20 ans de journalisme,
la passion du voyage et des jardins.

Le jardin est un lieu de détente et d’enracinement. Pour réussir l’aménagement de ce haut lieu énergétique, Annick De Jonghe, spécialiste en feng shui, nous donne les clefs d’un jardin harmonieux et équilibré où l’on se sent bien.

 

Annick De Jonghe

Artiste peintre, licenciée en kinésithérapie, Annick De Jonghe est expert feng shui. C’est une belle femme lumineuse qui m’accueille dans son jardin. Avec sa sensibilité d’artiste, Annick explore le monde des couleurs, des matières, des formes et des symboles. C’est un professeur chinois d’aquarelle de l’académie de Shanghai qui a été le point de départ de cette sensibilisation au monde de l’équilibre des choses. Après un cycle de formation feng shui à Paris, Genève et Bruxelles, Annick découvre une nouvelle dimension, applicable à son art et au bien-être dans l’environnement: le feng shui occidental. Aujourd’hui, elle donne des conférences en Europe sur l’importance de l’harmonie de notre environnement pour notre bien-être et fait des expertises pour analyser les forces et les faiblesses d’un lieu, suivis de conseils d’aménagements.

Annick De Jonghe
Annick De Jonghe
Annick De Jonghe

Le jardin d’accueil

Annick de Jonghe habite à Genval depuis 30 ans. Pour aménager son terrain de 16 ares, elle a analysé l’énergie présente dans le jardin. Côté rue, le jardin d’accueil est structuré et organisé. C’est le Yang, le lien entre le monde extérieur et intérieur. Une sorte de sas vert lumineux qui invite à la convivialité. Il y a une statue de Ganesh, dieu protecteur hindou, des topiaires taillés en boule, une sphère métallique, des pierres et des galets qui stabilisent le lieu et lui donnent de la force. Il y a aussi quelques fleurs blanches qui animent ce jardin au fil des saisons avec des hellébores, des pervenches, bruyères, spirées, rhododendrons et des galets blancs. Une allée en gazon conduit l’énergie vers le jardin arrière.

 

Annick De Jongue
Annick De Jonghe
Annick De Jonghe

Mise en scène

En pénétrant dans le jardin privé situé à l’arrière de la maison, je découvre un endroit ombragé plus intime. C’est le côté Yin. Un grand érable centenaire avec un très beau tronc a été dégagé pour retrouver la force de la verticalité en appui sur l’horizontalité du jardin. Le jardin était entouré d’une haie de laurier cerise. Elle a été conservée par endroit, mais taillée de façon plus souple. A droite, une grande haie d’if forme un mur végétal assez massif, mais avec des ouvertures pour couper la monotonie. Toutes les mises en scènes du jardin sont conçues de l’intérieur pour être intéressantes à regarder depuis les fenêtres. Un massif de bambou avec une fontaine borde la terrasse. Des massifs de végétaux en forme de coussin au feuillage persistant, skimmia, buis, lierre, fusain panaché, potentille, pieris, lavande, santoline, rhododendron, azalées créent de la masse et de la densité en toutes saisons.

Annick De Jonghe
Annick De Jonghe
Annick De Jonghe

Un lieu d’ancrage

Pour Annick De Jonghe, créer un jardin, c’est avant tout réfléchir à l’organisation de l’espace, à la répartition des volumes. C’est définir des axes de vue, des équilibres de couleurs et de densité. C’est trouver un équilibre entre le Yin et le Yang, deux forces opposées et complémentaires comme l’ombre et la lumière, le vide et le plein, le froid et le chaud, l’horizontal et le vertical, le féminin et le masculin. «Ce qui nous lie si fortement à notre jardin, les sociologues en anthropologues nous l’expliquent bien. Il s’agit de chercher nos racines, de nous évader, de cultiver notre force aussi. Les enjeux du jardin sont toujours impérieux parce qu’ils touchent à l’essentiel de notre vie intérieure. Quand on travaille dans son jardin, on travaille sur son être tout entier. C’est un véritable lieu d’ancrage. C’est d’autant plus vrai à notre époque où on vit dans un monde de plus en plus virtuel et stressant, où les frontières entre le réel et l’irréel se brouillent et déstabilisent fortement les individus.»

Annick De Jonghe
Annick De Jonghe
Annick De Jonghe

Le chi, une énergie précieuse

Le feng shui maîtrise l’art de l’environnement. Il nous aide à réajuster l’énergie dans un sens positif. Annick De Jonghe m’explique comment stimuler le chi, la force vitale qui pénètre toute chose vivante. «Le chi vibre de multiples façons, c’est à dire qu’il se charge de tout ce qu’il rencontre sur son chemin. A nous de lui offrir un parcours digne de ce nom. Tout l’enrichit: les sons, les couleurs, les plantes, les parfums, les objets, les animaux. Pour animer un jardin, il faut aménager des points de vue différents. Installer des haltes bien calculées, un banc par exemple, pour inciter le promeneur à diriger son regard vers un point particulier. On peut créer des effets de surprises, des décalages entre la réalité et l’attente du promeneur. On joue ainsi sur les formes comme les topiaires ou les plantes inhabituelles. Les ondulations de terrain, les sentiers sinueux, les chambres de verdure, la répétition des objets, le rythme des couleurs… Tout ceci confère au jardin ce que l’on pourrait appeler une intelligence qui n’échappe pas à notre perception inconsciente.»

 

Annick De Jonghe
Annick De Jonghe
Annick De Jonghe

La boussole de la vie et les cinq éléments

Annick De Jonghe me parle encore du bagua, un autre principe du feng shui, qui va déterminer l’emplacement et l’agencement des différentes parties, plantes et éléments de déco. Imaginez une sorte de boussole divisée en 9 zones qui travaillent ensemble selon des axes. Il y a l’axe du temps avec un passé (la famille) et l’avenir (les projets). L’axe de l’être comporte une zone carrière et une zone réputation. Il y a encore une zone amour, une zone connaissance, une zone prospérité et abondance qui englobe toutes les richesses et une zone aide extérieure. La boussole comporte également un cercle intérieur qui concerne les couleurs associées aux 5 éléments, le feu (rouge), la terre (jaune), le bois (vert), l’eau (bleu-noir) et le métal (blanc-gris). Ce sont les 5 états par lesquels l’énergie circule indéfiniment.

Annick De Jonghe

Un lieu de symboles et de perceptions subtiles

«C’est Albert Einstein lui-même qui le premier a parlé des énergies subtiles. Il les définissait comme étant des forces mystérieuses de la nature et les opposait aux énergies denses comme l’énergie thermique ou magnétique. Nos liens avec notre environnement sont extrêmement puissants. Nous tissons des liens énergétiques jour après jour. Ces liens ont un rapport étroit avec notre santé et notre bien être physique et psychique. Ce qui est très intéressant à cette croisée des chemins du feng shui et du jardin, c’est que l’on met en lumière les liens d’énergie qui existent entre la matière et nous, entre la Terre et nous. Le feng shui nous permet de ne pas subir notre environnement et de l’orienter favorablement. Avec le jardin, il nous propose des outils symboliques forts, une structure, un sol stable, des horizons… Il s’agit pour chacun de nous de se revitaliser en revitalisant son jardin.»

A lire : «Comprendre et pratiquer le Feng Shui», Votre guide personnel pour insuffler force et harmonie en vous et autour de vous. Régine Héliot et Annick De Jonghe, InterEditions.

Pour plus d’infos sur le Feng shui, rendez-vous dans la rubrique Travaux Aménagement.

Expertise feng shui, Annick De Jonghe,  www.expertisefengshui.be.

Reportage paru dans Jardins & Loisirs 2012 (www.jardinsetloisirs.be)

Jardin Feng Shui De Jonghe

 

 

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