20 ans de journalisme,
la passion du voyage et des jardins.

Les plantes sauvages n’ont aucun secret pour Marie Fripiat. A travers des stages d’herboristerie, elle nous propose de redécouvrir de précieux savoirs traditionnels. Ses ateliers nous invitent à nous poser et à nous émerveiller.

Stage d’herboristerie

En cette belle journée de juillet, nous sommes un groupe d’une dizaine de personnes à suivre Marie Fripiat pour une balade cueillette de la flore sauvage à travers champs, le long des chemins et des haies. Formée à la reconnaissance et à la cuisine des plantes sauvages, à l’herboristerie, à la phytothérapie et à la botanique, Marie anime des stages d’herboristerie à la redécouverte des plantes sauvages et médicinales et de leurs bienfaits. De la cueillette à la transformation des plantes, apprendre à être et à créer avec ce qui nous entoure, tout simplement.

Marie Fripiat herboristerie
Marie Fripiat herboristerie
Marie Fripiat herboristerie
Marie Fripiat herboristerie

Cueillette dans les champs

Tout le monde a son panier et un petit sécateur pour prélever quelques feuilles ou fleurs. Le minimum pour ne pas perturber le cycle de la plante. Aujourd’hui, le temps est idéal car il fait sec. Toutes les feuilles que l’on va récolter doivent être cueillies sur des plantes avant la fructification car les principes actifs sont dans les sommités fleuries, les fleurs et les tiges, avant qu’elles ne passent au stade de fruits. Par contre on peut récolter les racines au printemps ou en automne.

Marie Fripiat herboristerie

Un petit cours d’herboristerie

La balade offre des moments de détente et d’échanges. Au fil de la cueillette des plantes, Marie nous offre un petit cours d’ethno-botanique et d’herboristerie, pour la constitution d’un herbier et la découverte des principes actifs des plantes. On démarre d’un bon pas mais très vite on s’arrête pour découvrir une plante, la grande berce spondyle, Heracleum sphondylium. Cette belle ombellifère aux vertus aphrodisiaque et digestive fait partie des meilleures plantes sauvages comestibles parce que facile à repérer, abondante et délicieuse de mille façon.

Stage herboristerie

L’herbe aux goutteux et la tanaisie

Plus loin, on reconnaît les feuilles divisées en trois folioles de l’herbe aux goutteux, Aegopodium podagraria, une plante aux longs rhizomes traçants qui devient vite envahissante. Si l’on était au printemps, on aurait pu en faire une délicieuse salade mais en été, les feuilles serviront à parfumer un gratin ou une quiche. Les bouquets de petites capitules jaunes de la tanaisie, Tanacetum vulgare, fleurissent sur les talus. A haute dose, cette plante est toxique et hallucinogène mais c’est un excellent répulsif contre les insectes.

Tanaisie Marie Fripiat
Tanaisie Marie Fripiat
Tanaisie Tanacetum vulgare
Tanaisie Tanacetum vulgare

Des plantes mellifères

Au bord du chemin, on découvre aussi le mélilot, Melilotus officinalis, une jolie plante mellifère buissonnante à fleurs en épis couverts de grappes jaunes dont les sommités sont prélevées pour leurs propriétés anti-inflammatoires et les traitements d’insuffisance veineuse. Son voisin, le chardon des champs, Cirsium arvense, nous offre ses petites capitules bleu lilas qui serviront à confectionner une crème pour le dessert. On reconnaît plus loin la grande bardane, Arctium lappa, dont le feuillage soulage les dermatoses et les douleurs rhumatismales. C’est une plante amusante car ses capitules violettes sont entourées de bractées munies de crochets qui s’accrochent comme un Velcro aux vêtements.

Bardane Arctium lappa

Tisane au millepertuis et marjolaine

De retour dans son atelier, Marie nous offre sa tisane du jour réalisée à base de millepertuis ,de thym, de marjolaine et de mauve des bois, à raison d’une cuillère à café de plantes sèches par tasse dans une eau frémissante que nous laissons infuser pendant cinq minutes afin que le maximum de saveurs et d’antioxydants soit libéré. Le millepertuis, Hypericum perforatum, surnommé l’Herbe à mille trous, était considéré jadis comme une plante magique qui faisait fuir le diable. Les pigments rouges de la fleur donnent après trois semaines au soleil une huile rouge qui est un excellent anti-inflammatoire. On la prescrit aussi contre la dépression nerveuse mais il ne faut pas la prendre avec des anti-dépresseurs. Comme toujours, c’est la dose qui fait le poison.

Stage d'herboristerie

Sirop d’origan, de mauve et de thym

Marie nous propose aujourd’hui de faire un sirop d’origan, Origanum vulgare, une plante vivace aromatique qui pousse sur les coteaux bien ensoleillés, de mauve des bois, Malva sylvestris et de Thym, Thymus vulgaris. Nous mélangeons 1kg d’eau et 1kg de sucre de canne qu’il faut faire bouillir pendant une demi heure en tournant pour dissoudre le sucre. On obtient ainsi un sirop dans lequel nous plongeons les sommités fleuries de la marjolaine à raison de 10% de plantes sèches pour l’ensemble du sirop qui devront infuser pendant une nuit. Le sirop sera ensuite filtré avec une étamine avant de lui redonner un petit bouillon. On pourra ainsi garder le sirop pendant toute l’année pour renforcer les défenses immunitaires et lutter contre les affections respiratoires.

Malva sylvestris
huile millepertuis
Calendula officinalis
ortie

Macérât huileux à fleurs de souci

Selon le thème du stage, Marie propose d’explorer tous les usages des plantes: culinaire, médicinal ou cosmétique, baumes, sirops, elixirs, cérats ou hydrolats préparés avec des produits 100% naturels. Nous découvrons les secrets d’un macérât huileux de fleurs de souci, Calendula officinalis, qui demande une macération de trois semaines au soleil. C’est le remède idéal indispensable dans la pharmacie familiale pour son pouvoir apaisant, cicatrisant et anti-inflammatoire, en cas d’irritation de la peau, de rougeur ou de brûlure légère.

Marie Fripiat herboristerie

Transformation, récolte et séchage

Nous repartons de notre stage avec notre herbier et nos petits pots remplis de sirops, pommades, herbes pour tisanes et autres préparations ainsi qu’un syllabus réalisé par Marie. Celui-ci nous offre une approche théorique de phyto-chimie sur les principes actifs des plantes, les principes de transformation, récolte, séchage, aromathérapie et hydrolathérapie. «Il est important que ces savoirs ne sombrent pas dans l’oubli. Ils constituent une manne de possibles pour changer de paradigme, pour avoir une action à notre échelle porteuse de sens, de plaisir, de créativité infinie… et enfin de bonheur à vivre ici et maintenant.» 

Marie Fripiat herboristerie
herboristerie
herboristerie
herboristerie

A lire :

Le livre des bonnes herbes, Pierre Lieutaghi, Acte Sud

Les plantes sauvages, Thierry Thévenin, Ed. L. Souny.

Secrets d’une herboriste, Marie-Antoinette Mulot, Ed. Dauphin.

Rencontrer les plantes, Christian Escriva et Jean-Michel Florin, Ed. Amyris.

Sauvages et médicinales, plantes remèdes pour nos petits maux, M-C. Paume, Edisud

Les Sauvageonnes

Marie Fripiat propose des formations et des ateliers de transformation des plantes médicinales, de savonnerie artisanale à froid, de préparation de cosmétiques naturels et de produits d’entretien naturels. Elle vient aussi dans votre jardin pour vous faire découvrir les mille et une richesses qui se cachent derrière les plantes sauvages qui s’y invitent. Marie anime aussi, à Hevillers, des cercles de passage de saisons où les chants sacrés du monde et les plantes nous aident à comprendre corps et âme ce que la nature nous invite à traverser. www.lessauvageonnes.net.

Pour découvrir l’univers de Marie Fripiat, rendez-vous dans la rubrique Découverte Portrait. Pour découvrir les plantes médicinales d’ Hildegarde Bingen, rendez-vous dans la rubrique Découverte Portrait. Pour découvrir le jardin des plantes médicinales de l’Abbaye de Villers-la-Ville, rendez-vous dans la rubrique Jardins Belgique.

Reportage publié dans Les Jardins d’Eden 2016 (www.edenmagazine.be)

 

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