Arley Hall est une maison de famille. Elle est célèbre pour sa double bordure de plantes herbacées qui fait le bonheur de tous les amoureux des jardins.
Cinq siècles d’histoire
Arley Hall est la propriété de la famille du vicomte et de la vicomtesse Ashbrook depuis le 15e siècle. En 1469, Piers Warburton construit un manoir au sommet d’une colline, au coeur d’un domaine entouré de prairies, de bois et de terrains de chasse.

La demeure actuelle fut construite à l’époque victorienne par Rowland Egerton-Warburton, l’arrière grand-père de la vicomtesse. Celui-ci avait hérité des domaines de Arley et de Warburton dans le Cheshire de son oncle, Sir Peter Warburton.

Un manoir jacobéen
Quand Egerton-Warburton reprend le domaine au début du 19e siècle, le vieux manoir de Arley est «délabré et grouillant de rats». Il décide de le démolir et de bâtir une nouvelle demeure parée d’une façade en brique rouge ornée d’un feston de brique grise. Il rejette le style néoclassique à la mode à cette époque pour choisir le style jacobéen qui évoque la grandeur de l’Angleterre élisabéthaine.

Avec son architecte George Latham de Nantwich, il construit à partir de 1832 une maison avec tout le luxe et le confort possible pour l’époque. Le grand hall, la salle à manger, la bibliothèque, le grand escalier, les plafonds ouvragés et les boiseries en chêne, les cheminées monumentales, les vitraux et le mobilier donnent un aperçu brillant de la vie et de l’histoire de cette famille aristocratique.





Des jardins victoriens
Egerton-Warburton pose les bases du jardin de Arley Hall qui est réalisé entre 1840 et 1860. Autrefois bordée de topiaires, une allée de 200 mètres de long, le Furlong Walk, trace la limite entre le jardin et le paysage.

«Chaque chambre de verdure raconte sa propre histoire» raconte la vicomtesse qui a passé toute son enfance à Arley Hall. Pendant 150 ans, aucun architecte de jardin n’est intervenu. Chaque génération a poursuivi l’oeuvre de celles qui l’ont précédées en y apportant sa propre touche.

A l’époque victorienne, l’engouement pour les parterres de plantes annuelles assemblées en mosaïque était à son comble, les plantes vivaces étant cultivées au potager comme fleurs à couper. A Arley Hall, les plantes herbacées furent plantées dans des parterres pour créer un effet ornemental, avant même que William Robinson et Gertrude Jekyll ne créent leurs propres parterres de fleurs.

Bordure de plantes herbacées
C’est à Arley Hall que se cache un des endroits les plus célèbres au coeur de tous les amateurs de jardins, une superbe double bordure de plantes herbacées, probablement la première conçue en Grande-Bretagne. Son allure n’a pas changé depuis que cette partie du jardin a été représentée dans une aquarelle en 1889.

Les plates-bandes se détachent sur des topiaires d’ifs taillés en arcs-boutants qui créent des divisions très marquées. Une longue bande de gazon sépare les deux parterres de vivaces. «Elle remplace un sentier de gravier qui était plus difficile à entretenir de manière écologique» se souvient de la vicomtesse soucieuse d’écologie.

Ces mixed-borders offrent un spectacle haut en couleur du printemps à l’automne. Dominées par des delphiniums bleus, les couleurs pastels des mois de mai et juin laissent la place à des couleurs plus chaudes et éclatantes au coeur de l’été avec des montbretias rouges et des helianthus jaunes, avant de s’estomper par des teintes plus douces avec des sedums charnus au début de l’automne.





On retrouve des plantes vivaces dans un grand jardin enclos de murs, mariées à des roses et des buissons. Chaque massif témoigne d’une parfaite maîtrise de l’art des jardins et charme le regard par le choix de ses végétaux et l’harmonie de ses couleurs.

Ilex Avenue
La promenade conduit à une allée de chênes verts à feuilles de houx, de superbes Quercus ilex hauts de dix mètres et taillés en cylindres symétriques. Ces sculptures végétales mènent au jardin du Sundial Circle, un jardin en contrebas orné d’un cadran solaire.

Kitchen Garden
Abrité de hauts murs, le Kitchen Garden était le jardin nourricier du domaine destiné à Arley Hall mais aussi à leur maison de Londres où la famille séjournait durant l’hiver. Ce jardin accueille des arbres fruitiers palissés, des légumes et des petits fruits. Les plantes fragiles sont cultivées dans la serre.




The Grove
Les jardins se prolongent par The Grove, un jardin paysager dessiné par le paysagiste James Russel et développé ensuite par Lord Ashbrook à partir de 1977. Il est peuplé d’une belle collection de rhododendrons et d’azalées avec près de 400 variétés qui fleurissent dans un mélange éblouissant de couleurs allant des blancs aux roses, jaunes, rouges et violets. Après leur floraison printanière, les arbustes à fleurs et les arbres exotiques prennent le relais, pour le plus grand plaisir des promeneurs.

The Nursery
Fondée en 1993 par Jane Foster, la soeur de Lord Ashbrook, la petite pépinière offre une large collection de plantes vivaces herbacées, d’intéressants arbustes, clématites et plantes grimpantes ainsi qu’une sélection de pélargoniums cultivés dans les serres du domaine.

Arley Hall and Garden, visite du manoir et des jardins, pépinière et salon de thé, near Great Budworth, Northwich CW9 6NA, Cheshire, M6 à 6 miles de Northwich. https://www.arleyhallandgardens.com/
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Tous vos reportages,
très bien documentés et magnifiquement illustrés, m’enchantent ! Continuez à nous donner de précieux conseils et à nous faire rêver !
Merci !!!
Merci Brigitte de me lire et pour vos encouragements