D’Alger à Ghardaïa, carnet de voyage d’un circuit de 2000 kilomètres en Algérie, de la Méditerranée aux portes du désert.
Jour 1, Bruxelles – Alger
Novembre 2024. A bord de l’avion Bruxelles Alger, je suis la seule européenne. Tous les autres passagers sont des Algériens de la diaspora qui reviennent au pays voir leur famille ou faire un peu de tourisme. C’est un bel ouvrage, ‘Universelle Algérie. Les sites inscrits au Patrimoine Mondial’ qui m’a donné l’envie de partir. Après 2h30 heures de vol, mon chauffeur m’attend à l’aéroport. Karim sera mon guide accompagnateur pendant ce voyage privatif de onze jours d’Alger à Ghardaïa. Et je vais découvrir des merveilles!!! (voir mon reportage sur le Guide pratique du tourisme en Algérie)

Jour 2, Alger la Blanche
Le lendemain matin, sous un ciel bleu azur qui m’accompagnera pendant tout mon voyage, je découvre la ville blanche. Tel un éperon qui s’avance face à la Méditerranée, la Casbah d’Alger classée par l’Unesco s’accroche à la colline. Les bâtiments qui datent de la colonie française bordent le port tandis que les ruelles et les escaliers de la vieille médina montent vers la citadelle. (voir mon reportage sur Alger)




Jour 3, Alger – Tipasa – Cherchell – Alger, 220 km
Mausolée de Maurétanie
Nous quittons Alger vers l’Ouest pour découvrir les ruines romaines de Tipasa et de Cherchell classées par l’Unesco. Sur la route, un peu avant Tipasa, je fais une halte pour admirer le Mausolée de Maurétanie, un mystérieux monument qui daterait entre les 3e et le 1er siècle avant J.C. On dit qu’il serait le tombeau de Cléopâtre Séléné, épouse du roi Juba II, roi de Maurétanie.

Mausolée de Maurétanie
Tipasa
La cité romaine de Tipasa borde les rivages de la Méditerranée. Enserrées par des pinèdes et des oliviers, les ruines enfouies sous une épaisse végétation sont merveilleusement poétiques. La cité s’étend autour de deux grandes voies dallées qui relient un amphithéâtre, des temples, des thermes, un théâtre, un nymphée et des villas romano-africaines qui ont pratiquement les pieds dans l’eau. (voir mon reportage sur Tipasa)

Site archéologique de Tipasa
Le petit musée de Tipasa expose des collections de lapidaires, des sarcophages, des statues en marbre, des céramiques, de la verrerie et des mosaïques qui ornaient les édifices de la cité.

Tipasa, sarcophage romain
Cherchell
Fondée au 6e siècle avant J.C., Cherchell fut l’une des plus anciennes villes d’Algérie. Une grande partie de la cité antique est aujourd’hui ensevelie sous le béton de la ville moderne. Sur l’esplanade qui domine le port, j’ai rendez-vous avec le conservateur du musée archéologique.




Quelle surprise de découvrir dans cette bourgade une des collections parmi les plus prestigieuses du Maghreb! Le musée de Cherchell rassemble un nombre incalculable de somptueuses sculptures en marbre et vestiges antiques parfaitement mis en scène devant des murs couverts de mosaïques récupérés dans les ruines de la cité. (voir mon reportage sur Cherchell)

Musée de Cherchell
Jour 4, Alger – Bejaïa, 280 km
Grande Kabylie
Après une troisième nuit à Alger, nous prenons le cap vers l’Est, direction la Grande Kabylie. Je savoure le paysage montagneux dans cette région que les colons surnommaient la petite Suisse nord africaine. La route traverse la forêt de Yakouren couverte de forêts de chêne-liège, d’olivier, de figuier et de cèdre au bois odorant.

Montagnes de Kabylie
Bejaïa, Pic des singes
Avant d’arriver à Bejaïa, nous traversons le Parc national du Gouraya classé par l’Unesco comme réserve biosphère. Le Pic des singes offre une très belle vue sur la côte. C’est sur ce sommet couvert de pins à 430 mètres d’altitude que réside le singe magot, Macaca sylvanus, une espèce endémique d’Afrique du Nord.




Jour 5, Bejaïa – Djemila,150 km

Djemila
Bâtie entre deux oueds montagnards, Djemila qui signifie ‘La Belle’ en arabe est admirablement intégrée dans son paysage de haut plateau.

Les ruines romaines de Djemila
Classée par l’Unesco, Djemila dévoile une cité en ruine qui date de la fin du 1er siècle au 5e siècle après J.C. Le musée présente une très belle collection de statuaires et de mosaïques. (voir mon reportage sur Djemila)




Jour 6, Djemila – Timgad, 180 km
Mont des Aurès
La route de Djemila à Timgad traverse une grande plaine agricole avant d’arriver au Parc national de Belezma dans la wilaya de Batna. Son relief accidenté marque le début de la chaîne de montagnes des Aurès.

Timgad
A mille mètres d’altitude, sur une haute plaine dénudée, je découvre Timgad surnommée la ‘Pompéi de l’Afrique du Nord’. Classée par l’Unesco, Timgad fait partie avec Djemila des villes nouvelles créées en Afrique du Nord par Rome pour créer un foyer de vie latine en plein pays berbère. Tracée au cordeau, la ville en damier conduit à l’Arc de Trajan, le monument le mieux conservé de la ville. (voir mon reportage sur Timgad)

Timgad Arc de Triomphe de Trajan
Mosaïques romaines
A l’entrée du site archéologique, le musée de Timgad abrite une merveilleuse collection de mosaïques qui pavaient le sol des thermes, des temples et des résidences privées de Timgad. L’ensemble des mosaïques à décor géométrique, floral ou à scènes mythologiques a probablement été créé dans un atelier de Timgad vers le début du 3e siècle. (voir mon reportage sur les Mosaïques romaines en Algérie)

Mosaïque romaine de Timgad
Jour 7, Timgad – Biskra – Bou Saâda, 300 km
Balcon du Ghoufi
Nous quittons le plateau de Timgad pour faire une courte halte au Balcon de Ghoufi, un promontoire qui surplombe un impressionnant canyon. Creusé par un fleuve, le canyon présente des strates qui racontent l’histoire géologique du site. Des villages berbères aux habitations troglodytiques sont accrochés à flanc de falaise au dessus de l’oued peuplé de jardins d’arbres fruitiers et de palmiers.

Balcon du Ghoufi
La très belle route qui serpente dans les montagnes des Aurès dévoile des panoramas à couper le souffle sur l’Atlas algérien avec une terre rouge ocre ourlée du vert des oasis.


Biskra
Biskra m’offre l’occasion d’une balade dans un petit marché. La région est connue pour la culture de ses dattes. Les étals du marché sont tenus par des hommes. Je me promène seule en toute sécurité et sans être importunée. Les marchands berbères me sourient. On discute, ils me demandent d’où je viens et ils insistent pour que je les prenne en photo.




Bou Saâda
Pour éviter la route nationale de Biskra à Bou Saâda qui est souvent surchargée, mon chauffeur prend la route buissonnière. On remonte vers Batna puis direction Bitam pour profiter d’un tronçon pittoresque entre M’Doukel et Ben Srour.

Mais la route est très longue et nous arrivons à Bou Saâda en début de soirée. Je suis accueillie dans ‘La Rose des Sables’, une maison d’hôtes décorée comme un palais des mille et une nuits. Le lendemain nous ferons l’étape la plus longue pour rejoindre Ghardaïa.

La Rose des Sables Bou Saäda
Jour 8, Bou Saâda – Vallée du M’Zab, 420 km
El Hamel
Au sud de Bou Saâda, mon chauffeur s’arrête au ksar de El Hamel, un village fortifié fondé au 15e siècle. Il n’y a personne et pourtant le ksar de El Hamel est célèbre pour sa zaouïa, une des plus renommées du pays. Ce lieu saint rassemble une mosquée, une école de théologie et un mausolée où repose son fondateur. (voir mon reportage sur El Hamel)

Ksar de El Hamel
Vallée du M’Zab
La route vers Ghardaïa traverse une steppe plate semi-aride bordée par les contreforts des montagnes de l’Atlas. J’atteins enfin la Vallée du M’Zab, le terme de mon voyage. Dans ces plateaux rocheux ravinés par l’érosion des oueds ont été construites par des berbères mozabites entre le 10e et le 14e siècle des villes-forteresses classées par l’Unesco. Je dépose mes valises pour trois nuits au Caravansérail, un endroit plein de charme dans la palmeraie de Ghardaïa.

Ksar de Ghardaïa
Jour 9, Vallée du M’Zab, 30 km
Ghardaïa
Capitale commerciale située sur la route des caravanes de l’Afrique saharienne, Ghardaïa est le ksar principal de la Vallée du M’Zab. Des petits cubes de couleur ocre qui s’accrochent à la colline forment une couronne qui enserre un minaret et une mosquée.




De la place du marché écrasée de soleil à la mosquée située tout en haut de la médina en passant par le dédale des ruelles étroites et tortueuses qui escaladent la colline, je découvre l’habitat mozabite qui a inspiré de nombreux urbanistes du siècle passé. (voir mon reportage sur Ghardaïa)

Mausolée du Cheikh Sidi Brahim, El Atteuf
El Atteuf
Fondé il y a un millénaire, El Atteuf est le plus ancien ksar de la Vallée du M’Zab. Un guide local me fait découvrir ce village aux maisons serrées badigeonnées d’un enduit ocre. En haut du ksar, une arcade mène à un vaste cimetière qui abrite le mausolée du Cheikh Sidi Brahim. (voir mon reportage sur El Atteuf)

Mosquée de Bou Noura
Bou Noura
Le ksar de Bou Noura fait partie des cinq ksour de la Vallée du M’Zab. Fondé en 1046, le ksar fut en partie détruit au milieu du 13e siècle. Je fais une halte sur l’esplanade de la mosquée de Bou Noura qui vient d’être restaurée en admirant le panorama tandis que mon guide fait sa prière.

Ksar de Melika
Melika
Fondé en 1124, Melika est le troisième ksar que je visite dans la Vallée du M’Zab. C’est une réplique de Ghardaïa avec ses maisons ocres accrochées aux flancs abruptes de l’oued. Alignées au bas de la cité, les hautes maisons font office de rempart protecteur.

Ksar de Beni Isguen
Jour 10, Vallée du M’Zab – Beni Isguen – Sebseb – Ghardaïa, 140 km
Beni Isguen
Ce matin je vais découvrir la ville sainte de Beni Isguen. Foyer intellectuel et ville savante, Beni Isguen est la gardienne du dogme de l’ibadisme. Fondée vers 1347, elle ne prit de l’importance qu’à partir du 16e siècle. Très puritaine et vivant recluse sur elle-même, la cité fortifiée ne peut se visiter qu’accompagné par un guide local. (voir mon reportage sur Beni Isguen)




Le guide me prête une djellaba blanche car ma tenue n’est pas assez correcte pour visiter la ville sainte. Il y a peu de monde dans les ruelles, aucun commerce ni échoppes, seul un homme et son âne qui transporte des matériaux.

Une femme mozabite se faufile furtivement, dissimulée par de longs voiles blancs. La tenue ne dévoile qu’un oeil si la femme est mariée, les deux yeux si elle est célibataire.




Oasis Sebseb
Cette dernière après-midi est consacrée à une sortie dans le désert. Sebseb se trouve à une heure de route au sud de Ghardaïa. Quelques tentes berbères sont montées dans l’oasis pour un déjeuner traditionnel. Le centre de loisirs propose une promenade à dos de dromadaire et une sortie en 4×4 pour assister au coucher de soleil au sommet d’une dune. Ce n’est pas vraiment le désert mais c’est une après midi dépaysante.

Sebseb
Jour 11, Ghardaïa Alger, 580 km
Journée de transfert avec un vol intérieur de Ghardaïa à Alger puis un vol international Alger Bruxelles. Si j’avais prolongé mon séjour, j’aurais pu prendre un vol intérieur jusqu’à Tamanrasset pour découvrir le grand sud, au coeur du Sahara algérien. Le rêve de faire une méharée dans le Hoggar et le Tassili N’Ajjer ou dans les dunes rouges du Tadrart Djanet. Ce sera peut être pour une prochaine fois?




Carnet de route de l’Algérie
- Avant de partir: l’Algérie est un pays qui s’ouvre petit à petit au tourisme. Des conseils et recommandations pour voyager en Algérie, les agences, les guides, le visa, le change, la religion, la sécurité… https://laterreestunjardin.com/algerie-tourisme/
- Y aller: mon vol direct TUIfly aller et retour Bruxelles Alger m’a coûté 334 Euro. Situé à 16km d’Alger, l’aéroport international d’Alger Houari-Boumédiène (ALG) est desservi par la plupart des lignes aériennes, y compris les low-cost. https://alger.mta.gov.dz/fr/
- Climat: je suis partie début novembre et il a fait plein soleil avec 28°C. Les étés sont chauds et secs, les hivers doux et humides. Il faut éviter la période de juillet et août où il peut faire 40°C.
- Le circuit: ce voyage privatisé a été organisé par l’agence de voyage locale Détours Algérie partenaire de Nomadays, une agence française. Le circuit de 11 jours m’a coûté 2900 Euro. J’étais seule avec le chauffeur avec de bons hôtels en demi-pension, l’entrée et les guides dans tous les sites touristiques et le vol intérieur de retour Ghardaïa Alger. https://www.voyagealgerie.fr/
- Les routes: avec une moyenne de 60km heure, les routes en Algérie sont généralement bonnes mais assez lentes. Il y a un nombre incalculable de casses vitesse qui sont souvent mal indiqués. Il faut bien ralentir au niveau des barrages de police ou de gendarmerie.
- Où loger: il y a peu de touristes en Algérie et les hôtels sont assez chers par rapport à la Tunisie, au Maroc ou à l’Egypte. Quelques adresses:
- Hôtel El Aurassi à Alger https://elaurassi.dz/
- Hôtel Saint-George à Alger, https://chaineeldjazair.com/hotel-el-djazair/
- Trajan Hotel à Timgad, http://www.trajan-hotel.com/
- La Rose des Sables à Bou Saâda, https://www.facebook.com/profile.php?id=61555857294479
- Hôtel M’Zab à Ghardaïa, https://www.exploralgeria.com/annonce/hotel-mzab-ghardaia/
- Caravansérail à Ghardaïa, https://www.voyagealgerie.fr/guide-algerie/hebergement/caravanserail-ghardaia
- A lire: ‘Universelle Algérie. Les sites inscrits au Patrimoine Mondial’, 2005, Zaki Bouzid Editions
Rendez-vous dans la rubrique Voyages, Afrique, pour découvrir mon Guide sur le Tourisme en Algérie, le City-guide d’Alger, le Jardin botanique d’Alger, les sites archéologiques de Cherchell, Tipasa, Timgad et Djemila, les Mosaïques romaines de l’Algérie, les casbahs de Ghardaïa, de Beni Isguen, de El Atteuf et de El Hamel ou cliquez sur les liens.



Très sympa ce reportage sur l Algérie..je ne connais pas du tout ce secteur.moi je suis resté du côté colomb echard djebel antar .hammaguir plus désertique.il est vrai qu il existe bcp de ruine et site que l on ne connais pas et cepetit reportage nous en apprend un peu plus.
L’Algérie est paraît-il le plus grand pays d’Afrique. Je pense qu’il faut plusieurs voyages pour en faire le tour.
Magnifique reportage, que de couleurs et que de choses à voir! Très tentant!
Merci Agnès et bonne année!
Ne pas hésiter… il faut y aller!
Superbe reportage sur un pays où je suis née et que je ne connais pas vraiment.
Vous n’êtes pas allée à l’ouest vers Tlemcen, ce sera pour un autre voyage, peut-être…
Oui, j’espère y retourner. Il y a encore tant de choses à voir…