De la préhistoire à l’époque byzantine, The Jordan Museum déroule le fil de l’histoire millénaire de la Jordanie.

 

La Route des Rois

Depuis des millénaires, la Jordanie est au carrefour des civilisations anciennes, Egyptiens, Assyriens, Babyloniens, Nabatéens, Hittites, Grecs, Romains, Arabes et Turcs. De la préhistoire à l’époque byzantine, en passant par l’époque ptolémaïque et classique, The Jordan Museum à Amman nous présente les découvertes archéologiques les plus importantes de la Jordanie. (voir mon reportage sur le Guide voyage de la Jordanie)

Dalle sculptée en pierre, Wadi al-Hammeh 27, 12000 av. J.C.

Période Paléolithique, 500.000 à 9600 av. J.C.

Les premières traces d’activité humaine en Orient sont des silex, des outils coupants et des peintures rupestres représentant des animaux et des scènes de chasse. Les populations nomades vivent dans le Croissant fertile, sur les plaines alluviales du Jourdain, de l’Euphrate, du Tigre et du Nil. Cette pierre sculptée de Wadi al-Hammeh présentée dans The Jordan Museum à Amman est la plus ancienne dalle sculptée de grande taille de la région du Levant. Elle date du Natoufien, une culture qui correspond à la dernière phase du Paléolithique supérieur, avant le début du Néolithique. C’est le début de la sédentarisation avec l’apparition des premiers villages de chasseurs-cueilleurs.

Dalle sculptée en pierre, Wadi al-Hammeh 27, 12000 av. J.C.

Période Néolithique, 8500-4500 av. J.C.

Les premières traces de l’époque Néolithique dans le monde se situent dans le Croissant fertile du Proche-Orient. Les populations se sédentarisent dans les villages. Elles pratiquent l’agriculture et l’élevage et produisent un outillage en pierre polie, de la poterie et du tissage. Le plus ancien site jordanien datant du Néolithique se trouve à Aïn Ghazal, à Amman.

 

Statues en plâtre d’Aïn Ghazal, Amman, 7700-7500 av. JC

Datant du Néolithique, les statues d’Aïn Ghazal sont les plus belles pièces du Jordan Museum. Les statues en plâtre d’Aïn Ghazal sont les plus anciennes statues de représentation humaine de grande taille au monde. Elles ont été découvertes sur le site d’Aïn Ghazal avec une quinzaine de statues et des bustes, dans la banlieue d’Amman.

Statue bicéphale en plâtre d’Aïn Ghazal, 7700 – 7500 av. J.C.

Modelées sur une structure de fagots tressés de roseau, les statues d’Aïn Ghazal sont faites de plâtre de calcaire humide. Le plâtre est formé en chauffant le calcaire à une température proche de 900°C, ce qui est remarquable pour cette époque. Ces statues au regard énigmatique ayant été enterrées, on considère qu’elles représentaient les ancêtres des membres de la communauté.

Poignard en silex, Baja, 7500-7000 av. J.C.

 

 

Scène de chasse gravée sur une pierre de désert, Dhuwayla, 6900-6500 av. J.C.

 

Peinture murale sur plâtre de la région de Petra, Baja, 8800-6900 av. J.C.

Période chalcolithique, 4500-3200 av. J.C.

Dans le désert, le style de vie de l’époque du cuivre devient probablement très semblable à celui des Bédouin actuels. L’usage du cuivre dans les outils se fait plus fréquent. On cultive l’orge, les dattes, olives et lentilles. Découvert dans la vallée du Jourdain, Ghassul est un village où les maisons de briques, de bois, de roseaux sont organisées autour de larges cours intérieures.

Jarre en poterie peinte, Abu Hamid, 4000-3800 av. J.C.

Poterie peinte, Tulaylat al-Ghassul, 3800-3600 av. J.C.

Baratte miniature, Mer Morte, 3800-3600 av. J.C.

Figurine féminine, Mer Morte, 3600-3100 av. J.C.

 

Age du Bronze, 2700-800 av. J.C.

Le bronze, alliage de cuivre et d’étain, marque la naissance de la métallurgie. Elle nécessite un savoir-faire de l’art du feu à haute température acquis avec la cuisson de la céramique. Les échanges de minéraux et d’objets couvrent de vastes territoires, de la Mésopotamie, de l’Assyrie, de l’Egypte et Mycène. Les villages s’entourent de fortifications afin de se protéger des tribus nomades.

Arme en bronze rituelle, Dayr Alla, 1950-1550 av. J.C.

Hache en bronze, Wadi ar-Rayyan, 2000-1550 av. J.C.

Poteries mycéennes, 1550-1200 av. J.C.

Jarre en poterie peinte, Tal Zara, 1440-1300 av. J.C.

Stèle d’Al-Balu, 1309-1151 av. J.C.

 

Cette stèle d’Al-Balu en basalte date de la fin de l’Age du Bronze est une des plus belles pièces du Jordan Museum. Elle présente trois figures, peut être un roi Moabite entourée de dieux lors de son couronnement. La stèle porte des inscriptions hiéroglyphes, la région étant à l’époque sous domination égyptienne. Le mont Nébo, d’où Moïse a aperçu la terre sainte avant de mourir, se situait dans le royaume de Moab.

Socle en poterie, Tabaqat Fahl/pella, 1200-1000 av. J.C.

 

Age du Fer, 800-450 av. J.C.

Durant le passage de l’Age du Bronze à celui du Fer, autour de 1200 av. J.C., la Jordanie voit naître de petits royaumes parmi lesquels, Ammon, Moab et Edom. Sous l’influence de l’Assyrie, de Babylone et de la Perse, ils nous ont laissé de riches témoignages de céramiques, sculptures en pierre, objets métalliques et bijoux.

Stèle de Mesha, 841 av. J.C.

 

Remontant à l’époque du roi moabite Mesha, cette stèle en basalte de 1,21 mètre de hauteur porte une inscription qui relate les victoires du roi moabite Mesha au cours de sa révolte contre le royaume d’Israël. Ce conflit est relaté dans la Bible, Deuxième Livre des Rois. Cette stèle présentée au Jordan Museum d’Amman est une réplique de l’original exposé au Louvre.

Statue d’un roi Ammonite, Citadelle d’Amman, 750 av. J.C.

Tête de dieu, Citadelle d’Amman, 8e siècle av. J.C.

Découverte dans la Citadelle d’Amman, cette tête sculptée en pierre calcaire avec un visage de style asiatique porte une couronne égyptienne que portait aussi bien un dieu égyptien qu’un roi Ammonite. Il s’agit probablement d’une représentation du dieu Osiris très populaire en Jordanie.

Tête de femme double-face, Citadelle d’Amman, 8e siècle av. J.C.

 

Jarre en terre cuite, Madaba, 8e siècle av. J.C.

Une grande quantité de plats, bracelets, fibules, miroirs et bijoux en bronze ont été trouvés dans la tombe d’un personnage important à Umm Udhayna. C’est un des plus importants témoignages de l’époque Perse en Jordanie.

Plat en bronze, Amman, 539-332 av. J.C.

 

Epoque nabatéenne, du 6e siècle av. J.C. à 106 ap. J.C.

Venus d’Arabie, les Nabatéens envahissent le royaume d’Edom. Ces nomades marchands se sédentarisent et y fondent leur capitale, Raqmu. Aujourd’hui appelée Petra, cette riche cité contrôlait les routes caravanières des épices, de la myrrhe et de l’encens, de l’Arabie vers la Syrie et l’Empire romain. Le royaume nabatéen s’étendait du Sinaï jusqu’à la région de Damas. (voir mon reportage sur Petra)

Inscription safaitic, al-Mafraq, 100 av. J.C. À 100 ap. J.C.

Tête de Melpone, Raqmu-Petra, début du 1er siècle ap. J.C.

Façade d’un temple à Adh-Darih, 1er siècle ap.J.C.

Les frises de la façade de ce temple nabatéen de Adh-Dharih représentent des Méduses et des représentations des signes du Zodiaque. Le style réunit des caractéristiques classiques et des influences orientales.

Chapiteau nabatéen-corinthien, Wadi Musa, 1er siècle ap. J.C.

Tête de style syrien de Hadad, dieu de la fertilité, Tafila, 1er siècle ap. J.C.

Aigle nabatéen, at-Tafilah, 100 ap. J.C.

Sculpture de Atargatis, déesse syrienne de la fertilité, Talifah, 100 ap. J.C.

 

Période gréco-romaine, du 4e siècle av. J.C. à 324 ap. J.C.

Alexandre le Grand commence sa conquête du Moyen-Orient. Des colons grecs et macédoniens érigent plusieurs cités dans le nord de la Jordanie dont Gadara (Umm Qays), Gerasa (Jerash), Pella (Tabaqet Fahl) et Philadelphia (Amman). Ces dix cités se regroupent en une ligue, la Décapoli. En 64 av. J.C., la Décapoli est placée sous protectorat romain car l’Empire a soumis la Syrie et la Palestine qui comprend l’actuelle Jordanie. (voir mon reportage sur Jerash)

Pied en marbre, Gadara, 100 ap. J.C.

En 106 ap. J.C., sous le règne de l’empereur Trajan, l’empire romain annexe le royaume nabatéen qui se fond dans la culture gréco-romaine. Le territoire qui correspond aujourd’hui au sud de la Syrie, au nord de l’Arabie saoudite, au sud d’Israël et à la Jordanie devient la province romaine d’Arabia Petraea. Le ruines les mieux conservées de l’époque romaine se trouvent à Jérash (Gerasa).

Statue en marbre d’un notable, Jerash, 150 ap J.C.

Statue en marbre d’Apollon, Nablus, début du 2e siècle ap. J.C.

Socle d’une colonne en marbre, Gadara, 2e siècle ap. J.C.

Statue de style gréco-romain, 170 ap. J.C.

 

Période byzantine, 325 – 635 ap. J.C.

Au 4e siècle, la Jordanie est intégrée à l’Empire byzantin, l’Empire romain d’Orient. Les Nabatéens se convertissent au christianisme. De nombreuses églises byzantines pavées de mosaïques sont édifiées, notamment à Madaba, sur le mont Nebo. (voir mon reportage sur le Mont Nebo)

Panneau du choeur d’une église byzantine, Petra, 500 ap. J.C.

Support pour lampe en bronze, Umm ar-Rasas, 6e siècle ap. J.C.

Chaire de vérité en marbre d’une église byzantine, Petra, 6e siècle ap J.C.

 

Période islamique, 635 ap. J.C.

Lorsque les Arabes s’emparent de la Jordanie puis de Jérusalem en 638, le Moyen-Orient s’islamise. Les habitants refusent un temps de se convertir à l’Islam, affirmant qu’ils étaient les descendants de Jésus de Nazareth. La Jordanie se trouve dans l’axe routier entre Damas et les Villes Saintes de la Mecque et Médina, en Arabie Saoudite. L’arabe devient la langue prédominante et l’Islam la religion principale en Jordanie dans une tradition de tolérance avec les communautés chrétiennes.

The Jordan Museum

The Jordan Museum, Ali Bin, Abi Taleb Street 10, dans le quartier de Ras Al-Ayn d’Amman, https://www.jordanmuseum.jo/en

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