Symbole de la ville de Bourges, le Palais de Jacques Coeur est l’un des plus somptueux édifices civils du Moyen Age français.

 

Duché de Berry

Né vers 1400, Jacques Coeur est le fils d’un maître fourreur de Bourges. Au 15e siècle, Bourges est la capitale alors florissante du duché de Berry. On affirmait que quarante clochers s’élevaient vers le ciel de la ville, au-dessus des nombreux toits à pans aigus. Le duc Jean de Berry y tenait une cour somptueuse. On doit à ce souverain le manuscrit d’enluminures ‘Les Très Riches Heures du duc de Berry’.

Maison dite natale de Jacques Coeur à Bourges

Bourgeois de Bourges

Jacques Coeur vit avec sa famille dans une maison à pans de bois située près du palais, dans le centre de Bourges. Le jeune homme suit des études dans une école tenue par des clercs. Il n’est pas très instruit mais il est énergique et courageux. Vers 1420, Jacques Coeur épouse une voisine, Macée de Léodepart, la fille du prévôt de Bourges ce qui le fait entrer dans la bourgeoisie locale. Jacques Coeur obtient la fonction de Maître des Monnaies de Bourges qui assure l’approvisionnement du Trésor Royal.

Jacques Coeur, 15e siècle, Bourges, Musée du Berry

Macée de Léodepart, 15e siècle, Bourges, Musée du Berry

Négociant et armateur

Après un voyage au Proche-Orient en 1432, Jacques Coeur se lance dans le négoce avec les pays du Levant. Il affrète une douzaine de navires, les galées, qui sillonnent la Méditerranée afin de fournir en produits de luxe la cour royale. Les bateaux qui arborent le pavillon aux fleurs de lys bénéficient du monopole royal d’importation des produits venant d’Orient, principalement des épices. Il va créer plus de trois cents comptoirs où s’entreposent toutes sortes de marchandises.

Galée de Jacques Coeur

Ci-dessus: Vitrail dans la Chambre des Galées du Palais de Jacques Coeur. Le bateau de marchandise est armé à l’avant et à l’arrière de canons pour lutter contre la piraterie.

Voyage vers l’Orient

Les voyages commerciaux de Jacques Coeur le mènent de Montpellier jusqu’au Magreb, Alexandrie, Beyrouth, Damas, Rhodes, Chypre ou Malte. Il obtient du Pape l’autorisation de commercer avec les ‘infidèles’. Les bateaux transportent vers l’Orient des draps de Flandres, des fourrures et de l’argent. Ils reviennent chargés d’or et d’épices, de tapis, de coton et de soieries. Les princes d’Orient lui font confiance et son ascension est fulgurante.

Carte des voyages commerciaux de Jacques Coeur

L’Argentier du Roi

En 1438, le roi Charles VII confie à Jacques Coeur l’Argenterie de la Maison du Roi, d’où son titre de Monseigneur l’Argentier. Il n’est pas ministre des finances mais plutôt une sorte d’intendant de la maison royale. Ses gages sont modestes mais il est bien placé pour fournir au souverain et aux cours princières, aux militaires, à la noblesse et aux bourgeois des marchandises de luxe et des parures dignes de leur rang. Et il en tire un grand profit.

Jacques Coeur par Auguste Préault

Ci-dessus: Jacques Coeur, statue en marbre érigée devant le palais par le sculpteur Auguste Préault, 1879. Scrutant un horizon lointain, l’homme richement habillé et sa bourse gonflée d’écus, est figuré au faîte de sa gloire.

Sire Jacques Coeur

En 1441, Jacques Coeur est anobli par Charles VII. De simple marchand, il devient l’un des personnages les plus puissants du royaume. Le roi lui donne la direction de l’hôtel des Monnaies à Paris. Il le charge de prélever les recettes fiscales du Languedoc ainsi que celles qui touchent au commerce du sel. L’homme de confiance du roi est aussi un homme d’affaires. Il prélève au passage de solides commissions qui lui permettent d’amasser une fortune considérable qui devient la plus grande fortune privée du royaume de tout le 15e siècle.

La personnalité de Jacques Coeur est évoquée par un contemporain, Thomas Bastin, évêque de Lisieux. «La maison du roi était, à cette époque, administrée par un homme des plus industrieux et des plus ingénieux Jacques Coeur, de Bourges, d’une famille plébéienne, mais doué à coup sûr d’un esprit aussi développé que persévérant, et d’une prudence rare… C’était un homme sans lettres, mais d’un grand esprit naturel, et particulièrement ouvert et industrieux pour ce qui regardait les affaires.» 

Palais de Jacques Coeur à Bourges

La grand’ Maison

Au faîte de sa carrière, Jacques Coeur construit, de 1443 à 1451, la grand’ Maison de Bourges. En 1450, le palais presque achevé est déjà garni de meubles, de tapisseries et de vaisselle d’argent. Jacques Coeur donne dans son palais une grande réception pour célébrer l’intronisation de son fils Jean comme archevêque de Bourges. Accusé de trafic de monnaie, d’abus d’influences et de biens sociaux, Jacques Coeur tombe en disgrâce. Il est arrêté par le roi en 1451. Ses biens sont confisqués et il meurt en 1456 sans avoir jamais pu habiter son palais.

Palais de Jacques Coeur à Bourges

Le palais d’un prince

Situé à mi-chemin entre la ville haute et la ville basse, à proximité du palais ducal et de la cathédrale de Bourges, le Palais de Jacques Coeur prend appui sur une muraille gallo-romaine dont il incorpore trois tours avec leurs courtines. Le palais comprend quatre corps de bâtiments qui s’organisent autour d’une cour centrale. La façade du logis seigneurial située dans la ville haute est finement décorée et ouvragée, affichant la réussite sociale de Jacques Coeur. L’autre façade, du côté de la ville basse, est fortifiée et pourvue de tours de défense.

Plan du rez-de-chaussée du Palais de Jacques Coeur par Huignard

Selon le cahier des charges, la demeure doit être grande, large, haute et magnifique. Une sorte de maison forte qui prend pour modèle le château du duc Jean de Berry à Mehun-sur-Yèvre dont on peut admirer la silhouette dans les ‘Très Riches Heures du duc de Berry’. Cet édifice civil de style gothique flamboyant est pourtant en rupture avec l’architecture religieuse, de défense ou les simples maisons à pans de bois de son époque. D’une évidente modernité pour cette fin de Moyen-Age, le palais doit se prêter à plusieurs fonctions: l’apparat, la sociabilité, la vie privée et le confort domestique.

Epis de faîtage

Ci-dessus : Epis de faîtage en plomb ouvragé décoré aux armes et emblèmes de Jacques Coeur. Il était à l’origine peint et doré.

Antonio d’Asti, poète et chroniqueur italien du 15e siècle, évoque le Palais de Jacques Coeur. «Là, j’ai vu encore un hôtel digne d’un grand prince que fit bâtir, avec un soin extrême, l’argentier de notre puissant roi, cet homme aussi grand par l’esprit que riche par ses trésors qui l’égalent au célèbre Crassus, d’illustre renommée; et, quoiqu’il n’ait pas encore achevé son hôtel, il a déjà dépensé cent mille écus d’or, tant il déploie d’efforts pour se construire une belle demeure, tant il désire que rien ne manque à la splendeur de cette résidence.»

Façade côté rue du Palais de Jacques Coeur

La façade du palais côté rue

Au centre de la façade du palais se dresse le haut pavillon d’entrée ouvert par un porche pour les voitures à cheval et un passage piétonnier.  Au-dessus de la porte cochère, un dais protégeait une statue équestre de Charles VII démolie en 1792. Il est surmonté par la verrière de la chapelle. Le pavillon d’entrée est encadré de deux ailes. La tourelle octogonale de d’escalier d’honneur s’achève en une pyramide ouvragée. A l’origine, le rez-de-chaussée du palais ne comporte que de rares et petites ouvertures tandis que l’étage est largement éclairé par de multiples fenêtres qui captent la lumière et semblent s’ouvrir sur le monde.

Jacques Coeur, sculpture du 15e siècle
Palais de Jacques Coeur (5)
Palais de Jacques Coeur (4)
Macée de Léodepart, sculpture du 15e siècle

A coeurs vaillants

La façade gothique du Palais de Jacques Coeur déploie un décor emblématique exceptionnel. Deux fausses fenêtres sculptées dans le pavillon d’entrée du palais représentent un homme et une femme accoudés pour regarder ce qui se passe dans chaque côté de la rue. Il s’agit probablement de Jacques Coeur et de son épouse Macée de Léodepart. Dix sept petites têtes sculptées évoquent des scènes de la vie quotidienne des habitants de Bourges ou les voyages du maître de maison. Les emblèmes de Jacques Coeur, la coquille de Saint-Jacques pour son prénom et le coeur pour son nom, ainsi que sa célèbre devise «A vaillant coeur, rien d’impossible» y côtoient les attributs royaux sur le tympan de la verrière de la chapelle, la fleur de lys soutenue par deux coeurs.

Palais de Jacques Coeur côté cour

La cour du palais

La cour du Palais de Jacques Coeur présente un plan allongé et irrégulier dû aux contraintes imposées par les anciens remparts. La cour est refermée au nord, à l’est et au sud et par une série de galeries et à l’ouest par le logis seigneurial. Trois tours d’escalier à vis permettent d’accéder à tous les étages, y compris les combles. La niche au dessus du porche devait abriter une sculpture équestre de Jacques Coeur. Le tympan du grand vitrail de la chapelle est orné d’une fleur de lys, symbole de la royauté, et de deux petits coeurs, emblème de Jacques Coeur.

Pavillon d’entrée côté cour

Les galeries basses

Ouvertes sur la cour par une série d’arcades en anse de panier, les galeries basses invitaient à la flânerie, une façon ‘d’épater la galerie’. Côté sud, les galeries s’ouvrent sur un jardin et un promenoir posé en encorbellement sur le mur d’enceinte.

Galeries basses du Palais de Jacques Coeur côté cour

Près du pavillon d’entrée se trouve l’escalier qui mène à la chapelle. On a sculpté sur le porche des scènes religieuses où les hommes et les femmes semblent entrer et sortir du lieu de culte.

Porche d’entrée de l’escalier menant à la Chapelle

Les galeries hautes

De part et d’autre de la chapelle, à l’étage, deux galeries surmontent les galeries basses ouvertes sur la cour. C’était des lieux de passage et de divertissement. La Galerie Nord que l’on appelait parfois galerie d’hiver est éclairée par des fenêtres autrefois ornées de vitraux qui représentaient les douze mois de l’année. Les vitraux ont disparu, tout comme les cheminées adossées au mur nord.

Galerie Haute Nord

Une impressionnante voûte de charpente lambrissée sur fils d’arcs en forme d’accolade couvre la Galerie Est. Chaque nervure repose sur des culots en bois sculpté ornés de bustes d’anges, d’hommes et de femmes.

Galerie haute Est

La voûte de la Galerie Est est reliée à celle de la Galerie sud par une habile pénétration perpendiculaire aux croisement des berceaux. Ce travail exceptionnel témoigne d’une réelle perfection architecturale que l’on ne peut observer nulle part ailleurs en France.

Voûte à l’intersection des Galeries hautes Est et Sud

Deux cheminées monumentales aux manteaux sculptés réchauffent la galerie Sud. La première surnommée la cheminée des loisirs de la noblesse représente des couples de nobles ou de bourgeois accoudés aux fenêtres qui se divertissent. Certains jouent aux dames tandis que d’autres dégustent des fruits. Plus haut, une frise sculptée donne vie à un tournoi de paysans montés sur des ânes.

Chemine des Loisirs de la noblesse dans la Galerie haute Sud

 

 

Détail de la Cheminée des Loisirs de la Noblesse dans la Galerie haute Sud

La cheminée de droite surnommée la cheminée des jeux de la guerre représente une sorte de grande forteresse couronnée d’un chemin de ronde avec mâchicoulis. Chaque meurtrière est occupée par des soldats. Au-dessus du chemin de ronde, la toiture est percée de deux lucarnes où apparaissent de grandes dames en costume de cour qui semblent assister au spectacle du siège.

Cheminée des Jeux de la guerre dans la Galerie haute Sud

Détail de la Cheminée des jeux e la guerre dans la Galerie haute Sud

La Chapelle

La chapelle du Palais de Jacques Coeur est éclairée par un immense vitrail. De part et d’autres de l’autel, on trouve deux oratoires, l’un aux armes de Jacques Coeur, l’autre à ceux de Lambert de Léodepart, père de son épouse. Du décor d’origine subsistent la boiserie de l’autel et les peintures de la voûte restaurées en 1869 par Denuelle qui a aussi peint les murs.

Voûte de la Chapelle du Palais de Jacques Coeur

La voûte de la chapelle est ornée de vingt anges aux couleurs du roi, vert, blanc et rouge, qui portent des extraits du Gloria et du Cantique des Cantiques. L’élégance des drapés fait penser à l’oeuvre de Jacob de Littemond, peintre de Charles VII.

Console de niche de la Chapelle ornée de prophètes déroulant des phylactères.

Pieta en pierre du 16e siècle dans la Chapelle

Le logis seigneurial

Isolé de la ville par les corps de galeries qui entourent la cour intérieure, le corps de logis comprend, de part et d’autre de l’escalier d’honneur, deux ailes largement percées de croisées. Les tourelles d’escalier donnent accès aux étages. Les salles de réception et les appartements privés sont équipés de cheminées richement décorées. Le Palais de Jacques Coeur préfigure les hôtels particuliers de la Renaissance.

Corps de logis du Palais de Jacques Coeur

Côté cour, l’escalier d’honneur installé dans la tour centrale du corps de logis porte un abondant décor sculpté en haut-relief. Sur le tympan des portes, on découvre des arbres exotiques, le cèdre, le citronnier, l’olivier et le palmier dattier qui évoquent les voyages de Jacques Coeur en Orient. Au-dessus, dans des quadrilobes sur les allèges des fenêtres de la tour, on découvre des personnages, le maître de maison et son entourage.

Salle des Festins au rez-de-chaussée du logis

Salle des Festins

De grandes baies à meneaux éclairent généreusement la Salle des Festins située au rez-de-chaussée de l’aile gauche du logis. Dans cette grande salle de réception et d’apparat d’environ 150 mètres carrés trône une cheminée monumentale. Démolie vers 1820, la cheminée a pu être reconstituée dans ses grandes lignes grâce à des morceaux retrouvés vers 1920. Le manteau de la cheminée est décoré de buissons de roses et de bouquets d’iris surmontés d’une enceinte crénelée. Elles ont gardé des traces de polychromie.

Cheminée de la Salle des Festins

A droite de la cheminée de la salle des festins, une porte est rehaussée d’un tympan orné de fleurs de lys, emblèmes royaux. Il est surmonté d’un cerf et d’une biche ailés, figures symboliques du roi Charles VII et de son épouse Marie d’Anjou.

Tympan de porte de la Salle des Festins

L’escalier à vis de la tour d’honneur relie la salle des festins à la salle d’apparat haute. L’escalier qui s’arrête aux trois quarts de sa hauteur a été largement reconstruit au 18e siècle et équipé d’une rampe en fer forgé très ouvragé.

Escalier à vis de la tour d’honneur

Salle d’apparat

L’escalier mène à la salle d’apparat située à l’étage, au dessus de la salle des festins. Ce salon de réception a été profondément modifié pour y installer la salle d’audience de la cour royale en 1822. La salle était à l’origine réchauffée d’une cheminée monumentale. Elle était directement relié aux appartements du maître de maison.

Salle d’apparat à l’étage du logis

Restitution en plâtre du tombeau du duc Jean de Berry par Paul Gauchery

Tapisserie flamande du 17e siècle dans la salle d'apparat haute (3)
Tapisserie flamande du 17e siècle dans la salle d'apparat haute (1)
Tapisserie flamande du 17e siècle dans la salle d'apparat haute (4)
Tapisserie flamande du 17e siècle dans la salle d'apparat haute (2)

 

Ci-dessus: Une tapisserie flamande du 17e siècle, de Bruxelles ou d’Audenarde. Elle représente le déluge et l’arche de Noé.

Les appartements privés

L’aile droite du logis de Jacques Coeur est consacrée à la vie de famille, aux appartements privés et à l’espace des domestiques, cuisine, salle d’eau et de chauffe, étuve, grand office près de la salle d’apparat. En avance sur son temps, Jacques Coeur s’est inspiré pour construire son palais de toutes les innovations qu’il a vues lors de ses voyages en Italie ou en Orient. Dans un souci de confort et d’hygiène, il fait installer des latrines qui se vident par des conduits intérieurs dans une grande fosse maçonnée dans les sous-sols, ce qui est révolutionnaire pour cette époque moyenâgeuse.

Escaliers corridors du Palais de Jacques Coeur (5)
Escaliers corridors du Palais de Jacques Coeur (6)
Escaliers corridors du Palais de Jacques Coeur (2)
Escaliers corridors du Palais de Jacques Coeur (4)
Escaliers corridors du Palais de Jacques Coeur (1)
Escaliers corridors du Palais de Jacques Coeur (3)

La circulation, corridors et escaliers

La circulation des pièces d’apparat est dissociée des appartements privés et des communs grâce à sept escaliers à vis, des galeries, des réduits et des corridors qui permettent de gagner discrètement les appartements en évitant l’enfilade des chambres privées. Ces passages discrets pouvaient servir au personnel de la maison.

Tympan de la porte d’entrée de l’escalier de service

Les communs

Sur le tympan de la porte d’entrée de la tour d’angle nord, un haut relief-sculpté représente une scène domestique. Tel un panneau signalétique, il indique l’accès aux cuisines et aux caves. Il représente des personnes qui préparent le repas autour d’une cheminée où chauffe une marmite suspendue à une crémaillère. La femme lave un plat. L’homme broie à l’aide d’un pilon quelque épice tandis que le marmiton tourne la broche.

L’Office avec le passe-plat

L’Office

Un passe-plat ménagé dans le mur relie la salle des festins à l’office. On y entreposait les plats préparés dans la cuisine qui occupait une pièce à l’angle de l’aile nord et ouest. L’office est sans cheminée et éclairé seulement par une petite fenêtre afin de maintenir l’ombre et la fraîcheur. La pièce est dotée de profonds placards aménagés dans l’épaisseur des murs. L’escalier donne accès à une cave.

L’Etuve

La salle de chauffe et les étuves

La pièce située entre l’office et la cuisine que l’on appelle la ‘Petite cuisine’ est pourvue d’une grand cheminée qui avait pour fonction de chauffer les dalles de porphyre de l’étuve. Le système est ingénieux. Les dalles de l’étuve reposent sur des piles de briques de 60cm de haut. L’air chaud provenant de la cheminée s’engouffre et réchauffe le sol. En jetant de l’eau sur les dalles, un bain de vapeur se crée. L’étuve est une petite pièce couverte d’une voûte en croisée d’ogive. Elle comporte deux bassins creusés dans le mur qui sont alimentés en eau froide et eau chaude. C’est l’ancêtre de notre salle-de-bain.

Chambre de l’Entresol

Les appartements privés

Situé à un niveau intermédiaire, entre l’office et la chambre des Galées, cette pièce servait peut être de salon d’hiver, son plafond bas permettant facilement de la chauffer.

Chambre des Galées

Chambre des Galées

Destinée au maître de maison, cette chambre est la plus vaste du logis. Elle tire son nom du décor d’origine consacré à la flotte de Jacques Coeur. Il nous reste un vitrail où figure un bateau de l’argentier avec dans le fond, un port fortifié (voir photo plus haut). Sur le tympan de la porte, un haut-relief sculpté représente une galée. La galée est une embarcation à coque ronde avec un mat et une voile. Elle est propulsée à la fois par la voile et par les rames. Un matelot monte aux cordages pour atteindre la vigie au dessus du mât central.

Tympan d’une porte de la Chambre des Galées

La chambre des Galées ouvre sur plusieurs pièces qui forment un vaste appartement desservi par un couloir privé. L’appartement était meublé d’un grand et d’un petit lit, d’un gros coffre de bois, d’un buffet à deux portes, d’une table sur tréteaux, d’un bac et de six tabourets. Une tapisserie «à galées et galéasses» portait la devise de Jacques Coeur.

Cabinet des Echevins

Cabinet des Echevins

Située dans le donjon, cette pièce a conservé un manteau de cheminée orné sous un arc en accolade d’un ange portant la devise de Jacques Coeur «A vaillants coeurs rien d’impossible». A la fin du 17e siècle, le Palais de Jacques Coeur devient l’hôtel de ville de Bourges. La chambre qui sert de cabinet des échevins est peinte par Michel Longuet d’un décor en grisaille. Il décrit des scènes de réjouissances populaires en l’honneur de la naissance de Charles, duc de Berry et petit-fils de Louis XIV, baptisé en 1687.

Chambre des Etudes

Chambre des études

La cheminée de la chambre des études, très mutilée, fut rétablie avec son décor constitué d‘un large bandeau trilobé orné de coeurs et de coquilles Saint-Jacques. A gauche, une porte ouvre sur un couloir à la dérobade qui permet l’indépendance de chaque pièce l’une de l’autre. Au bout du couloir, on retrouve l’escalier privé qui descend vers l’étuve et la salle de chauffe.

Exposition Au coeur du vivant de l’artiste Fanny Ferré

Au coeur du vivant

Lors de ma visite au Palais de Jacques Coeur, en 2025, j’ai découvert des sculptures de l’artiste Fanny Ferré qui faisaient écho à l’architecture gothique flamboyante du palais. Ses personnages, sans âge, sans appartenance géographique, presque universels, nous font réfléchir sur la condition humaine. Ils portent en eux la vie, la liberté, le voyage, la découverte de l’autre. https://www.facebook.com/fannyferreberthe/?locale=fr_FR

Palais de Jacques Coeur à Bourges

Bourges, Ville d’Art et d’Histoire

Le centre historique de Bourges et ses rues pavées sont bordés de nombreuses maisons à pans de bois et d’hôtels particuliers. On visite la Cathédrale, le Palais de Jacques Coeur et les Marais enclavés dans la ville. La Route de Jacques Coeur traverse le Berry à la découverte de châteaux, jardins, villes et sites remarquables. Bourges sera Capitale Européenne de la Culture en 2028. Bourges se situe dans le département du Cher, à 250 km au sud de Paris par la A10 et A71 au centre de la France. https://www.bourgesberrytourisme.com/ et https://route-jacques-coeur.com/ et https://laterreestunjardin.com/berry-chateaux-jardins/

Palais de Jacques Coeur (3)
Détail de la cheminée de loisirs de la noblesse dans la Galerie haute Sud (5)
Détail de la cheminée de loisirs de la noblesse dans la Galerie haute Sud (4)

Palais de Jacques Coeur,  Centre des Monuments Nationaux, 10 rue Jacques-Coeur, Bourges, France. https://www.palais-jacques-coeur.fr/ 

Sources sur Jacques Coeur: https://www.jacques-coeur-bourges.com/confguillot.htm 

Rendez-vous dans la rubrique Voyages, Europe, France, pour découvrir mes reportages sur le Centre de la France et mon reportage sur les Châteaux et Jardins du Berry ou cliquez sur les liens.

 

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