Durant deux siècles, la Belgique fut la capitale mondiale de l’égyptologie. Histoire des expéditions d’Egypte et des collections du Musée de Bruxelles.
Musées royaux d’Art et d’Histoire de Bruxelles
L’exposition Expéditions d’Egypte présentée en 2023 par les Musées royaux d’Art et d’Histoire de Bruxelles raconte l’histoire de deux siècles de découvertes archéologiques fascinantes au Pays des Pharaons et de la formation de la collection égyptienne du musée. L’occasion de partir en expédition, à la recherche de notre fascination pour l’Egypte des pharaons. La passion pour l’Egypte ancienne en Occident a débuté avec la Campagne d’Egypte menée par Napoléon Bonaparte de 1798-1801. Cette expédition militaire fut également scientifique. La diffusion de la célèbre «Description de l’Egypte» publiée par les savants qui avaient accompagné l’Empereur suscite alors un engouement sans précédent pour l’antique empire des pharaons.

Statue-cube égyptisante du sculpteur Gilles-Lambert Godecharle réalisée à l’occasion de la visite du Premier Consul Napoléon Bonaparte à Bruxelles du 21 au 30 juillet 1803.
Naissance de l’égyptologie
L’égyptologie naît avec Jean-François Champollion qui déchiffre les hiéroglyphes dès 1822. Cette découverte suscite les premières expéditions d’Egypte et l’intérêt des amateurs d’antiquités. Quelques collections privées se constituent sporadiquement dans les anciens Pays-Bas. Dans les premières années de son indépendance, la Belgique s’intéresse plus aux antiquités gallo-romaines trouvées sur son territoire qu’à l’Egypte ancienne. En 1835 se crée à Bruxelles un grand musée national qui prendra le nom de Musée royal d’Antiquités, d’Armures et d’Artillerie puis Musées royaux d’Art et d’Histoire.

Applique en bronze en forme de luthiste, Nouvel Empire, fin de la 18e dynastie, vers 1549-1298 av. J.-C.
Applique en bronze en forme de luthiste, Nouvel Empire, fin de la 18e dynastie, vers 1549-1298 av. J.-C. Cet objet en bronze cédé aux Musées en 1906 aurait été ramené d’Egypte par un militaire ayant accompagné Bonaparte en Egypte en 1798.

Stèle de Paârkha, bois stuqué et peint, époque Ptolémaïque, 1er siècle av. J.-C.
Stèle de Paârkha, bois stuqué et peint, époque Ptolémaïque, 1er siècle av. J.-C. Cette stèle est probablement le premier objet égyptien acheté en 1844 par le musée, en même temps que plusieurs objets gallo-romains provenant de Flandre occidentale.

Vase canope en albâtre de Horiheb, fils de Chepensopdet, Basse Epoque, 26e dynastie, vers 664-525 av. J.-C.
Vase canope en albâtre de Horiheb, fils de Chepensopdet, Basse Epoque, 26e dynastie, vers 664-525 av. J.-C. Le couvercle de ce vase canope adopte l’aspect de la tête humaine d’Amset. Il a été donnée par le gantois François-Auguste Van Hamme au Musée en 1844.

Giovanni Battista Belzoni (1778-1823)
Giovanni Battista Belzoni (1778-1823) Lors de son séjour en Egypte de 1815 à 1819, Giovanni Battista Belzoni réalise l’ouverture du temple de Ramsès II à Abou Simbel et de la pyramide de Khephren à Giza ainsi que la mise au jour des tombes de Ay, Ramsès I et Sethi I dans la Vallée des Rois.

Bandelettes en lin de la momie dite de Boutehamon, Basse Epoque vers 525-332.
Bandelettes en lin de la momie dite de Boutehamon, Basse Epoque vers 525-332. En 1847, le Musée royal d’Antiquités, d’Armures et d’Artillerie achète à Sarah Belzoni, la veuve de l’explorateur italien, une impressionnante momie placée dans son cercueil de Boutehamon, un important fonctionnaire de la 21e dynastie.
Les voyages du Prince Léopold, 1855 et 1862-1863
Durant la seconde moitié du 19e siècle, les Européens se passionnent pour l’Egypte. Lors de ses voyages officiels en Egypte, le duc de Brabant, futur roi Léopold II (1865-1909) rapporte une collection d’antiquités égyptiennes rassemblant près de 200 pièces qui seront exposées dans les écuries du palais royal, Place du Trône à Bruxelles. Une partie de la collection de ces expéditions d’Egypte sera transférée en 1914 au Musée du Cinquantenaire.

Moulage de reliefs de la tombe de Sethi I dans la Vallée des Rois, plâtre 19e siècle.
Moulages de reliefs de la tombe de Sethi I dans la Vallée des Rois, plâtre 19e siècle.

Statue en granit gris tacheté de la déesse Sekhmet à tête de lionne, Nouvel Empire, 18e dynastie vers 1388-1348 av. J.-C.
Statue en granit gris tacheté de la déesse Sekhmet à tête de lionne, Nouvel Empire, 18e dynastie vers 1388-1348 av. J.-C. Cette statue provenant de la collection égyptienne de Léopold II était placée dans le temple funéraire d’Amenhotep III à Thèbes dont l’emplacement est marqué aujourd’hui par les célèbres Colosses de Memnon.

Statue en granit d’une divinité à tête de faucon, Nouvel Empire, fin de la 18e dynastie, vers 1388-1298 av. J.-C.
Statue en granit d’une divinité à tête de faucon, Nouvel Empire, fin de la 18e dynastie, vers 1388-1298 av. J.-C. Lors de la visite de Léopold à Karnak, cette statue reposait à moitié ensevelie après avoir été mise au jour probablement par des équipes d’Auguste Mariette entre 1859 et 1860. Elle constitue l’un des fleurons de la collection égyptologique bruxelloise.

Collection d’Ouchebtis en faïence, bois stuqué et peint, Nouvel Empire, 19e dynastie, vers 1298-1187 av. J.-C.
Collection d’Ouchebtis en faïence, bois stuqué et peint, Nouvel Empire, 19e dynastie, vers 1298-1187 av. J.-C. La collection d’Ouchebtis de Léopold II comprenait 28 statuettes de serviteurs funéraires. Ces personnages étaient destinés à accompagner et à servir les défunts dans l’au-delà.

Statuettes de divinités en alliage cuivreux, Basse Epoque à Epoque Ptolémaïque, vers 525 av. J.-C. – 1er s. ap. J.-C.
Statuettes de divinités en alliage cuivreux, Basse Epoque à Epoque Ptolémaïque, vers 525 av. J.-C. – 1er s. ap. J.-C. Ces statuettes faisaient partie de la collection de Léopold II. Il s’agit d’ex-voto déposés par les pèlerins dans les temps pour honorer les principales divinités du pays, Osiris, Isis, Harpocrate, Ptah ou la déesse chatte Bastet.

Cercueil de faucon en bronze, Basse Epoque à Epoque gréco-romaine, vers 525 av. J.-C. – 1er s. ap. J.-C.
Cercueil de faucon en bronze, Basse Epoque à Epoque gréco-romaine, vers 525 av. J.-C. – 1er s. ap. J.-C. Le faucon est l’animal du dieu Horus, fils d’Osiris.

Fragment d’un couvercle en basalte légèrement concave du sarcophage de la dame Taredet, époque Ptolémaïque, 332 – 32 av. J.-C.
Fragment d’un couvercle en basalte légèrement concave du sarcophage de la dame Taredet, époque Ptolémaïque, 332 – 32 av. J.-C. Le texte s’adresse aux dieux protecteurs de l’au-delà, armés de bâtons en forme de serpents. Il leur est demandé d’accueillir la défunte en leur sein, de reconstruire sa personne et de la protéger.

Fragment d’un relief en calcaire d’un homme marchant, fin de l’Ancien Empire ou Première Période Intermédiaire, vers 2280-2066 av. J.-C.
Fragment d’un relief en calcaire d’un homme marchant, fin de l’Ancien Empire ou Première Période Intermédiaire, vers 2280-2066 av. J.-C. Gravées en creux, les formes anguleuses et les membres disproportionnés du personnage sont caractéristiques de l’art égyptien des périodes de transition.

Papyrus Léopold II, papyrus, encre, Nouvel Empire, 20e dynastie.
Papyrus Léopold II, papyrus, encre, Nouvel Empire, 20e dynastie. Ce papyrus fut découvert en 1935 par Jean Capart dans la statuette de Khây. Ce document reprend les dépositions de voleurs impliqués dans le pillage des tombes royales thébaines sous le règne de Ramsès IX, vers 1125 av. J.-C.

Emile de Meester de Ravenstein, Musée de Ravenstein, catalogue descriptif, 1871
Collections et mécénats privés, fin 19e siècle
Dans la Belgique du 19e siècle, les musées ne développent aucune politique d’achat. L’acquisition d’antiquités est tributaire de la générosités de mécènes. En 1861, le musée reçoit la majeure partie de la collection de l’archéologue liégeois Gustave Hagemans, l’un des premiers savants belges à avoir tâté de l’égyptologie. Président de l’Académie d’Archéologie, Hagemans organise en 1867 le premier Congrès international d’archéologie tenu en Belgique. En 1874, le diplomate et collectionneur Emile de Meester de Ravestein offre à l’Etat belge 5000 pièces dont 350 objets égyptiens de son Musée de Ravestein.

Statue en calcaire de la «Dame de Bruxelles». Fin de la 2e dynastie, vers 2600 av. J.-C.
Statue en calcaire de la «Dame de Bruxelles». Fin de la 2e dynastie, vers 2600 av. J.-C. Provenant de la collection Hagemans, cette statue est l’une des plus anciennes représentations féminines en ronde-bosse de l’art égyptien. La tête enfoncée dans les épaules et l’abscence de cou confèrent un aspect massif à l’oeuvre. Le socle qui portait le nom du personnage ayant été perdu, on donna à la statue l’appellation de «Dame de Bruxelles» depuis son acquisition par le musée.

Statuette en calcaire peint, Première période intermédiaire, vers 2117-2066 av. J.-C.
Statuette en calcaire peint, Première période intermédiaire, vers 2117-2066 av. J.-C.

Stèle de Haounefer en calcaire peint, Nouvel Empire, 18e dynastie, vers 1450 av. J.-C.
Stèle de Haounefer en calcaire peint, Nouvel Empire, 18e dynastie, vers 1450 av. J.-C. Haounefer était employé dans le temple funéraire du roi Amenhotep II. Il est représenté en adoration devant Osiris dans le régistre supérieur de cette stèle.

Vase canope en albâtre du grand prêtre de Ptah Sennefer, Nouvel Empire, 18e dynastie, Thoutmosis III, vers 1479-1424 av. J.-C.
Vase canope en albâtre du grand prêtre de Ptah Sennefer, Nouvel Empire, 18e dynastie, Thoutmosis III, vers 1479-1424 av. J.-C. La tombe située probablement à Saqqarah a été pillée au début du 19e siècle et son contenu a été dispersé.

Masque de cercueil en bois sculpté et peint, Nouvel Empire, vers 1549-1069 av. J.-C.
Masque de cercueil en bois sculpté et peint, Nouvel Empire, vers 1549-1069 av. J.-C. Ce masque a été découvert à Gournah, près de la tombe de Thèbes. Il provient probablement de la collection Lambruschini et, avant cela, de l’Expédition romaine en Egypte de 1840-1841.

Statuette de chat en bronze, Basse Epoque à Epoque ptolémaïque, vers 525-30 av. J.-C.
Statuette de chat en bronze, Basse Epoque à Epoque ptolémaïque, vers 525-30 av. J.-C. Si la plupart des statuettes sont de simples ex-voto, les plus grandes pouvaient servir de réceptacle à des momies de chats offertes à la déesse Bastet par les pèlerins visitant le temple.

Main de momie à l’annulaire portant une bague à scarabée en faïence avec monture en or, symbole de vie.
Main de momie à l’annulaire portant une bague à scarabée en faïence avec monture en or, symbole de vie. Gustave Hagemans écrivait à propos de cette main : «La petitesse de cette main aux doigts effilés, la délicatesse de ses formes, tout cela reconnaissable encore après plus de deux ou trois mille ans passés dans la tombe, nous font croire que ce fut la main de quelque riche jeune fille, trop tôt enlevée à l’amour de ses parents ou à l’amour de celui qui allait devenir son époux.»

Statuette de Ptah-Sokar-Osiris en bois stuqué et peint, Basse Epoque, vers 525-332 av. J.-C.
Statuette de Ptah-Sokar-Osiris en bois stuqué et peint, Basse Epoque, vers 525-332 av. J.-C. Provenant de la collection de Meester de Ravestein, la statue a été repeinte au début du 19e siècle. Les statuettes de ce dieu funéraire étaient placées dans les tombes. Leur socle contient souvent un papyrus du Livre des Morts.

Salle avec les Cercueils de la Deuxième Cachette de Deir el-Bahari.
Don du Khédive, 1893-1894
En 1894, la collection du musée s’accroît d’un lot important d’objets provenant d’une des plus fabuleuses découvertes archéologiques du 19e siècle, la «Deuxième Cachette» de Deir el-Bahari. Cette immense tombe collective intacte située près du temple de Hatchepsout contenait plusieurs centaines de cercueils des prêtres d’Amon de la 21e dynastie et de leur famille ainsi qu’un nombre incalculable d’objets funéraires. La tombe de Deir el-Bahari est vidée en quelques jours, sans plan, une véritable catastrophe archéologique. Les objets arrivent au Musée du Caire et le gouvernement égyptien du khédive (qui dirige l’Egypte à l’époque ottomane) décide d’offrir à la Belgique un lot de dix cercueils et planches de momies et de nombreux objets funéraires de cette extraordinaire cachette.

Cercueil en bois stuqué et peint d’un scribe des offrandes divines d’Amon, Troisième période Intermédiaire, 21e dynastie, vers 1064-940 av. J.-C.
Cercueil en bois stuqué et peint d’un scribe des offrandes divines d’Amon, Troisième période Intermédiaire, 21e dynastie, vers 1064-940 av. J.-C. Dans la Deuxième Cachette de Deir el-Barari, les momies des prêtres et prêtresses d’Amon étaient généralement placées dans deux cercueils, un grand et un petit, emboîtés l’un dans l’autre. Une planche de momie, sorte de couvercle plat, était posé directement sur les corps.

Cercueil en bois stuqué et peint d’un scribe des offrandes divines d’Amon, Troisième période Intermédiaire, 21e dynastie, vers 1064-940 av. J.-C.
Le cercueil d’un scribe des offrandes divines d’Amon est le seul ensemble complet de cercueils, extérieur, intérieur et planche de momie provenant de la Deuxième Cachette de Deir el-Bahari offert au Musée par les autorités égyptiennes. Le défunt est protégé par des gardiens de l’au-delà et par un vautour qui étend ses ailes autour de sa tête.

Cercueil intérieur et planche de momie en bois stuqué et peint, Troisième Période intermédiaire, 21e dynastie, vers 1064-940 av. J.-C.
Cercueil intérieur et planche de momie en bois stuqué et peint, Troisième Période intermédiaire, 21e dynastie, vers 1064-940 av. J.-C. Le cercueil était placé à l’entrée du premier couloir de la deuxième cachette de Deir el-Bahari. L’inscription qui couvre les pieds de la défunte indique ses titres de «maîtresse de maison et chanteuse d’Amon».

Le fond du cercueil la dame Taouseretempernesou
Le fond du cercueil la dame Taouseretempernesou porte une grande représentation de la déesse de l’Occident, personnification de la rive ouest du Nil où se trouvent les nécropoles.

Planche de la momie de la dame Taouseretempernesou
La planche de la momie de la dame Taouseretempernesou reprend le même schéma de décoration que le couvercle de son cercueil.

Cercueil intérieur et planche de momie en bois stuqué et peint d’une dame anonyme, Troisième période intermédiaire, 21e dynastie.
Cercueil intérieur et planche de momie en bois stuqué et peint d’une dame anonyme, Troisième période intermédiaire, 21e dynastie. Le nom de la défunte, «maîtresse de maison et chanteuse d’Amon» est inconnu. Le haut du couvercle est décoré d’un collier à multiples rangs de perles. Entre les mains posées à plat, émerge un scarabée ailé poussant devant lui le disque solaire.

Statue d’Osiris en bronze, Basse Epoque, vers 525-332 av. J.-C.
Statue d’Osiris en bronze, Basse Epoque, vers 525-332 av. J.-C. Osiris est la divinité funéraire la plus représentée dans le décor des cercueils de Deir el-Bahari. Il est coiffé de l’atef, une couronne composée d’une mitre centrale flanquée de plumes d’autruche et ornée des serpents dressés protecteurs de la royauté.

Relief en calcaire de Ramsès III et de la reine Tiyi-Merenaset, Nouvel-Empire, 20e dynastie, vers 1185-1153 av. J.-C.
Relief en calcaire de Ramsès III et de la reine Tiyi-Merenaset, Nouvel-Empire, 20e dynastie, vers 1185-1153 av. J.-C. Le roi Ramsès III fait une offrande de vases à une déesse, probablement Isis, assise devant lui. Derrière le pharaon, son épouse la reine Tiyi-Merenaset agite des sistres, un instrument de musique dont le son évoquait le bruissement des papyrus dans les marais.

Petit naos en faïence, Basse Epoque à Epoque Ptolémaique, vers 525 – 30 av. J.-C.
Petit naos en faïence, Basse Epoque à Epoque Ptolémaique, vers 525 – 30 av. J.-C. Cette amulette en forme de naos est habité par trois divinités. Le jeune Horus au centre est entouré d’Isis à droite et de Nephthys à gauche. Le revers représente Isis qui étend ses ailes en signe de protection.



Relief funéraire en calcaire de Toumhotep, Nouvel Empire, 19e dynastie, vers 1298-1187 av. J.-C. Ce relief provient de la tombe de Toumhotep, prêtre lecteur dans le temple de Ré à Héliopolis. Le cortège funéraire est l’un des thèmes favoris du décor des tombes. On y retrouve Anubis ou un prêtre à masque de chacal qui tient la momie du défunt devant sa tombe. Il est suivi d’un prêtre lecteur qui lit le rituel sur un papyrus qu’il déroule et de pleureuses qui se lamentent.

Coffre à ouchebtis en bois peint, Troisième Période Intermédiaire, 21e dynastie, vers 1064-940 av. J.-C.
Coffre à ouchebtis en bois peint, Troisième Période Intermédiaire, 21e dynastie, vers 1064-940 av. J.-C. La Deuxième Cachette de Deir el-Bari contenaient de nombreux objets, vanneries contenant des provisions, guirlandes de fleurs, vases canopes destinés à abriter les viscères des défunts, statues d’Osiris en bois, stèles, pièces de mobilier ou céramiques et de nombreux coffres à ouchebtis, soit plusieurs milliers de statuettes.
Jean Capart, égyptologue (1900-1947)
En 1900, Jean Capart (1877-1847), âgé d’à peine 23 ans, est nommé conservateur adjoint du musée. Il deviendra ensuite conservateur puis directeur général. D’un enthousiasme et d’un dynamisme permanents, il va en une cinquantaine d’années donner son véritable essor à la collection égyptienne du musée de Bruxelles. (voir mon reportage sur Jean Capart)

Petite stèle magique en stéatite, probablement Basse Epoque, vers 515-332 av. J.-C.
Petite stèle magique en stéatite, probablement Basse Epoque, vers 515-332 av. J.-C. On y découvre six crocodiles et un serpent. Ces petites styles probablement placées dans les maisons devaient protéger les habitants contre les animaux dangereux et toutes sortes de périls et de maladies.

Stèle du héraut Mem, en calcaire, Moyen Empire, vers 2066-1650 av. J.-C.
Stèle du héraut Mem, en calcaire, Moyen Empire, vers 2066-1650 av. J.-C. Mem s’avance vers une table d’offrandes, suivi de son épouse In et de sa mère Mathiemhat qui tiennent des fleurs et lotus épanouies, symbole de renaissance.

Pectoral de Ramsès III, bronze doré avec incrustations de pâtes de verre colorées, Nouvel Empire, 20e dynastie, vers 1185-1153 av. J.-C.
Pectoral de Ramsès III, bronze doré avec incrustations de pâtes de verre colorées, Nouvel Empire, 20e dynastie, vers 1185-1153 av. J.-C. Ce pectoral servait d’offrande funéraire fixé sur la poitrine d’une momie. Il provient de l’ancienne collection Hilton Price, riche banquier et collectionneur londonien. Ramsès III, agenouillé dans un petit naos, fait offrande à Amon-ré assis sur un trône.

Collier ousekh, en faïence, Moyen-Empire, vers 2066-1650 av. J.-C.
Collier ousekh, en faïence, Moyen-Empire, vers 2066-1650 av. J.-C. Le large pectoral est composé de cinq rangs de perles tubulaires en faïence et de deux fermoirs en forme de tête de faucon. Le faucon renvoie au dieu Horus dont le roi est l’incarnation sur terre.

Ensemble de vases factices, en bois stuqué et peint, Nouvel Empire, 19e dynastie, vers 1298-1187 av. J.-C.
Ensemble de vases factices, en bois stuqué et peint, Nouvel Empire, 19e dynastie, vers 1298-1187 av. J.-C. Ces objets funéraires en bois plein sont peints pour imiter des vases en pierre, en granit rose, en albâtre ou en terre cuite, destinés à contenir des boissons pour les défunts.

Petit vase en stéatite glaçurée verte, Nouvel-Empire, 18e dynastie, vers 1549-1298 av. J.C.
Petit vase en stéatite glaçurée verte, Nouvel-Empire, 18e dynastie, vers 1549-1298 av. J.C. Ce vase provient de l’ancienne collection MacGregor. Sa forme qui imite les céramiques d’importation chypriotes rappelle celle du fruit du pavot. Le vase était peut être destiné à contenir de l’opium importé de Chypre.

Applique en forme de dieu Bès, bois ébène, Nouvel Empire, vers 1549-1298 av. J.-C.
Applique en forme de dieu Bès, bois ébène, Nouvel Empire, vers 1549-1298 av. J.-C. Le dieu Bès est l’un des principaux génies protecteurs des anciens Egyptiens. Son corps musculeux et sa tête léonine en font une divinité redoutable sollicitée pour protéger les femmes en couche et les jeunes enfants.

Statuette d’hippopotame, faïence, Moyen-Empire, vers 2066-1650 av. J.-C.
Statuette d’hippopotame, faïence, Moyen-Empire, vers 2066-1650 av. J.-C. Les hippopotames en faïence bleue, au corps couvert de plantes, d’oiseaux et d’insectes des marais, sont des objets caractéristiques des tombes du Moyen Empire. L’hippopotame symbolise les dangers de la navigation sur le Nil, assimilée au passage vers l’au-delà.
Gourob, 1903-1904, 1920-1921
Le site de Gourob se trouve à l’entrée de la dépression fertile du Fayoum. Il comprend un palais harem de la 18e dynastie. Plus de 250 objets issus de ces différentes campagnes de fouilles ont rejoint les collections du musée.

Paire de claquoirs en bois, Nouvel Empire, fin de la 18e dynastie.
Paire de claquoirs en bois, Nouvel Empire, fin de la 18e dynastie. Ces claquoirs sont une sorte d’instrument de musique. Ils se terminent par une main émergeant d’une ombelle de papyrus.

Groupe de vases à vin en terre cuite, Nouvel Empire, 19e dynastie.
Groupe de vases à vin en terre cuite, Nouvel Empire, 19e dynastie. Ce type de vases est caractéristique de l’époque ramesside. Il se définit par un très haut col sur lequel sont souvent peints en rouge des motifs floraux, des guirlandes ou des rubans.
Amarna, 1891-1892, 1927-1936
Amarna est l’éphémère résidence royale fondée par Akhenaton en Moyenne-Egypte. Cette ville neuve avec ses palais et ses temples était dédiée au culte exclusif du dieu solaire Aton imposé par le pharaon. Le musée a acquis plus de 250 objets issus de ces deux campagnes de fouilles.

Talatat avec soldats, grès peint, Nouvel Empire, 18e dynastie, vers 1360-1343 av. J.-C.
Talatat avec soldats, grès peint, Nouvel Empire, 18e dynastie, vers 1360-1343 av. J.-C. Le tatalat est un bloc de pierre de dimension standardisée typique de l’époque armarnienne. Ce relief a été découvert dans le palais royal d’Amarna. Il représente des soldats en train de parader.
Abydos 1899-1922
Plusieurs centaines d’objets et des milliers de fragments de vases en pierre de la collection du musée proviennent des fouilles des anciennes tombes royales à Abydos, ville sainte d’Osiris, en Haute-Egypte.

Relief au nom de Sethi II, en pierre calcaire, Nouvel Empire, 19e dynastie, vers 1201-1195 av. J.-C.
Relief au nom de Sethi II, en pierre calcaire, Nouvel Empire, 19e dynastie, vers 1201-1195 av. J.-C. Ce fragment en relief provient des fouilles d’Abydos.
La Nubie, 1909-1936
De nombreux sites de Nubie, l’actuel Soudan, ont été fouillés par les archéologues anglais des universités d’Oxford et de Liverpool. La collection du musée possède plusieurs centaines d’objets des principaux sites nubiens comme Kerma, Kawa ou Méroé, la capitale du royaume méroïtique grâce auquel la civilisation pharaonique se perpétue au début de l’ère chrétienne.

Groupe de grands vases en terre cuite à décors incisés, Epoque post méroïtique, 4e-5e s. ap. J.-C.
Groupe de grands vases en terre cuite à décors incisés, Epoque post méroïtique, 4e-5e s. ap. J.-C. Vases à provisions décorés de motifs géométriques en incisions et ponctuations. Leur décor abstrait évoque peut-être des récipients en vannerie.

Applique en forme de tête de bélier, en faïence, probablement 25e dynastie, vers 752-656 av. J.C.
Applique en forme de tête de bélier, en faïence, probablement 25e dynastie, vers 752-656 av. J.C. En Nubie, c’est surtout sous sa forme de bélier que le dieu Amon est honoré. Il est ici coiffé du disque solaire orné d’uraeus.
Deir El-Bahari, 1903-1907
Le musée de Bruxelles soutient financièrement la fouille du temple du roi Nebhepetré Mentouhotep II, de la 11e dynastie qui se trouve sur le site de Deir el-Bahari, non loin du temple de la reine Hatchepsout. Près de 200 objets mis au jour par l’équipe de l’égyptologue suisse Naville rejoignent les collections du musée

Fragment d’une inscription du temple Djeser-Akhet à Deir el-Bahari, en calcaire peint, Nouvel Empire, 18e dynastie, vers 1479-1424 av. J.-C.
Fragment d’une inscription du temple Djeser-Akhet à Deir el-Bahari, en calcaire peint, Nouvel Empire, 18e dynastie, vers 1479-1424 av. J.-C. Sur ce bloc à la polychromie très bien conservée était mentionné un dieu ‘maître du ciel, résidant au Djeser-Akhet’, le nom du temple de Thoutmosis III.

Fragment d’une colonne octogonale, en grès peint, site de Deir el-Bahari, Moyen Empire, 11e dynastie, vers 2066-2014 av. J.-C.
Fragment d’une colonne octogonale, en grès peint, site de Deir el-Bahari, Moyen Empire, 11e dynastie, vers 2066-2014 av. J.-C. Le temple funéraire de Mentouhotep II comportait de nombreuses colonnes de sections octogonales. On y lit le nom du pharaon, Nebhepetré, précédé de son titre de roi de Haute et de Basse Egypte.
Fondation égyptologique Reine Elisabeth, 1923
Jean Capart accompagne la reine Elisabeth en 1923 pour assister à l’ouverture du tombeau de Toutankhamon découvert par Howard Carter. C’est pendant ce voyage que Capart suggère à la reine de créer une fondation égyptologique destinée à promouvoir les expéditions d’Egypte et les connaissances scientifiques concernant l’Egypte ancienne. La Fondation égyptologique Reine Elisabeth devient rapidement un important centre de recherche et de diffusion de l’égyptologie, grâce à ses nombreuses publications et conférences. Elle contribue occasionnellement à l’enrichissement de la collection égyptienne, en apportant son soutien financier à certaines acquisitions. (voir mon reportage sur le tombeau de Toutankhamon et sur la maison musée d’Howard Carter à Louxor)

Collier en pâte de verre et or, Moyen Empire, vers 2066-1650 av. J.-C.
Collier en pâte de verre et or, Moyen Empire, vers 2066-1650 av. J.-C. Ce collier a été offert au Musée par la Fondation égyptologique Reine Elisabeth. Il est composé d’un petit tube doré décoré de granulations et de neufs petits coquillages dorés et de perles en grenat et pâte de verre. Le montage du collier a été réalisé en 2003.
Les fouilles d’Elkab, 1937-1946
En 1936, Jean Capart reçoit l’autorisation d’effectuer de nouvelles expéditions d’Egypte. L’objectif est de fouiller le site d’Elkab, en Haute-Egypte. de dresser le plan et de dégager la zone des temples de Nekhbet et de Thot. De nombreux objets sont découverts, parmi lesquels un magnifique buste en granit rose d’Amenhotep II qui est aujourd’hui une des oeuvres les plus impressionnantes des Musées royaux d’Art et d’Histoire.

Linteau d’Amenhotep Ier en grès peint, Nouvel Empire, 18e dynastie.
Linteau d’Amenhotep Ier en grès peint, Nouvel Empire, 18e dynastie. Ce linteau provient du sanctuaire est du temple de Nekhbet à Elkab. Le nom du pharaon contenait celui du dieu Amon ainsi que celui de la déesse Nekhbet. Il a été martelé probablement sous le règne d’Akhénaton.
La collection égyptienne après 1950
Jean Capart disparaît le 16 juin 1947. Quelques achats sont encore effectués chez des marchands d’arts et le musée reçoit des dons qui enrichissent la collection égyptienne. Mais la priorité n’est plus d’accroître la collection qui rassemble plus de 12.000 objets authentiques plus de nombreux moulages qui illustrent tous les aspects de la civilisation égyptienne.

L’époque des grandes expéditions d’Egypte où les fouilles alimentaient en permanence les collections européennes est à présent révolue. Aujourd’hui, l’Etat égyptien gère son patrimoine archéologique en toute indépendance et plus aucun objet découvert dans la vallée du Nil ne peut quitter le pays. Comme beaucoup de pays autrefois colonisés, l’Egypte revendique la restitution de pièces majeures de son patrimoine archéologique emportées illégalement. Pour les conservateurs, il s’agit dès lors d’examiner en profondeur l’origine des acquisitions des objets de leur collection et la légalité de leur présence dans les musées occidentaux. Les objets qui auraient été exportés illégalement devront être restitués aux autorités égyptiennes.




Les réserves des Musées regorgent d’objets qu’il faut encore inventorier, classer, décrire et restaurer. Ce travail souvent réalisé dans le cadre de partenariats internationaux offre l’opportunité de redécouvrir quotidiennement des trésors oubliés ou méconnus dont certains retrouvent progressivement leur place dans les salles d’exposition permanentes.

Musée d’Art et d’Histoire, exposition Expéditions d’Egypte, du 31 mars au 1er octobre 2023, 10 Parc du Cinquantenaire, Bruxelles, Belgique. https://www.artandhistory.museum/
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Félicitation pour ce reportage !
Merci Christine, c’était une superbe expo