Bienvenue dans le siècle d’or et les trésors de Ramsès II, le plus grand des rois de l’Egypte pharaonique, il y a 3.000 ans.
Le roi des rois
Ramsès II est l’un des pharaons les plus extraordinaire de l’histoire de l’Egypte antique. Un siècle avant lui, Akhénaton avait déstabilisé le monde égyptien. Son grand-père Ramsès Ier qui a ouvert l’Epoque Ramesside (19e et 20e dynastie) n’était que le vizir d’un pharaon. Son père Séthi Ier qui régna onze ans nous a laissé l’une des plus belles tombes décorées de la Vallée des Rois. Lorsqu’il monte sur le trône, Ramsès II est un jeune homme. Ramsès II va régner pendant près de soixante-sept ans, de 1279 à 1213 avant J.-C.

Statue en granit rouge et grise de Ramsès II avec la double couronne de Haute et Basse Egypte, 19e dynastie
Instaurant une longue période de paix et de prospérité, Ramsès le Grand va faire de son histoire une légende. Essentiellement pacifique, le règne de Ramsès II permet au souverain de laisser libre cours à ses ambitions architecturales. Il couvre l’Egypte et la Nubie de monuments d’un gigantisme et d’une élégance inégalés. La vie du pharaon devient un mythe, écrit sur les murs des temples et des colosses dont il parsème l’Egypte, à Louxor, Abydos, Heliopolis ou Memphis. Dans la résidence et capitale Pi-Ramsès (Qantir) qu’il s’était choisie dans le delta, il bâtit une ville nouvelle et idéale. A Abu-Simbel, Ramsès II érige le temple le plus emblématique de l’Egypte antique. (voir mon reportage sur les temples d’Egypte de Louxor à Assouan)

Colosse de Ramsès II devant le temple d’Abou Simbel
Le nom de Ramsès II figure sur un plus grand nombre de bâtiments et de monuments que celui de tout autre pharaon. Passé maître dans l’art de la propagande, Ramsès II a gravé son cartouche sur de nombreux monuments édifiés par ses prédécesseurs, affirmant ainsi sa propriété sur les temples et les statues, peu importe qu’il en fût ou non l’édificateur. Cette statue a été trouvée à Memphis. Ramsès II s’est approprié une statue d’un souverain du Moyen Empire et il a fait re-sculpter les traits du visage pour qu’elle lui ressemble. Le roi porte la couronne blanche de Haute-Egypte. Il a une fausse barbe attachée à son menton par un turban.

Tête de colosse de Ramses II en granit rouge, Nouvel Empire, 19e dynastie
Le temple de Louxor fut largement agrandi et embelli à son image par Ramsès II. L’entrée du temple est précédée des colosses du pharaon et de l’obélisque dont le jumeau est dressé sur la Place de la Concorde à Paris. Les inscriptions célèbrent la gloire de Ramsès II.

Pylône de Ramsès II servant d’entrée monumentale au temple d’Amon de Louxor

Colosse de Ramsès II dans le Temple de Louxor
Dans la statue ci-dessous, Ramsès II tient fermement dans ses mains serrées des Mekes, sorte d’étuis cylindriques pouvant contenir des rouleaux de papyrus. Le Mekes devient un attribut traditionnel royal sous Ramsès II. Il est censé contenir un décret divin qui fait du pharaon l’héritier de Geb, le dieu de la Terre.

Colosse en pierre calcaire de Ramsès II, Nouvel Empire, 19e dynastie
Le pharaon divin
Médiateur des divinités, Ramsès II est considéré comme étant lui-même divin. Il est vénéré par son peuple comme une manifestation du dieu faucon Horus, le fils du dieu de l’au-delà, Osiris. Il est le protégé aimé du dieu Amon-Ré source de vie dans le ciel, sur la Terre et dans l’au-delà. Il est le garant du Maât, une force qui personnifie l’équilibre et l’ordre du monde face au chaos. Sur cette statue trouvée à Karnak, le pharaon agenouillé présente un rébus, un groupe de figurines qui, lorsqu’elles sont lues à haute voix, forment son nom. Les statuettes représentant Amon Ré-Horakhty et un enfant se lisent ainsi: «Ramsès aimé d’Amon».

Statue en schiste de Ramsès II agenouillé faisant offrande, Nouvel Empire, 19e dynastie
Les hiéroglyphes de la stèle ci-dessous indiquent «Ramsès, le bien-aimé d’Amon, dans son bateau». Les prêtres au crâne rasé et vêtus de longues jupes plissées portent sur leurs épaules la barque du déifié Ramsès II. La chapelle au centre aurait contenu un statue du roi déifié. Le registre inférieur présente des femmes qui jouent un instrument de musique. Un vautour avec un anneau shen dans les serres de chaque patte déploie ses ailes, couvrant toute la scène.

Stèle en pierre calcaire illustrant des prêtres transportant la barque de Ramsès II, Nouvel Empire, 19e dynastie
Ramsès fut souvent représenté au pied d’un dieu dans ses sanctuaires. Il fit réaliser des statues de dieux qui portaient les attributs d’un pharaon. Sous couvert de vénérer le dieu, c’est en définitive à lui que l’on paraissait dès lors rendre un culte.

Statue en pierre calcaire de Ramsès II en sphinx faisant offrande d’une vasque à tête de bélier, Nouvel Empire, 19e dynastie
La puissance absolue et la dévotion religieuse du roi sont matérialisées par ce sphinx, mi-homme mi-lion. Le lion, symbole de puissance physique, est étroitement lié à la royauté. Sur cette statue, Ramsès offre une vasque d’eau sacrée à Amon-Ré, roi des dieux. Ce sphinx assurait la garde dans le grand temple d’Amon-Ré à Karnak.

Statue en schiste de Ramsès II se prosternant, Nouvel Empire, 19e dynastie
Seuls le roi et ses grands prêtres sont admis dans les sanctuaires pour faire des offrandes aux dieux. Durant les fêtes, les prêtres accompagnent les dieux hors des autels sacrés pour qu’ils puissent participer aux rituels et aux processions, ou voyager le long des rives du Nil, la seule voie reliant les villes et villages d’Egypte.

Aiguière en or pour offrandes liquides, dédiée par Ahmosis
Le cartouche royal situé au centre de la stèle ci-dessous représente Ramsès II. A droite se trouve le dieu Anubis à tête de chacal, le dieu de l’embaumement. A gauche, Osisis ou le roi lui-même qui a été assimilé par le dieu. Au centre se dresse une figure féminine surmontée du disque solaire cornu, la Grande Isis, mère du dieu. Comme tout le peuple égyptien, Ramsès II espérait rencontrer Osiris dans l’au-delà.

Relief en pierre calcaire, or et pigments représentant Anubis, Osiris et Isis, Nouvel Empire, 19e dynastie
Khâemouaset, fils de Ramsès II et de sa seconde femme Isis-Néféret et prince héritier, est grand prêtre de Ptah. Sur la statue ci-dessous, il présente le reliquaire du dieu Ptah qui était vénéré comme un dieu créateur. S’il avait survécu à Ramsès, il serait devenu pharaon. Célébré pour sa sagesse et pour avoir restauré les pyramides et les temples de l’Ancien Empire, Khâemouaset est encore vénéré longtemps après sa mort.

Statue en quartzite de Khâemouaset tenant un naos avec une image du dieu Ptah, Nouvel Empire, 19e dynastie

Statue cube en granodiorite du vizir Paser tenant des emblèmes des dieux de Thèbes, Nouvel Empire, 19e dynastie
Le roi guerrier
Ramses II participa à plusieurs campagnes militaires en Syrie et en Palestine à la fois en tant que prince et comme roi. Sa plus célèbre bataille est celle de Qadesh où il repousse l’armée Hittite, soit près de 18.000 hommes et 2.500 chars. Cette bataille est racontée et figurée de manière répétée par Ramsès II sur les murs des temples d’Abou Simbel, de Louxor, de Karnak et d’Abydos ainsi que sur ceux du Ramesseum. Le bloc ci-dessous a été découvert dans le palais de son fils Mérenptah à Memphis. Il représente Ramsès II, hache à la main, s’apprêtant à terrasser trois des ennemis de l’Egypte: un Nubien à la peau sombre un Syrien au centre avec sa barbe pointue et un Lybien avec des poils sur le visage. Le contraste entre la taille de Ramsès et celle des prisonniers met l’accent sur son statut de pharaon ainsi que sur sa puissance et sa domination sur les captifs étrangers.

Bloc de pierre calcaire peint représentant Ramsès II massacrant ses ennemis, Nouvel Empire, 19e dynastie
Le Général Iwrkhy était le commandant de l’armée, originaire d’une famille syrienne. Il avait servi sous les ordres du père de Ramsès, Séthi Ier, avant d’être promu par Ramsès. La scène montre le général traversant un canal infesté de crocodiles.

Bloc de pierre calcaire peint provenant du tombeau du Général de l’armée Iwriky, Nouvel Empire, 19e dynastie
Les Egyptiens adoptent et perfectionnent l’arc d’Asie occidentale, fait de bois, d’ivoire et de corne, donnant ainsi à leurs flèches une puissance de frappe mortelle.

Partie d’un arc en bois, écorce et ivoire, Nouvel Empire
Découverte dans la Vallée des Rois, cette pierre peinte représente le roi Ramsès IV dans un char tiré par des chevaux sur un champ de bataille, frappant ses ennemis. Au 17e siècle av. J.-C ., les Hyksôs présentés comme des envahisseurs venus du nord-est auraient introduit en Egypte les chars tirés par des chevaux.

Ostracon en pierre calcaire et encre illustrant Ramsès IV sur un char
Indispensable dans la vie comme dans la mort, le général Oundjebaouendjed est enseveli dans le complexe funéraire de Psousennès afin de continuer de le servir pour l’éternité. Ce masque en or est un excellent exemple d’un travail orfèvre. Il a été élaboré à partir de tôles minces en or avec des incrustations de verre dans les yeux et les sourcils.

Masque funéraire en or, albâtre et verre du général Oundjebaouendjed, Troisième période intermédiaire, 21e dynastie
La paix et la prospérité
La plus grande prouesse du règne de Ramsès II est d’avoir garanti à l’Egypte un demi-siècle de paix et de prospérité. La paix instaurée entre les Egyptiens et les Hittites fixe de nouvelles frontières stables. Elle donne naissance à une nouvelle ère de rayonnement, faisant renouer l’Egypte avec l’âge d’or. Cette statue iconique de Ramsès II est un portrait officiel représentant une image idéalisée du jeune pharaon. Il est représenté avec un visage juvénile, des joues pleines, les yeux allongés en amande et une petite bouche arborant un léger sourire. Il porte sur sa perruque à boucles le diadème royal paré du cobra Uraeus représentant la déesse protectrice Ouadjet. Il tient en main le sceptre Héqa, symbole de sa puissance royale.

Statue en granodiorité de Ramsès II tenant le sceptre héqa, Nouvel Empire, 19e dynastie
Ramsès II vénère sa mère, Touya, qui se tient à ses côtés sur la façade du temple d’Abou Simbel. Cette statue a été réalisée 500 ans plus tôt, re-sculptée et renommée en l’honneur de Touya. Un temple lui est consacré au Ramesseum. Ramsès lui fait construire un impressionnant tombeau dans la Vallée des Reines.

Statue en granodiorite de la reine Mouttouya, Nouvel Empire, 19e dynastie
Néfertari est l’épouse préférée de Ramsès II. Les artefacts provenant des tombeaux royaux de Dahchour donnent un aperçu de la vie des femmes du palais. Appartenant à des princesses du Moyen Empire ayant vécu 500 ans avant Ramsès II, ils sont très semblables à ceux qui appartiendront à sa mère, à ses épouses et à ses filles. Dans l’Egypte ancienne, les miroirs étaient associés à l’éclat du soleil. La représentation d’Hator conférait l’utilisateur du miroir beauté et bonheur.

Miroir de la princesse Sath-Hathor-Iounet en argent, or, obsidienne et lapis-lazuli, Moyen Empire, 12e dynastie
Trouvé à Tanis, le collier est composé de sept rangs de milliers de disques en or très fins. Ce type de collier porté par le pharaon était un signe de faveur divine. Il pouvait également être offert par le pharaon aux hauts fonctionnaires qui s’étaient distingués à son service.

Colliers, bracelet, plat et amulette en or de Psousennès Ier, Troisième Période intermédiaire, 21e dynastie
Tombeau de Sennedjem
La construction du tombeau du roi commence dès que ce dernier est couronné et les artistes y travaillent jusqu’à sa mort. Les artisans les plus chevronnés, les «Serviteurs de la Place de la Vérité» vivent à proximité dans leur village de Deir el-Medina. (voir mon reportage sur la nécropole de Deir el-Medina)

Cercueil externe de Sennedjem et son couvercle sur un traîneau en bois, Nouvel Empire, 19e dynastie
Le tombeau de Sennedjem est un des plus spectaculaires tombeaux d’Egypte. Il fut découvert en 1886 dans la nécropole de Deir el-Medina, au sud du village des artisans. Sennedjem était un artisan qui a travaillé dans la Vallée des Rois sur les tombeaux de Ramsès II et de son père Séthi Ier. Pour le décor de son propre tombeau et de son cercueil en bois, pigments et plâtre, il a confié la tâche à ses collègues les plus talentueux. Le sarcophage externe de Sennedjem, avec son couvercle incliné et sa corniche, présente la forme d’un autel per-wer, l’autel traditionnel du roi de Haute-Egypte à El Kab. Il est magnifiquement décoré dans les couleurs noirs, bleues et rouge vif sur fond jaune de textes et de scènes du Livre des Morts.




Sur les petits côtés du sarcophage, les déesses protectrices occupent la totalité des panneaux. A la tête, les déesses Serket et Neith à la tête et Isis et Nephtys, au pied, dressées debout, tournées vers l’extérieur.

Cercueil externe de Sennedjem, Nouvel Empire, 19e dynastie
Les peintures des deux faces latérales racontent le périple de l’artiste dans le Royaume des Morts. Sennedjem et sa femme sont assis sur des chaises, Anubis s’incline devant la momie. Il y aussi des formules extraites des textes funéraires égyptiens et des vignettes, incantations et illustrations aux pouvoirs magiques.




Les trésors des tombeaux
Les pharaons du Nouvel Empire (18e, 19e et 21e dynastie) sont inhumés dans la Vallée des Rois, sur la rive du Nil opposée à celle de la ville de Thèbes. Les architectes croyaient sans doute que les tombeaux profondément enterrés dans la roche et le caractère isolé des lieux en bordure du désert offraient une protection contre les pilleurs et les voleurs. Au terme du règne le plus long de l’Egypte antique, Ramsès II s’éteint. Enterré dans la Vallée des Rois, il peut enfin gagner l’éternité. Pillé aux alentours de 1150 av. J.-C., le tombeau de Ramsès II (KV7) est entièrement vidé de son contenu par des voleurs. Les fresques des murs, des plafonds et des sols du tombeau ont été endommagés par de fortes inondations. Les fresques murales des tombeaux de Séthi Ier ou de Ramsès III donnent un aperçu de la splendeur d’un tombeau pharaonique. (voir mon reportage sur la Vallée des Rois à Louxor)

Tombeau de Ramsès III (KV11) dans la Vallée des Rois, 20e dynastie
Le tombeau d’un pharaon est rempli de richesses fabuleuses dignes d’un dieu. On ne peut qu’imaginer la splendeur des objets ensevelis dans le tombeau de Ramsès II. Cependant, les trésors découverts dans d’autres sépultures royales tel le tombeau de Toutankhamon sont un bon indice pour imaginer la nécropole d’un roi aussi puissant, riche et vieux que Ramsès II. (voir mes reportages sur le Tombeau de Toutankhamon et le Trésor de Toutankhamon)

Dague de la princesse Ita, en or, bronze, lapis-lazuli, cornaline, Moyen Empire, 12e dynastie
Aménémopé était un souverain peu connu dont la momie fut enterrée dans une tombe à Tanis. Le corps du roi reposait dans un cercueil en bois. Sa tête et la poitrine étaient plaqués d’or. Il est représenté portant la coiffe de némès avec un cobra Uraéus dressé sur le front. Le masque permet à l’âme du roi de reconnaître son corps et de se le ré-approprier au moment de sa renaissance dans l’au-delà. En dessous du masque est exposé un Uraeus en or provenant d’une couronne royale de Sésostris II, à l’époque du Moyen Empire, 12e dynastie.

Masque funéraire en bois plaqué d’or provenant du cercueil d’Aménémopé, Troisième période intermédiaire, 21e dynastie
Ce vase en albâtre de grande dimension porte les cartouches de Ramsès. Il a été découvert près du tombeau de son fils et successeur Mérenptah. Il a autrefois contenu des huiles ayant peut être servi à l’inhumation et à la momification de Mérenptah.

Vase en albâtre aux cartouches de Ramsès II, Nouvel Empire, 19e dynastie
Ce collier en or à têtes de faucon appartenait à la princesse Néferouptah et la ceinture de hanches ornée d’un double rang de têtes de léopard à la princesse Merit. Les ceintures de hanches font leur apparition au Moyen Empire. Les têtes de léopards servaient à la princesse d’amulettes de protection.

Collier en or et cornaline et ceinture de hanches en or et améthyste, Moyen Empire, 12e dynastie.
La dame royale Sath-Hathor-Iounet était probablement une des filles de Sésostris II. Sa perruque était surmontée d’un diadème. Les rosettes en minces feuilles d’or martelées sont ornées de lapis-lazuli, cornaline et faïence. Les bandes suspendues sur le diadème en or sont une version royale des rubans et des fleurs que les femmes des classes inférieures disposaient en torsade dans leurs cheveux.

Diadème en or de la princesse Sath-Hathor-Iounet, Moyen Empire, 12e dynastie
Ces jeunes femmes, filles de Djéhoutyhotep, présentent une silhouette longiligne et des coiffures élégantes. Elles portent des robes ajustées très près du corps. Leur tenue est agrémentée de bandeaux, de lourdes parures pectorales et de larges bracelets pour poignets et pour chevilles, à la mode du Moyen Empire.

Relief en pierre calcaire peinte provenant du tombeau de Djéhoutyhotep II, Moyen Empire, 12e dynastie
Ce large collier en or et pierres semi-précieuses de cornaline, lapis-lazuli, turquoise, amazonite et faïence de la princesse Khnoumit a été reconstitué à partir de dizaines de perles détachées. Les quatre rangs de signes hiéroglyphiques lui souhaitent prospérité, puissance et longue vie. La ceinture rassemble 8 perles d’or enfilées qui prennent la forme de cauris. Les perles colorées sont en cornaline, amazonite et lapis-lazuli.

Collier à têtes de faucon en or de la princesse Khnoumit et Ceinture de hanches en or de la princesse Sat-Hathor, Moyen Empire, 12e dynastie
Le pharaon Psousennès Ier a eu une longue vie. Il est vraissemblablement âgé de 80 ans au moment de sa mort. Bien que l’Egypte à cette époque est divisée et relativement faible, son tombeau regorge de trésors, mais ceux-ci proviennent principalement de pillage de tombeaux du Nouvel Empire.

Couvercle en granit du sarcophage de Mérenptah réutilisé pour celui de Psousennès Ier, Nouvel Empire, 19e dynastie
Sur la face interne du couvercle du sarcophage de Mérenptah, une gravure spectaculaire dépeint la déesse du ciel Nout se tenant face au défunt, les bras tendus dans une pose protectrice.

Face interne du couvercle en granit du sarcophage de Mérenptah réutilisé pour celui de Psousennès Ier, Nouvel Empire, 19e dynastie
Un plat montre des jeunes filles poursuivant des canards à la nage parmi les poissons et les fleurs de lotus. Un autre bol comporte une rosette centrale incrustée de verre. La combinaison de papyrus et de lotus au centre de l’objet fait penser à l’unification de la Haute Egypte et de la Basse Egypte.

Plats et bols en or et argent, Période Intermédiaire 21e dynastie et période ptolémaïque

Amulette d’Isis en or sur la coiffe de Hathor, Troisième période intermédiaire, 21e dynastie
La nécropole de Shéshonq II
Le pharaon Shéshonq II est le troisième roi de la 22e dynastie. Il a régné cent ans après Psousennès Ier et il est inhumé dans le complexe funéraire de ce dernier. Sa momie est inhabituellement enchâssée dans deux cercueils en argent massif à tête de faucon, représentation probable du dieu funéraire Sokar. Pour prolonger la préservation du corps, les embaumeurs retirent les organes internes du défunt et les momifient séparément avant de les conserver dans des canopes. Les sarcophages miniatures en argent de forme humaine de Shéshonq II sont d’une inhabituelle splendeur.

Cercueil à tête de faucon en argent massif de Shéshonq II avec canopes en forme de cercueils miniatures

Couvercle en argent du cercueil à tête de faucon de Shéshonq II, Troisième Période intermédiaire, 22e dynastie
Le cercueil intérieur de Shéshonq II est fait d’un mélange de carton et de plâtre, recouvert de feuille d’or. Le ka du roi, sa force vitale, réside dans sa momie. Son ba, son âme, revient chaque soir sous les traits d’un oiseau pour fusionner avec le ka. A l’instar du dieu Osiris, le pharaon renaît chaque jour. Dans la mort, tous les pharaons deviennent Osiris. En momifiant leur corps, les embaumeurs et les prêtres assurent au défunt sa transition entre mortalité et immortalité.

Cercueil intérieur à tête de faucon de Shéshonq II, Troisième Période intermédiaire, 22e dynastie
La momie de Shéshonq II est ornée d’un masque funéraire, d’amulettes, d’une ceinture, de bijoux et de doigtiers de doigts et d’orteils en or, transformant ainsi le roi en un être de lumière rayonnant. Beaucoup d’autres amulettes, toutes empreintes d’un sens et de pouvoirs magiques conférant l’immortalité, sont disposées sur la momie et entre les épaisseurs de bandelettes qui l’enveloppent. Certaines appartiennent à des rois d’époques plus anciennes tandis que d’autres proviennent de terres lointaines.

Masque en or de Shéshonq II, Troisième Période intermédiaire, 22 dynastie

Collier pectoral en or, pierre, verre et faïence de Shéshonq II montrant Isis et Nephthys glorifiant un scarabée de coeur ailé, Troisième Période intermédiaire, 22e dynastie

Pectoral en or de Shéshonq Ier représentant une barque solaire, Troisième Période intermédiaire, 22e dynastie

Bracelet en or, incrusté de cornaline, lapis-lazuli et faïence de Shéshonq II, 22e dynastie




La cachette de Deir el-Bahri
Vers 1870, on découvre dans les falaises de Deir el-Bahri, sur la rive ouest du Nil, à Thèbes, la fosse profonde d’une nécropole ancienne A l’intérieur, une cachette révèle plus de trente momies royales datant du Nouvel Empire. Celles-ci avaient été cachées il y a plus de 3.000 ans par des prêtres pour mettre à l’abri les momies des pharaons. On a ainsi retrouvé les momies de dignitaires et de pharaons dont Séthi Ier, Mérenptah et la momie de Ramsès II.

Couvercle en cèdre peint et doré du cercueil extérieur de la princesse Nesi-Khonsou,Troisième Période intermédiaire, 21e dynastie.
Nesi-Khonsou était la fille d’un grand prêtre d’Amon, mariée au grand prêtre Pinedjem II. Ce cercueil avait été fabriqué à l’origine pour la princesse Isetemkheb, une autre épouse du grand prêtre. Le cercueil richement décoré est plaqué d’or. Une fleur de lotus, symbole de la renaissance, orne le sommet de la tête. Au dessus de ses mains croisées, un scarabée ailé pousse un disque solaire devant lui. Ce couvercle de cercueil intérieur ou planche en bois de sycomore peint et doré abritait la momie de Pinedjem Ier, grand prêtre d’Amon qui détenait un pouvoir quasi royal dans la région thébaine à la fin du 2ème millénaire avant Jésus-Christ. A l’origine, cette pièce était peinte, émaillée et dorée. La dorure a été retirée par de grandes entailles pour éviter d’endommager les images et les inscriptions sacrées.

Couvercle de cercueils de la princesse Nesi-Khonsou,Troisième Période intermédiaire et de Pinedjem, Nouvel Empire, 18e et 21e dynastie
Le sarcophage en cèdre de Ramsès II
La momie de Ramsès II fut déplacée à plusieurs reprises pour échapper aux pillages. Elle fut placée dans un sarcophage en cèdre sculpté pour l’un de ses prédécesseurs. Le sarcophage présente le pharaon avec les bras croisés sur la poitrine et les mains tenant une crosse et un fléau, les insignes de la royauté. Les hiéroglyphes du couvercle représentent son cartouche et racontent le voyage du cercueil, du tombeau de Ramsès II vers la tombe de son père Séthi Ier dans la Vallée des Rois, puis d’autres tombes avant d’être déplacé dans la cachette de Deir el-Bahari.

Le sarcophage de réinhumation de Ramsès II en bois de cèdre polychrome, Nouvel Empire, 19e dynastie
Lorsque Ramsès II décède, son fils Mérenptah se trouve à la tête d’un royaume stable et prospère. Bien qu’il ait déjà la cinquantaine lorsqu’il devient pharaon, ce buste idéalisé le présente comme un jeune homme beau et dynamique. Le roi porte la coiffe de némès et un large collier ou wesekh. Un cobra Uraeus se dresse sur son front. La fausse barbe, aujourd’hui cassée, est attachée par une bande. Les cartouches du roi sont inscrits sur les épaules de la statue.

Statue en granodiorite de Mérenptah, Nouvel Empire, 19e dynastie
Ramsès et l’Or des pharaons, du 7 avril au 6 septembre 2023, Grande Halle de la Villette, Paris, Métro Porte de Pantin. Exposition de 180 pièces originales dont la plupart seront ensuite exposées dans le Grand Musée égyptien du Caire. https://www.expo-ramses.com/

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