Léger, souple et d’une surprenante vitalité, l’osier vivant devient haie vive, gloriette ou cabane d’enfants. Un savoir-faire millénaire que l’on redécouvre aujourd’hui.
L’osier vivant, l’osier des vanniers
A l’écorce brune, blonde, verte ou cuivre selon les variétés, l’osier est le nom donné à une jeune pousse de saule. Les longues perches flexibles de l’osier vivant sont récoltées chaque hiver. Elles servent à la confection de clôtures tressées ou de tunnels vivants. Ce ne sont pas les rameaux du saule pleureur du jardin que l’on utilise mais ceux du saule commun qui pousse au bord des rivières. Il est souvent cultivé en têtard, c’est à dire étêté chaque année. On utilise aussi les perches du saule pourpre ou de l’osier des vanniers, un arbuste dressé à la croissance rapide.

De fraîches boutures
L’osiériculteur récolte chaque hiver de jeunes pousses de l’osier vivant qui peuvent atteindre trois mètres de longueur en une saison. Pour les conserver, on les lie en bottes et on les installe à l’ombre dans quelques centimètres d’eau où ils commencent déjà à former des racines. Plantés en terre sous la forme de fraîches boutures, ces bâtons s’enracinent et se couvrent de feuilles. Ils se prêtent à toutes les extravagances, formant une clôture vivante, une haie graphique, une gloriette ou un igloo amusant et facile à réaliser. C’est magique! La vigueur incroyable du saule et sa faculté de s’enraciner par simple bouture permet également de réaliser en une saison des brise-vent ou de brise-vue, des murs vivants à la résistance tout à fait remarquable.



L’art de bien planter l’osier
A la portée du premier jardinier venu, la mise en place de l’osier vivant au jardin s’effectue à partir de décembre jusqu’au printemps. La meilleure période se situe dans le courant du mois de mars. Les plantations s’effectuent directement en place car le saule s’enracine très facilement mais ne supporte pas bien la transplantation. Les jeunes scions d’un an fraîchement coupés sont affûtés en biseau dans leur partie inférieure comme une pointe de crayon. On pique les boutures en terre dans un sol gras et riche à 20cm de profondeur, tous les 10 à 20cm, alignés dans une petite rigole. Vous pouvez aussi les grouper par deux, trois ou cinq brins et les tresser ou les lier avec du raphia. S’ils sont bien arrosés, les bâtons s’enracinent en quelques semaines. Les feuilles se développent et dissimulent l’armature sous un élégant manteau de verdure.

L’osier sous toutes ses formes
Pour obtenir un maillage en losange d’osier vivant, les perches sont inclinées à 45° en deux séries, une vers la droite et l’autre vers la gauche. Il suffit ensuite de tresser les brins et d’enrouler les extrémités sur un fil de fer tendu comme guide pour que le sommet soit solide. La clôture peut recevoir des motifs, des ouvertures rondes de fenêtre ou des arcades de porte. Mis en forme à l’aide d’un gabarit en rotin ou en gaulettes de châtaignier, les brins peuvent se courber en arc et se métamorphoser en gloriette, igloo, tunnel, labyrinthe ou tipi vivants qui font le bonheur des enfants. On peut aussi réaliser un tronc torsadé. Six rameaux pris deux à deux sont tressés comme la tresse d’une coiffure. On la maintient sur un tuteur en bambou avec des liens en raphia. Au fil des ans, les brins finissent par se souder entre eux. A l’automne, après la chute des feuilles, les silhouettes réduites à l’état de squelette gardent toute leur originalité.




L’osier vivant vient du saule
L’osier se plaît les pieds dans l’eau ou du moins dans une terre très humide. L’arrosage des jeunes boutures est donc essentiel! Un bon désherbage au printemps suivi d’un apport de compost au pied évite la concurrence des mauvaises herbes. L’osier vivant qui constitue votre haie est en réalité un saule très vigoureux qui ne demande qu’une chose: redevenir un arbre! Pendant toute la saison de végétation, il émet de longues pousses qu’il faut impérativement tailler. Si vous ne le faites pas, la haie aura tendance à se dégarnir du pied et à produire au sommet une végétation exubérante. En un an ou deux, elle perdra son aspect régulier en croisillons qui fait tout son charme.

Des haies qu’il faut souvent tailler
Pour garder lisible le dessin d’origine d’un maillage en osier vivant, on taille la haie au sécateur une première fois en février en coupant les rameaux de l’année tout en conservant un petit ergot de 2 ou 3cm recouvert de bourgeons au ras des tiges principales. Durant la belle saison, il faut raccourcir tous les jeunes rameaux dès qu’ils ont atteint 20 à 30cm, en les diminuant de moitié pour donner de l’épaisseur à la haie. Si l’on ne veut pas garder le dessin visible, il suffit de raccourcir les jeunes pousses au taille-haie à 15cm afin de donner de l’épaisseur à la haie.

Retenue des berges et des talus
Les architectes paysagistes et les ingénieurs oeuvrant pour la protection de l’environnement ont redécouvert les vertus de l’osier vivant. On les utilise pour consolider les berges des étangs et des rivières ou retenir la terre des talus fortement inclinés. La fascine est une clôture tressée constituée de rameaux d’osier entrelacés autour de pieux métalliques. Légèrement inclinée, elle repose contre la terre de la berge ou du talus favorisant par simple contact l’enracinement de chaque rameau. Dès le printemps, la clôture se végétalise sur l’extérieur et se taille ensuite comme une haie. On peut également enterrer les scions de saule entrelacés à la façon d’un treillage. Dès la première année, les racines retiendront utilement la terre même sur une forte inclinaison.

De toutes les couleurs
L’osier vivant se récolte sur le saule blanc commun (Salix alba), doré (S. alba vitellina), pourpre (S. purpurea), brun olive (S. triandria) ou vert (S. viminalis). Le «Salicetum» est le nom latin d’un endroit où on cultive des saules. De loin, un salicetum ressemble à un vaste carré de culture potagère avec, un peu comme des rangs de poireaux, des boutures de saule qui produisent chaque année de jeunes pousses. Pour vous fournir en perches d’osier pour vos plantations, voici une bonne adresse d’un osiériculteur en Belgique: Bart De Vos, Eksaarde Dorp 19 à Eksaarde, près de Lokeren. www.devossalix.be.
Reportage publié en 2017 dans Jardins & Loisirs (www.jardinsetloisirs.be)
Pour découvrir un jardin entouré d’une haie d’osier, rendez-vous dans la rubrique Jardins, Belgique, le Jardin des plantes médicinales de Villers-la-Ville ou cliquez sur le lien.


J’adore les différente couleurs de l’osier et tous ce que l’on peut faire avec 👍🏼
Pour un spécialiste de l’osier vivant en France : osiervivant.com
Quel merveilleux site…Soigné, joli,et truffé de conseils judicieux. Merci bcp pour ce temps précieux que vous proposez sans relâche au fil des saisons. Je soigne bcp mon jardin, sans gdes expériences, plutôt au feeling et aux répétitions des saisons …mais ma chère famille ne me laisse pas le temps de peaufiner toutes les idées que j ai …Je rêve avec vos photos Tout semble si poétique chez vous Vous êtes de merveilleux artistes Félicitations
Bonjour, je me pose une question:-est-ce que les pousses d’un saule pleureur peuvent reprendre racine ? J’aimerai faire une haie vivante avec différentes sortes d’osier, c’est possibles ? Est-ce que la pousse sera égale entre les variétés ?
Merci pour vos réponses.
Didier
Le saule pleureur n’est pas celui qui va le mieux faire des racines pour une haie vivante et les pousses ne seront certainement pas égales entre les variétés. Mais vous pouvez toujours essayer.
Bonjour,
J’aurais souhaité savoir si les racines d’une haie en osier vivant pouvaient être source de danger à proximité d’une habitation ou d’un puit.
Merci d’avance
L’osier est en fait une branche de saule. Le saule devient un grand arbre donc je vous déconseille de vous approcher trop très de votre puit et de la maison.
Les pousses de saules pleureurs sont cassantes, donc ne conviennent pas bien pour du tressage !