20 ans de journalisme,
la passion du voyage et des jardins.

D’origine italienne, Guido Marcon est un pro de la photo en Belgique. Des voyages aux quatre coins du monde aux salles de concerts et plateaux de télévision, il nous ouvre son album de souvenirs.

 

Un conte de fées

Il a le regard tendre et dans la voix une pointe d’accent qui, malgré ses soixante années de belgitude, trahit encore ses origines italiennes. Guido Marcon est un vieux de la vieille qui ne manque pas d’humour quand il évoque avec nostalgie sa longue carrière de photographe. Le plaisir du voyage, l’attrait des lieux de tournage, les plateaux de télévisions, capter un moment de la vie d’une vedette pour céder la photo à une dizaine de revues. Notre rital peut en parler pendant des heures.

Claude Lelouche Guido Marcon 2008

Claude Lelouche et Guido Marcon 2008

L’artiste rital

C’est en Vénétie que Guido Marcon a vu le jour. L’enfant grandit dans une famille pauvre de Marostica, bourgade rurale célèbre pour sa Partie d’Echecs vivante. La semaine, on mange du minestrone. Le dimanche, on se régale avec une couenne de lard. Le père travaille dans une fabrique de céramique dont il alimente les fours. A quatorze ans, Guido rejoint son père à l’usine où il apprend à dessiner des milliers de fois la même fleur sur des assiettes. La mer est toute proche. Il ne l’a jamais vue.

Partie d'Echec vivante de Marostica

Partie d’Echec de Marostica 2010

 

Mrostica peinture Guido Marcon
Marostica Guido Marcon
Marostica Guido Marcon
Peinture Guido Marcon

 

L’expo ’58

Son destin bascule en 1958. Pour son exposition universelle, Bruxelles invite le damier humain de Marostica. Guido a 21 ans et il rencontre Henriette dans le pavillon de Hawaï de la Belgique Joyeuse au Heyzel, puis reprend le car avec la troupe. Il lui écrit des cartes postales et revient deux ans plus tard tenter sa chance dans notre plat pays. Il débarque à l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles dans la section peinture décorative et monumentale. Après trois ans de cours, il obtient le prix de maîtrise. Mais la vie d’artiste ne nourrit pas son homme. Il devient assistant dans un labo photo puis dans un studio photo. Quand celui-ci tombe en faillite, il reçoit un appareil Hasselblad en guise d’indemnité. Quelques années lui suffisent pour devenir un pilier de la photo pro.

Salvadore Adamo 1978 (c) Guido Marcon

Salvatore Adamo en Sicile, septembre 1978

Théâtre National de Belgique

Son premier gros coup? Le mariage princier du Prince Philippe de Liechtenstein en 1971. La revue Le Patriote Illustré prend une de ses photos pour en faire la couverture. Il enchaîne les reportages, l’ouverture d’une exposition au Design Center dans la Galerie Ravenstein en présence de la Princesse Paola, l’ouverture de la boutique Courrèges avenue Louise. Son amie la critique d’art Michèle Coraine l’introduit dans le milieu du Théâtre National de Belgique. “Mon premier reportage concernait une pièce de théâtre où j’ai eu la chance de rencontrer Eugène Ionesco, raconte Guido, ensuite les choses se sont enchaînées de manière extraordinaire”. Un véritable déclic! Pendant 17 ans, il sera le photographe officiel du Théâtre National dont il pourrait reconstituer toute l’histoire à travers les milliers de clichés des différentes pièces qu’il a immortalisées sur pellicule.

Georges Brassens (c) Guido Marcon

Georges Brassens, Bruxelles au Martini Center, le 19 janvier 1973.

Photographe des stars

C’est en collaborant à Télé7Jours que Guido Marcon s’introduit dans l’univers de la télévision belge. Il a libre accès aux coulisses de la RTBF où il rencontre les plus grandes stars. De Mylène Farmer à Henri Salvador en passant par Julio Iglesias, Aznavour, Nana Mouskouri, Léo Ferré, Jane Birkin, Michèle Morgan, Marlène Jobert ou encore l’astronaute Neil Armstrong, plusieurs centaines de personnalités ont été immortalisées par son objectif.

Rudolf Noureev (c) Guido Marcon

Rudolf Noureev, Bruxelles Forest National « Le Sacre du Printemps » ballet de Maurice Béjart, mars 1971

«J’ai photographié Noureev à Forest National, Jacques Brel sur le tournage d’un film, Arthur Miller au Théâtre National de Belgique et Simone Signoret à Paris lors d’une émission littéraire. J’ai même photographié Michael Jackson et les Jackson Five, mais j’ignorais qui ils étaient.»

Georges Simenon (c) Guido Marcon

Georges Simenon à Lausanne 1981

Ses souvenirs marquants? Une séance de portraits de Georges Simenon à Lausanne et les dernières photos de Claude François, la veille de sa mort. «C’était le 10 mars 1978, à Leysin, en Suisse, où Claude achevait l’enregistrement d’un show télé. J’étais invité à suivre le tournage dans un petit chalet. J’ai mitraillé. Le lendemain, le 11 mars, Claude François mourait.»

Cla!ude François (c) Guido Marcon

Claude François à Leysin (Suisse), le 10 mars 1978

Silence, on tourne

Sur un plateau de tournage, l’essentiel est de se faire oublier. Guido Marcon est reconnu par tous pour son talent et gentillesse. «Je suis à mon aise partout mais je sais rester discret. Pour faire ce métier, il faut être en bon terme avec toute l’équipe technique. Si je respecte leur travail, ils respecteront le mien. Sinon, je cours le risque de me faire jeter hors du plateau et de ne plus jamais pouvoir exercer mon métier dans ce créneau là.» Modeste, Guido jure qu’il ne serait rien sans l’amitié des journalistes et de tous ceux qui font de la télévision.

Marostica 1974 Guido Marcon et Mirko Vucetich
Guido Marcon et Arthur Miller
Toots Thielemans et Guido Marcon
Jane Birkin et Guido Marcon
Michèle Morgan et Guido Marcon
Henri Salvador et Guido Marcon

Des selfies et dédicaces

Guido Marcon tient à son look de baroudeur invétéré. Dans les années 80, Guido a participé à un clip avec Adamo où il incarnait un révolutionnaire sud-américain. «On me confondait avec Fidel Castro ou le Ché. Bobby Farrell, chanteur du groupe Boney M m’appelait Raspoutine. J’adorais!». Guido possède une impressionnante série de dédicaces. A une période où on était encore à mille lieues de la mode des selfies, il prenait la pose en compagnie des plus grands artistes. Ça aussi, c’est une sorte de signature…

Jazz (c) Guido Marcon

La passion du jazz

Guido Marcon est un passionné de la note bleue. Il a laissé son appareil et son cœur traîner dans les plus importants festivals et les plus belles salles de concert, à Forest National, au Cirque Royal, au Palais des Beaux-Arts, ou encore au NorthSea Jazz Festival en Hollande. Il y a photographié les plus grands, Miles Davis, Duke Ellington, Ella Fitzgerald, Toots Thielemans. Son objectif était parfaitement subjectif! Il suivait son instinct artistique qui lui permit de réaliser parmi ses plus beaux clichés.

 

 

Guido Marcon

Rwanda (c) Guido Marcon

Rwanda Gorille de l’Akagera

Globe-trotter, Nikon en bandoulière

Les voyages et l’aventure nourrissent son imaginaire. Ce baroudeur de l’obturateur ne résiste pas devant un ticket d’avion qui l’emmène dans des reportages lointains. Guido a bourlingué aux quatre coins de la planète. Afghanistan, Bolivie, Brésil, Equateur, Pérou, Iran, Pakistan, Rwanda, Birmanie, Amazonie, avec les Nikon toujours en bandoulière, à l’affût de l’image choc ou simplement émouvante. Il a roulé sa bosse, un peu partout.

Equateur Otavalo

Equateur- Otavalo

Birmanie (c) Guido Marcon

Birmanie

Afganisthan (c) Guido Marcon

Afganistan

Népal Pokhara

Népal – Pokhara

Jordanie Wadi Rum

Jordanie – Wadi Rum

Pérou Cuzco (c) Guido Marcon

Pérou – Cuzco

Carnaval de Venise

Guido est fier de son exposition sur le carnaval de Venise qui a connu les honneurs des cimaises au Centre des arts de la scène Sherover à Jérusalem en 1989. «Je suis allé plusieurs fois à Venise pendant le Carnaval. Les grands bals du mardi gras étaient réservés exclusivement aux vénitiens et à leurs amis. C’est un endroit fabuleux pour faire des photos. Il y a le cadre qui est une véritable scène de théâtre, la lumière est souvent brumeuse le matin, les gens masqués prennent la pose. Au grand angle ou au télé, les photos sont toujours magiques!»

Carnaval de Venise (c) Guido Marcon

Carnaval de Venise 2002

La crise de la presse écrite

Emportant un boîtier dans leurs bagages, les journalistes de la presse écrite illustrent aujourd’hui souvent eux-mêmes leurs articles. «Il devient de plus en plus difficile de placer des photos de reportages de voyages. Les journaux et magazines, confrontés à la crise de la presse écrite, veulent obtenir et utiliser les photos gratuitement. Dans le domaine du tourisme, il m’est arrivé de partir un mois sans être du tout sûr de pouvoir placer le moindre cliché à mon retour. C’est pour cela que je suis gêné par des invitations tous frais payés à l’étranger. Je ne peux pas promettre que le reportage sera publié dans un grand magazine.»

Perou (c) Guido Marcon

Perou enfant Chipibo

 

Birmanie (c) Guido Marcon

Birmanie-Inle Lake

 

La mémoire d’une vie

Guido a toujours travaillé seul, avec l’aide de son épouse pour l’archivage de ses clichés. «Je suis parti de rien et je ne veux rien devoir à personne.» Dans son grand bureau sous les toits, Guido a rassemblé tous ses trésors. Dans des armoires, rangés bien à l’abri de la poussière, des centaines de classeurs rassemblent tous les clichés négatifs en noir et blanc et couleurs.

Rudolf Noureev (c) Guido Marcon

Rudolf Noureev, Bruxelles Forest National « Le Lac des Cygnes » le 4 juin 1983

Des milliers de diapositives et des centaines de photos dorment dans des boîtes à l’abri de la lumière. Il a scanné ses plus beaux clichés et les a imprimé en cibachrome, la Rolls de la photographie couleur.

Rwanda (c) Guido Marcon

Rwanda: Reflets dans le rétroviseur d’enfants ougandais dans un camp de réfugiés au Rwanda, 1984.

Difficile de trouver un organe de presse en Belgique ou à l’étranger qui n’ait jamais publié une photo ‘copyrightée’ Guido Marcon. Une belle carrière, comme on dit.

Guido Marcon

Crédit photo Guido Marcon

Voir le reportage sur le Carnaval de Venise par Guido Marcon dans la rubrique Voyages, Europe ou cliquez sur le lien.

 

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