus réservée aux familles royales et aux dignitaires. Les techniques plus rapides perdent en qualité. Le masque en cartonnage, stuc doré ou en plâtre peint reproduit les traits du visage du défunt. On observe une fusion de l’art classique et égyptien, avec un style plus grossier, voire caricatural.

Masque funéraire, époque Gréco-Romaine.

Masque funéraire, époque Gréco-Romaine.

Musée Egyptien du Caire,, Egyptian Museum Cairo, EMC, place Tahrir, Le Caire, https://egyptianmuseumcairo.eg/

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